Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

23 novembre 2009

Les Grecs

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Fiche technique :


France, 2006, 92 mn
Réalisation : Patrick Czaplinski, captation de la pièce Les grecs de Jean-Marie Besset. Mise en scène : Gilbert Désveaux. Décor : Serge Coiffard. Lumières : Franck Thévenon. Costume : Juliette Chanaud. Directeur de la photo : Cécile Trelluyer. Son : Raphael Dufour. Montage : Dominique Durand.

Avec Xavier Gallais, Marianne Basler, Laurent d’Olce et Salim Kechiouche.


Résumé :


Léna (Marianne Basler) mère de deux enfants, que l’on ne verra pas, mariée à Henri (Laurent d’Olce), a invité, un samedi soir, Alain (Xavier Gallais), son amour d'adolescence dans leur villa cossue de la belle banlieue parisienne. Apparemment, elle règne, en ce début de soirée, entre un mari à ses petits soins et un ami, ancien amant, intellectuellement son complice. Alain et Léna se sont connus en Grèce. Ils avaient dix-huit ans. Ils ont eu alors une brève liaison, avant qu'Alain préfère les garçons. La vie les a séparés. Ils se revoient depuis quelques mois, grâce à la rencontre fortuite d'Henri avec Alain, et du désir souterrain qui existe entre les deux hommes. Léna se complaît à l’évocation de leur voyage en Grèce. Mais l'ancien amant, devenu homosexuel, est celui qui apporte la discorde dans ce couple bourgeois modèle, à la façon des Grecs ravageant la belle ville de Troie. L’Illiade est le sujet de la conversation écran du dîner. Alain est, à la façon d'Achille, le guerrier qui entre en conflit avec l'ordre établi, la famille, le couple... Insensiblement, par touches légères, par degrés progressifs, l’ordre apparent se désagrège. La façade sociale, l’illusoire amitié se révèlent factice. À l’acmé de ce dévoilement brutal des corps et des cœurs débarque Osman (Salim Kechiouche), le petit ami algérien d’Alain. Peu importe qu’il soit l’amant d’Alain, guidé par la jalousie, son intrusion épure le jeu : il enlève les masques, force chacun à avouer, devant les autres, ce qu’il désire. Osman rend manifeste l’ultime défaite de Léna. Elle se donne à lui, complice. Au petit matin, on pansera les blessures par des échanges jubilatoires autour de la table du petit déjeuner...

L’avis de Bernard Alapetite :

La première qualité de la pièce de Jean-Marie Besset, comme de tout son théâtre, est de ne pas se vouloir naturaliste. Le théâtre n’est pas la vie. Il est une autre vie, consolante dans la mesure où il nous rend maître de quelques lois et donne l’illusion de fixer le temps parce qu’il crée un temps qui lui est propre. Besset renoue avec le grand théâtre de l’entre deux guerres. Sa référence la plus immédiate est Bernstein, mais on peut y voir aussi des réminiscences de Giraudoux et de Bourdet.

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Les Grecs se placent dans la droite ligne d’une de ses premières pièces, Ce qui arrive et ce qu'on attend, qui a révélé cet auteur brillant. On y suivait l'itinéraire chaotique d'un jeune architecte qui rencontre un ami d'enfance, dans l'antichambre du pouvoir. Tous les thèmes de Jean-Marie Besset étaient déjà réunis, les jeux de l'ambition, de la séduction, de l'amour à géométrie variable que l’on retrouve dans Les Grecs et que l’ on peut aussi rapprocher de Rue Babylone (dvd COPAT), son opus précédent, où également un étranger miséreux servait de révélateur à un homme nanti. Le dramaturge ne fait pas mystère de ses maîtres : « André Téchiné au cinéma par exemple, Houellebecq et ses écrits témoignent sans fard d'une réalité amoureuse et sexuelle. J'aimerais réussir ce travail dans mes pièces et tenter d'intéresser les trentenaires à l'art théâtral et qu'ils retrouvent le chemin des salles. »
Encore une fois, Besset place l’homosexualité au centre de son propos, ce qu’il confirme sans fausse pudeur : « Il y a des formes d’homosexualité qui sont aujourd’hui marginalisées, négligées. Ici, je parle de ce rapport à l’homosexualité très complexe qui est celui des Maghrébins, de la sexualité furtive et secrète du mari, et je présente avec l’ami un type d’homosexuel que je définis comme très parisien, à la Chéreau, Navarre, Foucault… très intellectuel, très dur, dominant l’autre... On m’accuse parfois de faire du prosélytisme : mais je n’ai jamais cherché à convaincre quelqu’un de devenir homo ! Je témoigne, je parle de ce que je connais, de la société comme elle est. Il y a beaucoup d’homos autour de moi, à commencer par moi : j’écris aussi à travers mon prisme. Ce n’est pas du militantisme, c’est une façon de rétablir une réalité souvent occultée même dans cette longue tradition française d’auteurs homos qui n’en ont pas parlé ! Ce n’est pas militant non plus dans la mesure où je ne fais pas des essais sociologiques. Et en même temps, l’homosexualité est aujourd’hui un des thèmes très importants du débat. »
Il est incontestable que les intellos-bourgeois (de gauche bien sûr, le bourgeois de droite ne peut être qu’inculte selon la doxa parisienne) se reconnaîtront dans les personnages de la pièce. Où est le mal à cela ? Je reconnais sans aucune honte que je suis plus près de ce groupe abhorré par ses propres sectateurs, qui constituent la grande majorité du public du théâtre, que des paumés du Gardien de Pinter, des actants loqueteux d’En attendant Godot ou bien encore des folles carnassières du grand Copi... Pourquoi cette timidité sur scène comme ailleurs, depuis la déshérence du marxisme, à dire le fait social ? On voit bien qu’autant Besset est brillant dans sa peinture du désir autant il est timoré en ce qui concerne le constat social. On apprend subrepticement que Léna est une brillante normalienne. On nous glisse qu’Alain est médecin, fonctions ou qualités qui d’ailleurs n’ont pas d’incidences sur le déroulement de l’intrigue; mais le mari n’a pas droit à une quelconque qualification. On sait juste qu’il était en séminaire à New York le 11 septembre 2001. Il faut dire que l’on a un peu de mal à s’en persuader, car aussi bien Laurent d’Olce que Jean-Michel Portal, leur talent indéniable n’est pas en cause, n’ont pas le profil idéal pour le rôle. Quant à Osman – personnage si archétypal que l’on sent bien que dans l’esprit de l’auteur, il ne peut être que chômeur ! – Salim Kechiouche, qui ne rentre qu’à la 46e minute du spectacle, reprend peu ou prou son personnage du film Grande école, qui n’existait pas dans la pièce de Besset dont est tiré le film, et qui y a été ajouté par Salis pour le grand écran.
Il est amusant de lire dans le dossier de presse que Gilbert Desveaux, le metteur en scène, qualifie Les Grecs de pièce optimiste et que l’accommodement du couple aux diverses entorses à la fidélité est bien préférable au divorce, sous entendu pour les enfants. Avec cette intronisation de l’homosexualité dans le couple bourgeois, on ne peut être qu’ébahi par la faculté de récupération par la bourgeoisie des revendications soixante-huitardes pour les libertés sexuelles. C’est à la fois effrayant et consolant...


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La captation, probablement réalisée à l’aide de quatre caméras, est fidèle à l’efficace mise en scène de Gilbert Desveaux, tout en prenant de vraies partis pris dans la mise en image ; comme celui de privilégier les plans moyens par rapport aux gros plans et aux plans larges. Ainsi souvent on a le sentiment que les acteurs jouent sur un fond de toiles de l’abstraction géométrique à la Mondrian ou à la Magnelli, ce qui est du meilleur effet esthétique et nous recentre sur le jeu et le texte, nous évitant d’être par trop accaparé par le splendide décor de Serge Coiffard.
Ce décor est un atout essentiel pour la pièce, tant il est beau. Les producteurs de spectacles devraient toujours avoir à l’esprit, que c’est d’abord, le décor que l’on voit durant toute une représentation. Dans Les Grecs, il n’est pas seulement magnifique, il est informatif, beaucoup plus que le texte, sur la situation sociale et le goût des habitants du lieu.
Son importance était validé par la communication du Théâtre du Petit Montparnasse, dans lequel la pièce fut créée au printemps 2006, qui choisit, avec beaucoup d’audace, comme affiche, l’extérieur supposé de la villa où se déroule l’intrigue. La furtive mention du RER et de l’ouest parisien, me fait subodorer que cette belle maison d’architecte doit se situer du coté de Chatou et du Vézinet. Elle est curieuse cette répugnance des auteurs de théâtre français à ne pas vouloir situer géographiquement avec exactitude leurs pièces, alors que leurs confrères anglais se régalent des énumérations de lieux, rues et autres gares dont ils parsèment leurs œuvres. Ce qui a aussitôt pour effet de faire naître, pour bon nombre de spectateurs, bien des réminiscences qui enrichissent de leurs sous-textes les pièces. 
Le parti pris du plan moyen a pour conséquence que nous contemplons assez rarement la totalité du décor. Lorsque cela se produit, celui qui a vu la pièce, lors de sa création au Petit Montparnasse, s’aperçoit que la caméra n’a pas été positionnée comme le serait un spectateur situé au centre d’une rangée, face à l’action, mais de biais, tel un voyeur, situé à l’extrême du côté jardin. Choix curieux puisqu’un décor de théâtre est d’abord étudié pour être vu du centre, donc avec un regard perpendiculaire à la scène. Le résultat est que nous percevons le plateau plus grand qu’il n’est dans la réalité. Cette vue a pour corollaire de rendre plus froid et moins intime ce lieu de vie où déjà dominent les couleurs froides et le béton brut.
Il aurait été préférable que la captation s’effectue sans public, celui-ci reste toujours hors champ. Ses rares interventions sonores sont plus gênantes qu’efficaces pour la recréation de l’ambiance de la représentation théâtrale.
Le montage va bien au delà du sempiternel champ contrechamp. Il soutient bien le rythme de la pièce. On lui pardonnera quelques images presque subliminales et qui sont surtout intempestives.
La première surprise en découvrant la captation est de constater que Jean-Michel Portal, créateur du rôle d’Henri, a été remplacé par Laurent d’Olce qui était depuis dix ans pensionnaire de la comédie Française. Les Grecs est son premier spectacle depuis qu’il a quitté la maison de Molière. Même si Laurent d’Olce ne démérite en rien, on ne gagne pas au change. Tout comme Portal, il me parait un peu trop prolétarien pour incarner le personnage d’Henri. Il joue plus frontal et apporte moins de mystère à ce mari ambivalent qu’en apportait Portal. Marianne Basler est remarquable. Elle est merveilleuse dans la première partie de la pièce dans cette époustouflante conversation mondaine, proprement homérique, dans laquelle elle « dombaslise » avec gourmandise. Nous sommes soudain transporté dans un Rhomer un peu trop chic. Salim Kechiouche est impeccable, juste comme toujours, dans un emploi qu’il connaît bien, celui du beur tentateur mais méritant. C’est surtout Xavier Gallais, en tête à claques de charme, qui nous enchante de son jeu tout en finesse fait de petits riens qui construisent de minute en minute son personnage. En 2004, il a remporté le Molière de la Meilleure Révélation Masculine pour la pièce de Koltes, Roberto Zucco, mise en scène par Philippe Calvario.
L’habile construction de la pièce avec ses multiples relances, l’excellence de la captation aux cadrages soignés offrent un constant plaisir malgré les petites réserves que je développe ci-dessus.
La captation de la pièce en DVD est disponible chez COPAT.fr

Suite à la polémique minable qui agite les théâtreux agitateurs de sébile j'ai éprouvé le besoin d'éditer sur le blog la critique "Des grecs" que j'avais écrite, en toute indépendance, comme toujours, lors de son passage à la télévision.

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20 novembre 2009

Salomé à l’Opéra de Paris

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En matière d’opéra, je suis un converti de la dernière heure. Auparavant je me rendais dans ces lieux que pour des spectacles de danse. Aujourd’hui voir un opéra est un tel plaisir que je me demande pourquoi je m’en suis privé si longtemps, et en même temps je me dis, en voilà du bonheur en perspective pour mes vieux jours... Or donc voici quelques temps j’ai eu le bonheur, presque sans mélange, de découvrir le “Salomé” de Richard Strauss à l’Opéra Bastille. Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de connaître cet endroit, je voudrais leur préciser que l’intérieur est aussi beau et fonctionnel que l’extérieur est laid et d’une géométrie aberrante par rapport à la place qu’il était censé épouser, alors que sa façade entre en conflit avec la géographie de l’espace où le bâtiment a été posé, pour ne rien dire de sa façade aux marches aussi inutiles que celles du monument dédié à Victor-Emmanuel à Rome.
Mais revenons au spectacle. La première bonne surprise, est-ce déjà du à l’influence du nouveau directeur, Nicolas Joel (du moins la reprise de cette mise en scène qui date de 2003), est de voir que l’intrigue, sensée se dérouler en Judée sous l’empire romain, n’a pas été transporté dans l’Allemagne nazi ou dans le Berlin spartakiste; que Lev Dodin, le metteur en scène, soit remercié de cette grande originalité de  n’avoir pas choisi ces deux lieux qui sont les dépaysements intellectuels préférés de ses confrères, aidés en cela par les décorateurs qui raffolent des chiffons rouges et autres oriflammes crypto-nazi, permettant de délicieuses taches mouvantes de couleur sur les plateaux.
Le décor, signé David Borovsky est sobre et de bon aloi. Il baigne dans une chaude lumière qui suggère bien un bord de mer Méditerranéen. Tout se déroule dans un décor unique, la terrasse du palais du Tétrarque de Judée sous la lumière de la pleine lune. Le livret de Salommé, tiré de la pièce éponyme d’Oscar Wilde dans une traduction en allemand (l’opéra est chanté dans cette langue) de Hedwig Lachmann, est moins futile que ceux de nombreux Opéras. Il est en outre d’une exceptionnelle densité puisque l’ouvrage ne dure que 90 minutes ce qui est extrêmement court comparé à la plupart des opéras. Le roi Hérode (Thomas Moser) a des vues sur Salomé (Camilla Nylund) sa belle et jeune belle fille au grand dam de sa mère et du beau capitaine Narraboth ( Xavier Mas qui malheureusement n’est pas l’interprète de la danse des sept voiles). Mais voilà que la jeune Salomé ne supportant plus la touffeur d’un banquet et les œillades de son beau père de roi s’échappe pour prendre l’air et là tombe en pâmoison sexuelo mystique en entendant le chant du prophète Jochanaan (Vincent Le Texier). qui est prisonnier d’Hérode. Quand la chaude vierge aperçoit le prisonnier à travers ses barreaux, elle se transforme en chienne en chaleur et comme le constate assez plaisamment le programme: <<... Et il comprit qu’il pouvait comme personne avant lui, faire tour à tour gémir et hurler la chair implorante et furieuse de la princesse. Un seul acte, une seule ascension vers un cataclysme annoncé... une danse où le corps s’abandonne et jouit de lui même, une mort enfin exalté de sang, de sueur et de désir.>>. Calmons nous la mise en scène  trop sage est beaucoup moins torride que le texte de présentation car si Camilla Nylund, qui n’est pas désagréable à regarder et a une voix à la hauteur de son rôle, malheureusement danse comme une chaufferette et la fameuse danse des sept voiles (le soir où j’étais présent je n’en ai compté que six!) sombre rapidement dans le ridicule. Un ami expert en opéra qui en était à sa énième Salomé nous faisait très justement remarquer qu’il était dommage que le prophète sorte de la montagne latéralement, comme dans une sorte tiroir, alors qu’il aurait été beaucoup plus signifiant de le voir surgir du sol comme il avait pu le voir dans une autre mise en scène. La plus belle partie de cet opéra est d’ailleurs lorsque l’on entend la mélopée du prophète “hors champ”, sortant de nulle part. Vincent Le Texier tant par sa voix que par sa prestance est parfait dans le rôle. Je n’en dirais pas autant de Thomas Moser qui s’il a bien la silhouette que l’on peut imaginer pour Hérode me semble avoir une voix un peu juste pour le personnage et un jeu par trop désinvolte. Lorsque pour la dernière réplique, il ordonne  <<Tuez cette femme>>, j’ai plus eu l’impresion d’un bourgeois demandant à son valet d’allez lui acheter une salade au marché que d’un roi demandant la tête de la femme qu’il aime en secret.
La musique, plus moderne (je vous rappelle que je découvrais l’oeuvre) par rapport à ce que je connaissais de Richard Strauss (1864-1949) était fort bien conduite. Richard Strauss a quarante ans lorsqu’il compose cet opéra après avoir vu la représentation de la pièce, écrite par Oscar Wilde pour Sarah Bernhardt, donnée à Berlin dans la mise en scène de Max Reinhardt.
Pour résumer, amis décadents, nécrophiles ou misogynes une soirée à la Bastille à ne pas manquer.   

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21 septembre 2009

Miaou





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10 août 2009

Pour se souvenir de Jean-Paul Rousillon

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J'ai toujours essayé que ce blog ne ressemble pas à une suite de nécrologies. Néanmoins je m'en voudrais de ne pas signaler, de ne pas honorer, à ma modeste manière, la disparition de Jean-Paul Roussillon à qui, en partie, je dois mon amour du théâtre. Il fut un de mes  premiers émerveillements lorsque tout minot je l'ai découvert cabriolant en Scapin sur la scène de la Comédie Française. Quelques années plus tard, toujours au Français, c'est lui qui m'a fait comprendre ce qu'était une mise en scène avec son exceptionnel "Georges Dandin" où il faisait évoluer, à commencer par lui même, les comédiens dans un décor dans des camaieux d'ocres et de bleus... Et puis il n'y a pas si longtemps, il m'a fait éclater de rire dans son rôle d' épicier flingueur dans le beau film de Depleschin, "Rois et reine". Que d'images, que de rires, que d'émotions, monsieur Roussillon  je n'ai pas eu la chance de vous rencontrer pour vous dire merci, comme j'ai pu le faire avec Michel Aumont que vous avez si bien dirigé dans "L'avare". C'est sans doute la dernière vision que j'ai eu de Jean-Paul Roussillon sur la grande scène du théâtre de la Colline qui me restera le plus dans ma mémoire. En mai dernier, Jean-Paul Roussillon était une nouvelle fois dirigé par Alain Françon. Il jouait Firs, le vieux serviteur de la Cerisaie  de Tchekhov, qui regrette le temps du servage. A la fin de la pièce, le vieillard est oublié dans la maison qui vient d’être vendue. Enfermé à clé, il n’a plus qu’à se laisser mourir, tandis que résonnent les coups de hache contre les cerisiers de la propriété. «La vie, elle a passé, c’est comme si on n’avait pas vécu» : c’est la dernière réplique. Ce fut la dernière que Jean-Paul Roussillon prononça sur une scène...

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20 juillet 2009

Roberto Bolle (mise à jour)

L'image “http://www.ateneonline-aol.it/img/bolle.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
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le danseur italien Roberto Bolle (en voici d'autres belles photos ) qui fait partie maintenant de la compagnie American Ballet Theater est peut être le plus beau danseur du moment, jusqu'à la semaine dernière il triomphait à New York dans Roméo et Juliette.

                             

 

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Ce ballet a été "évoqué" dans le magazine Vogue grâce au talent d' Annie Leibovitz, images dans lesquelles Roberto Bolle est associé à la beauté dramatique du top model canadien Coco Rocha

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Roberto Bolle incarnera Romeo la saison prochaine à l'American Ballet Theatre de New York. "Romeo, c'est le rôle de ma vie" confie-t-il. "Il y a tout dans ce rôle : la passion, la tragédie, l'amour. Toutes les émotions les plus fortes sont dans cette histoire". Et même si Roberto semble un peu ailleurs sur ces images, ses jambes sont définitivement épiques. Une image du danseur italien nu de dos vous attend dans la suite du post, si vous avez besoin d'une nouvelle confirmation.

                                                                                 

 

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Il ne reste plus qu'à guetter la venu de sa compagnie à Paris. Mais je me demande si je ne vais pas m'informer sur son emploi du temps chorégraphique et faire le déplacement jusqu'à la grosse pomme pour laquelle je me languis depuis déjà presque deux ans...

                             

 

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En attendant ce voyage ou de le voir évoluer sur les planche je peux me consoler en admirant les nombreuses images de lui qui paraissent un peu partout car au delà des entrechats, il est la nouvelle égérie de Salvatore Ferragamo, modèle de Bruce Weber pour Arena Homme Plus, cover boy de GQ Allemagne .

World famous ballet dancer Etoile Roberto Bolle and his partner perform during the Women's and Men's Autumn-Winter 2008 Fashion Show of Italian brand Salvatore Ferragamo at Shanghai Port International Cruise Terminal on March 28, 2008 in Shanghai, China.

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il fut la vedette  de L'Officiel Hommes ,ci dessous photographié  par  Milan Vukmirovic.

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Cette médiatisation est souhaitée par Roberto Bolle, qui déclare : << Je crois qu'un danseur comme moi se doit de s'ouvrir davantage au monde extérieur. Faire connaître son art au-delà du seul monde de la danse, et utiliser tous les types de médias et de communication à sa disposition. (...) Le grand public s'intéresse peu à la danse parce que les médias ne donnent pas l'occasion aux gens de s'y intéresser. C'est un cercle vicieux. J'essaye justement de recréer un lien entre les médias, la danse classique et par conséquent le grand public. C'est important pour le futur de la danse>>.

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Au-delà de cette volonté de susciter des vocations, on sent bien que celui qui a été nommé "primo ballerino" en 2003 à Milan se prend au jeu de la médiatisation, et en retire quelque plaisir. Le danseur étoile italien avait déjà affirmé dans GQ en 2007 que son corps était un instrument de travail parfait, il va un peu plus loin dans L'Officiel Hommes : << C'est vrai que la beauté physique compte dans mon métier. Mais chaque milieu a des figures, des symboles qui sortent du lot. Et qui deviennent parfois des porte-paroles. La beauté sert aussi à intéresser les grands photographes et donc ça aide pour l'ouverture dont je parlais plus tôt>>.

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A plus de trente ans (!), à quoi rêve Roberto Bolle ? "J'ai travaillé avec Noureev, j'ai dansé à Paris, à Moscou, à NY, j'ai dansé devant le Pape Jean-Paul II. (...) J'aimerais beaucoup danser sur des chorégraphies de Béjart par exemple, c'est quelque chose que je n'ai pas encore fait". Et l'après-carrière, de quoi sera-t-il fait ? "J'aimerais rester en Italie et dans l'univers de la danse. Et m'occuper d'une compagnie. Enseigner me plairait beaucoup".

                                                                                 

 

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Roberto Bolle, est né le 26 mars 1975 Il entre à douze ans à l'École de ballet du théâtre de La Scala à Milan. Son talent est remarqué par Rudolf Noureev qui lui donne le rôle de Tadzio dans son ballet Mort à Venise. Il est nommé primo ballerino, en 1996, à la fin d'une représentation de Roméo et Juliette et interprète des ballets aussi bien modernes que classiques, tels que Le Lac des cygnes, Cendrillon, La Belle au bois dormant

Il est apprécié autant en Italie que dans les compagnies étrangères où il est invité : London Royal Ballet, Staatsoper de Berlin, Opéra de Munich, Tokyo Ballet, etc..
En 1999, il est nommé ambassadeur de bonne volonté de l'UNICEF.
En 2000, il est invité à danser, au théâtre Bolchoï de Moscou, Le Lac des cygnes pour les 75 ans de Maïa Plissetskaïa, en présence du président Vladimir Poutine et en 2002 à Londres pour le jubilé de la reine Elizabeth.
Il retourne à Moscou en octobre 2002 danser Roméo et Juliette dans la version de Kenneth MacMillan, où il remporte un immense succès, puis en mars 2003 il est invité au Covent Garden dans le Lac des cygnes qu'il interprète à nouveau en juillet 2003, dans le cadre du bicentenaire de Saint-Pétersbourg, au théâtre Mariinsky. C'est à l'issue de cette saison triomphale qu'il est nommé étoile de La Scala.


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Exclusive shots of primo ballerino assoluto Roberto Bolle at Rome's Colosseo for the "Roberto Bolle & Friends" show from last night (mentioned here and here). Enjoy!

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Le 1er avril 2004, il danse en présence du pape Jean-Paul II pendant les Journées mondiales de la jeunesse et le 10 février 2006, à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Turin
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Dans le numéro automne/hiver 2008 de Numéro Homme à question «Assumez-vous pleinement votre homosexualité?» Roberto Bolle a déclaré: «Le catholicisme est encore largement répandu et pratiqué en Italie. Ce n'est pas quelque chose que je crie sous les toits.» et à cette autre question, «Envisagez-vous d'avoir des enfants?» «Oui», répondait encore Roberto Bolle. «Adoption ou insémination artificielle?» «Adoption, plutôt.» «Êtes-vous pour le mariage homosexuel?» demandait enfin le journaliste. «Le mariage évoque pour moi une institution intrinsèquement hétérosexuelle. Sans doute y a-t-il d'autres modèles pour les unions entre les personnes du même sexe. Ce qui est sûr, c'est que je suis pour l'égalité des droits.»                            .
Ensuite le danseur est revenu sur cette interview qui a déclanché toute une polémique en Italie, en niant son homosexualité et qu'il ne fallait pas y voir un coming out...






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Ce post doit beaucoup à l'excellent site à cause des garçons dont je vous conseille vivement la visite, c'est ici
Pour en savoir plus sur Roberto Bolle, il y a son site officiel

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16 juin 2009

L’habilleur d’Harwood au théâtre Rive Gauche

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La force d’une oeuvre, film, roman ou comme ici, pièce de théâtre est d’aller de l’anecdote au général tout en étant issu d’un individu et d’un terroir et pourtant, lorsque l’oeuvre est réussi d’atteindre à l’universel.
Sans atteindre ce sommet presque inaccessible “L’habilleur” de Ronald Harwood y parvient presque par le truchement d’un portrait d’un couple d’hommes, un acteur finissant et son vieil habilleur. Ils n’ont plus d’illusion l’un sur l’autre et se tendent réciproquement le miroir dans lequel ils ne voient que désillusions.
Harwood peint magistralement le milieu du théâtre avec ses grandeurs et son sordide, monde d’illusions de cartons et de postiches que les protagonistes ne parviennent jamais complètement à quitter. Monde mirage qui dresse un mur entre eux et le réel en ce janvier 1942 où l’Angleterre est sous les bombes allemande.
Le texte est nourri de son expérience personnel. Harwood a été engagé, comme figurant puis comme habilleur, au début des années 50, par Wolfit alors célèbre chef de troupe (L’habilleur est aussi un hommage à ces chefs de troupe qui ont aujourd’hui disparu) qui parcourait tout le Royaume uni pour y jouer le répertoire shakesperien. Il s’est inspiré de Ronald Wolfit pour créer le personnage du maître. Une anecdote ayant trait au célèbre comédien se retrouve même telle quelle dans la pièce. Pour Wolfit, comme pour le maitre, la tempête dans le roi Lear n’était jamais assez tonitruante et il houspillait rituellement à ce propos sa troupe.

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Dans cette pièces dans laquelle les péripéties sont réduites et qui n’est qu’en définitive qu’un double portrait, le premier celui d’un acteur, incarné, habité par Laurent Terzieff qui est aussi le metteur en scène de la pièce, que l’on nomme que le maître et le second celui de son vieil habilleur joué par Claude Aufaure vieux complice de Terzieff et qui donne toute la complexité du personnage avec son coté louche et plébéien qui contraste avec l’aristocratisme de Terzieff. Ce personnage de cabotin, il faut beaucoup d’humilité à Terzieff pour interpréter un acteur tout en excès, le contraire de ce qu’il a démontré tout au long de sa riche et longue carrière, est à la fois héroïque et dérisoire... Mais ces qualificatifs ne peuvent ils pas définir toute vie?
Double portrait en miroir mais si celui du maître est nourri par ses soliloques tantôt délirants, tantôt d’un cynisme amer, celui de son domestique se dessine en creux par les membres de la troupe qui cancane avec lui. Aucun d’eux ne font vraiment attention à lui, ils n’ont d’attention que pour le chef de troupe.
Cette pièce ne pourrait pas se situer ailleurs qu’en Angleterre, il me semble d’ailleurs qu’il est bon d’être anglophile pour l’aprécier pleinement, c’est le seul pays où le théâtre, en particulier l’oeuvre de Shakespeare, référent ultime, est au centre de l’instruction.

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C’est dans l’enracinement dans ce terroir que nait le grand moment d’émotion de la représentation lorsqu’à la fin de la représentation du roi Lear qu’il vient d’interpréter, le maître vient saluer son public qui entonne le good save the king pour honorer son courage d’avoir joué la pièce sous la menace des bombardements allemands. Nous voyons cette scène de dos en ombre chinoise comme du fond des coulisses.
La mise en scène est ingénieuse, la pièce se déroule dans sa plus grande partie dans la loge, le décor est très naturaliste, du maître où son habilleur tente de ranimer sa vigueur flageolante pour qu’il affronte, une fois de plus le public, dans le rôle écrasant du roi Lear. Mais à d’autres moment nous sommes dans les coulisses où l’on assiste à des bribes de représentation de la tragédie de Shakespeare, grand moment de drôlerie lorsque le maître repris par sa sénilité refuse d’entrée en scène et qu’un de ses camarades, truculent Laudenbach, est obligé d’ improviser pour meubler l’attente. Si les angles trouvé pour la mise en scène sont habiles en revanche elle manque de rythme, trop de temps mort et le texte aurait pu être débarrassé de plusieurs redites. Il y a bien quinze minute à retrancher pour donner plus de muscles à cette tragi-comédie. Elle souffre d’un montage trop lâche en quelque sorte. Si j’emploie des termes issus du cinéma, c’est à dessein tant on voit bien dans cette mise en scène si cinématographique, combien l’adaptation pour l’écran serait facile. Ce qui fut fait en 1983 par Peter Yates avec Albert Finney dans le rôle du maître.

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Aucun des seconds rôles ne déméritent mais je donnerais une mention particulière à Philippe Laudenbach qui est stupéfiant dans son personnage de cabotin boiteux et bolchevique.
J’ai tout de même été gêné lorsque Terzieff exhibe en caleçon sa maigreur squelettique, j’ai eu à ce moment l’impression de voir la momie de Rascar Capac jouer le roi Lear ce qui est un peu déstabilisant... Mais c’est malgré cette réserve un privilège de passer une soirée en compagnie d’un acteur qui incarne à ce point l’ exigence du théâtre.

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09 mai 2009

La cerisaie de Tchekhov à la Colline

J'allais à la fois serein et ému au théâtre de la colline assister à la Cerisaie de Tchekhov dans la mise en scène d'Alain Françon. Serein parce que sachant l'excellence du texte et du metteur en scène, il n'y avait pas de risques de déception d'autant que ce théâtre avec sa configuration en amphithéâtre n' offre que des places possédant une bonne visibilité du plateau dont l'ouverture immense n'est pas toujours facile à apprivoiser pour un metteur en scène. Ému parce que j'avais rendez-vous avec ma jeunesse de spectateur de théâtre puisque j'allais voir Jean-Paul Roussillon dans son dernier rôle. Il a annoncé qu'il abandonnait la scène après la dernière représentation de cette Cerisaie, soit au soir du 10 mai. Je me souvenais de la première fois que j'avais découvert cet acteur, à la fin des années 60? au début de la décennie suivante? Je ne sais plus. En revanche je me rappelle bien que c'était dans le Georges Dandin de Molière, dont il interprétait le rôle titre et qu'il avait mis en scène pour la Comédie Française. Les décors de cette représentation avec leurs camaïeux de bleus et la voix mouillée de l'acteur sont restés à jamais inscrits dans ma mémoire. Jean-Paul Roussillon était alors encore mince et alerte. Sur l'immense plateau de la colline je l'ai retrouvé en  comme rétréci, arpentant la vaste scène à petit pas courbé sur sa cane qui visiblement n'était pas qu'un ustensile de théâtre mais toujours avec la même présence et cette voix qui capte l'attention.
Françon n'est pas un metteur en scène cuistre. Il ne sent pas obligé comme moult de ses confrères de faire le malin, de moderniser ou de dépayser un texte, ce qui pour Tchekhov est stupide tant il nous parle d'un, temps, d'un lieu particuliers et, comme tous les génies il rend ce particulier universel. Les décors et les costumes sont donc clairement de l'aube du XX ème siècle, même s’ ils sont moins naturalistes que ceux de la mise en scène de Stanislavski dont on est heureux de trouver des photographies dans le programme.
La distribution est homogène dans sa belle qualité. Elle est toutefois dominé par le toujours extraordinaire Didier Sandre en Gaev . J'aurais aimé un peu plus de densité dans le jeu de Dominique Valadiè qui interprète la mère.
Que dire de la Cerisaie sans paraphraser ce qui a été dit mieux ailleurs sinon que la dernière pièce de Tchekhov est un des incontestables chefs d'oeuvre du théâtre... C'était une grande soirée de théâtre...

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06 avril 2009

Alex Beaupain, “Tout ira bien”


kethevaneVoilà un spectacle qu'il ne faut pas rater, mais qui ne se répand pas en publicité, donc soyez vigilant sur les amusements en votre contrée. Je ne l'ai vu que sur l'invitation d'une charmante hongkongaise de passage dans mes pénates.
Je ne connaissais guère de Beaupain que ses compositions mitonnées pour les films de Christophe Honoré et en particulier pour "Les chansons d'amour" quant à son interprétation je n'avais que l'expérience de celle sur New-York qu'il fait dans le même film.
De prime abord le spectacle "Tout ira bien" désarçonne quelque peu. Alors que je m'attendais à assister à un récital d'Alex Beaupain Il  s'agit en fait d'une lecture d'extraits du roman au titre éponyme au spectacle, texte de Ketevane Davritch, paru à l'Ecole des loisirs qu'entrecoupe les chanson de Beaupain qu'il interprète lui même derrière son piano qu'il ne quittera que pour les saluts. Tout ira bien n’est donc ni tout à fait une lecture ni complètement un concert, mais une histoire pour voix, piano et violoncelle. Ce dernier est dans les main experte de la gracile Valentine Duteil et la mise en scène est signée Diastème.

Le spectacle a une intéressante histoire, en septembre 2004, Kéthévane Davrichewy sort son premier roman "Tout ira bien", alors qu' Alex Beaupain termine ce qui sera son premier album, "Garçon d’honneur". À l’occasion du festival culturel « Lille 2004 », les programmateurs leur donnent carte blanche pour créer une lecture musicale autour de leur travail. Ils se connaissent et s’apprécient depuis longtemps et montent un spectacle  autour des chansons de l’un et du texte de l’autre. Entre temps, Kéthévane a signé d’autres romans, et certaines des chansons d’Alex sont devenues Les chansons d’amour,du film de Christophe Honoré...

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Le texte âpre de Davritch raconte le douloureux quotidien d'Abel que les débuts dans la vie et la drogue ont conduit à "l'Arche"  un centre de sevrage. La lecture commence ainsi: <<Abel a dix-sept ans. Il a tout essayé, toutes les drogues. Aujourd’hui il est enfermé dans un centre de désintoxication, il doit survivre à la salle de sevrage. Puis il lui faudra réapprendre à vivre. Sans la drogue. La seule échappée est en lui-même. Et dans le passé qui l’a mené jusqu’ici. Un père qu’il n’a pas connu Une passion pour le dessin que personne n’a jamais pris au sérieux, sauf Lou. Ils ont grandi ensemble. Lou voulait être danseuse, lui voulait être avec Lou. Mais Lou l’a abandonné...>>
Il me parait difficile ne d’être pas capté et bouleversé par le texte de Davrichewy, qu’elle lit elle même, d’une voix à la foi monocorde et ému. Si j’émet un doute sur mon jugement est que cette histoire me rappelant tant la tragédie vécu par un garçon jadis aimé et aujourd’hui disparu qu’il met impossible de m’abstraire de ma propre histoire devant ce spectacle qui m’a profondément remué.

La déstabilisation devant la prestation des trois artistes est multiple, une des première est que l’on ne réalise pas immédiatement que le je du texte de Davrichewy est celui d’un adolescent ou d’un tout jeune homme, au cours de la lecture je l’ai imaginé ayant dix neuf ans, car lu par son auteur qui est une femme.
Une autre des belles étrangetés du spectacle, est le contrepoint que donnent les chansons d’Alex Beaupain aux multiples trouvailles poétiques et au subtile érotisme dépressif avec le récit de la souffrance d’Abel.
Le contraste est encore renforcée par l’opposition entre la voix velouté d’Alex Beaupain, moderne Jean Sablon, et celle légèrement gouailleuse de Davricheny.
Je ne sais pas qui  a eu la géniale idée, pour aérer ce spectacle, tout de même un peu dépressif, d’introduire un épisode dans lequel Abel faisant du stop est pris par un routier qui écoute le célèbre “Bambino” de Dalida, ce qui nous vaut une interprétation jubilatoire à quatre mains et à trois voix de cet immortel tube.
C’est donc un spectacle entièrement original que donne ce talentueux trio, qui, dans la sympathique salle de l’ FMR, accueillait les spectateurs, vendredi soir, avec une modestie de bon aloi qui ne faisait que mettre en évidence la réussite du spectacle.
Le spectacle se donnera lors des nuits Botanique à Bruxelles le mardi 12 mai 2009 à 20h
et également le vendredi 19 juin à 20h 30 à l'archipel  , 17 boulevard de Strasbourg, Paris X ème; mais il y certainement d’autres dates en d’autres lieux pour découvrir ce très original spectacle que les lecteurs de ce post n’hésitent pas à les communiquer.

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18 mars 2009

La Troisième Symphonie de Gustav Mahler ballet de John Neumeier à l'Opéra Bastille

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Il me semble que l'entrée au répertoire de l'opéra de Paris de la chorégraphie de John Neumeier aurait mérité plus de tintamare médiatique. Tout d'abord parce que John Neumeier est un chorégraphe de première importance et subsidiairement parce que dans la longue premiére partie de son ballet, il met en valeur le corps et la gestuel du danseur, je parle ici du danseur homme, comme rarement on l'a vu.

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Ce ballet a été créé il y a plus de trente ans au ballet de Hambourg que dirige l'américain Neumeier. Il est incontestable que la date de création est visible surtout dans le premier mouvement. La symphonie de Mahler est une des plus longues qui ait été composée. La Symphonie n° 3 en ré mineur fut achevée en 1896. Elle se divise en six mouvements très différents les uns des autres, tant par leur style  musical que par leur durée. Je ne suis pas des gens qui regrettent qu'une oeuvre affiche son millésime. Au contraire je me méfie de celles qui se veulent intemporelles. Elle sont pour cela trop étrangères au monde qui les a vu naitre et pour cela presque toujours peu vivantes et sont peu en prises avec les émotions humaines.

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Dans ce fameux premier mouvement, dansé par trente cinq garçons, on est un peu surpris au premier abord par l'absence des danseuses avant d'en être ravis et de pouvoir admirer le registre des danseurs trops souvent relégués, par nombre de chorégraphes, en porteurs de ces dames. Il faut bien dire qu'au début j'ai eu parfois l'impression de voir un ballet présenté par un opéra où les danseuses auraient été décimées et leurs rôles distribuées au plus graciles de leurs camarades garçons;  car bien des pas parfaitement éxécutés par les danseurs semblent avoir été créés pour des femmes. Autres sentiment avant d'entrer (très vite) dans l'esthétique de Neumeier d'être devant des exercices de gymnastique rythmique que l'on pouvait admirer à l'époque de la création de ce ballet dans les stade derrière le rideau de fer. Il ne faut rien voir de péjoratif dans ce jugement, c'est tout le contraire qu'il faut comprendre.

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John Neumeier donne son sentiment sur cet oeuvre dans un remarquable portrait que l'on peut retrouver ici : << La musique de Mahler est extraordinairement subjective qui se situe, selon moi, à la croisée de toutes les musiques. C'est pour ça qu'on peut en faire un ballet. Elle n'a rien d'abstrait, elle place l'homme en son centre. Bruckner, par exemple, me remplit d'émotions, mais je ne m'y retrouve pas en tant qu'homme, c'est trop distant. Mahler me touche véritablement.La troisième symphonie est un poème musical qui englobe toutes les étapes de la Création...>>

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Epousant parfaitement la musique de Malher, les chorégraphies de chaque mouvement ont toutes leurs spécificité ce qui demande au spectateur un petit temps d'adaptation mais ce qui a surtout pendant ce long ballet de presque deux heures, donné sans entracte, l'avantage de ne jamais générer l'ennui. Il n'est pas interdit de voir dans la chorégraphie de Neumeier quelques ressemblances avec celles de Béjart qui lui aussi s'est attaqué à cette oeuvre de Mahler mais seulement pour les trois derniers mouvements.

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Comme toujours pour les ballets de Neumeier celui-ci est donné en présence de l'orchestre et de choeurs. John Neumeier a confié aux Etoiles, Nicolas Le Riche, Hervé Moreau et au Premier Danseur Karl Paquette les rôle principaux de son ballet. Il ne faudrait pas non plus oublier Jérémie Bélingard et Stéphane Bullion. Je ne partage pas l'engouement général pour Nicolas Le Riche qui s'il a une belle prestance m'a paru être un peu trop terrien pour certaines figures et dans le pas de deux l'étoile Clairemarie Osta, sa femme à la ville, avec une grande légèreté, lui a volé la vedette...
Mais il faut aussi pour ce beau spectacle en tout Soixante danseurs filles et garçons, 96 musiciens de l'Orchestre, 30 choristes, 20 enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, la soliste Dagmar Peckova et le chef Klauspeter Seibel.
Il y avait quelques places vides hier soir (très peu), ce qui veut peut être dire que l'on peut encore se procurer des places pour les représentations suivantes, ce que je vous encourage à faire.

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Toutes les photos ci- dessus illustrant cet article sont de Sébastien Mathé

à l'Opéra Bastille jusqu' au 11 avril 2009

A scene from John Neumeier's Mahler 3 ballet. Photo © 2004 Holger Badekow
image d'une représentation de ce ballet à Hambourg
 

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06 mars 2009

L'affaire de la rue de Lourcine au théâtre de La pépinière

labicheoù 'inconvénient d'être un vieux spectateur
C'est d'abord un souvenir d'enfance qui m'a conduit hier soir au théâtre de la pépinière, curieusement un souvenir de radio. J'ai entendu cette pièce il y a très longtemps sur radio Luxembourg et pour la première fois, après les explications de ma mère, j'eus une vague conscience de ce qu'était le théâtre. Conscience qui allait être renforcée à la rentrée scolaire de cette année là, en troisième année de grande école, la deuxième pour moi car j'avais "sauté", comme on disait, le cours préparatoire, sachant lire depuis au moins six mois lorsqu'en septembre 1957 j'entrais à la grande école, où j'eus la chance d'avoir un instituteur, monsieur Roger Grelet (je ne sus son prénom que plus tard, quand je découvris qu'il était aussi un bon peintre...) que grâces lui soit rendu, qui s'était mis en tête de nous faire lire à haute voix du théâtre, sans doute qu'il était plus facile avec des textes de cette forme, pour les élèves de "mettre le ton" Ces lectures et cette écoute furent suivies d'une passion pour Labiche dont le gamin que j'étais ne savais rien. Concomitamment à ces petits évènements de ma minuscule vie, Le livre de poche faisait paraître deux tomes, aux couvertures l' un rose et l' autre bleu layette du théâtre de Labiche. Je possède toujours ces volumes que j'ai dévorés étant enfant. Et bientôt comme la pièce se jouait à Paris on m'emmena la voir. Il me semble qu'elle était donnée avec une autre oeuvre de Labiche "Feu la mère de madame" qui est également une pièce à chute, toutes deux étaient jouées par Jacques Charon et le bonheur d'hier fit mon malheur d'aujourd'hui. Car même lorsque l'on a plus que de vagues souvenirs de cette représentation d'il y a près de 50 ans, ces quelques images floues sont cruelles pour les acteurs actuels. Il est triste d'admettre que les interprètes des deux rôles principaux,  Yann Collette  pour  Lenglumé et Pierre Berriau pour Mistingue n'ont aucune présence physique, ils ont beau s'agiter et vociférer sur scène, ils ne parviennent pas à donner de la consistance à leur personnage. Le troisième larron mâle de la distribution, Alexandre Michel qui joue à la fois le valet Justin et le cousin Potard n'en a pas d'avantage, ce qui est tout de même embêtant. Seul l'élément féminin ressort de la distribution, Jérémie Lippmann, le metteur en scène, sur lequel je reviendrai, a eu la bonne et curieuse idée de transformer la très enveloppée Christine Pignet en une grosse petite fille 1925, sorte de Betty Boop gonflée à l'hélium.

L'une des raisons qui  m'ont aussi fait découvrir ce théâtre, un des très rares  théâtre parisien où je n'étais jamais encore allé, est que la pièce est mise en scène par Jérémie Lippmann que j'avais connu comme sémillant acteur dans le beau téléfilm "Le bon fils" que j'ai eu le plaisir d'éditer en dvd. Je pensais qu'il n'était qu'une de ces belles étoiles filantes qui nous enchantent et traversent les écrans au mieux que quelques saisons pour ensuite disparaître dans je ne sais quelles limbes... Et puis voilà que je redécouvre son nom en tant que metteur en scène d'une de mes pièces de prédilection.

Malheureusement il a traité "L'affaire de la rue de Lourcine" au raz des pâquerettes sans aucun second degré pourtant cette histoire d'un bourgeois, Lenglumé qui se réveille un beau matin avec une sévère gueule de bois et un inconnu dans son lit et  bientôt dans  se soupçonne "sa lacune" d'avoir commis un crime atroce dont il va devoir éliminé les témoins embarrassants est propice à une lecture particulièrement noire ou / et déjantée, rien de tel ici tout est sage et l'arrière plan social pourtant très présent dans la pièce est gommé. Lippmann ne profite pas non plus des sonorités décalées de certaines répliques et des noms propres des protagonistes qu'il faut faire sonner faisant ressortir ainsi le coté pré -surréaliste qu'ont parfois les pièces de Labiche.

Il aurait également en supprimant une réplique du valet transformé la pièce en un véritable suspense hitchcockienhitchcockien, je l'ai déjà vue montée ainsi et c'était très bien. Il faut parfois savoir être infidèle.   Seule audace avoir maintenu les couplets, propres au vaudeville, mais qui sont souvent supprimés dans les relectures modernes et de les avoir fait jazzés avec bonheur.

Il aurait aussi fallu un décor plus riche et naturaliste tout en fanfreluches  et bibelots pour faire ressortir par contraste la noirceur des âmes des individus médiocre et cynique qui s'agitent devant nous.

Ceci dit, il y avait dans la salle plusieurs enfants d'une dizaine d'années, et même moins qui riaient à gorge déployée. Le spectacle ne se terminant pas tard c'est une excellente initiation au théâtre pour des gamins et les adultes ne s'y ennuieront point.

Posté par bernar alapetite à 18:07 - Théâtre et chanson - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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