Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

09 décembre 2009

Deadline au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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S’il y a des expositions très largement médiatisées, d’autres pourtant importantes, passent inaperçues vis à vis des media. Telle Deadline que j’aurais manquée si je n’écoutais pas, à l’heure du déjeuner, l’émission “Tout arrive” sur France-Culture qui fait un bon travail d’information sans néanmoins faire oublier celle qui la précédait jadis sur cette chaîne, je veux parler du regretté “Panorama”.
Deadline se propose de nous montrer les oeuvres ultimes de douze artistes disparus durant les vingt dernières années, certains fort vieux comme de Kooning d’autre à l’aube de leur carrière comme Absalon, cette manifestation nous rappelle que le sida a fauché toute une génération , par ordre de découverte géographique dans l’exposition: Kippenberger, Absalon, Hartung, Byars, Gonzales-Torres, Mitchell, Mapplethorpe, Zhen, Aillaud, de Kooning, Villiger, Immendorff. La première constatation pour moi est que cette liste fait cohabiter des artistes dont j’ignore tout comme Kippenberger, Absalon, Byars à d’autre dont je connais bien l’oeuvre, Hartung, Mitchell, Mapplethorpe, Aillaud. Mon regard sur chacune des expositions car en fait Deadline est une suite de douze petites expositions étanches juxtaposées, de ce fait sera forcément différent. La chose est si rare à Paris expositions toutes remarquablement accrochées. Chaque artiste à son bel espace et aucun ne rentre en interférence avec les autres.

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.la salle Kippenberger.

On commence par Kippenberger (1953-1997) dont j’ignorais tout et qui me semble un mélange réussi de Rebeyrolle et de Baselitz. Les tableaux que l’on peut voir ici sont inspirés du “radeau de la méduse” de Géricaut. Kippenberger, à partir de photographie de son propre corps, a peint des autoportrait souffrant s’identifiant aux naufragés en déclinant leur posture sur le radeau, mettant en scène sa propre mort. Très fort et éprouvant. Cette présentation fait entrer immédiatement le spectateur dans le vif du sujet. Mon ignorance aurait aimé voir ce que cet artiste avait réalisé avant cet ultime travail.
Pour tous les exposants, j’aurais aimé que l’on nous montre un ou deux exemples de leur travail d’”avant”. Cela aurait informé nombre de visiteurs qui comme moi ne connaissent pas tous les artistes. Mais peut être que cette démarche aurait renforcé le coté artificiel de l’exposition car si pour Immendorff ou de Kooning, il y a une véritable rupture, pour Joan Mitchell, Robert Mapplethorpe ou Gilles Aillaud leurs dernières toiles se placent dans la continuité logique de leur oeuvre.

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l'intérieur de la cellule d'Absalon.

Après les tableaux angoissants de Kippenberger dans un modeste espace nous butons sur une structure blanche dans laquelle nous pouvons pénétrer, à condition d’enfiler des sur chaussure pour protéger l’ immaculée de la chose. Cette sculpture, j’ai un temps pensé que cela pouvait être une version lisse d’une demeure d’Etienne Martin est en fait un échantillon du projet d’Absalon (1964-1993) artiste israélien qui à partir de 1989 a développé un projet utopique de construction de “cellules” d’habitation. Ces espace mentaux aussi bien que physiques sont construits à partir des dimensions de son propre corps dans la perspective d’y vivre. Ce sont des sortes d’ autoportraits en creux. Ainsi pénétrant dans cet espace on est confronté directement à l’absence de son créateur. J’aurais bien fait de ce curieux module un chalet balnéaire tant je l’imaginais bien échoué dans des dunes, garantissant par son espace intérieur apaisant, la quiétude de son habitant, face aux éléments.

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l'espace Hartung.

Après avoir gravi une volée de marches, on pénètre dans la grande salle courbe du musée d’art moderne, à l’accrochage si difficile, où une série de superbes grandes toiles d’Hartung (1904-1989) sont en majesté, l’un des sommets de l’exposition. Hartung dans les dernières années de sa vie avait mis au point un système de projection de la peinture à l’aide d’un appareil de pulvérisation utilisé en agriculture pour le sulfatage des vignes. Il en résulte une série au dripping épuré qui évoque Pollock, splendide!

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Hartung
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Je passerais vite sur les installations de James Lee Byars (1932-1997) mais dans l’une d’elle qui curieusement a été choisi pour en faire l’affiche de l’exposition et qui est une chambre recouverte de feuilles d’or je me suis surpris à chercher le joli garçon que Bernard Faucon n’aurait pas manquer d’y mettre pour réaliser une nouvelle chambre d’or.

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Joan Mitchell.

Pour arriver aux éblouissants Mitchell (1925-1992) le visiteur passe dans un couloir où de chaque coté sont encadrées sobrement des photo de ciel que traversent quelques oiseaux on en ressort serein pour affronter la violence chromatique des oeuvres de Joan Mitchell qui sont parmi les plus belles que j’ai pu voir de cette artiste et au fil des ans j’en ai vu beaucoup avec bonheur.

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Joan Mitchell
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C’est un retour au calme que propose l’hommage à Mapplethorpe (1946-1989) avec des images loins de la provocation de certaines de ses photographies. L’artiste atteint du sida, affaibli dans les derniers mois de sa vie, ne pouvant plus travailler de longues heures avec des modèles vivant photographie des sculptures classiques qui renvoient une image de la perfection qui défie la mort.

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Mapplethorpe
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Je passerais vite sur les installations crapoteuses et pour l’une d’elles vagissante qui pollue alentour du chinois Chen Zen (1955-2000) pour arriver aux émouvantes dernières toiles de Gilles Aillaud (1928-2005) qui me semblent le testament idéal pour cet artiste qui relativement tôt dans sa vie a du réapprendre à peindre suite à une attaque d ’hémiplégie qui le laissa paralysé d’un coté. Cet acteur majeur de La figuration narrative qui est surtout célèbre pour ses tableaux d’animaux enfermés dans les zoos. Dés 1977 son attaque l’oblige a abandonner son style très dessiné pour la peinture aux larges touches que l’on voit ici. Dans ses dernières années sa mobilité se réduisant de plus en plus, il devient de plus en plus dépendant de ses proches et ne peint plus que quelques toiles par an. Dans les dernière quelques oiseaux traversent des ciels vides. L’émotion de ces toiles sont d’autant plus palpable que les commissaires ont eu la bonne idée de les ramasser dans une salle intimiste. Le miracle de ces expositions prétextes, composées d'artistes sans liens apparents, est  quand deux artistes arrive à  entrer en symbiose , comme ici, Gilles Aillaud et Felix Gonzalez-Torres.

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Aillaud
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On quitte les oiseaux d’Aillaud pour pénétrer dans l’autre grande salle courbe dans laquelle se déploient les libres abstractions de de Kooning (1904-1997), qui inexplicablement n’a toujours pas bénéficié d’une grande rétrospective à Paris alors qu’il est un des peintres majeurs du XX ème siècle. Ce très bel ensemble, pourtant très différent des toiles qui ont fait sa renommé, le démontre.

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de Kooning
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Les photographies de Hannah Viliger (1951-1997) sont le choix le plus contestable de “Deadline”. Elles auraient pu être remplacé avec profit par la dernière série des peintures de Bernard Buffet dans lequel le peintre avait retrouvé la sincérité de ses débuts.

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Jorg Immendorff
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On termine comme on avait commencé par un peintre allemand avec les compositions puissantes et noires de Jorg Immendorff (1945-2007). Alors que cet artiste jusque là s’inspirait de l’histoire récente, Il perpétuait d’une certaine façon la tradition très allemande depuis l’expressionisme de la peinture engagée, dans ses dernières années, aidé de ses assistants, il se recentre sur sa maladie et mélange des scènes de l’actualité avec des vision de l’enfer, des images de squelettes et de corps décharnés.
Il ne faut pas avoir peur de l’intitulé morbide de l’exposition et s’y rendre car elle est une chance unique de pouvoir admirer des oeuvres de première grandeur.

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
11 avenue du président Wilson
75116 Paris
jusqu’au 10 janvier


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en sortant de l'exposition en guise d'au revoir, cette toile d'Hartung

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05 décembre 2009

PIERRE ET GILLES, Wonderful Town, chez Jérôme de Noirmont

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Un autre matin (détail)

Pierre et Gilles sont parmi les rares artistes dont je guette avec une impatience toujours renouvelée chaque nouvelle exposition. Je n'ai donc pas manqué de me rendre à la galerie de Noirmont lorsque j'ai appris qu'ils se manifestaient en cette fin d'automne. C'est déjà une vieille habitude que de me rendre dans la galerie de l'avenue Matignon où le visiteur est toujours fort courtoisement reçu.

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Un autre matin

 

Nous n' avons eu que peu de nouvelles des duétistes de l'art contemporain sur notre territoire depuis leur fastueuse rétrospective au "Jeu de paume" durant l'été 2007. Cette belle exposition engendra un des premiers billet de ce blog, texte illustré que vous pouvez retrouver ici . Outre la recension de la manifestation d'alors, j'y explique les liens privilégiés que le temps a tissé entre ces artistes et moi... Faisons une incise. Il me semble qu'il est bon que le critique, même amateur et sporadique, énonce d'où il parle. Je sais que c'est un peu mon dada, mais tous ces anonymes sentencieux de la toile qui parfois se donnent beaucoup de mal pour que l'on ne puisse pas les situer me défrise de plus en plus.

 

Alors qu'auparavant nous avions des nouvelles de Pierre et Gilles par affiches ou autres publicités interposées, durant ces deux dernières années nous n'avons eu guère à nous mettre sous les yeux que leur participation à la deuxiéme édition de  "La force de l'art" en l'église saint Eustache .

 

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Douce nuit

 

Il me semble que la gravité sied moins à Pierre et Gilles que la légèreté pailletée qui caractérisait nombre de leurs premières créations. Le responsable de ce relatif changement, la joie de vivre est néanmoins pas absente de l'accrochage, comme en témoigne leur culotté autoportrait, serait il du à l'âge avançant des compères ou à l'air délétère des temps ?

 

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Paradoxalement alors que je regrette un peu leur gentil kitsch d'antan, ce sont deux des oeuvres les plus sombres de cette dernière livraison que je trouve le plus à mon goût et qui si je n'étais pas si miséreux, j'aurais bien vu sur mes murs. Il s'agit d' "Un autre matin" et de "douce nuit" autant d'images au titre non dénué d'humour noir comme l'exposition qui se nomme "Wonderful town".

 

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Le chant du cygne

 

Autre changement, il y a beaucoup moins de célébrités portraiturées cette année, sinon leur fidèle égérie, Sylvie Vartan. On mesurera combien le duo à du talent, rendre Amélie Nothomb belle! Mais heureusement le millésime Pierre et Gilles 2009 n'est pas moins forni qu'à l'habitude en beaux garçons.

 

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Ce qui est remarquable chez ces deux artistes, c'est avec quelle constance, d'année en année depuis plus de trente ans il trace le même sillon sans jamais être tout à fait semblable tout en restant fidèle à leur formule qui est magique. Ci-dessus leur énième autoportrait, particulièrement farce, en est l'illustration.

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Le petit footballeur

 

Le catalogue est, comme toujours à la galerie de Noirmont, un bel ouvrage au prix relativement modique pour sa beauté, 25 €. Tiré à 2000 exemplaires, il n'est trouvable qu'à la galerie; mais je suppose que l'on peut se le procurer, pour les admirateurs lointain, par correspondance. L'album  reproduit à peu près le double d'oeuvres par rapport à celles que l'on peut admirer sur place. Mais rien ne vaut le face à face avec les images subtiles de Pierre et Gilles qui permet de surcroit de s'extasier devant les cadres élaborés spécialement pour chaque oeuvre.

 

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Je vous recommande particulièrement en ce domaine celui concocté pour mettre en valeur "Full moon"

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Full moon

 

Du texte intitulé "Après la fête", signé Jean-Louis Froment, j'extrais cette phrase qui me parait bien donner la couleur de l'exposition: << Nous le savons, les garçons meurent au matin de la blessure des villes et se mélangent aux guirlandes de la fête, aux fleurs de plomb de toutes les guerres le corps griffé mais les fesses et les épaules saillantes, en voyage pour de nouveaux paradis>>.

 

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Galerie Jérôme de Noirmont
3! avenue Matignon, 75008 Paris

Jusqu'au 23 janvier 2010.

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27 novembre 2009

Peter Blake chez Claude Bernard

Lors de ma visite à la FIAC 2009 je vous ai signalé des envoutants collages de Peter Blake présentés par la galerie Claude Bernard. Cette même galerie dans leurs locaux parisiens au 7-9 rue des Beaux-Arts, Paris VI, poursuit cette présentation avec plus d'ampleur. A ceux à qui le nom de Peter Blake ne dirait rien, je suis sûr que vous connaissez la pochette de disque ci-dessous et bien elle est de lui.

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La visite s'impose; pour ceux qui ne pourrait s'y rendre cette même galerie a édité un très beau catalogue agrémenté de très nombreuses reproductions des dits collages (auxquels malheureusement mes médiocres photos ne font pas honneur) dans lequel l'artiste explique sa démarche. Songeant à l'achat d'une de ces précieuses oeuvres je me suis renseigné sur les prix. Il faut compter environ 8000€ pour les plus petits formats. La galerie en profite pour montrer d'autres facettes de cet artiste.

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24 novembre 2009

Peter Colstee

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20 novembre 2009

Tetsuya Ishida (1973-2005)

" Collection " 1998 (Collection)

Les peintures de Tetsuya Ishida témoignent des inquiétudes, des dérives individuelles dans un monde de plus en plus méconnaissable, esclave de la croissance économique et du progrès technologique. L'artiste communique sa solitude et sa crise d'identité  dans une série de toiles étonnantes où il est tragiquement pris au piège ou consommés par son entourage dans un monde en évolution rapide où la pression de se conformer est souvent trop lourde à porter.


" Prisoner " 1997 (Prisonnier)


De ses tableaux se dégagent massivement le scepticisme, la claustrophobie et la solitude. Ses œuvres sont avant tout, de beaux auto-portaits émouvants d'un homme impuissant à la dérive dans un monde où il ne parvient pas à entrer en contacts  avec les autres.

Physiquement et mentalement introverti, il se métamorphose en une courroie transporteuse de supermarché, en un microscope ou un urinoir; il aime se représenter rouillé, maladroit, utilisé et foulé aux pieds. Sur ses avanies son regard est sobre et d'une grande acquité. La qualité de sa peinture évite que ses oeuvres tombent dans la caricature. Leur minutie les déplace dans un monde beaucoup plus profond.



" Bodily fluid " 2004 (Fluide corporel)



" A man can't fly anymore " 1996 (Un homme ne peut pas voler plus) 1996

Ses toiles sont soigneusement composées, ordonnées, peintes avec minutie, avec un soin  obsessionnel du détail. La peinture est appliquée couche après couche formant des les zones semi-opaques Ishida a une approche rituelle de la toile qui véhiculent un aspect thérapeutique que la peinture a pour l'artiste. Le résultat est une profondeur et une richesse de la matière en contradiction avec une certaine raideur du dessin. La palette privilégie les tons froids et discrets. Traumatisé par la perte  l'identité, irrité par la structure rigide des codes sociaux et éducatifs de son Japon natal, Ishida révèle son angoisse à travers ses métamorphoses bizarres et originales.



1998



" Supermarket " 1997


Bien respecté et connu au Japon, mais peu connu au niveau international au début des années 2000, l'ambition d'Ishida est d'acquérir  une audience mondiale. Mais Ishida a été percuté par un train à Machida, Tokyo en 2005 à l'âge de 31 ans.



http://www.tetsuyaishida.jp/ http://www.tetsuyaishida.jp/


 

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19 novembre 2009

Maruja Mallo

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Maruja Mallo dans son atelier en 1936 à Madrid.

J'avais été surpris au printemps de découvrir lors de ma visite au musée de la collection Berardo de découvrir en la personne du peintre portugais Raul Perez un surréaliste de première grandeur totalement inconnu en France. Avec Maruja Mallo ( de son vrai nom Ana Maria Gomez Gonzalez) c'est également une figure majeure du surréalisme et des arts espagnoles très marqués par ce que l'on a appelé la génération de 27, que j'ai récemment découvert. Son importance est indéniable elle est pourtant encore une grande inconnue, même dans son pays et que dire de la France
où pourtant elle eut une notoriété certaine au tournant des années 20.


Elementos para el deporte, 1927 (Articles pour le sport),



la verbena 1928 ( verveine )


Elle est née à Vivero, Lugo. Dans sa famille, elle était la quatrième d'une fratrie de quatorze enfants. Elle a étudié à l'Escuela de Bellas Artes de San Fernando à Madrid. Au cours des années 20 elle travaille  pour de nombreuses publications littéraires comme La Gazette littéraire, l'almanach littéraire ou la Revista de Occidente . Elle réalise des couvertures pour plusieurs livres. En 1928, grâce à l'écrivain José Ortega y Gasset, elle fait sa première exposition dans les Salons de la Revista de Occidente, à Madrid. Son style est alors proche de la Nouvelle Objectivité ou du réalisme magique. En 1932, Elle se rend à Paris où elle rencontre Magritte, Max Ernst, Miro et de Chirico, ainsi que Paul Eluard qui écrit: << Les créations les plus étranges de Maruja Mallo, sont parmi les plus importantes de la peinture actuelle, la révélation poétique et plastique dans ses tableaux, "Les égouts" et "Bell" en font des précurseurs de la vision informelle.>>. Elle rencontre  André Breton. Ce même Breton en 1932, lui achete le tableau intitulé Scarecrow, une oeuvre peuplée de fantômes, ce travail est considéré alors comme l'une des plus grandes œuvres du surréalisme. Elle avait acquise une telle notoriété que les autorités française lui achete un de ses tableaux pour l' exposer au musée national d'Art moderne. Sa première exposition à Paris a eu lieu à la Galerie Pierre Loeb en 1932.


El Espantapeces, 1931


Estampa (Escaparate), 1927


Naturaleza viva, 1943 (La nature vivante)

El racimo de uvas, 1944 (La grappe de raisin)


Deux ans plus tard, Elle fait un peu d'enseignement à l'Ecole de céramique et de la Residencia de Estudiantes de Madrid. Elle forme un groupe informel avec des artistes, des écrivains et des cinéastes tels que Salvador Dalí, Federico García Lorca, Luis Buñuel et  Pablo Neruda. Ce dernier la présente à Michael Hernandez, avec qui elle aura une liaison torride qui a inspiré le sonnet «La foudre qui s'arrête jamais". En 1934, elle étudie les mathématiques et la géométrie afin de les appliquer dans son travail, principalement dans la céramique. À compter de 1935, elle commencé sa phase  constructiviste, tout en exposant encore avec les surréalistes à Londres et à Barcelone . Attachée à la République, en Février 1936, la guerre civile la surprend en Galice. Elle  fuit au Portugal. Tous ses travaux de poterie des années trente sont détruites pendant la guerre civile.

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Peu après, son amie Gabriela Mistral, Ambassadeur du Chili au Portugal, l' aide à déménager à Buenos Aires, où elle vivra pendant vingt ans. Elle reprend la peinture, continue à enseigner et à cultiver les amitiés. Elle contribue au célèbre magazine avant-gardiste Sur, auquel participe également Borges. Dans cette période, elle peint des portraits et des natures mortes qui s'inspirent du  monde sous-marin, avec des escargots et des fleurs étranges. De son séjour à Buenos Aires, le Musée du Design et d'Illustration, en a conservé dans sa collection deux tempera sur papier représentant des animaux, mi-réels mi- fantastiques.
Vers 1939, elle commence à peindre des portraits, de femmes en particulier, dont le style est un précurseur de celui du pop art américain.

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Après l'établissement du péronisme en Argentine, Maruja Melo quitte ce pays pour s'installer à New York. En 1964, elle retourne en Espagne, trois ans après elle reçoit la médaille d'or des Beaux Arts espagnols. Elle qui a été l'une des grandes figures du surréalisme d'avant-guerre est devenue une presque  étrangere dans son pays natal. Elle s'installe à Madrid, Calle Núñez de Balboa, et presque comme un symbole elle redessine la couverture de la Revista de Occidente.



Cabeza de negra, 1946 (Tête noire)

Oro, 1951 (Or)

Elle vit une relation étroite avec le poète Rafael Alberti, avant que ce dernier  rencontre sa future épouse, Maria Teresa León. Les années 90 sont pour Muruja Mallo sujets à de nombreuses expositions et récompenses. Elle  meurt à Madrid le 6 Février 1995.

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18 novembre 2009

Baron-Renouard au Salon d'Automne 2009

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06 novembre 2009

Keith Haring au travail

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01 novembre 2009

Robert Sherer

<i>Adam and Steve</i>

Robert Sherer est un artiste américain, d'une quarantaine d'années, grand militant de la cause gay, aussi talentueux que malicieux. Pour certains de ses travaux, ceux qui illustrent ce billet, il a adopté la technique un peu désuète de la pyrographie. Cette technique consiste a dessiner sur une planche de bois tendre puis ensuite repasser les contours des figures avec un stylo pyrographique qui brule la surface du bois, plus on le laisse longtemps à un endroit, plus le sillon est profond et large. Cette pratique est très répendue dans les camps de vacances pour les jeunes américains. Elle était également très en vogue dans les colonies de vacances françaises dans les années 70, époque où je les fréquentais. Robert Sherer n'a pas choisi cette technique par hasard pour ses images, qui pourraient être d'un Glen Baxter gay, o combien subversives alors que la pyrographie est habituellement dévolue à des représentations beaucoup plus anodines...

          <i>American Martyr</i>

          <i>Submarine Game</i>

         

<i>Fountain of Youth</i>

         

<i>Nocturne</i>

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30 octobre 2009

L'arche de Huang Yong Ping à la chapelle de l'Ecole Nationale des beaux-arts

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la chapelle de l'École des beaux-arts, a été construite par la reine Margot. Les travaux commencèrent en 16o8. Elle devint, avec Alexandre Lenoir, le Musée des monuments français (1795-1816), avant d'accueillir, au sein de l'École des beaux-arts, des copies d’œuvres du moyen-âge et de la Renaissance italienne et française : « La porte du Paradis » dont l’originale, réalisée par Ghiberti, orne le baptistère de Florence ou encore « le Jugement dernier » de Michel-Ange par Xavier Sigalon. Tout cela donne au lieu un aspect bric à brac, sentiment que renforce souvent les installations qui y sont régulièrement présentées. Parfois on ne situe pas bien où s'arrête l'exposition permanente et où commence l'exposition temporaire... Ce n'est pas le cas avec l'installation de Huang Yong Ping, un des artistes de la galerie Kamel Mennour où l'on peut voir jusqu'au 19 décembre, une autre installation de Huang Yong Ping, "caverne" inspirée de la caverne de Platon. Pas de confusion possible, cette fois, car l'arche avec ses bestioles naturalisées tranche nettement avec les gisants poussièreux de l'endroit.

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Huang Yong Ping est un habitué des installations spectaculaires, mais elles ne furent pas toutes aussi agréables à regarder que celle-ci. On peut être surpris de voir ce chinois, installé en France depuis la fin des années 80,  nourrir son art des grands mythes occidentaux...
Laissons la parole à Jean de Loisy, qui dans le dossier de presse, décrypte les intentions et les sources de l'artiste: << L'installation magistrale méditée par l'artiste pour la chapelle de l'Ecole Nationale des Beaux-arts de Paris a été inspirée par l'incendie de la célèbre maison parisienne Deyrolle spécialisée dans la vente d'objets d'histoire naturelle. Saisi par l'effet de la calcination sur l'aspect des animaux, l'artiste y vit figuré par ce hasard néfaste le vrai travail de la mort. Ce désastre le conduit à concevoir cette immense sculpture qui commente l'histoire de l'arche de Noé décrite dans la genèse, c'est à dire la condition du mal, du châtiment divin et de la rédemption au coeur d'un drame cosmique, le déluge...

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... Le grand vaisseau est là, entouré des sommets de la mémoire occidentale. Fidèle à l'histoire biblique, il porte sur ses ponts la faune destinée à repeupler la terre. S'en approchant, le regardeur découvrira certains des animaux empaillés, défigurés, comme victimes d'une terrible tragédie. Le mât également, partiellement calciné, suggère que ce microcosme a été soumis à un drame...

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... ici, il s'agit d'un bateau de papier. Comment dire plus littéralement que l'oeuvre se réfère à un livre mais aussi qu'appartenant au monde de l'enfance, elle est une fable. La géométrie du pliage selon laquel est construit le navire est l'expression de la raison, opposée aux pulsions animales qui nous constituent...

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maquette de l'installation

L'arche de HYP transporte la vie mais aussi la violence fondamentale de toute organisation sociale. Par ce message pessimiste l'artiste retourne l'idée même de l'histoire sur laquelle il se fonde. Il disjoint l'alliance entre Dieu et les hommes. Aucune punition céleste n'a frappé l'arche, seule la violence inhérente à la vie collective est à l'origine de la barbarie mise en scène par l'artiste...

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... Comme le signifie le titre: "Arche 2009", la rumeur tragique de notre présent accompagne ce monument dédié à nos faiblesses. On peut percevoir l'écho, par exemple de la destruction écologique majeure d'aujourd'hui, qu'autrefois le déluge symbolisa, ou la douleur des boat people, ou encore les conflits interminables qui manifestent notre incapacité à vivre ensemble...

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... Ici donc l'artiste inverse le point de vue des mythes en observant ce que ceux-ci disent de nous mêmes, plutôt que ce qu'ils suggèrent de nos dieux. Il substitue ainsi aux aspects théologiques de ces récits fondateurs, une anthropologie, une réflexion sur l'homme.>> Jean de Loisy, juin 2009

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Si j'ai mis la quasi intégralité de la note d'intention du dossier de presse c'est tout d'abord que pour une fois, elle est compréhensible et qu'en outre je suis à peu près d'accord avec ce qu'elle raconte. Il est bien certain que je n'ai pas vu tout cela en regardant, en tournant autour, en photographiant cette installation. En particulier la partie calciné de la chose, bien peu perceptible... Pourtant en voyant ces animaux naturalisés j'ai immédiatement pensé à Deyrolles, qui se trouve non loin de la chapelle des Beaux-art, rue du Bac. Je me réjouit d'ailleurs de la renaissance de cette maison dans laquelle j'avais fait de nombreuses photos il y a une quinzaine d'années; il faudra que je montre cela un jour... Au dela des interprétation cette installation est plaisante et on ne peut qu'espérer qu'elle aidera à sensibiliser le public sur les animaux en voie de disparition.

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Entrée gratuite
jusqu'au 1er décembre 2009
chapelle de l'Ecole Nationale des Beaux-arts
de 13h à 19h
14 rue Bonaparte 75006 Paris.

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