Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

21 septembre 2009

Miaou





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10 août 2009

Pour se souvenir de Jean-Paul Rousillon

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J'ai toujours essayé que ce blog ne ressemble pas à une suite de nécrologies. Néanmoins je m'en voudrais de ne pas signaler, de ne pas honorer, à ma modeste manière, la disparition de Jean-Paul Roussillon à qui, en partie, je dois mon amour du théâtre. Il fut un de mes  premiers émerveillements lorsque tout minot je l'ai découvert cabriolant en Scapin sur la scène de la Comédie Française. Quelques années plus tard, toujours au Français, c'est lui qui m'a fait comprendre ce qu'était une mise en scène avec son exceptionnel "Georges Dandin" où il faisait évoluer, à commencer par lui même, les comédiens dans un décor dans des camaieux d'ocres et de bleus... Et puis il n'y a pas si longtemps, il m'a fait éclater de rire dans son rôle d' épicier flingueur dans le beau film de Depleschin, "Rois et reine". Que d'images, que de rires, que d'émotions, monsieur Roussillon  je n'ai pas eu la chance de vous rencontrer pour vous dire merci, comme j'ai pu le faire avec Michel Aumont que vous avez si bien dirigé dans "L'avare". C'est sans doute la dernière vision que j'ai eu de Jean-Paul Roussillon sur la grande scène du théâtre de la Colline qui me restera le plus dans ma mémoire. En mai dernier, Jean-Paul Roussillon était une nouvelle fois dirigé par Alain Françon. Il jouait Firs, le vieux serviteur de la Cerisaie  de Tchekhov, qui regrette le temps du servage. A la fin de la pièce, le vieillard est oublié dans la maison qui vient d’être vendue. Enfermé à clé, il n’a plus qu’à se laisser mourir, tandis que résonnent les coups de hache contre les cerisiers de la propriété. «La vie, elle a passé, c’est comme si on n’avait pas vécu» : c’est la dernière réplique. Ce fut la dernière que Jean-Paul Roussillon prononça sur une scène...

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20 juillet 2009

Roberto Bolle (mise à jour)

L'image “http://www.ateneonline-aol.it/img/bolle.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
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le danseur italien Roberto Bolle (en voici d'autres belles photos ) qui fait partie maintenant de la compagnie American Ballet Theater est peut être le plus beau danseur du moment, jusqu'à la semaine dernière il triomphait à New York dans Roméo et Juliette.

                             

 

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Ce ballet a été "évoqué" dans le magazine Vogue grâce au talent d' Annie Leibovitz, images dans lesquelles Roberto Bolle est associé à la beauté dramatique du top model canadien Coco Rocha

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Roberto Bolle incarnera Romeo la saison prochaine à l'American Ballet Theatre de New York. "Romeo, c'est le rôle de ma vie" confie-t-il. "Il y a tout dans ce rôle : la passion, la tragédie, l'amour. Toutes les émotions les plus fortes sont dans cette histoire". Et même si Roberto semble un peu ailleurs sur ces images, ses jambes sont définitivement épiques. Une image du danseur italien nu de dos vous attend dans la suite du post, si vous avez besoin d'une nouvelle confirmation.

                                                                                 

 

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Il ne reste plus qu'à guetter la venu de sa compagnie à Paris. Mais je me demande si je ne vais pas m'informer sur son emploi du temps chorégraphique et faire le déplacement jusqu'à la grosse pomme pour laquelle je me languis depuis déjà presque deux ans...

                             

 

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En attendant ce voyage ou de le voir évoluer sur les planche je peux me consoler en admirant les nombreuses images de lui qui paraissent un peu partout car au delà des entrechats, il est la nouvelle égérie de Salvatore Ferragamo, modèle de Bruce Weber pour Arena Homme Plus, cover boy de GQ Allemagne .

World famous ballet dancer Etoile Roberto Bolle and his partner perform during the Women's and Men's Autumn-Winter 2008 Fashion Show of Italian brand Salvatore Ferragamo at Shanghai Port International Cruise Terminal on March 28, 2008 in Shanghai, China.

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il fut la vedette  de L'Officiel Hommes ,ci dessous photographié  par  Milan Vukmirovic.

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Cette médiatisation est souhaitée par Roberto Bolle, qui déclare : << Je crois qu'un danseur comme moi se doit de s'ouvrir davantage au monde extérieur. Faire connaître son art au-delà du seul monde de la danse, et utiliser tous les types de médias et de communication à sa disposition. (...) Le grand public s'intéresse peu à la danse parce que les médias ne donnent pas l'occasion aux gens de s'y intéresser. C'est un cercle vicieux. J'essaye justement de recréer un lien entre les médias, la danse classique et par conséquent le grand public. C'est important pour le futur de la danse>>.

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Au-delà de cette volonté de susciter des vocations, on sent bien que celui qui a été nommé "primo ballerino" en 2003 à Milan se prend au jeu de la médiatisation, et en retire quelque plaisir. Le danseur étoile italien avait déjà affirmé dans GQ en 2007 que son corps était un instrument de travail parfait, il va un peu plus loin dans L'Officiel Hommes : << C'est vrai que la beauté physique compte dans mon métier. Mais chaque milieu a des figures, des symboles qui sortent du lot. Et qui deviennent parfois des porte-paroles. La beauté sert aussi à intéresser les grands photographes et donc ça aide pour l'ouverture dont je parlais plus tôt>>.

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A plus de trente ans (!), à quoi rêve Roberto Bolle ? "J'ai travaillé avec Noureev, j'ai dansé à Paris, à Moscou, à NY, j'ai dansé devant le Pape Jean-Paul II. (...) J'aimerais beaucoup danser sur des chorégraphies de Béjart par exemple, c'est quelque chose que je n'ai pas encore fait". Et l'après-carrière, de quoi sera-t-il fait ? "J'aimerais rester en Italie et dans l'univers de la danse. Et m'occuper d'une compagnie. Enseigner me plairait beaucoup".

                                                                                 

 

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Roberto Bolle, est né le 26 mars 1975 Il entre à douze ans à l'École de ballet du théâtre de La Scala à Milan. Son talent est remarqué par Rudolf Noureev qui lui donne le rôle de Tadzio dans son ballet Mort à Venise. Il est nommé primo ballerino, en 1996, à la fin d'une représentation de Roméo et Juliette et interprète des ballets aussi bien modernes que classiques, tels que Le Lac des cygnes, Cendrillon, La Belle au bois dormant

Il est apprécié autant en Italie que dans les compagnies étrangères où il est invité : London Royal Ballet, Staatsoper de Berlin, Opéra de Munich, Tokyo Ballet, etc..
En 1999, il est nommé ambassadeur de bonne volonté de l'UNICEF.
En 2000, il est invité à danser, au théâtre Bolchoï de Moscou, Le Lac des cygnes pour les 75 ans de Maïa Plissetskaïa, en présence du président Vladimir Poutine et en 2002 à Londres pour le jubilé de la reine Elizabeth.
Il retourne à Moscou en octobre 2002 danser Roméo et Juliette dans la version de Kenneth MacMillan, où il remporte un immense succès, puis en mars 2003 il est invité au Covent Garden dans le Lac des cygnes qu'il interprète à nouveau en juillet 2003, dans le cadre du bicentenaire de Saint-Pétersbourg, au théâtre Mariinsky. C'est à l'issue de cette saison triomphale qu'il est nommé étoile de La Scala.


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Exclusive shots of primo ballerino assoluto Roberto Bolle at Rome's Colosseo for the "Roberto Bolle & Friends" show from last night (mentioned here and here). Enjoy!

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Le 1er avril 2004, il danse en présence du pape Jean-Paul II pendant les Journées mondiales de la jeunesse et le 10 février 2006, à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Turin
Roberto Bolle

Dans le numéro automne/hiver 2008 de Numéro Homme à question «Assumez-vous pleinement votre homosexualité?» Roberto Bolle a déclaré: «Le catholicisme est encore largement répandu et pratiqué en Italie. Ce n'est pas quelque chose que je crie sous les toits.» et à cette autre question, «Envisagez-vous d'avoir des enfants?» «Oui», répondait encore Roberto Bolle. «Adoption ou insémination artificielle?» «Adoption, plutôt.» «Êtes-vous pour le mariage homosexuel?» demandait enfin le journaliste. «Le mariage évoque pour moi une institution intrinsèquement hétérosexuelle. Sans doute y a-t-il d'autres modèles pour les unions entre les personnes du même sexe. Ce qui est sûr, c'est que je suis pour l'égalité des droits.»                            .
Ensuite le danseur est revenu sur cette interview qui a déclanché toute une polémique en Italie, en niant son homosexualité et qu'il ne fallait pas y voir un coming out...






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Ce post doit beaucoup à l'excellent site à cause des garçons dont je vous conseille vivement la visite, c'est ici
Pour en savoir plus sur Roberto Bolle, il y a son site officiel

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16 juin 2009

L’habilleur d’Harwood au théâtre Rive Gauche

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La force d’une oeuvre, film, roman ou comme ici, pièce de théâtre est d’aller de l’anecdote au général tout en étant issu d’un individu et d’un terroir et pourtant, lorsque l’oeuvre est réussi d’atteindre à l’universel.
Sans atteindre ce sommet presque inaccessible “L’habilleur” de Ronald Harwood y parvient presque par le truchement d’un portrait d’un couple d’hommes, un acteur finissant et son vieil habilleur. Ils n’ont plus d’illusion l’un sur l’autre et se tendent réciproquement le miroir dans lequel ils ne voient que désillusions.
Harwood peint magistralement le milieu du théâtre avec ses grandeurs et son sordide, monde d’illusions de cartons et de postiches que les protagonistes ne parviennent jamais complètement à quitter. Monde mirage qui dresse un mur entre eux et le réel en ce janvier 1942 où l’Angleterre est sous les bombes allemande.
Le texte est nourri de son expérience personnel. Harwood a été engagé, comme figurant puis comme habilleur, au début des années 50, par Wolfit alors célèbre chef de troupe (L’habilleur est aussi un hommage à ces chefs de troupe qui ont aujourd’hui disparu) qui parcourait tout le Royaume uni pour y jouer le répertoire shakesperien. Il s’est inspiré de Ronald Wolfit pour créer le personnage du maître. Une anecdote ayant trait au célèbre comédien se retrouve même telle quelle dans la pièce. Pour Wolfit, comme pour le maitre, la tempête dans le roi Lear n’était jamais assez tonitruante et il houspillait rituellement à ce propos sa troupe.

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Dans cette pièces dans laquelle les péripéties sont réduites et qui n’est qu’en définitive qu’un double portrait, le premier celui d’un acteur, incarné, habité par Laurent Terzieff qui est aussi le metteur en scène de la pièce, que l’on nomme que le maître et le second celui de son vieil habilleur joué par Claude Aufaure vieux complice de Terzieff et qui donne toute la complexité du personnage avec son coté louche et plébéien qui contraste avec l’aristocratisme de Terzieff. Ce personnage de cabotin, il faut beaucoup d’humilité à Terzieff pour interpréter un acteur tout en excès, le contraire de ce qu’il a démontré tout au long de sa riche et longue carrière, est à la fois héroïque et dérisoire... Mais ces qualificatifs ne peuvent ils pas définir toute vie?
Double portrait en miroir mais si celui du maître est nourri par ses soliloques tantôt délirants, tantôt d’un cynisme amer, celui de son domestique se dessine en creux par les membres de la troupe qui cancane avec lui. Aucun d’eux ne font vraiment attention à lui, ils n’ont d’attention que pour le chef de troupe.
Cette pièce ne pourrait pas se situer ailleurs qu’en Angleterre, il me semble d’ailleurs qu’il est bon d’être anglophile pour l’aprécier pleinement, c’est le seul pays où le théâtre, en particulier l’oeuvre de Shakespeare, référent ultime, est au centre de l’instruction.

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C’est dans l’enracinement dans ce terroir que nait le grand moment d’émotion de la représentation lorsqu’à la fin de la représentation du roi Lear qu’il vient d’interpréter, le maître vient saluer son public qui entonne le good save the king pour honorer son courage d’avoir joué la pièce sous la menace des bombardements allemands. Nous voyons cette scène de dos en ombre chinoise comme du fond des coulisses.
La mise en scène est ingénieuse, la pièce se déroule dans sa plus grande partie dans la loge, le décor est très naturaliste, du maître où son habilleur tente de ranimer sa vigueur flageolante pour qu’il affronte, une fois de plus le public, dans le rôle écrasant du roi Lear. Mais à d’autres moment nous sommes dans les coulisses où l’on assiste à des bribes de représentation de la tragédie de Shakespeare, grand moment de drôlerie lorsque le maître repris par sa sénilité refuse d’entrée en scène et qu’un de ses camarades, truculent Laudenbach, est obligé d’ improviser pour meubler l’attente. Si les angles trouvé pour la mise en scène sont habiles en revanche elle manque de rythme, trop de temps mort et le texte aurait pu être débarrassé de plusieurs redites. Il y a bien quinze minute à retrancher pour donner plus de muscles à cette tragi-comédie. Elle souffre d’un montage trop lâche en quelque sorte. Si j’emploie des termes issus du cinéma, c’est à dessein tant on voit bien dans cette mise en scène si cinématographique, combien l’adaptation pour l’écran serait facile. Ce qui fut fait en 1983 par Peter Yates avec Albert Finney dans le rôle du maître.

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Aucun des seconds rôles ne déméritent mais je donnerais une mention particulière à Philippe Laudenbach qui est stupéfiant dans son personnage de cabotin boiteux et bolchevique.
J’ai tout de même été gêné lorsque Terzieff exhibe en caleçon sa maigreur squelettique, j’ai eu à ce moment l’impression de voir la momie de Rascar Capac jouer le roi Lear ce qui est un peu déstabilisant... Mais c’est malgré cette réserve un privilège de passer une soirée en compagnie d’un acteur qui incarne à ce point l’ exigence du théâtre.

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09 mai 2009

La cerisaie de Tchekhov à la Colline

J'allais à la fois serein et ému au théâtre de la colline assister à la Cerisaie de Tchekhov dans la mise en scène d'Alain Françon. Serein parce que sachant l'excellence du texte et du metteur en scène, il n'y avait pas de risques de déception d'autant que ce théâtre avec sa configuration en amphithéâtre n' offre que des places possédant une bonne visibilité du plateau dont l'ouverture immense n'est pas toujours facile à apprivoiser pour un metteur en scène. Ému parce que j'avais rendez-vous avec ma jeunesse de spectateur de théâtre puisque j'allais voir Jean-Paul Roussillon dans son dernier rôle. Il a annoncé qu'il abandonnait la scène après la dernière représentation de cette Cerisaie, soit au soir du 10 mai. Je me souvenais de la première fois que j'avais découvert cet acteur, à la fin des années 60? au début de la décennie suivante? Je ne sais plus. En revanche je me rappelle bien que c'était dans le Georges Dandin de Molière, dont il interprétait le rôle titre et qu'il avait mis en scène pour la Comédie Française. Les décors de cette représentation avec leurs camaïeux de bleus et la voix mouillée de l'acteur sont restés à jamais inscrits dans ma mémoire. Jean-Paul Roussillon était alors encore mince et alerte. Sur l'immense plateau de la colline je l'ai retrouvé en  comme rétréci, arpentant la vaste scène à petit pas courbé sur sa cane qui visiblement n'était pas qu'un ustensile de théâtre mais toujours avec la même présence et cette voix qui capte l'attention.
Françon n'est pas un metteur en scène cuistre. Il ne sent pas obligé comme moult de ses confrères de faire le malin, de moderniser ou de dépayser un texte, ce qui pour Tchekhov est stupide tant il nous parle d'un, temps, d'un lieu particuliers et, comme tous les génies il rend ce particulier universel. Les décors et les costumes sont donc clairement de l'aube du XX ème siècle, même s’ ils sont moins naturalistes que ceux de la mise en scène de Stanislavski dont on est heureux de trouver des photographies dans le programme.
La distribution est homogène dans sa belle qualité. Elle est toutefois dominé par le toujours extraordinaire Didier Sandre en Gaev . J'aurais aimé un peu plus de densité dans le jeu de Dominique Valadiè qui interprète la mère.
Que dire de la Cerisaie sans paraphraser ce qui a été dit mieux ailleurs sinon que la dernière pièce de Tchekhov est un des incontestables chefs d'oeuvre du théâtre... C'était une grande soirée de théâtre...

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06 avril 2009

Alex Beaupain, “Tout ira bien”


kethevaneVoilà un spectacle qu'il ne faut pas rater, mais qui ne se répand pas en publicité, donc soyez vigilant sur les amusements en votre contrée. Je ne l'ai vu que sur l'invitation d'une charmante hongkongaise de passage dans mes pénates.
Je ne connaissais guère de Beaupain que ses compositions mitonnées pour les films de Christophe Honoré et en particulier pour "Les chansons d'amour" quant à son interprétation je n'avais que l'expérience de celle sur New-York qu'il fait dans le même film.
De prime abord le spectacle "Tout ira bien" désarçonne quelque peu. Alors que je m'attendais à assister à un récital d'Alex Beaupain Il  s'agit en fait d'une lecture d'extraits du roman au titre éponyme au spectacle, texte de Ketevane Davritch, paru à l'Ecole des loisirs qu'entrecoupe les chanson de Beaupain qu'il interprète lui même derrière son piano qu'il ne quittera que pour les saluts. Tout ira bien n’est donc ni tout à fait une lecture ni complètement un concert, mais une histoire pour voix, piano et violoncelle. Ce dernier est dans les main experte de la gracile Valentine Duteil et la mise en scène est signée Diastème.

Le spectacle a une intéressante histoire, en septembre 2004, Kéthévane Davrichewy sort son premier roman "Tout ira bien", alors qu' Alex Beaupain termine ce qui sera son premier album, "Garçon d’honneur". À l’occasion du festival culturel « Lille 2004 », les programmateurs leur donnent carte blanche pour créer une lecture musicale autour de leur travail. Ils se connaissent et s’apprécient depuis longtemps et montent un spectacle  autour des chansons de l’un et du texte de l’autre. Entre temps, Kéthévane a signé d’autres romans, et certaines des chansons d’Alex sont devenues Les chansons d’amour,du film de Christophe Honoré...

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Le texte âpre de Davritch raconte le douloureux quotidien d'Abel que les débuts dans la vie et la drogue ont conduit à "l'Arche"  un centre de sevrage. La lecture commence ainsi: <<Abel a dix-sept ans. Il a tout essayé, toutes les drogues. Aujourd’hui il est enfermé dans un centre de désintoxication, il doit survivre à la salle de sevrage. Puis il lui faudra réapprendre à vivre. Sans la drogue. La seule échappée est en lui-même. Et dans le passé qui l’a mené jusqu’ici. Un père qu’il n’a pas connu Une passion pour le dessin que personne n’a jamais pris au sérieux, sauf Lou. Ils ont grandi ensemble. Lou voulait être danseuse, lui voulait être avec Lou. Mais Lou l’a abandonné...>>
Il me parait difficile ne d’être pas capté et bouleversé par le texte de Davrichewy, qu’elle lit elle même, d’une voix à la foi monocorde et ému. Si j’émet un doute sur mon jugement est que cette histoire me rappelant tant la tragédie vécu par un garçon jadis aimé et aujourd’hui disparu qu’il met impossible de m’abstraire de ma propre histoire devant ce spectacle qui m’a profondément remué.

La déstabilisation devant la prestation des trois artistes est multiple, une des première est que l’on ne réalise pas immédiatement que le je du texte de Davrichewy est celui d’un adolescent ou d’un tout jeune homme, au cours de la lecture je l’ai imaginé ayant dix neuf ans, car lu par son auteur qui est une femme.
Une autre des belles étrangetés du spectacle, est le contrepoint que donnent les chansons d’Alex Beaupain aux multiples trouvailles poétiques et au subtile érotisme dépressif avec le récit de la souffrance d’Abel.
Le contraste est encore renforcée par l’opposition entre la voix velouté d’Alex Beaupain, moderne Jean Sablon, et celle légèrement gouailleuse de Davricheny.
Je ne sais pas qui  a eu la géniale idée, pour aérer ce spectacle, tout de même un peu dépressif, d’introduire un épisode dans lequel Abel faisant du stop est pris par un routier qui écoute le célèbre “Bambino” de Dalida, ce qui nous vaut une interprétation jubilatoire à quatre mains et à trois voix de cet immortel tube.
C’est donc un spectacle entièrement original que donne ce talentueux trio, qui, dans la sympathique salle de l’ FMR, accueillait les spectateurs, vendredi soir, avec une modestie de bon aloi qui ne faisait que mettre en évidence la réussite du spectacle.
Le spectacle se donnera lors des nuits Botanique à Bruxelles le mardi 12 mai 2009 à 20h
et également le vendredi 19 juin à 20h 30 à l'archipel  , 17 boulevard de Strasbourg, Paris X ème; mais il y certainement d’autres dates en d’autres lieux pour découvrir ce très original spectacle que les lecteurs de ce post n’hésitent pas à les communiquer.

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18 mars 2009

La Troisième Symphonie de Gustav Mahler ballet de John Neumeier à l'Opéra Bastille

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Il me semble que l'entrée au répertoire de l'opéra de Paris de la chorégraphie de John Neumeier aurait mérité plus de tintamare médiatique. Tout d'abord parce que John Neumeier est un chorégraphe de première importance et subsidiairement parce que dans la longue premiére partie de son ballet, il met en valeur le corps et la gestuel du danseur, je parle ici du danseur homme, comme rarement on l'a vu.

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Ce ballet a été créé il y a plus de trente ans au ballet de Hambourg que dirige l'américain Neumeier. Il est incontestable que la date de création est visible surtout dans le premier mouvement. La symphonie de Mahler est une des plus longues qui ait été composée. La Symphonie n° 3 en ré mineur fut achevée en 1896. Elle se divise en six mouvements très différents les uns des autres, tant par leur style  musical que par leur durée. Je ne suis pas des gens qui regrettent qu'une oeuvre affiche son millésime. Au contraire je me méfie de celles qui se veulent intemporelles. Elle sont pour cela trop étrangères au monde qui les a vu naitre et pour cela presque toujours peu vivantes et sont peu en prises avec les émotions humaines.

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Dans ce fameux premier mouvement, dansé par trente cinq garçons, on est un peu surpris au premier abord par l'absence des danseuses avant d'en être ravis et de pouvoir admirer le registre des danseurs trops souvent relégués, par nombre de chorégraphes, en porteurs de ces dames. Il faut bien dire qu'au début j'ai eu parfois l'impression de voir un ballet présenté par un opéra où les danseuses auraient été décimées et leurs rôles distribuées au plus graciles de leurs camarades garçons;  car bien des pas parfaitement éxécutés par les danseurs semblent avoir été créés pour des femmes. Autres sentiment avant d'entrer (très vite) dans l'esthétique de Neumeier d'être devant des exercices de gymnastique rythmique que l'on pouvait admirer à l'époque de la création de ce ballet dans les stade derrière le rideau de fer. Il ne faut rien voir de péjoratif dans ce jugement, c'est tout le contraire qu'il faut comprendre.

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John Neumeier donne son sentiment sur cet oeuvre dans un remarquable portrait que l'on peut retrouver ici : << La musique de Mahler est extraordinairement subjective qui se situe, selon moi, à la croisée de toutes les musiques. C'est pour ça qu'on peut en faire un ballet. Elle n'a rien d'abstrait, elle place l'homme en son centre. Bruckner, par exemple, me remplit d'émotions, mais je ne m'y retrouve pas en tant qu'homme, c'est trop distant. Mahler me touche véritablement.La troisième symphonie est un poème musical qui englobe toutes les étapes de la Création...>>

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Epousant parfaitement la musique de Malher, les chorégraphies de chaque mouvement ont toutes leurs spécificité ce qui demande au spectateur un petit temps d'adaptation mais ce qui a surtout pendant ce long ballet de presque deux heures, donné sans entracte, l'avantage de ne jamais générer l'ennui. Il n'est pas interdit de voir dans la chorégraphie de Neumeier quelques ressemblances avec celles de Béjart qui lui aussi s'est attaqué à cette oeuvre de Mahler mais seulement pour les trois derniers mouvements.

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Comme toujours pour les ballets de Neumeier celui-ci est donné en présence de l'orchestre et de choeurs. John Neumeier a confié aux Etoiles, Nicolas Le Riche, Hervé Moreau et au Premier Danseur Karl Paquette les rôle principaux de son ballet. Il ne faudrait pas non plus oublier Jérémie Bélingard et Stéphane Bullion. Je ne partage pas l'engouement général pour Nicolas Le Riche qui s'il a une belle prestance m'a paru être un peu trop terrien pour certaines figures et dans le pas de deux l'étoile Clairemarie Osta, sa femme à la ville, avec une grande légèreté, lui a volé la vedette...
Mais il faut aussi pour ce beau spectacle en tout Soixante danseurs filles et garçons, 96 musiciens de l'Orchestre, 30 choristes, 20 enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, la soliste Dagmar Peckova et le chef Klauspeter Seibel.
Il y avait quelques places vides hier soir (très peu), ce qui veut peut être dire que l'on peut encore se procurer des places pour les représentations suivantes, ce que je vous encourage à faire.

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Toutes les photos ci- dessus illustrant cet article sont de Sébastien Mathé

à l'Opéra Bastille jusqu' au 11 avril 2009

A scene from John Neumeier's Mahler 3 ballet. Photo © 2004 Holger Badekow
image d'une représentation de ce ballet à Hambourg
 

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06 mars 2009

L'affaire de la rue de Lourcine au théâtre de La pépinière

labicheoù 'inconvénient d'être un vieux spectateur
C'est d'abord un souvenir d'enfance qui m'a conduit hier soir au théâtre de la pépinière, curieusement un souvenir de radio. J'ai entendu cette pièce il y a très longtemps sur radio Luxembourg et pour la première fois, après les explications de ma mère, j'eus une vague conscience de ce qu'était le théâtre. Conscience qui allait être renforcée à la rentrée scolaire de cette année là, en troisième année de grande école, la deuxième pour moi car j'avais "sauté", comme on disait, le cours préparatoire, sachant lire depuis au moins six mois lorsqu'en septembre 1957 j'entrais à la grande école, où j'eus la chance d'avoir un instituteur, monsieur Roger Grelet (je ne sus son prénom que plus tard, quand je découvris qu'il était aussi un bon peintre...) que grâces lui soit rendu, qui s'était mis en tête de nous faire lire à haute voix du théâtre, sans doute qu'il était plus facile avec des textes de cette forme, pour les élèves de "mettre le ton" Ces lectures et cette écoute furent suivies d'une passion pour Labiche dont le gamin que j'étais ne savais rien. Concomitamment à ces petits évènements de ma minuscule vie, Le livre de poche faisait paraître deux tomes, aux couvertures l' un rose et l' autre bleu layette du théâtre de Labiche. Je possède toujours ces volumes que j'ai dévorés étant enfant. Et bientôt comme la pièce se jouait à Paris on m'emmena la voir. Il me semble qu'elle était donnée avec une autre oeuvre de Labiche "Feu la mère de madame" qui est également une pièce à chute, toutes deux étaient jouées par Jacques Charon et le bonheur d'hier fit mon malheur d'aujourd'hui. Car même lorsque l'on a plus que de vagues souvenirs de cette représentation d'il y a près de 50 ans, ces quelques images floues sont cruelles pour les acteurs actuels. Il est triste d'admettre que les interprètes des deux rôles principaux,  Yann Collette  pour  Lenglumé et Pierre Berriau pour Mistingue n'ont aucune présence physique, ils ont beau s'agiter et vociférer sur scène, ils ne parviennent pas à donner de la consistance à leur personnage. Le troisième larron mâle de la distribution, Alexandre Michel qui joue à la fois le valet Justin et le cousin Potard n'en a pas d'avantage, ce qui est tout de même embêtant. Seul l'élément féminin ressort de la distribution, Jérémie Lippmann, le metteur en scène, sur lequel je reviendrai, a eu la bonne et curieuse idée de transformer la très enveloppée Christine Pignet en une grosse petite fille 1925, sorte de Betty Boop gonflée à l'hélium.

L'une des raisons qui  m'ont aussi fait découvrir ce théâtre, un des très rares  théâtre parisien où je n'étais jamais encore allé, est que la pièce est mise en scène par Jérémie Lippmann que j'avais connu comme sémillant acteur dans le beau téléfilm "Le bon fils" que j'ai eu le plaisir d'éditer en dvd. Je pensais qu'il n'était qu'une de ces belles étoiles filantes qui nous enchantent et traversent les écrans au mieux que quelques saisons pour ensuite disparaître dans je ne sais quelles limbes... Et puis voilà que je redécouvre son nom en tant que metteur en scène d'une de mes pièces de prédilection.

Malheureusement il a traité "L'affaire de la rue de Lourcine" au raz des pâquerettes sans aucun second degré pourtant cette histoire d'un bourgeois, Lenglumé qui se réveille un beau matin avec une sévère gueule de bois et un inconnu dans son lit et  bientôt dans  se soupçonne "sa lacune" d'avoir commis un crime atroce dont il va devoir éliminé les témoins embarrassants est propice à une lecture particulièrement noire ou / et déjantée, rien de tel ici tout est sage et l'arrière plan social pourtant très présent dans la pièce est gommé. Lippmann ne profite pas non plus des sonorités décalées de certaines répliques et des noms propres des protagonistes qu'il faut faire sonner faisant ressortir ainsi le coté pré -surréaliste qu'ont parfois les pièces de Labiche.

Il aurait également en supprimant une réplique du valet transformé la pièce en un véritable suspense hitchcockienhitchcockien, je l'ai déjà vue montée ainsi et c'était très bien. Il faut parfois savoir être infidèle.   Seule audace avoir maintenu les couplets, propres au vaudeville, mais qui sont souvent supprimés dans les relectures modernes et de les avoir fait jazzés avec bonheur.

Il aurait aussi fallu un décor plus riche et naturaliste tout en fanfreluches  et bibelots pour faire ressortir par contraste la noirceur des âmes des individus médiocre et cynique qui s'agitent devant nous.

Ceci dit, il y avait dans la salle plusieurs enfants d'une dizaine d'années, et même moins qui riaient à gorge déployée. Le spectacle ne se terminant pas tard c'est une excellente initiation au théâtre pour des gamins et les adultes ne s'y ennuieront point.

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02 mars 2009

Le point sur Robert

20081114203034J’avais un très bon souvenir du dernier spectacle que j’avais vu de Fabrice Luchini qui était son interprétation de pages choisies du “Voyage au bout de la nuit” de Céline. Avec cette phrase inoubliable, que je cite de mémoire, donc approximativement, que Céline met dans la bouche d’un cafetier, auquel j’attribue la physionomie du bistrotier de “La traversée de Paris”, << Monsieur, les arabes, ils ne boivent pas, chez ces gens là, on s’encule...>>. Je m’attendais donc, installé douloureusement dans un des très inconfortables fauteuil de l’Espace Cardin, à voir un florilège de notre littérature, interprété par ce délicieux histrion. Je fus d’ailleurs  conforté dans mon espoir par l’entrée de l’acteur, maintenant en équilibre précaire, avec grand peine, une haute pile de livres. Mais la suite détrompa presque totalement cette attente. Si j’ai bien ri à ce spectacle, il ne m’a guère meublé l’esprit. Car durant une heure cinquante j’ai assisté un one man show qui m’a rappelé un peu les numéros des chansonniers du Caveau de la République ou les mises en boite des maîtres de cérémonie de certains cabarets, où jusqu’à la fin des années 60, on houspillait les clients et que je dois à mon grand père d’avoir découvert... Le fil rouge du texte que l’on entend, dont il est difficile d’évaluer l’importance de l’improvisation, est le retour d’un homme sur sa carrière. C’est la même méthode qu’avait employé Jean Rochefort dans son superbe spectacle de 2007. Mais l’on sentait chez Rochefort une grande empathie avec son public. Il nous communiquait son plaisir d’être là et avec élégance et tact se livrait à un exercice d’admiration parlant peu de lui, jamais de la contingence des jours mais traçait un portrait de comédien à travers les œuvres qu’il révérais qui allait de Montaigne à Francis Blanche en passant par Molière ou Pinter, sans oublier Fernand Raynaud. Il en va tout autrement avec Luchini qui parle surtout de lui et ne laisse qu’une place congru aux maîtres qu’il s’est choisis et  il semblait vouloir nous faire partager les lumières. Ce qui m’amène a remarquer que les références littéraires de notre paillasse, si elles sont excellente sont aussi très classiques un peu comme celles de Charles Dantzig dans l’idéal livre de chevet qu’est son dictionnaire égoïste de la littérature française. Si je cite cet écrivain, c’est que, comme Luchini, je le qualifierais d’anarchiste de droite, qui est une  posture qui en vaut beaucoup d’autre et qui surtout donna de grandes pages iconoclastes aux lettres française. Mais alors j’aurais aimé, un peu plus d’audaces, un peu moins d’université dans les figures évoquées. Il m’a manqué Boudard, Jacques Perret, Antoine Blondin... Les hussards sont resté à la caserne! Et puis cette attitude amère où l’on a, le sentiment à la fin que tout se vaut, en bas la débine, en haut la combine, me fatigue. Il faut être Céline pour transcender tout cela.
Les deux morceaux de bravoure du spectacle sont sa rencontre avec Barthes et la narration de la première de Perceval le gallois dans lequel pour la première fois le complet inconnu Luchini tenais la vedette. Le premier étant directement lié avec le second puisque c’est suite à une bonne critique du film dans le Nouvel Observateur qu’il rencontra Roland Barthes. L’évocation du second événement  raconté avec brio, façon tartarinesque tout en exagérations, type la sardine qui boucha le port de Marseille, curieusement m’a ému car il se trouve que moi aussi j’y étais à cette première, un soir de 1978. Et bien, si l’accueil de la salle fut pour le moins mitigé, et que certaines rangées se dégarnir de ceux qui pensaient assister à un film ressemblant à l’hollywoodien Ivanohé, ce ne fut tout de même pas l’exode que décrit Luchini.
Cette drolatique description m’a parfois gêné, car on en vient à ce demander de quel coté est Luchini, celui de Rohmer ou du beauf en mal de castagnes moyenâgeuses?
Je n’ai guère apprécier non plus le mode participatif sous la forme de demander à la salle, tous ensemble, puis seulement les hommes et ensuite les femmes de répéter après lui, la phrase, certes de Genet et qui ne manque pas de saveur << Assieds toi sur ma bite et causons.>>. Il me semble que ce n’est pas complètement en accord avec les justes brocards dont pâtit durant tout le spectacle la chaisière du Poitou-Charentes, nouvelle égérie coûteuse de Pierre Berger...
Une bonne soirée grâce à l’ abattage exceptionnel de Luchini où toutefois j’aurais aimé moins rire et plus réfléchir et admirer...

20080213luchini

Posté par bernar alapetite à 12:48 - Théâtre et chanson - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 février 2009

Madame Butterfly à l'Opéra Bastille

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Hier soir à l'Opéra Bastille le bonheur d'une mise en scène de Bob Wilson en parfait accord avec le livret de Madame Butterfly. Le zen des décors, l'économie des gestes mettent en relief le drame et la lâcheté de Pinkerton, officier de la marine américaine qui n'a épousé la jeune geisha que pour se divertir lors de son séjour à Nagasaki, alors que la jeune fille de 15 ans se donne à lui de tout son corps et de toute son âme allant jusqu'à renier ses dieux et ses ancêtres pour se vouer au dieu américain.
Débarrassé de toute la quincaillerie kitch qui souvent encombre l'opéra de Puccini, Bob wilson met à nu le sordide de cette histoire tout paradoxalement en le nichant dans un écrin aussi sobre qu'élégant. Les chanteurs glissent plus qu'ils ne marchent sur la scène qui, du premier balcon où je me trouvais, ressemblait à un tableau géant de Soulage sur lequel on aurait posé un immense étendard de planches. Ce traitement amène Madame Butterfly à devenir presque un opéra de chambre. La symbiose est telle, entre la musique et la mise en scène qu'on a le sentiment que c'est la gestuelle mesurée des chanteurs qui dirige l'orchestre en particulier lorsque l'enfant apparait, petit rat cambré d'une dizaine d'années, presque nu, dont les gestes mystérieux m'ont fasciné tout le dernier acte. Il est dommage que la distribution n'ait pas été complètement à l'unisson de cette perfection. L'ensemble des chanteurs est beaucoup plus comme souvent pour leur silhouette que pour leur voix. Si le consul, Sharpless, Michael Drulett, domine l'interprétation par sa belle prestance, je n'en dirais pas autant de Massimillano Pisapia dont le physique est loin d'être à la hauteur de son ramage. On comprend alors mal comment la belle Butterfly peut se mourir d'amour pour se nabot bedonnant. Il n'en reste pas moins, que grâce à la mise en scène de Bob Wison, Madame Butterfly est un spectacle à ne pas manquer.

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Posté par bernar alapetite à 10:03 - Théâtre et chanson - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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