Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

08 novembre 2009

Les herbes folles

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En sortant des "Herbes folles", je me suis dit que j'avais passé 90 minutes allègres, ce qui n'est déjà pas rien, mais que ce n'était pas grand chose, mais un presque rien toutefois merveilleusement filmé. En effet l’argument tiré d’un roman, “L’incident” (éditions de Minuit) de Christian Gailly, auteur dont je n’ai rien lu, mais le film m’a donné grand envie de combler cette lacune, est à la fois un peu simpliste et assez artificiel: un voleur arrache le sac de Marguerite Muir (Sabine Azéma), dentiste par raison, aviatrice par passion. Le portefeuille que contenait le sac est retrouvé par Georges Palet, homme au foyer au passé glauque. L’homme s’éprend à la folie de l’inconnue volée, leurs vies vont être chamboulées. Je me suis dit encore que c'était du Pascal Thomas ou du Podalydes ( Michel Vuillermoz n’est pas là par hasard, il forme avec Amalric une sorte de couple succulent de policiers à la Dupond et dupont) en beaucoup plus fluide, en beaucoup plus savant, donc paradoxalement atteignant une légèreté à laquelle les cinéastes cités peinent ,malgré leurs efforts, à se hisser. Et puis rentrant chez moi, le métro aidant considérablement à la rumination filmique, j’ai songé à bien d’autres cinéastes, comme Jean Grémillon pour un film, dont à l’instant je ne retrouve plus le titre, sur l’aviation et aussi à Depleschin; dans “Les herbes folles” il y a la même pesanteur familiale, esquissée avec brio dans la scène du repas de famille, chez ce Resnais que dans les derniers films de Depleschin. On voit bien que Resnais tourne avec tout le bagage du cinéma et en particulier du cinéma français, mais cela ne l’encombre, ne le leste jamais. Ensuite  pour retrouver mon pavillon de banlieue, je me suis extasié, à posteriori, parcourant une rue peu différente à celle où demeure le héros du film, sur le savoir faire du cinéaste pour filmer les architectures et quel amour cela induit du décor, de la chose construite (qu’elle soit réelle ou réalisée en studio). On ne sait jamais si telle scène est tournée en décor réel ou en studio. Les extérieurs paraissent tous être faux alors qu’ils sont très probablement vrais; je crois que je vais faire un petit repérage du coté de L’Hay les roses et de Sceaux (mais le film n’a peut être pas été tourné dans ces commune. Je n’ai pas été assez attentif au générique de fin!)... Et une heure après avoir vu le film j'ai convenu que ce pas grand chose de ma première impression était le meilleur film français de l'année.
Autre référence , en particulier en ce qui concerne les lumières, distillées avec une science caravagesque, c'est celle de Wong Kar wai qui me parait pertinente. J'ai aussi pensé à Hitchcock, pour l'escalier, pour l'opacité jamais dissipée du passé de Palet et aussi pour ce mélange de comédie et de menace un peu comme dans “Mais qui a tué Harry”. Peut être aussi à cause de la musique de Mark Snow (comme dans “Coeur”) qui sait se faire inquiétante. On ne pense pas à tout cela durant le film tant on est emporté sur les ailes de la caméra de Resnais et de son génial chef op, Eric Gautier. Tant on est toujours surpris par le jeu des acteurs qui sont ici à leur meilleur, bien sûr tout d'abord Dussollier, tout en essoufflements et crispations mais dont le jeu n’est jamais mécanique, et Sabine Azéma. Il ne faudrait surtout pas oublier les seconds rôles et même les apparitions comme celle de Roger Pierre qui ressemble aujourd'hui à un vieil eunuque ou de Paul Crauchet qui a quasiment disparu de nos écrans depuis déjà trop longtemps et qui réussit en 30 secondes à faire exister la silhouette qui lui a été dévolue. Autre apparition dans le rôle minuscule, une réplique, du jeune fils de la famille joué par Vladimir Consigny, qui m’avait considérablement impressionné, avec son immanquable strip-tease intégral, vu que de dos, malheureusement, dans “Hellphone” (on est certes là un peu loin de Resnais...). Je m’en voudrais de ne pas mentionner le sourire lumineux de Françoise Gillard, la vendeuse de chaussures à laquelle mademoiselle Muir à plaisir à avoir affaire. Y aurait il un lesbianisme refoulé chez Marguerite Muir? Mais la prestation la plus extraordinaire du film est celle d’Edouard Baer que pourtant on ne voit pas, puisqu'il est la voix off, des “Herbes folles” dans lequel Resnais réinvente le procédé. Non pas une voix off qui, comme habituellement quand cette figure cinématographique est utilisée, explique et comble les béances du scénario ou décrit ce que l'on ne veut, ou peut filmer; mais au contraire une voix qui hésite et apporte un décalage, poussant le film vers un burlesque tragique. Je suis persuadé que Resnais a eu l'idée de proposer cette partition à Edouard Baer après avoir vu l’acteur dans sa magistrale interprétation dans le "Pédigrée" de Modiano.
Très inhabituelle au cinéma, et en particulier dans les comédies, est l’opacité des personnages, ainsi on ne saura rien du passé de Georges Palet, on en est réduit aux supputations nourries par quelques réflexions de son entourage, en particulier celles de sa femme, jouée par Anne Consigny, comme toujours parfaite. Les relations entre Georges Palet et son épouse restent mystérieuses et donnent encore un peu plus d’ épaisseur aux deux personnages. Pour quelle raison a-t-il été privé de ses droits civiques? Pourquoi se demande-t-il si le policier, joué par un Amalric épatant, l’a reconnu? Paranoïa? Est-il un notable déchu? On peux subodorer qu’il y a du sexuel dans sa chute... On ne sera pas surpris que la recette d’Alain Resnais pour que ses personnages aient une telle densité est d’ inventer pour chacun d’entre eux une biographie minutieuse.
Chaque séquence est l’occasion de s’émerveiller de la virtuosité du cinéaste. Il faudrait voir le film une deuxième fois en étant seulement fixé sur ses prouesses techniques tant elles sont extraordinaires et cependant jamais clinquantes; comme la séquence du dîner en famille dans lequel la caméra suit d’abord Anne Consigny qui sort de la cuisine, apporte l’apéritif, s’assoit à coté de Sara Forestier (d’une ravissante fraîcheur) d’André Dussollier et Nicolas Duvauchelle sur le canapé ensuite la caméra les quitte, vagabonde dans la pièce passe devant la table mise pour cinq personnes, tiens il en manque un se dit on, continue et surprise tombe sur Dussollier avec un tablier en train de faire rôtir des tranches de viande sur un barbecue, puis Sara Forestier le rejoint pour se faire resservir cette fois la caméra suit la jeune femme jusqu’à la table où tout le monde est en train de déjeuner y compris Dussollier, sans tablier. Dans le dernier plan la lumière n’est plus la même qu’au début du plan séquence qui, en temps réel, a duré peut être deux minutes alors qu’en temps de cinéma plusieurs heures ont passé. J’aurais bien aimé être sur le plateau pour voir le charivari que ce plan a du occasionner de la part des accessoiristes, éclairagistes et comédiens. Un exploit que l’on aura peut être la chance de voir dans le making of du dvd qui alors porterait bien son titre, ce qui est, malheureusement, assez rarement le cas. Autres images remarquables et surprenantes, celles dont le premier plan est net, le plan moyen flou et l’arrière plan net!! Comment fait-il cela? peut être en faisant jouer ses acteurs sur un fond vert , pour ensuite ajouter le fond que l'on voit à l'écran en incrustation...
Les dialogues ne sont pas, par rapport à l’image, en reste de surprises avec leurs phrases laissées en suspend ou alors elles sont interrompues brutalement ou encore carrément étranges comme la dernière réplique du film qui m’a laissé interloqué et qui est de mémoire à peu près cela : << maman quand je serais chat je pourrais manger des croquettes?>> (si quelqu’un à une explication pour cette scène qu’il nous en fasse part.). Cette incongrue question est prononcée par une petite fille que l’on a jamais vue auparavant. Est-ce mademoiselle Muir enfant? Mais alors les croquettes pour chats existeraient depuis aussi longtemps...
Le propre des grands artistes est de bien savoir s’entourer et par là aussi Alain Resnais prouve qu’il en est un. Il a le talent de travailler avec une équipe bien rodée dont les membres sont plus des complices et des amis que des collaborateurs et de leur adjoindre des nouveaux venus qui dynamisent sa vieille garde.
Si j’ai été négligent dans l’observation du générique j’ai tout de même remarqué qu’un des adaptateurs du roman de Gailly est Laurent Herbiet qui en 2006 avec “Mon colonel a réalisé un des meilleurs films qui existent sur la guerre d’Algérie.   
Ce qui est merveilleux chez Resnais c’est le talent qu’il possède pour dissimuler la gravité, “Les herbes folles” est un grand film sur la solitude, sous la légèreté.

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18 octobre 2009

Mary et Max

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1976, Mount Waverly, une banlieue triste de Melbourne, Australie, Mary, une fillette de 8 ans, physiquement peu gâtée par la nature, boulotte, grosses lunettes... Elle est outre décorée sur le font d’une tache de vin, couleur caca dit-elle. Mary est l’ enfant unique  d’un père inattentif, fondu de taxidermie et d’une mère perpétuellement oscillante à cause du brandy dont elle s’imbibe. Mary pour tromper son ennui et sa solitude décide d’écrire à un inconnu dont elle a choisi l’adresse au hasard dans un annuaire. Elle a ainsi l’espoir de nouer une amitié. L’élu est Max, un quadragénaire juif new-yorkaisqui est plus ou moins autiste mais totalement obèse. Il survit économiquement de petits boulots tout en étant dans une presque complète solitude sociale, égayée seulement que par ses quelques pittoresques animaux domestiques. Le pauvre homme est cloîtré dans un minuscule appartement au sommet d’un gratte-ciel délabré de Manhattan. Il reçoit la lettre de Mary comme une divine surprise... L’échange épistolaire entre Mary et Max durera vingt deux ans...
Le film se compose d’un va et vient de scènes, à peu près également réparties entre les deux personnages; nous faisons de constants aller et retour entre Mount Waverly et New-York. Une voix off transcrit le contenu des lettres. On sera longtemps avant d’entendre le son de la voix des deux protagoniste de cet échange tumultueux. De lettre en lettre se dessinent l’histoire et la personnalité de Mary et de Max...
Ce qui est doublement merveilleux avec le cinéma, c’est que d’une part avec un pitch pareil, un producteur, en l’ occurrence une productrice, est confié un budget important à un cinéaste débutant, qui certes avait reçu un Oscar pour un court métrage, pour tourner une telle histoire d’autant que, je m’aperçois que j’ai oublié de mentionner l’essentiel, ses acteurs sont... en pâte à modeler! et que d’autre part cela débouche sur un chef d’oeuvre.
Mary et Max est certainement le film le plus émouvant, le plus juste, le plus poétique et le plus humain ce qui n’est pas un mince paradoxe puisque je le rappelle personnages et décors sont tous réalisés en pâte à modeler, de l’année cinématographique, qui en dehors justement des films d’animation, s’avère jusqu’ici assez décevante.
Si le film nous touche tant, c’est peut être qu’il est plus facile pour le spectateur de s’identifier à des figurines, néanmoins tellement “vivantes”, qu’à des acteurs en chair et en os, car alors il faut aller au delà d’une apparence qui nous est parfois familière lorsque le comédien est connu. Dans ces cas là bien souvent il charrie dans notre inconscient ses rôles successifs et même parfois sa propre biographie, autant d’obstacles que doit surmonter le spectateur pour s’identifier au personnage qu’il voit se mouvoir sur l’écran. Devant une marionnette le spectateur est devant un terrain vierge sur lequel il peut plus facilement projeter ses émotions.
Il serait erroné de penser que ce film extrêmement original n’est pas relié à l’histoire du cinéma et en particulier à celle du cinéma australien. Adam Elliot son réalisateur qui est également son scénariste et son décorateur, parvient parfaitement à faire passer ses influences, ses racines, ses admirations sans jamais faire de "Mary et Max" un cinéma référentiel plombé d’un lourd post modernisme, ce que l’on voit le plus souvent ici et là. Tout d’abord il est difficile de ne pas penser à "Wallace et Gromit", en particulier par le soin apporté aux décors qui ont comme dans les films anglais sont une grande part dans la construction de l’univers de Max et de Mary, même si le traitement des décors est beaucoup moins pimpant que dans les “Wallace et Gromit”. Les moutons qui apparaissent fugitivement (et qui rétrécissent sous la pluie) sont un réjouissant clin d’oeil à Wallace et Gromit. Il y a aussi un gros travail sur la couleur. Le marron, couleur préférée de Mary, est la teinte dominante du film.
Max Horowitz, paranoïaque et inadapté à l’amour, va chercher son salut chez un psychiatre juif qui à la tête d’un Enstein jeune. Cette situation évoque beaucoup celles récurrentes dans l'oeuvre d' un célèbre cinéaste new-yorkais.
Si le film est à recommander à tout public de plus de dix ans, il l’est particulièrement à ceux qui déteste le mime, et en particulier Marcel Marceau. Public, qui j’en suis certain, lorsque paraîtra le dvd, ne résistera pas à se passer en boucle la scène la plus hilarante du film qui éradique définitivement l’objet de leur détestation. Autre public captif, beaucoup plus nombreux que le précédent, les amis des animaux. Le bestiaire du film fait une belle place à des bestioles généralement rarement mises à l’honneur dans les films d’animation tels les mouches, les escargot et... les chats borgnes.

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25 septembre 2009

Jaque Catelain

Né Jacques Maxime Guérin le 9 février 1897,  à Saint-Germain en Laye, au pavillon Henri IV (un hôtel de luxe maintenant). Ce lieu de naissance est peut-être un signe! Endroit mythique, qui a vu naître Louis XIV, c’est aussi là qu’Alexandre Dumas a écrit ses «Trois Mousquetaires» et «Monte-Cristo», que Jacques Offenbach a composé «La fille du Tambour Major» et que Léo Delibes a créé son ballet «Sylvia» … Un lieu prédestiné au monde des Arts . le beau ténébreux du cinéma français balbutiant a de lointaines origines russes et du sang suédois par sa mère. Sa première jeunesse se déroule dans un grand château en Flandres, c’est un petit garçon très sensible, artiste dans l’âme, qui pleure devant les tableaux de Memling au musée de Bruges. Il n’a que neuf ans! C'est un rêveur solitaire à l'imagination débordante, qui brûle d'envie d'exprimer tout ce qu'il ressent. A 11 ans, il écrit une tragédie en 20 actes: il a une imagination débordante …il a envie d’exprimer ce qu’il ressent. Il a d’ailleurs un certain talent dans l’écriture comme on peut en juger dans les citations de la présente page. Puis c’est Nijinski, le grand danseur qui le subjugue! C’est décidé ! Il sera danseur … "Non !" répondent les parents.
Trop grand (15 ans) pour rentrer au lycée, il reçoit des cours particuliers et il apprend … il apprend intensément! En 1913, il entre à l’Académie Julian (Beaux Arts) .Sur toutes ces jeunes années, il dira : "J’ai vécu dans une atmosphère particulière, m’exaltant pour un idéal de foi, de travail, de bonté, de pureté" Son père le laisse libre de se consacrer au dessin, à la peinture (il entre en 1913 à l'Académie Julian), à la musique - celle de Wagner le transporte. Puis c’est Nijinski qui le subjugue, au point que ses parents doivent s'opposer à une vocation subite de danseur.

L'Encinémathèque


Lorsque la guerre éclate en 1914, "l'art semble mort pour chacun [...], toute ambition personnelle apparaît sacrilège, tout effort superflu." Les événements tragiques l’inquiètent et le déstabilisent… En 1915, il tâte de l’art dramatique au Conservatoire dans la classe de Paul Mounet, avant de s'engager en 1916 et de partir pour le front dans l’artillerie lourde. Réformé temporairement, il fait en 1917 la rencontre de sa vie : celle du cinéaste-esthète Marcel L'Herbier, qui lui communique sa passion et noue avec lui de profonds liens d'affection... pour ne pas dire davantage. Le cinéaste fait débuter sa nouvelle "muse" dans Rose-France étrange collage symboliste, film-poème excessif et troublant. Il y expérimente déjà de nombreux truquages à la caméra et y consacre le jeune acteur Jaque Catelain, qui se révèle être un véritable Dorian Gray à l’expressive beauté.




Le public découvre Jaque-Catelain. Il incarne le prince charmant dont rêve, entre autres, les demoiselles et les dames. "Veston noir, faux col jaune, chemise ocre, visage entièrement badigeonné de fond de teint rosé… Il est tellement joli malgré tout ce maquillage… Séduire? Catelain n’a vraiment aucun mérite à cela : la nature lui a donné en cadeau de grands yeux marrons, un nez idéalement fin …une grâce de mouvement incomparable… Il n’a qu’à paraître, sourire et ramasser les cœurs foudroyés…" peut-on lire dans Ciné-miroir. En 1918, ce jeune homme de vingt ans entend ne pas se contenter d’être beau et de paraître, il veut prouver qu'il a surtout du talent : "devant l’appareil qui vous imprime tout vif, il ne s’agit pas de devenir, il s’agit d’être… Le charme d’un artiste, son action sur le public ne dépendent pas de la joliesse physique, mais du rayonnement de sa personnalité."

"Les initiés, seuls, savent ce qu'il faut vaincre lorsque, dans la chaleur de l'été ou du studio, l'émotion du site ou le bruit infernal des machines, la peur de se trahir soi-même... On se retrouve finalement aux prises avec la réalité brutale de la réalisation, face à face avec cet ennemi perspicace et exigeant : l'objectif ! Vous voici devant l'appareil, vous commencez à jouer et ce qu'il vous faut vaincre alors, c'est votre désir de jouer [...]. Quand on a dévêtu ce goût gênant de remplacer, par certaines conventions arrêtées d’avance par la réflexion, la manifestion mobile de soi-même, une nouvelle épreuve vient chaque fois effrayer l'interprète cinématographique : celle de savoir proposer à l’impressionnabilité de la pellicule une vie profonde, une vie essentielle : la vie de toute son âme."

 Jaque Catelain, Marcel L'Herbier dans


 Jaque Catelain, Marcel L'Herbier dans


 Jaque Catelain, Marcel L'Herbier dans

dans l'"Inhumaine"

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Marcel L'Herbier (1924)

Sa carrière pendant le muet est faite de rôles intéressants comme dans «El Dorado» : "Dans ce film, je me mets dans la peau d’un personnage difficile, celui d’un homme du nord, calme doux, tout en vie intérieure. Plus il veut s’exprimer en gestes …moins il est vrai. Ou alors , moins il s’extériorise et plus il devient glacial et conventionnel …enfin on s’en tire quand même".

L'image “http://encinematheque.net/muet/M11/_icone3r.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. http://cinema.aliceadsl.fr/Generated/Cinema/feeds/images/00000000000507/ce7295e5-f4b1-4641-ae8c-f09837bdc292.jpg.

«Don Juan et Faust», «Koenigsmark», «l’Inhumaine» et «le Vertige» : "Suis-je Don Juan ? Je ne le sais pas …mais il m’arrive de me suggestionner au point de vivre passionnément la vie de celui que j’incarne et cela non seulement sur le studio mais aussi au dehors."

 Huguette Duflos, Jaque Catelain, Robert Wiene dans

A côté, il tournera des films dont le registre assez mièvre le décevra et il confiera être las d’être confiné dans des rôles à l’eau de rose comme «Le Prince Charmant» de Tourjansky, «Le Chevalier à la Rose» de Robert Wiene, alors qu’il aurait tant aimé camper «l’Aiglon»«le Portrait de Dorian Gray» , des personnages plus marqués! Lucide, il analysera volontiers mais sans complaisance ses prestations, se livrant facilement à une introspection après chaque rôle.

Durant ses tournages pour L’Herbier, il collabore fréquemment aux décors, devient maquilleur attitré de l’équipe, assiste L’Herbier pour le montage. Lorsque celui-ci fonde en 1922 sa compagnie de production, Cinégraphic, Jaque-Catelain se voit offrir la possibilité de créer son premier film comme réalisateur. Le Marchand de plaisirs, dont il écrit le scénario lui-même, est tourné au Touquet durant l’été 1922.

Las d'être confiné aux rôles de séducteur mièvres, il passe à la réalisation pour deux films au titre évocateur, Le Marchand de plaisirs (en 1923) et La Galerie des monstres (1924), où, se réservant le premier rôle masculin, il s'emploie à casser son image trop lisse, s’affublant de haillons ou en enfilant un déguisement de clown… "Suis-je Don Juan ? Je ne le sais pas… mais il m’arrive de me suggestionner au point de vivre passionnément la vie de celui que j’incarne et cela non seulement sur le studio mais aussi au dehors." Officiellement marié en 1932 à une jeune femme gravitant dans l'entourage de... L'Herbier mais fréquentant un cercle d'amis ne faisant guère mystère de leur goûts homosexuels, il cultivera jusqu'à sa mort, en 1965, une grande discrétion quant à sa vie privée, aimant à dire, très élégamment, que "sa propre vie est un film que l'on doit être seul à regarder."

En 1933, il s'installe au États-Unis en tant qu'envoyé spécial du quotidien Le Journal, pour lequel il rédige une série de reportages sur les grandes vedettes disparues de l'écran. A Hollywood, il réalise des entretiens avec Chaplin, Stroheim, Sternberg, avant de partir pour une tournée théâtrale en Amérique du Sud avec la troupe du Vieux Colombier. L'année suivante, Marcel L’Herbier lui demande de jouer dans Le Bonheur (1935). Il s'éloigne des écrans, où son "personnage mélancolique, romantique", son physique d'éphèbe, aux traits fins" n'est plus de mise face aux jeunes loups qui ont pris la relève. Il retourne en Amérique. Il restera éloigné de la France jusqu’en 1946, devenant comédien de théâtre à Montréal, puis doubleur de films à Hollywood pour la MGM. Il se tourne vers le théâtre, le doublage (notamment pendant la seconde guerre mondiale, où il vit sur le continent américain), tout en faisant quelques apparitions, à l'écran. De retour en France on le voit un peu à la télévision, et aussi au cinéma dans des rôles souvent très modestes, notamment chez Renoir (French Cancan, Elena et les hommes, Le Testament du Docteur Cordelier) ou le fidèle L'Herbier (Les derniers jours de Pompéi), auquel il consacre un livre honoré du Prix Canudo, Jaque-Catelain présente Marcel L'Herbier (1950).





source : http://www.encinematheque.net/muet/M11/index.htm

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22 septembre 2009

Non ma fille tu n’iras pas danser

nonmafilletuniraspasdanserJ’avais espéré que la mise au pinacle dans la cinématographie française du personnage récurrent pour ne pas dire omniprésent du jeune beurre, allait nous débarrasser des affres pré et post ménopause de la bourgeoise de province, hélas il n’en est rien. Je précise que ce sont deux catégories, contrairement semble-t-il à la gent cinéphilique française, et pour paraphraser mon maître Achille Talon, dont je me brosse le nombril avec le pinceau de l’indifférence.
Je dois avouer néanmoins que j’ai quelques faiblesses pour les atermoiements féminins lorsque les malheurs de ces dames sont filmés par Desplechin (Mais le propre de l’art n’est il pas de transcender par la manière et la matière le sujet, que reste-t-il de “Madame Bovary” réduit à son anecdote? Disons que Christophe Honoré n’a pas été loin de réussir cette miraculeuse transmutation.).
“Non ma fille tu n’iras pas danser” met en scène le désarroi d’une mère de famille, Léna (Chiara Mastroianni), qui après son divorce  ne parvient pas à faire face à sa nouvelle situation et surtout à être une mère exemplaire, ce qui est l’unique horizon qu’elle s’est fixé, pour ses deux enfants, une fillette de six, sept ans et un garçon de onze, douze ans (Donatien Suner). Les grands-parents ont invité toute la petite famille dans leur manoir breton pour passer quelques jours de vacances durant l’été. Cette invitation est une sorte de traquenard monté par la grand mère (Marie-Christine Barrault) dans l’espoir de rabibocher sa fille, qu’elle a toujours materné et considéré comme une tête légère, avec son ex-mari (Jean-Marc Barr). A cette opération à haut risque participe aussi la sœur (Marina Fois plus que convaincante dans un rôle dramatique inhabituel pour elle), en ceinte jusqu’aux dents de son falot mari (Marcial Di Fonzo bo excellent dans ce contre emploi). Cette confrontation estivale aux prix de nombreuses souffrances aidera à dénouer le nœud gordien de cette famille qui ne cherche qu’ a faire le bien de Léna; d'ailleurs le titre anglais moins beau mais plus juste que “Non ma fille...” est Making Plans for Lena ("On fait des projets pour Lena") alors que le titre français fait référence au conte breton qui sépare au milieu du film le volet breton de sa suite parisienne...
Or donc, au milieu de cette histoire arrive, comme un cheveu sur la soupe, un conte breton, plus ou moins situé au XIX ème siècle, très rohmerien et remarquablement filmé. Il agréablement l’esprit du spectateur qui sans cela n’aurait peut être pas pu supporter les atermoiement amoureux de Léna , emmerdeuse patentée durant 1h 45 (peut être qu’également les accortes figures d’une mâle jeunesse rustique en costume traditionnel breton n’a pas été pour rien dans mon regain d’intérêt pour le film à partir de ce moment là; après le conte l’intrigue se transporte à Paris.) . Car la principale faiblesse du film de Christophe Honoré est que son personnage principale est une chieuse qui finit par épuiser la patience des siens ( mais grâce au talent du cinéaste pas celle des spectateurs), eux-mêmes n’étant pas des gens avec lesquels je partagerais avec plaisir un dîner tant est patente leur médiocrité petite bourgeoise.
J’en reviens à la question que je me pose de plus en plus à la sortie d’un cinéma, pourquoi ai-je passé 1h 45 avec des personnes, et de surcroît payer pour cela, que dans la “vraie vie” je fuirais à toutes jambes? L’amour du cinéma demande peut être un souci du prochain que je n’ai pas, ou plus?
Le scénario n’est pas non plus sans faiblesse, certaines scènes comme l’escapade romaine des grands-parents auraient pu être couper sans dommage. Plus grave certains points ne sont pas explorés complètement comme la maladie du grand-père, un ressort dramatique non utilisé qui ne fait ainsi que brouiller les esprits à l’encontre de ce personnage au lieu de le construire.
Heureusement le moindre rôle est joué à la perfection et lorsque l’on voit Jean-Marc Barr tout à fait bon (sans doute une première) on mesure combien Christophe Honoré est un grand directeur d’acteur. Un peu sur le modèle de Desplechin, auquel décidément il est difficile de ne pas penser, Christophe Honoré de film en film semble vouloir se constituer une troupe. Ce serait d’ ailleurs le désir d’offrir à Chiara Mastroianni un premier rôle, elle n’en avait qu’un second dans les chansons d’amour” et une silhouette dans “La belle personne” qui aurait conduit le réalisateur à tourner “ Non ma fille...”. Pour ce casting parfait il serait dommage de ne pas citer en ce domaine le collaborateur habituel du réalisateur, Richard Rousseau. Ce casting qui parait évident ne l’était pas du tout au départ. Il fallait oser distribuer dans des rôles importants des acteurs peu connus comme Fred Ulysse dans celui du grand père ou dans l’emploi de la tête à claque “spirituel”, le frère du cinéaste, Julien Honoré. On retrouve Louis Garrel, “la muse” du metteur en scène. Garrel heureusement ne songe plus à singer Jean-Pierre Léaud. Pour une fois Honoré s’est interdit de filmer le sexe de son acteur de prédilection, en échange il nous offre l’abondant buisson pubien de son frère! Pour les amateurs de très jeunes personnes, Donatien Suner, qui joue avec beaucoup d’autorité le fils de l’éperdue, est une beauté! Mais Il est à craindre que le personnage d’Anton tienne plus du fantasme de cinéaste (on peut y voir peut être Christophe Honoré en pré adolescent) que de la réalité. Malheureusement je ne crois pas qu’aujourd’hui, il existe un tel garçon, grand lecteur, indemne de la boutomania aiguë qui ravage la population adolescente. L’anachronisme du personnage d’Anton renforce l’impression d’ intemporalité de cette histoire, là encore en contradiction avec le naturalisme de l’ensemble.

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La fluidité du jeu des acteurs est sans doute due en partie à la connaissance de longue date qu’ a le cinéaste de la plupart d’entre eux. En outre, le cinéaste retrouve aussi son chef op, Laurent Brunet de son film précédent et sa monteuse habituelle, Chantal Hymans, sans oublier à la musique Alex Beaupain. Christophe Honoré est un homme de fidélité.
Malgré tout Christophe Honoré n’a pas totalement réussi son coup principalement à cause d’un travail insuffisant sur le scénario. Comme à son habitude il a été incapable de situer d’une manière crédible socialement ses personnages; tout ce beau monde vit dans des appartements confortables ou un joli manoir breton sans jamais que l’on sache d’où vient cette tranquille aisance doublée d’une agréable oisiveté, sauf pour le personnage joué par Chiara Mastroianni dont on croit comprendre qu’elle était anesthésiste et qui se recycle, comme c’est crédible, en vendeuse chez une fleuriste. Il aurait suffi de quelques plans ou de quelques lignes de dialogue, (dialogues qui sonnent justes même si certains sont trop écrits) pour préciser la place sociale de chacun. On ne demanderait pas de telles choses si Christophe Honoré ne jouait pas la carte du naturalisme. Un pareil reproche serait ridicule fait à Rohmer ou Bresson...
Autre carence résultat d’un manque de travail sur les décors, Le constant divorce entre les intérieurs et les extérieurs, ce qui est très gênant. Il est très peu probable que les intérieurs, assez minables où se déroulent plusieurs scènes, soit ceux de l’élégant manoir breton des grands-parents; de même l’escalier menant à l’appartement parisien où résident Léna et ses enfants ne correspond visiblement pas au dit appartement. Avec ce dernier film, Christophe Honoré a pris le contre pied de ses autres opus dans lesquels les hommes sont mis au centre, les femmes étant plus ou moins cantonnées à la périphérie des intrigues. Dans “Ma fille tu n’iras pas danser” elles sont au centre et porte la culotte.
Enfin je voudrais signaler la présence, malheureusement exceptionnelle au cinéma, d’une très belle séquence de sexe entre deux personnes âgées filmée avec beaucoup de sensualité et de tact. 
Un film attachant auquel il n’a manqué qu’un peu de travail pour être dans son genre, qui n’est pas complètement le mien, une complète réussite.   

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28 août 2009

Bruno

Ce blog reflète que bien incomplètement mes idées, mes occupations et mes humeurs. C'est en partie involontaire. Ces lacunes étant causées par la fuite du temps, toujours plus véloce. Je ne cacherais non plus que quelques béances sont dues à une auto censure, la plus souvent inconscience d'ailleurs.
J'essaye ici que ne s'étale pas une suite de bougonnages et au contraire je tente d'y faire partager plus mes admirations que mes colères. Je pense que c'est à la fois plus productif et meilleur pour ma santé.
Mais lorsque je lis, à longueur de gazettes des considérations louangeuses sur la daube de l'année (J'arrête un instant ma diatribe pour m'interroger pourquoi on affuble un mauvais film du qualificatif de daube? qui signifie, selon le petit Larousse illustré, un de mes plus fidèles et anciens compagnons: << Manière de cuire à l'étouffée certaines viandes braisées (surtout le boeuf) avec un fond de vin rouge; viande ainsi accomodée>>. Si un docte lexicographe est de passage j'aimerais qu'il m'informe sur cette curiosité, car le boeuf en daube c'est bien bon...)... Or donc devant tant de propos laudatifs sur la daube en question, qui est "Bruno", je me néanmoins contraint d'y aller de ma petite hargne. Dans ce film nous voyons essentiellement durant plus de 90 minutes interminables un personnage sans aucun talent exhiber sa queue circoncise, même pas belle! Je lis ici et là que Sacha Baron Cohen, le navrant réalisateur de "Bruno" est subversif. Il me faut encore faire une incise et rappeler qu'être qualifier de subversif de nos jours par l'intelligentsia est la condition sine qua non pour pouvoir briguer l'espérance d'une audience. Est ce que faire des moulinets avec son sexe est subversif? J'avais, il y a de cela bien longtemps, un amant de passage qui réalisait cet exercice, d'un intérèt somme toute limité, très bien. Je précise qu'il était beaucoup plus beau que le sieur Cohen, mais il ne me serait pas venu à l'idée de le considérer alors comme un preux révolutionnaire
Il n'est pas plus subversif de ridiculiser, une fois de plus les intégristes de tout poil. Je m'aperçois depuis déjà longtemps que cela ne les empêchent de se multiplier encore plus vite que les lapins tout en ayant beaucoup moins de cervelle que ces charmantes bêtes. La seule subversion de ce film, qui en outre est un pâle calque de "Borat" précédent pensum commis par Cohen, est d'arnaquer le prix d'une place de cinéma à autant de gogos de par le monde.
Il y a un seul cinéaste (je n'oublie pas la prestigieuse fratrie des Coen mais leur nom n'a pas la même orthographe) qui a pour nom Cohen et il est français c' est Ilan Duran Cohen. Si vous ne le connaissez pas encore, à la place de voir Bruno, découvrez le; vous pouvez voir et revoir ses films qui sont des modèles d'intelligence d'humour et de sensualité et dont le dernier "Le plaisir de chanter" est sorti récemment en dvd.

Nota: Vous remarquerez que pour une fois je n'ai pas mis une seule illustration mais je ne voulais pas que la gueule de raie (cher lexicographe de passage pourquoi ce délicieux et gracieux poisson est une injure?) du sieur Cohen dépare ce blog.

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31 juillet 2009

Xavier Samuel

 

Xavier Samuel a grandi à Adelaide en Australie. Il est diplômé de Rostrevor College  et de la Flinders University Drame Center. En 2005, il a joué Hamlet dans la production jouée par les diplômés de cette année là. Depuis , il a travaillé à la fois pour le théâtre  et pour le cinéma. Mais il est principalement connu dans son pays pour son rôle dans Dreamlife, une série télévisée diffusée sur les ondes de MTV Australie. Il a aussi  joué le personnage principal dans le film australien "September", réalisé par Peter Carstairs, qui est sorti en 2007 et sélectionné pour le Toronto International Film Festival.   Newcastle le dernier film dans lequel il parait, réalisé par Dan Castle, a eu sa première mondiale au Tribeca Film Festival en avril 2008. Mais c'est son rôle dans  Eclipse , l'adaptation du best seller de  Stephenie Meyer  qui va lui apporter une notoriété internationale. Dans Twilight - Chapitre 3 : Hésitation, (Eclipse) Xavier Samuel jouera le personnage de Riley, un « nouveau-né » vampire rejoignant l’« armée » de la machiavélique Victoria, qui souhaite à tout prix assassiner Bella. Cette corruption est bien sûr due à la faiblesse inexpliquée du jeune homme face à la suceuse de sang. D’une façon plus générale, l’histoire tournera autour du choix cornélien de Bella, qui « hésitera », cela s’entend, entre son loup-garou Jacob et son ténébreux vampire Edward.  Pour obtenir ce rôle Xavier Samuel a battu Tom Felton (le Draco Malfoy de Harry Potter) et Channing Tatum...



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Xavier Samuel plays the naive 17-year-old Gary.

Xavier Samuel … from checking the waves to testing the waters

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16 juillet 2009

Louis Garrel


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09 juillet 2009

Whatever works

Whatever_works_affichePendant longtemps, chaque nouveau film de Woody Allen était une promesse de bonheur; je dirais même plus de félicité. Je me souviendrais, sans doute jusqu’à la fin de mes jours, avec quelle euphorie j’ai “survolé” le remblai baulois à ma sortie de “Tout le monde dit I love you”, qui est je crois le seul film de Woody Allen que j’ai vu en version française. Cette promesse n’était plus tenue depuis une dizaine d’années, disons depuis “Accords et désaccord”. Non que dans la dernière période, il n’y ait pas des films majeurs comme l’hitchcockien “Match point”. Mais en dépaysant son cinéma de New-York à Londres, puis à Barcelone, il est actuellement, en ce mois de juillet 2009, à nouveau en tournage à Londres, on a pu d’ailleurs le découvrir dans les tribunes du central de Wimbledon, lors de la finale, comme quoi match point n’était pas que le fruit de contingences économique, son cinéma avait perdu cette saveur bien particulière du terroir de Brooklyn, mélange de moralisme et d’humour farfelu. Et comme par magie avec son retour à New-York, nous retrouvons l’ alacrité du cinéma de Woody Allen. Curieusement pourtant et c’est une des rares faiblesses du film, nous voyons peu la ville de New-York dans Whatever works, on est loin des inoubliables images de “Manhattan”. “Whatever” works est essentiellement du théâtre filmé et ce théâtre et du pur théâtre de boulevard, toujours très vivace aux Etats-Unis alors qu’il est moribond à Paris. Woody Allen utilise avec tout le brio qu’on lui connaît toutes les ficelles du boulevard, retour inopiné, imbroglio adultérin, opposition caricaturale des caractères... Ce qui est cocasse c’est que la critique cinématographique française crie au génie pour un scénario issu d’un genre qu’elle vomit au théâtre. Mais que connaît elle de Marcel Achard, de Marc Camoletti, de Roussin, de Barillet et Grédy... Comme souvent dans ce pays l’admiration est nourrie par l’ignorance... Le théâtre a toujours été l’une des grandes inspiration de Woody Allen du théâtre antique grec, voir “ Maudite aphrodite “ au théâtre progressiste américain des année trente qu’il met en scène dans coups de feu sur “ Broadway “ en passant par Shakespeare avec “Comédie érotique d’une nuit d’été... Dans son dispositif cinématographique, le cinéaste prend des figures majeures du théâtre comme l’ aparté ou l’adresse directe au public, avec ici des regards caméra qui sont interdit dans la grammaire classique du cinéma. D’après les dires du cinéaste, le scénario de “Whatever work” serait vieux de trente cinq ans (le film commence avec une discussion entre vieux copains comme “Broadway Danny Rose”) et seulement “repeigné” pour le tournage (l’allusion à Obama), espérons qu’il en a d’autre du même acabit sous le coude, pour notre plus grand bonheur.
Tous les acteurs sont épatants. A commencer par Larry David, qui est rien de moins que le co-inventeur de la série Senfield, et campe un juif misanthrope, bougon et autodestructeur. Avec lui, Woody Allen s’est trouvé un porte parole complice idéal. Car le rôle de Boris aurait été tenu, il y a une vingtaine d’année par Woody Allen, lui même. A-t-elle point que pendant les premières minute du film on est troublé par cet exercice de ventriloque puis au fil des minutes, Boris prend son autonomie par rapport au personnage habituel que Woody Allen jouait dans ses films. Tous les autres rôles sont des archétypes théâtraux. Il y a la blonde nunuche mais fort comestible, parfaitement joué par Evan Rachel Wood, la mère sudiste bigote qui vire artiste d’avant garde, hilarante Patricia Clarkson ( je connais la version française de cette rombière), au passage Woody Allen fait une réjouissante satyre d’un petit monde new-yorkais de l’art. Extraordinaire nouveauté l’intrusion d’un couple gay dans l’univers allenien avec Ed Begley jr qui de sudiste macho type se transforme en un tour de main en gay idéal, dans le rôle ingrat du jeune premier d’opérette type Henry Cavill ne se laisse pas oublier. Cette parfaite distribution n’est pas pour rien dans le plaisir que l’on retire à la vision de ce film.

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les beaux garçons d' Elephant

Belles images des beaux garçons d' Elephant de Gus van Sant 

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21 juin 2009

Etreintes brisées

etreintes_brisees_almodovarEn général avant d’aller voir un film, surtout lorsqu’il s’agit du énième opus d’un réalisateur confirmé  dont j’ai vu tous les les films ou la plupart d’entre eux, j’évite le plus possible de lire ou entendre les critiques à son propos (même dans mon cher Positif). Mais en ce qui concerne la dernière création d’Almodovar, je n’ai pu, malgré mes efforts, échapper aux flatulences cannoise. Elles m’ont encore paru encore plus nauséabondes après avoir vu le film qui se classera sans mal au moment du bilan cinématographique de fin d’année, parmi les meilleurs de l’année, sinon le meilleur principalement en raison de l’horlogerie d’une diabolique habileté de son scénario, inexplicablement non primé au Festival de Cannes. Je n’arrive pas à comprendre comment les critiques français, mais c’est encore pire en Espagne, peuvent faire la fine bouche devant un tel film qui n’a quasiment pas d’équivalent en ce qui concerne la qualité dans la production française. On peut lire sur le blog du cinéaste l’ écho de la polémique qui s’est installé entre Almodovar et la critique cinématographique de son pays sur l’accueil fait à “Etreinte brisée”.
Ce qui est remarquable dans “Etreinte brisée” c’est que l’ intelligence du scénario ne bride en rien l’émotion. Penelope Cruz est extraordinaire dans un personnage complexe qui est en définitive assez peu sympathique. Lluis Homar qui interprète une sorte de double du réalisateur est également remarquable comme il l’était déjà dans le rôle du curé dans “La mauvaise éducation”. Dans ce dernier film, Almodovar réussit encore mieux qu’à son habitude, à la fin du film à dénouer les fils des multiples intrigues qu’il a tricotées avec habileté. C’est ce qui fait le jubilatoire plaisir de ce scénario qui oscille entre mélodrame et comédie avec cette fois plus de noir que de rose.
Etreintes brisées devrait combler les attentes des spectateurs qui veulent s’émouvoir avec intelligence. De même les cinéphiles trouveront à se repaître copieusement grâce aux multiples citations  qu’Almodovar fait des des cinéastes qu’il admire, Antonioni, Fellini, Woody Allen... sans oublier lui même. 

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