Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

20 janvier 2010

Alek Red

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Pavlos Maciópulos

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Le nu masculin dans la peinture grecque de l'entre deux guerres

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Nikos Nikolau (1929) – Spiridon Yiánaris (1929) 
Yianis Móralis (1931) - Stéfanos Almaliotis (1931) 
Constantinos Dakos (1932) - Apóstolos Pátsaris (1936) 
Costas Malamos (1937) – Yioryis Jintsoglu (1937) 
Aléxandos Alexandrakis (1937) - Yianis Spirópulos (1938)

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Hans Van Manen

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Christopher Richard Wynne Nevinson (mise à jour)

 

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Il faut se souvenir que durant presque deux siècles, la peinture de guerre, de batailles, de la fin du XVII ème siècle jusqu’aux trois quarts du XIX ème, a été le grand genre. Il tomba en désuétude et fut petit à petit supplanté par la photographie dès qu’il fut possible de photographier le théâtre des opérations militaires. Les premières guerres photographiées furent celle de Crimée et de Sécession. Les pouvoir virent immédiatement le parti pris qu’ils pouvaient tirer de la croyance naïve des populations d’alors, et qui perdure largement encore, que la photographie peut que restituer la vérité. Cette naiveté aujourd’hui est beaucoup moins de mise; depuis par exemple qu’il a un doute sur la spontanéité de la photo de Capa sur son fameux combattant républicain de la guerre d’espagne ou que le magistale film de Clint Eastwood, “La gloire de nos pères” a rendu célèbre la fabrication d’une des photos les plus emblématique de la seconde guerre mondiale.

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Aujourd’hui je voudrais vous présenter un artiste que je considère comme le plus grand peintre de la guerre de 14. 

Nevinson (1889-1946, Il est souvent appelé par ses initiales CRW Nevinson.) a abordé une grande variété de sujets durant sa carrière. Il fut aussi bien un peintre de paysages, qu’un grand illustrateur de la révolution industrielle mais c’est par ses scènes de guerre qu’à la fois ce peintre me touche et qu’à mon sens il s’imposera de plus en plus dans l’histoire de la peinture. Il a été aussi un remarquable graveur et lithographe qui a travaillé dans une large gamede styles.

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Il nait à Londres en 1889, son père est journaliste radical et sa mère une célèbre suffragette. Ses parents à cause de leurs opinions étaient  si impopulaires que Christopher se souvenait qu’ enfant il était conspué par des voisins lorsqu’il sortait dans la rue! Contrairement à beaucoup de ses pairs, Nevinson a été soutenu par sa famille dans son choix de carrière, et l’ importance des contacts de ses parents dans le monde intellectuel lui ont été précieux. Il étudie les beaux arts à la St John's Wood School of Art en 1907 puis à la Slade School de 1908 à 1912. Alors qu’il y est étudiant il réalise un magistral autoportrait en vu d’ attirer des clients!  L'influence de son maître à la Slade, qui avait déclaré que Nevinson n'avait pas le talent pour devenir un artiste, y est évidente dans l'attention au détail avec lequel il a peint son visage. Son profil se détachant sur le fond sombre, n'est pas sans rappeler les portraits de la Renaissance italienne et en particulier ceux de Sandro Botticelli.

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L’ Exposition des Futuristes en Mars 1912, à la Sackville Gallery de Londres, se révélera décisives pour le développement de son style. Il y rencontre Gino Severini.
Il revendique son affiliation avec le futurisme par une peinture appelé Rising Ville (1912, la toile serait perdue) qu’il expose en Janvier 1913. Son titre est un hommage à la peinture de Boccioni, “Ville Rises” (1910, New York, MOMA), qui avait été présentée au Salon futuriste.

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Comme presque tous les aspirants artistes de l’époque il fait le voyage à Paris où il fait la connaissance d’ Umberto Boccioni, d’ Ardengo Soffici et de Guillaume Apollinaire. Il fréquente l'Académie Julian. En 1913. Il  partage un atelier avec Modigliani et se lie d'amitié avec Severini.

Lors de son séjour à Paris, il est l'un des premiers artistes anglais à être profondément influencé par le cubisme et le futurisme alors qu’auparavant il se situait dans le postimpressionnistes. Il fait sa première exposition à la Galerie Dore en 1913. Il organise un banquet pour Marinetti, le chef de file des futuristes, lors de son passage à Londres la même année.

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Il est un des membres fondateurs d’un Groupe d’artistes Londoniens très actif, le Rebel Art Centre. Il écrit avec Marinetti, le manifeste futuriste “Vital English Art”, publié en 1914 dans l'Observer, dans lequel on pouvait lire: << Je suis un poète futuriste italien qui aime passionnément l'Angleterre. Je veux guérir l'art anglais de la plus grave des maladies: le passéisme. J'ai donc tous les droits de parler haut et sans périphrases et de donner, avec mon ami Nevinson, peintre futuriste anglais, le signal du combat. >>.

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Futurisme est désormais un des mots clés à Londres pour désigner quelque chose de nouveau et de scandaleux. Mais bientôt les artistes britanniques d’avant-garde sont ulcérés de cette influence étrangère. Wyndham Lewis et d'autres artistes rebelles ressentent la nécessité de rompre avec Marinetti, car ils sont particulièrement furieux quand il a publié avec Nevinson le manifeste futuriste Lewis et le groupe associé avec le Rebel Art Centre le dénoncent immédiatement et dans les semaines qui suivent annoncent  la naissance du Vorticisme auquel on assimile à tord Nevinson. Qui, quant à lui, continue à faire des peintures futuristes célébrant   machinisme comme dans cette grande toile de 1914, en honneur du métro londonien appelée Tum-Tiddly-Um-Tum-Pom-Pom.

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En 1914, se produit le tournant décisif dans la vie et dans l’oeuvre de Nevinson lorsque au début de la Première Guerre mondiale, en tant que pacifiste, il refuse de s'impliquer directement dans les combats. Il se porte volontaire pour travailler à la Croix-Rouge. Il est envoyé en France . Il travaille comme conducteur d’ambulance et brancardier près du front.  Plus tard, il rejoint le Royal Army Medical Corps et aide les infirmière à soigner les soldats gravement blessés au General Hospital de Londres.

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En 1916, il est réformé en raison de graves rhumatismes articulaires. L'année suivante, il expose  des toiles traduisant son expérience de la guerre en France. L’exposition attire l'attention de Charles Masterman, chef du bureau gouvernemental de la propagande de guerre (WPB). Nevinson est envoyé au front  afin de transcrire par sa peinture les expériences des soldats. Au total, en deux ans il a peint plus de 60 tableaux. Il est devenu en quelque sorte, un artiste de guerre officiel, un peu sur le modèle de nos peintres de la marine. C’est ainsi que l’on peut voir une grande collection de ses travaux à l'Imperial War Museum de Londres. Mais certaines de ses peintures telles que des chemins de la gloire, ont été considérés comme inacceptables par le ministère de la guerre et n'ont pas été exposés après l'armistice.

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Comme tout futuriste, Nevinson a d’abord célébré la violence, la mécanisation et la vitesse des engins de l'ère moderne. Mais son expérience dans les d'ambulances change radicalement sa perception de la modernité. Ses premières peintures des tranchées comme “La mitrailleuse” (1915), qui n’est pas sans rappeler “la guerre” de Gromaire, sont encore grandement influencées par Severini; les soldats sont réduits à une série de plans anguleux à la coloration dominée par le gris. Ils apparaissent presque comme des machines eux-mêmes. Ils ont perdu leur individualité, leur humanité même; ils semblent fusionner avec la mitrailleuse qui donne à cette peinture son titre.

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Il va plus loin encore avec “Retour vers la tranchée”  exposé à Londres en 1915 (dont le dessin préparatoire est à la Tate britain) quand il déclare que: << Le futuriste est le seul moyen pour exprimer la brutalité des émotions vu et ressenti sur le champs de bataille. >>.

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Nevinson est un des très rares a avoir appliqué les nouvelles formes de représentation d’alors à la représentation de la guerre. Par exemple en France il n’y a guère que de Fernand Léger, dans son “Infirmerie à Villepinte” (1917), qui structure l'espace avec des formes géométriques réduites à l'essentiel, et duquel l'illusion de la profondeur et du relief sont bannis. Seul Léger utilisa vraiment le cubisme pour ses oeuvres de guerre. Affecté dans l'artillerie, non sans humour noir, il affirmait qu' << il n'y a pas plus cubiste que cette guerre-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et te l'envoie aux quatre points cardinaux. >>.

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Il revient a une figuration plus classique et très vite à travers ses oeuvres, on constate qu’il est d’une part bouleversé par les horreurs de la guerre et fasciné par les machines volantes comme à la même époque Delaunay. Les tableaux de Nevinson ayant pour thème la guerre dans le ciel sont les plus beaux tableaux que je connaisse sur ce sujet.

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L’horreur qu’éprouve le peintre pour les atrocités de la guerre éclate dans son tableau intitulé ironiquement “la Patrie” qui veut témoigner de l’abandon des blessés mourants qu’il a constaté dans sa fonction d’ambulancier près du front. Lorsque “la Patrie” a été montré à Londres en 1916, un critique a écrit: << La Patrie sera, l'étonnement et la honte de nos descendants, comme un exemple de ce que l'homme civilisé a fait dans le premier quart du 20e siècle. >>.

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La route de Bapaume à Arras

Dans ses tableaux sur la guerre de 14 Il montre aussi bien l'anonymat de l'individu dans une colonne qui monte au front que la puissance destructrice de la guerre dans la route de Bapaume à Arras, 1918, et l'horreur que lui inspirent les combats dans “Paths of Glory” (immédiatement ci-dessous), qui a été censuré et lui a valu une réprimande de la War Office. L’expérience de la Grande Guerre renforcera ses convictions pacifistes.

Parce que Nevinson eut l'audace de peindre deux cadavres de Tommies devant les barbelés, la toile fut interdite d'exposition en 1918. Nevinson refusa de la décrocher et la dissimula derrière un papier brun, sur lequel il écrivit "Censuré". Ce geste lui valut une remontrance du War Office : il était interdit de montrer la réalité et interdit encore de dénoncer la censure. Pourtant, Nevinson n'a peint que ce que chaque combattant a vu des dizaines de fois, des camarades tombés sous le feu au cours d'assauts inutiles.
La réaction fut d'autant plus violente que la toile était différente des autres que l'on connaissait de l'artiste, toutes dans cette période dans un style cubo-futuristes. D'un réalisme appuyé à la Courbet, détaché de toute géométrie, plus photographique qu'aucun autre tableau de Nevinson, 
Les chemins de la gloire sont une oeuvre sur laquelle le commentaire esthétique a peu de prise, dans la mesure où l'effet produit est essentiellement moral et politique. En 1957, le cinéaste américain Stanley Kubrick a repris le titre, Paths of glory (Les chemins de la gloire), pour un film qui dénonce violemment l'absurdité de la Grande Guerre et introduit le thème des mutineries et de leur répression, absent de la toile de Nevinson. Aussi son film est-il demeuré longtemps invisible en France...


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Lorsqu’il présente son tableau “Les chemins de la gloire” à ceux qui l’on envoyé en France et en Belgique sa peinture les scandalisent et ils censurent.

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La toile est dominée par le brun et le vert. Elle montre deux soldats britanniques morts, étendus sur un talus sali par des débris épars. Le titre du tableau suggère ironiquement que les deux cadavres sont au bord du chemin qui les mène non à la gloire mais à la mort. L’effet de morbidité est renforcé par la lumière mystérieuse et artificielle qui nimbe les deux tommys morts entourés de débris dérisoires. On peut aussi interpréter l’exéguité de la surface attribuée au ciel, comme illusoire l’espoir d’une survie céleste de l’ame après l’anéantissement du corps. Cette peinture devait faire partie de la grande exposition des peintures de Nevinson organisé par le gouvernement anglais qui avait pour but de servir de propagande pour l’effort de guerre. “Les chemins de la gloire” fut jugé impropre à figurer dans l’exposition en raison que l’image de soldats britanniques morts minerait le moral du public. D’autre part le titre de la toile était aussi une allusion ironique au poème patriotique de Thomas Gray, “Elegy written in a country church yard”, très connu alors où figurait ce terme. La toile a été laissé à Nevinson qui la fait figurer dans son exposition personnel à la Leicester galerie de Londres en mars 1918. En travers du tableau le peintre y  mis une banderole sur laquelle était écrit censuré! Il est aujourd’hui accroché à l’Imperial war museum de Londres...

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Nevinson peint immédiatement après la guerre une toile très intéressante dont le titre est “Il a gagné une fortune, mais il a donné un Fils”, que l’on peut mettre en parallèle avec les caricatures réalisé au même moment dans l’Allemagne de Weimar par Georg Grosz. On y voit un ploutocrate à la fois repu et triste. Cet homme est un archétype, une figure majeure contemporaine de la haine, celle du profiteur de guerre, qui a fait fortune dans la fabrication d'armement ou quelque chose comme ça. Mais dans la même guerre qui l’a enrichi, son fils a été tué. Cette ironie dramatique est lisible dans ce visage - et notre sentiment sur cet homme en sont partagé. Quelle belle démonstration de la force de la peinture et de l’absurdité de la guerre.

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Un autre pan très intéressant de son oeuvre, à l’instar d’un Paul Nash, est celui qui prend pour sujet les travailleurs en usine et l’architecture industrielle. Dans ses gravures autour de la guerre l’artiste a aussi mis en exergue le travail des femmes en usine durant la première guerre mondiale. Les peintre anglais mais c’est aussi vrais des américains n’ont jamais rechigné, contrairement à leurs homologues français, à peindre les réalités triviales de leur époque. Ce souci de la représentation par les artistes du monde ouvrier perdure en Angleterre aujourd’hui à travers le cinéma.

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Ses estampes, avec leurs forts contrastes, leurs traits gras et leurs formes anguleuses marquent une rupture totale avec la tradition de Whistler. En 1919 et 1920, il se rend à New York. La ville lui inspire toiles et dessin où il traduit le sentiment qu’il a d’une sans âme.

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A partir de la fin des années vingt il est élu dans plusieurs instances officielles. Il se consacre de plus en plus à la représentation de fleurs et de paysages. Dès 1924 un tableau comme “Sunday evening, punts on the Thames at Henley” montre le retour de Nevinson au postimpressionnisme. Sa peinture se fait plus  douce et moins radicale dans sa conception. Elle ne retrouvera jamais la force qu’elle avait avant 1925.
En 1937, il  publie son autobiographie, “De la peinture et des préjugés”. Pendant la seconde guerre il est à nouveau “un artiste de guerre”  jusqu'à ce qu'il soit terrassé par un grave accident cérébral vasculaire en 1942. Il meurt quatre ans plus tard.

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A ceux qui pourraient en douter, les toiles de Nevinson sur la première guerre mondiale démontrent quelle peut être la force émotionnelle de la peinture.

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19 janvier 2010

Mitch Lorkin

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BASQUIAT

 

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USA, 105 mn, 1996


réalisation: Julian Schnabel, scénario:Lech Majewski & John F. Bowe, et aussi Holman et Julian Schnabel, image: Ron Fortunato, musique: John Cale et Julian Schnabel, montage: Michael Berenbaum 




avec: Jeffrey Wright, Michael Wincott, Benicio Del Torro, Claire Forlani, David Bowie, Dennis Hopper, Gary Oldman, Christopher Walken, Willem Dafoe, Courtney Love,

 

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Résumé


Schnabel, peintre mondialement reconnu, s’est fait cinéaste (il a récidivé depuis) par amitié et admiration envers Basquiat, peintre à la carrière météorique et premier artiste noir à atteindre la notoriété internationale, mort d’une overdose en 1988, à l’âge de 28 ans et dont le film est la biopic .

 

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L'avis de Bernard Alapetite


Basquiat dans sa peinture s’inspire de l'expressionnisme abstrait et du pop-art. Il y ajoute des mots concepts, des poèmes, des totems vaudous, il y revendique ses origines haïtiennes et portoricaines, mais on y trouve aussi tous les symboles de la société de consommation américaine.  

Basquiat, le film, raconte magnifiquement, avec beaucoup d’émotion cette trajectoire trop brève. C'est un des rares films sur un peintre où l’on éprouve le sentiment véritable de se trouver en présence d’un peintre, et non d’un fantasme de peintre. Schnabel n’a pas cherché à être plus artiste que son modèle. Il a fait preuve d’humilité devant la figure. On pouvait craindre soit  une mise en avant de Schnabel, le peintre, qui se serait donné le beau rôle dans cette tragédie ( car c’est bien une tragédie que la vie de Basquiat) soit à une hagiographie de l’ami. Il n’en est rien, bien au contraire. Le petit milieu de la jet-set new-yorkaise est vue d’un oeil acerbe; Schnabel ne se met pas hors jeu. Il se livre même à un exercice de pur masochisme en se dépeignant sous le nom de Milo, joué parfaitement par Gary Oldman, acteur habitué aux rôles de méchant. Schnabel se campe en artiste arriviste et jaloux du succès de son jeune collègue, et cependant fasciné par son charisme. Les toiles que l’on voit dans l’atelier de Milo sont celles de Schnabel. La fille de Milo est jouée par la propre fille du réalisateur. La relation entre les deux hommes ne cesse d’évoluer tout au long du film, Milo passant de l’acrimonie à l’admiration protectrice envers Basquiat.

 

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Le film est surtout l’histoire de l' amitié manquée entre Schnabel et Basquiat. C'est, de la part du réalisateur, l’aveu cruel de n’avoir pas su aimer et comprendre le génie pictural de Basquiat.

Pour nous dire cela Schnabel s'est autorisé à faire une des Seules entorse à la vérité du film, en même temps il s’est offert une jolie scène pour dire ce qu’il n’a jamais dit à son ami de son vivant. On voit Milo montrer une toile à Basquiat, dans son atelier. Sur la toile gigantesque, une date, 12 août 1988. << J’ai peint ce tableau pour un ami qui est mort >>, commente Milo. Ce tableau c’est celui que Julian Schnabel a peint le jour où il a appris la mort de Jean-Michel Basquiat. << Au cinéma, c’est un peu comme dans les rêves: vous pouvez faire revenir quelqu’un d’entre les morts et lui montrer un tableau que vous avez peint en pensant à lui. Vous pouvez même lui demander son avis sur ce tableau.>> Et, ainsi, lui dire que vous l’aimez.

 

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La démarche de Basquiat est celle d’un ange noir sublime, le rôle est dansé par un merveilleux comédien peu connu jusqu'à ce rôle, le sensuel Jeffrey Wright. La performance de Wright est remarquable, il est en outre un quasi sosie de son modèle. Depuis le comédien fait une carrière en demi teinte. En 2003 on l'a retrouvé au mieux de sa forme dans le rôle de Belize dans le merveilleux Angel in america.

Le film n’élude pas la question qui travaille le monde de l’art, depuis l’apparition de Basquiat: son immense succès est-il dû à son talent ou n’aurait-il été fabriqué que par le microcosme artistico-médiatique new-yorkais qui, pour des raisons de politiquement correct aurait eu besoin en 1980 d’un jeune artiste noir photogénique (sur ce petit milieu il faut voir le réjouissant film-charge de John Water, Pecker)? La réponse est dans un plan du film, celui de la superbe toile de Basquiat qui le fit découvrir par hasard par un des plus grands critiques d’art new-yorkais.

 

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Ce sont deux histoires d’amour qui sont les moteurs de ce film, celle de Basquiat avec une jeune serveuse, Gina (Claire Forlani), et celle du jeune artiste pour son ainé et mentor(?) Andy Warhol. Je ne crois pas qu’il soit abusif de parler d’histoire d’amour entre les deux hommes, même si elle n’est pas charnelle. L’homosexualité est le filigrane de tout le film. David Bowie en Andy Warhol fait un numéro succulent de folle tordue tiquée, opportuniste, néanmoins généreux et émouvant. Il faut voir Bowie grimé sous sa perruque blonde, marchant à petits pas telle une geisha, jouant avec une certaine préciosité, à la limite du ridicule mais n’y tombant jamais.  Comme dans Furyo David Bowie démontre qu’il est un grand comédien.

 

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Schnabel parvient à intégrer dans le temps du film, le temps de la peinture. Ce temps qui était la vrai matière de l’oeuvre de Warhol. << Warhol voulait faire des placards publicitaires qui recouvriraient l’espace et avec la répétition infinie des mêmes images dans ses films il voulait placarder le temps.>> (Ultra Violet, Ma vie avec Andy Warhol, éditions  Albin Michel). Dans le film lorsque Basquiat et Warhol échangent des propos en regardant les toiles qu’ils sont en train de peindre ensemble, le dialogue est sérieux mais le geste insouciant. Ils n’ont rien à se prouver. Tout comme le film. Il s’agit juste de montrer que Basquiat et Warhol sont des artistes.

 

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Julian schnabel ne s’est pas consolé de la mort de Basquiat et de Warhol. On se demande si ce n'est pas pour cette raison, pour cette unique raison, qu' il a eu besoin de faire son film. Et il a eu raison.

vidéo: Il y a quelques années j'ai recherché un dvd français n'existant pas je me suis rabattu, lors d'un voyage à New York sur l'édition américaine qui comporte un sous-titrage en français et l'image est correcte.

 

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Nota: Je suis conscient qu'il y a un peu d'abus dans le fait de ranger ce film dans la rubrique des films gays mais le désir de Warhol pour Basquiat est rendu si palpable par le film qu'il me semble que ce classement est justifiable.

 

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Posté par bernar alapetite à 08:35 - cinéphagie gay - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 janvier 2010

Billy Elliot au Victoria Palace Theatre à Londres

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Pour ceux qui curieusement n'aurait pas vu le film, les passant sur ce blog ne doivent pas être très nombreux dans ce cas, voici le pitch de cette comédie musicale: Dans une région minière du nord de l'Angleterre, la passion de Billy, un garçon d'une douzaine d'années, pour la danse ne plaît guère à son père. Encouragé par son professeur de danse, Billy entretient un rêve secret : intégrer le Royal Ballet School, une prestigieuse institution britannique...

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Billy Elliot, la comédie musicale a débuté à Londres en 2005 au Théâtre Victoria Palace. Elle est basée sur le film Billy Elliot de Stephen Daldry qui assure la mise en scène du show et Peter Darling pour la chorégraphie, tout comme dans le film. Ce dernier est sorti en 2000 avec l'inoubliable Jamie Bell dans le rôle titre. Le livret est écrit par Lee Hall qui avait rédigé le scénario du film. Le scénario de Hall a été inspiré partiellement par l'œuvre de A. J. CroninSous le regard des étoiles. La chanson préliminaire du musical est un hommage à l'écrivain et à son livre. .  La musique est due à Sir Elton John en grande forme pour l'occasion. Transformer un film aussi célèbre, il est vraiment culte en Angleterre et pour une fois le terme n'est pas galvaudé, était une véritable gageure; car par exemple presque chaque spectateur se souvient de Julie Walters en tant que professeur de danse et de Gary Lewis dans le rôle du père. Malgré toutes les réticences que l'on pouvait avoir, le spectacle a connu d'emblée un succès à la fois  public et critique. Succès qui ne s'est pas démenti depuis, ce qui n' est que justice en regard de l'excellence des acteurs que j'ai vu évoluer sur la vaste scène du Victoria Palace Theater, alors qu'une grande partie de la troupe a été renouvelée depuis la création. La première a eu lieu en mars 2005 au Victoria Palace Theatre à Londres. Cela ne pouvait d'ailleurs pas être autrement pour le rôle de Billy Elliot car dans le cas contraire, cinq ans après sa création les acteurs n'auraient plus l'âge de l'emploi.


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Ils faut parler au pluriel, car en raison de la législation britannique, il faut quatre garçons pour tenir, en alternance, ce rôle écrasant. D'autres emplois, comme celui du père ont aussi plusieurs titulaires. Le soir où j'ai assisté à la représentation, c'était Fox Jackson-Keen qui tenait le rôle de Billy dans lequel il est époustouflant. Ce jeune gymnase a des qualités physiques extraordinaires, une précision dans le jeu digne de la Shakespeare compagnie. Il passe d'un numéro de gymnastique, digne d'une compétition internationale, à une scène d'émotion ou à une chanson dans laquelle sa voix cristalline fait merveille. Sa seule très relative faiblesse serait la danse (j'ai pu le comparer, grâce à la toile, à ses petits camarades dans les extraits dansés, mais eux, citons les, Dean Charles Chapman, Ollie Gardner, Tom Holland, n'ont pas son extraordinaire talent gymnique), pour avoir fréquenté longuement les danseurs il y a quelques années, je peux affirmer que s'il a le corps d'un gymnase il n'a pas celui d'un futur danseur étoile. Mais qu'importe puisqu'il a déjà l'étoffe d'une star.


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Le rôle de Billy Elliot exige énormément du jeunes acteurs. Il doit avoir entre 9 et 13 ans (Fox Jackson-Keen est le plus vieux de l'actuel quatuor des Billy puisqu'il a quatorze ans; mais à le voir il est difficile de lui en donner plus de 12… ), être un danseur formidable et avoir une voix d'une intacte beauté (la mue est fatale pour le jeune interprète). Généralement, les garçons qui jouent Billy sont âgés d'environ 12 ans et ont une expérience de danse d' au moins 3 ans avant d'auditionner pour le spectacle. Souvent, ils ont étudié le ballet, les claquettes, le jazz et la danse contemporaine. Ils ont presque toujours déjà  participé à plusieurs concours avant leur audition. S'ils sont retenus, les candidats doivent déménager à Londres et vivre dans la Billy Elliot House. Là, ils poursuivent leurs scolarisées normales en plus de travailler le chant et la danse.

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Ce qui stupéfie le spectateur français c'est la polyvalence de chaque acteur. Tous savent chanter, jouer et danser à la perfection. J'ajouterais qu'ils ont tous une diction impeccable, malgré l'accent qu'ils doivent avoir puisque l'action se passe dans le nord de l'Angleterre, mais certains comme Fox Jackson-Keen parle et chante un anglais très B.B.C.  Un tel spectacle serait impossible à monter à Paris pour plusieurs raisons. La première est celle des acteurs français, ne parlons même pas des enfants, car presque aucun ont les qualités que requiert un musical (les très très rares qui les possèdent font carrière en… Angleterre). L'acteur français est du type buche, et ce ne sont pas les moult écoles de théâtre qui encombrent le paysage qui peuvent les hisser au niveau de l'excellence de nos voisins britanniques. Et puis où trouver dans l'hexagone des gens qui ont un enthousiasme égal à ces merveilleux comédiens anglais?

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Il faut dire que lorsqu'un jeune garçon anglais annonce à ses géniteurs qu'il veut faire du théâtre, auquel le plus souvent il a été initié des les toutes premières année de sa scolarité, il n'est pas houspillé et échappe à la sentence: passe ton bac d'abord; Au contraire, il est presque toujours soutenu par eux. En Angleterre, le théâtre a des lettres de noblesse (parfois au sens propre du terme) qu'il n'a pas dans l'hexagone.

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Une deuxième raison pour lequel nous sommes pas prêt de voir un spectacle comparable monté à Paris, est économique. Je suis ébahi de voir sur une scène londonienne privée, une oeuvre servie par plus de quarante comédiens hautement professionnels auxquels il faut ajouter une dizaine de musiciens, les malheureux sont coincés sous la scène, seul le chef d'orchestre est visible. Je parle seulement de ce que le spectateur voit; on peut penser qu'il y autant de personnes; tout autant professionnelles dans les coulisses. Comment le Victoria Palace Theatre peut-il équilibrer ses comptes? Pour moi c'est un mystère complet. Le théâtre Victoria a une belle capacité mais ce n'est pour la contenance ni l'opéra de Paris ou de La colline. Le prix des places assez élevées mais pas plus que pour une représentation au Marigny, ou au théâtre de l'oeuvre. Comment font-ils?  Alors que sur nos scènes parisiennes, nous avons surtout nos inéfables "comiques" (ces calamiteux ne me font pas rire, j'en suis resté dans le domaine à Fernand Reynaud et à Raymond Devos) soit une personne sur scène!

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Autre incommensurable surprise pour un froggy est que ce divertissement est hautement politisé. Le spectateur français féru d'opérette a un peu de mal à faire la fusion entre "Castagnettes et mantilles" et "Mère Courage". Ce conte tragi-comique se déroule sur fond de grève des mineurs sous l'ère de Margareth Thatcher. La dame de fer n'est pas épargnée par la mise en scène qui la montre en grande manipulatrice aussi ridicule que démoniaque. Les travaillistes ne sont pas beaucoup mieux traités.

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Il serait injuste de réduire Billy Elliot au seul rôle titre. Une des grandes forces de ce musical est le travail sur les personnages secondaires; ce qui leurs donnent une densité à la moindre prestation, rare dans ce type de spectacle. Certains rôle sont très fouillés. Comme par exemple  celui père, ou celui de Mrs. Wilkinson, la professeur de danse désabusée. Elle a raté sa carrière mais décèle le talent de Billy. Elle se bat pour qu’il puisse avoir une chance d’échapper à sa condition. Le rôle est actuellement tenu par Joanna Riding, qui est éblouissante. Complexe encore, celui de la grand-mère, un peu gâteuse mais plein de tendresse pour son petit-fils qu'elle prend, malgré son jeune âge, pour confident. Ann Emery interprète merveilleusement cette touchante figure.

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un autre Billy.

L'acteur qui m'a le plus enthousiasmé est le jeune George Maycock dans le rôle de Michael qui du haut de ses douze ans possède une énergie et un potentiel comique extraordinaire.

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Brad Wilson est un autre Billy Elliot 

Le décor assez naturaliste est astucieux, comme le démontre les deux grands tiroirs qu'actionnent les comédiens eux-même. Ils nous révèlent, l'un la cuisine des Elliott, et l'autre les urinoirs de l'école du futur danseur. Habile également le mécanisme qui fait sortir la chambre de billy, perché au sommet d'un escalier, de la scène pour l'élever vers les cintres.

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Tom Holland est un autre Billy Elliot 

Dés les premières minutes de la pièce on est subjugué par l'excellence de tous les acteurs qui semblent tous jouer comme si la représentation à laquelle nous assistons était la dernière prestation sur scène de leur vie. On est également ébloui par l'intelligence de l'utilisation du plateau, vaste, mais pas trop grand, pour la quarantaine d'artistes qui, y exécutent des ballets époustouflants, réglés au millimètre.

Vous avez compris que je vous engage à traverser la Manche d'urgence, d'autant que c'est peut être la dernière saison pour voir ce musical d'exception. On m'a dit grand bien également du Billy Elliott de Broadway mais il me semble qu'il est préférable de le voir dans "son jus" à Londres…

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Tait Geijer

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17 janvier 2010

Zen

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