06 mai 2008
Raphael Neal
Je ne connais rien de Raphael Neal, sinon qu'il est né à Orsay en France en 1980. Il me semble que depuis Bernard Faucon, il n'est pas apparu dans notre pays un photographe avec un monde intérieur aussi fort. Les photos ci-dessous font partie de sa série "auto portrait". D'autres images dérangeantes et puissantes sur son site .





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01 mai 2008
Mark Morrisroe

Sous le titre des Cinq de Boston sont réunis David ARMSTRONG ,Nan GOLDIN ,Mark MORRISROE ,Jack PIERSON , et Philip-Lorca DiCORCIA , des artistes qui travaillent indépendamment les uns des autres mais qui explorent tous une photographie intimiste. Cet engagement artistique similaire, couplé à un parcours estudiantin commun (ils se rencontrèrent lors de leurs études au Massachusetts College of Art de Boston), a amené les critiques à les considérer comme une seule entité qu’ils nomment Les Cinq de Boston ou l’Ecole de Boston. Rapidement, Nan Goldin et Philip-Lorca diCorcia se sont démarqués sur les scènes culturelles et marchandes jusqu’à acquérir la renommée internationale qu’on leur connaît désormais. Inscrit dans leur sillage, leurs trois amis David Armstrong, Mark Morrisroe et Jack Pierson demeurent pourtant confidentiels.

Je vais essayer que Mark Morrisroe ne soit désormais plus pour vous un inconnu. Pour lui son oeuvre restera à jamais indissociable de sa courte vie. Il est né à Boston, dans le Massachusetts en 1959. Sa mère était une prostituée toxicomane. Il n’a pas connu son père mais il fit courir le bruit que s’était un voisin, devenu fameux peu de temps après sa naissance quand il fut arrêté comme étant l’étrangleur de Boston... Mark Morrisroe quitte “la maison” lorsqu’il a treize ans. Il ne tarde pas lui aussi à se prostituer. A seize ans un de ses clients, mécontent de sa prestation, lui tire dessus. Il dira qu’il a une balle enquistée dans la poitrine... mais boitera d’une jambe le restant de sa vie. Sans que l’on sache comment, grâce à qui?, il entre à l’école des Beaux Arts de Boston où il ne tarde pas à être considéré comme un perturbateur en raison de son accoutumance aux drogues et à son exhibitionnisme, notamment.
Cet exhibitionnisme, que l’on retrouve, certes de manière moins évidente chez maint photographes comme par exemple chez son contemporain Mapplethorpe, sera le moteur principal de son travail, l’autoportrait étant un pan important de l’oeuvre qu’il nous a laissé. Ses images forment le journal visuel de sa vie.

S’il fait de nombreuses photos de lui, il n’est pas son sujet unique; il photographie aussi ses amis et ses amants. Il n’y a presque pas de clichés où l’animal humain n’est pas central. La grande particularité technique de Morrisroe est qu’il n’utilise que des appareils Polaroïds, le plus souvent chargé en noir et blanc.


Parfois il “salit” volontairement ses images, leurs faisant subir différents traitements, les griffant, les rayant, les griffonnant... L’image Polaroïd est entourée de marges assez larges. Dans celles-ci, souvent Morrisroe y inscrit le titre de son cliché, des commentaires, la dates... Ces ajouts font partie intégrante de l’esthétique de l’objet. Il signe de son nom mais aussi de ceux de Mark Dirt, sous ce nom il est éditeur de fanzines, ou de Sweet framboise, son nom de drag queen.
En 1997, une grande exposition au Museum of art contemporary art (MOCA) de Los Angeles a rendu hommage à son travail. Elle comprenait 188 auto portraits, essentiellement des nus, réalisés sur une période de douze ans. Ces images étaient un poignant témoignages de l’exploration de soi à travers de ce qu’elles nous montraient, la destruction d’un corps par le sida, qui passe d’une juvénile beauté à l'aspect d' une carcasse décharnée. La démarche de Morrisroe est à rapprocher de celle d’Hervé Guibert, réalisant un film sur ses dernières semaines. Lorsque Morrisroe est mort du sida en 1989, à trente ans, on a retrouvé chez lui 2000 Polaroïds...
Paul Farnham photographie Christopher
28 avril 2008
Clément Chabernaud photographié par René Shenouda
André Zucca, photos de Paris sous l’occupation

Dans un premier temps, faisons fi de la médiocre polémique qui entoure cette très belle exposition de 250 photographies couleurs inédites de Paris sous l’occupation. Avant tout autre chose elle permet de découvrir un grand photographe français (je précise la nationalité, car j’ai lu qu’il était qualifié de photographe allemand dans une des innombrables feuilles de choux qui encombrent les kiosques). Elle nous montre son regard sur le Paris occupé. Il faut savoir qu’André Zucca travaillait dans ces années là à la fois pour l’”Illustration”, très pro vichyste, et Signal le magazine illustré de propagande allemande en territoire occupé.
Auparavant André Zucca était un l’un des photographes de presse les plus connus de l’immédiate avant guerre. Il est correspondant de guerre pour “France Soir” et “Paris Match” au front en septembre 1939. C’est parce que le photographe travaillait pour les allemands, il faut à ce propos rappeler qu’il a été à l’origine réquisitionné par les autorités d’occupation, qu’ André Zucca a pu avoir des pellicules couleurs, une technique qui en était encore à ses débuts. Des films qui étaient particulièrement rares à cette époque. Ces pellicules n’avait qu’une sensibilité de 16 asa; ce qui contraignait l’ utilisateur d’opérer qu’avec une forte luminosité. Toutes les photos présentées ont été prises par grand soleil donc principalement l’été ou l’hiver par soleil sur une neige fraîchement tombée. Ce qui explique le coté lumineux et “joyeux” de ces images. Certains commentateurs ont reproché au photographe d’avoir pris ses clichés que par beau temps pour rendre l’atmosphère de Paris plus heureuse qu’elle était en réalité, mais techniquement il était contraint à cela... On ne peut pas décemment demander à des journalistes ou des hommes politiques qui on peut être découvert grâce à cette exposition que Paris avait été occupé par l’armée allemande, d’en plus connaître la photographie...
Les photos couleurs que prenaient Zucca n’étaient probablement pas réalisées en vue d’une parution dans les journaux pour lesquels il travaillait qui ne publiaient peu de photographies couleurs (la couleur était réservée dans “Signal” aux photos de guerre), mais pour son plaisir personnel et à titre expérimental. Toutefois elles sont ressemblantes à celles qui paraissaient car parfois, quand il le pouvait, Zucca doublait la prise de vue, une avec son appareil habituel (un rolleiflex 6x6) chargé en noir et blanc et une autre avec un Leica 24x36 équipé en couleur. Il opérait avec un objectif unique, un 50 mm d’excellente qualité qui lui permettait une grande ouverture de diaphragme ce qui compensait en partie la faible sensibilité de sa pellicule d’ou aussi souvent de grandes profondeurs de champs dans les photographies présentées. Cet objectif unique l’obligeait à se rapprocher ou à s’éloigner de son sujet pour obtenir le cadre désiré toujours très soigné. On peut constater que le passage d’un format carré à une géographie de l’image rectangulaire n’a en rien altéré ses dons pour la composition de l’image. Il y a peu de gros plans et beaucoup de plans larges.
Il a su intégrer très vite la couleur dans la composition de ses image, en témoigne cette vue de la rue de Rivoli dans laquelle les drapeaux nazis sont plus des taches de couleur dans la composition que des emblèmes politiques.
Zucca opère frontalement. Il sait néanmoins se faire si discret que sa présence ne modifie pas le quotidien, le banal qu’il aime photographier. Cet infatigable piéton de Paris a sillonné la ville de Ménilmontant à Montparnasse, de Saint Germain des prés à la Nation, du zoo de Vincenne au jardin du Luxembourg, des Halles à La Muette... Il photographie aussi bien les riches qui se pressent au pesage d’une réunion hippique, que les miséreux, tel se clochard au bord de la scène, le travail comme dans ces éboueurs dans un petit matin clair d’été, que les loisirs dans les fêtes foraines ou les jardins publics. En parcourant cette, je le répète exceptionnelle exposition, on repère facilement les centres d’intérèt d’André Zucca, en premier lieu les belles femmes élégantes. Il a, comme François Truffaut, une prédilection particulière pour leurs jambes. Ces images sont aussi une mine de renseignements pour savoir comment étaient habillés les parisiens dans ces années de guerre. Espérons que la pléthore de cinéastes qui ressassent cette période scruteront les photos de Zucca...
Le photographe s’intérresse également beaucoup aux affiches, un art voisin du sien, les politiques mais surtout celles de cinéma. Le commissaire de l’exposition a eu la bonne idée de parsemer les salles d’affiches de cinéma de l’époque. André Zucca a su faire passer sa passion de l’image et du cinéma à son fils, Pierre Zucca, malheureusement disparu trop tôt, qui était un très estimable et original cinéaste.
Toutes les images présentées sont des tirages modernes aux couleurs restaurées. Un panneau explique le processus de sauvetage de ces inestimables témoignages. Le beau catalogue est le reflet exact et précieux de l’exposition.
L’exposition a provoqué l’ire des jocrisses. On a pu même lire sur le site du journal en ligne rue 89 ce titre: << L'exposition d'André Zucca perpétue la propagande nazie>> titre d’une rare imbécillité qui chapeautait un article, d’une non moins rare indigence, signé par Gilles Manceron et Agnès Tricoire. Comme quoi les feuilles de choux ne sont pas qu’imprimées on peut en trouver en ligne; l’ennuyeux celles-ci, c’est que l’on peut même pas se torcher avec ou s’en servir pour envelopper les épluchures! Mais le comble du crétinisme fut atteint par Christophe Girard adjoint au maire de Paris chargé de la Culture, qui demanda l’arrêt de l’exposition, arguant que les légendes fournies avec les photographies n’assènent pas assez l’horreur de la collaboration et l’infamie d’André Zucca, prétextant que tous les détails de ces clichés ne sont pas décrits par le menu au visiteur insouciant et, comme tout le monde le sait, stupide. On voit combien le bien-pensant Christophe Girard a une haute idée de ses électeurs. Heureusement monsieur Delanoé, le célèbre plagiste et par ailleurs maire de Paris a renvoyé son calamiteux collaborateur à ses pâtés de sable. L’exposition se poursuivra.
Les Parisiens sous l’Occupation
Photographies D’andré Zucca
Du 20 mars au 1er juillet 2008
Bibliothèque historique de la Ville de Paris
rue Malher (métro Saint Paul), 4ème arr.
19 avril 2008
un album soviétique 1930-1980 ?
18 avril 2008
Sandro Bross
17 avril 2008
Thorsten Horvath
16 avril 2008
Luc Olivier
On ne dira jamais assez combien le web est la plus belle et la plus grande galerie de photos. J'ai découvert Luc Olivier, dont malheureusement je n'ai jamais vu de tirages, en musardant sur la toile. Vous trouverez bien d'autres de ses superbes images sur son site. Il photographie de beaux jeunes hommes avec autant d'érotisme qu'une parfaite maitrise de la lumière. Il sait aussi inviter au voyage avec ses lumineuses photos de cités.



































