26 juillet 2008
Visite à un parapluie cinéphile
Je vais toujours sur les sites des personnes qui me laissent des commentaires, trop peu nombreuses à mon goût , vous voilà prévenu. Avec parapluie dont heureusement pour lui je ne partage pas tous les avis, cela m'a permis de m'esbaudir quelques fois. Je vous conseille particulièrement Louise Bourgeois en vélib, ce qui est déjà tout un programme. Mais ce qui m'a ravi le plus ce sont ses critiques minutes des sortes de haïkus souvent vachards à propos des films qu'il a vu. Passez donc quelques moments agréables à l'abri de ce parapluie là.
23 juillet 2008
Images en vrac
Les blogs français voués au graphisme sont trop rares pour ne pas signaler celui-ci qui est remarquable dont les images ci-dessous en viennent. Vous y trouverez surtout des visuels issus de la publicité ou du street art mais pas seulement.

.
02 juillet 2008
Alix, Enak, une romance en construction
Je vous ai déjà signalé le merveilleux site de Jean Yves
culture-et-debats.over-blog.com/qui est pour moi une source quotidienne
de plaisir et de savoir. Je n'ai pas résisté à l'envie de vous faire
partager la merveille ci dessous.
Pour réaliser le
pire, il faut reconnaître qu'Enak est très doué : il se noie
régulièrement, tombe encore avec plus d'obstination, tout
particulièrement s'il s'agit de tomber aux mains d'ennemis qui en font
une monnaie d'échange. Enak est facteur de rebondissement et d'intrigue
comme les Dupondt, surtout dans les premiers albums.
Les tribulations culminent par la faute d'Enak dans « Le dernier Spartiate
» (album n°7) : il est esclave, nerveux au point de faire avorter une
première tentative d'Alix pour le délivrer. Libéré, il se blesse au
pied, tombe en courant, glisse dans les marécages, pour faire une
grande chute en escaladant une falaise afin de retomber aux mains de
ses poursuivants et d'y entraîner Alix.
Enak se noie encore dans « Le tombeau étrusque » (album n°8) et perd Héraklion dans « Le
dieu sauvage
» (album n°9). Mais il est plus remarquable d'observer que ce pire
n'est plus tellement de l'ordre des rebondissements de l'aventure que
de celui des vicissitudes de la vie à deux.Dès « Iorix le grand
» (album n°10), blessé sérieusement, fiévreux et délirant, Enak réclame
non la bravoure d'Alix, mais son dévouement de tout instant pour
l'apaiser et le guérir. Cela n'échappe pas à Iorix qui se moque de ce
qu'Alix le dorlote. Si le pire conventionnel culmine avec l'album n°7 «
Le dernier Spartiate », le pire psychologique est à son comble dans le n°11, « Le prince du Nil
» : Alix y connaît la trahison. Même pas la trahison pour un autre,
mais, plus sordidement, pour un mirage de gloire. Enak abandonne Alix :
pour arriver plus tôt à Saqqarah en le laissant avec ses cauchemars ;
pour festoyer avec Pharaon en le laissant désappointé ; timoré dans sa
fuite, il est la cause de l'arrestation, puis de l'esclavage d'Alix.
Pis, il doute de lui en acceptant de penser qu'il est voleur et
assassin. Saïs, qui est sans aucun doute la femme qui fut la plus
amoureuse d'Alix, ce qui lui donne une conscience aiguë du malheur de
celui-ci, trahi dans son amour pour Enak, Saïs ne lui envoie pas dire
tout son mépris pour sa félonie, sa lâcheté :
« Il a donc suffi qu'un pharaon perdu sur une île t'enivre d'honneurs de luxe pour que tu sacrifies une si longue amitié !...
C'est infâme ! »
Le Prince du Nil, Jacques Martin, Ed. Casterman, 1974, page 32
Ebranlé, Enak ira quand même jusqu'à accepter d'être intronisé successeur de Pharaon sans rien tenter pour son ami. Aussi, lorsqu'ils se retrouvent unis, Alix est-il assez sage et amoureux pour éviter toute explication :
« La joie de te retrouver efface tout, Enak. Oublions ce qui s'est passé et jurons de ne plus en parler. »
Le Prince du Nil, Jacques Martin, Ed. Casterman, 1974, page 45
A quelque chose malheur est bon. Enak est par la suite non seulement de moins en moins maladroit,mais surtout de plus en plus responsable.
Pourtant, en face du pire il y avait aussi le meilleur : pour contrebalancer chutes et noyades diverses, Enak savait parfois donner
un coup de main et embarrasser en retour les ennemis, sauver son ami
des griffes d'un tigre ou de l'hypnose mortelle du mage Rufus, avec
beaucoup de détermination comme lorsqu'il menace les soldats de son arc
dans « Le tombeau
étrusque » (album n°8).
Après la crise du « Prince du Nil » (album n°11), Enak montre de plus en plus de capacité d'initiatives heureuses.
Dans « Le spectre de Carthage » (album n°13) il soutient et cache, seul dans les mines hantées de gardes mystérieux, Alix empoisonné. Il découvre un morceau d'orichalque alors qu'injustement Alix croit encore à l'une de ses maladresses ; il trouve un abri salvateur à l'orage et à l'explosion finale. Dans « Les proies du volcan » (album n°14), il devient aussi efficace qu'Alix : plein d'idées, de commentaires sur les choses, de conversations et de bons conseils. Le sauvetage, pourtant brillant, qu'Enak fait d'Alix sur le volcan en éruption reste alors une simple péripétie du récit d'aventure en regard de la consistance que prend le personnage lui-même. Alix le donne, c'est la première fois qu'on l'entend dire, comme un habile tireur à l'arc, capable même de transmettre sa compétence à des jeunes guerriers. Et surtout il lui reconnaît une lucidité de jugement sur les hommes – une femme en l'occurrence : Malua, qu'il ne serait pas « raisonnable » de prendre à bord – qui montre un Enak enfin conscient de lui-même, de son ami et des autres.
Alix fut enlevé par Toraya avant d'enlever Enak. Enak adolescent fut sauvé par Alix d'un serpent dans « La tiare d'Oribal » (album n°4). Enak adulte sauve Alix d'un serpent dans « Les proies du volcan » (album n°14). La symétrie fortuite n'est pas trop formelle : Enak a bien grandi en force et en sagesse. De même, dans « L'enfant grec » (album n°15), s'il tombe toujours, par deux fois, il n'en défend pas moins son ami non pas prosaïquement au plan physique, mais sur celui, plus subtil, de son honneur au point qu'Alix en est tout étonné et doit même le retenir.

L'enfant grec, Jacques Martin, Ed. Casterman, 1980, page 45
Enak devient un homme et certains personnages le sentent bien : le tout jeune Herkios (« L'enfant grec », album n°15) au moment de mourir, malheureux de l'avoir offensé, veut rejoindre le prince d'Egypte qui accourt pour le soutenir. Il semble bien, de même, que le prince Lou Kien («L'empereur de Chine», album n°17) ait aussi une préférence pour ce prince d'un pays lointain digne de lui. Mais Enak, échaudé, n'oublie plus Alix, même s'il est touché de la détresse, de la solitude et de la maladie de son ami chinois.
La maturation
d'Enak permet un équilibrage des liens qui confère une séduction où
lui-même se trouve en position de protecteur et non plus de protégé.
C'est cette éducation sentimentale qui rend Alix et Enak si attachants parce que les héros ont une personnalité, tout compte fait, assez complexe et évolutive. Peut-être, est-ce renforcé par le fait que les relations d'Alix et d'Enak ne sont jamais formellement traitées puisque les albums illustrent des aventures... la complexité pouvant provenir de l'évolution même de l'auteur dont il a pu avoir plus ou moins conscience ponctuellement dans chaque album. Est-ce pour cela que la maturation des deux héros et leur liaison sont si cohérentes alors qu'elle s'inscrit en vingt albums (pour Jacques Martin seul) et sur de nombreuses années ?
Le projet de Jacques Martin devient compréhensible si l'on pense qu'il dévoile l'évolution naturelle d'un homme qui n'a surtout pas cherché à l'exposer spécialement : la romance d'Alix et d'Enak me paraît être ainsi la qualité majeure de cette BD.
Lire aussi :
Alix, une série culte de Jacques Martin
Alix, une inaptitude troublante à faire le bonheur d'une femme
Alix, favorise ses « favoris »
09 juin 2008
L'art dissident
Michel Mourlet dans son indispensable blog revient sur sa contribution à "l'art moderne dissident"
<< l'Art
contemporain dissident » qui vient de publier une « bibliographie
chronologique, pour mieux comprendre le débat français sur l'art
contemporain », établie par Laurent Danchin.
Avant d'y « jeter un œil » selon l'horrible raccourci chirurgical que
l'on emploie aujourd'hui, je lis un commentaire qui s'y trouve accroché
et me concerne. On s'y étonne de ne point trouver mention de mes livres
sur le sujet, ni du magazine mensuel qui a milité sur ce créneau durant
trois années sous ma houlette, ce qui m'a valu un ostracisme immédiat
dont les effets – la preuve ! – se font encore sentir. Ce sympathique
lecteur qui ne livre que son prénom a donc la mémoire longue, car de
nos jours un clou chasse l'autre à la vitesse de l'éclair. Il se
souvient de ce « Matulu », format tabloïd, qui tirait à 15 000
exemplaires diffusés dans tous les kiosques, auquel collaborèrent Montherlant, Dutourd, Jacques Laurent, Fraigneau , Morand, Jünger, Chapelain-Midy, Savignac et tant d'autres signatures illustres accompagnant comme une haie d'honneur « les 4 vérités » du juvénile octogénaire Henri Héraut.
Je me console de mon absence en constant que je m'y languis en bonne compagnie : Pas un mot sur le plus grand promoteur de la controverse : Salvador Dali et ses « Cocus du vieil art moderne », rien sur Gérald Messadié et sa fameuse « Messe de saint Picasso », rien sur « Art et Anarchie » publié chez Gallimard en 1988 par le grand esthéticien anglais Edgar Wind, rien sur « Comme le sable entre les doigts », souvenirs éclairants de Chapelain-Midy, rien sur « la Peinture aux abois » de René-Jean Clot… Il existe aussi des contributions au débat particulièrement intéressantes de Roger Caillois, qu'il faudrait remettre au jour. Une bibliographie non exclusive ne pourrait-elle aussi accueillir un roman tel que « l'Empire des nuages » de François Nourissier ou une pièce de théâtre beaucoup plus centrée sur la question que nombre d'essais pris en compte : « Art » de Yasmina Reza ?
En revanche, mon « redresseur de torts » y va un peu fort à propos de Jean Clair, en avançant que je l'ai précédé de trente ans. Il est vrai que ses positions ont été connues, me semble-t-il, surtout à partir des années 90, mais je découvre dans la bibliographie de Laurent Danchin un article de Clair (in la N.R.F.) daté de 1968 !
PS : Mes visiteurs qui souhaiteraient connaître les livres où je traite de l'anti-art sous ses multiples formes peuvent consulter ma bibliographie dans l'Encyclopédie Larousse :
http://www.larousse.fr/LaroussePortail/encyclo/XHTML/EUL.Online/explorer.aspx
« l'Art contemporain dissident » : http://art-contemporain-dissident.blogspot.com/
Je précise que si je ne fais pas mienne de toutes les opinions de Michel Mourlet, ce dont il se brosse le nombril avec le pinceau de l'indifférence , comme le dirait mon frère en érudition et en bière, Achille Talon, et il a bien raison, l'absence de sa voix serait d'une tristesse incommensurable...
Enfin j'ajoute que j'ai également, modestement contribué à MATULU.
18 mai 2008
De belles créatures
D'autres belles créatures ici.
05 mai 2008
Floc'h
Les amis de l'Angleterre, d'Alain Resnais et de Francis Albany entre autres, ne peuvent que se réjouir de l'ouverture de ce site consacré au grand Floc'h dont sont tirées les images ci-dessous.

.
02 mai 2008
Cannibalisme et homosexualité
Je ne lis guère les journaux de papier ou en ligne que dans l'espoir de tomber sur des dépêches comme celle ci-dessous (que j'ai trouvé sur le site d'Illico) qui me fait pleurer de rire. je conçois toutefois que mon sens de l'humour ne soit pas unanimement partagé.
Royaume-Uni : un ancien Mr Gay UK arrêté pour cannibalisme homosexuel
Un
homosexuel du Yorkshire a été arrêté et inculpé du meurtre d'un homme
dont il aurait par ailleurs consommé une partie du corps. Le présumé
coupable n'est pas n'importe qui puisqu'il s'agit du premier détenteur
du titre de Mr Gay UK en 1993, Anthony Francis Morley, aujourd'hui âgé
de 33 ans et travaillant pour la société organisatrice du concours de
beauté gay.
Selon la police, la victime, Damian Oldfield, âgée de 33 ans, a été tuée et son corps dépecé pour être mangé par son meurtrier.
Elle dit ignorer, pour le moment, comment Anthony Francis Morley a
rencontré Damian Oldfield et a demandé la coopération de la communauté
gay.
18 avril 2008
Michel Mourlet
Un extrait du blog de Michel Mourlet dans lequel je vous invite à plonger, vous en sortirez décapé des miasmes de nos tristes jours...
<<..Tartuffe, entre-temps, pour des raisons historiques – jugées inimaginables cinq minutes auparavant par les observateurs les plus qualifiés – a jeté aux orties son bleu de chauffe d'idéologue : dessous, il y avait une pelisse de banquier.
La question ainsi soulevée du règne préparé de longue main, puis accompli, de Tartuffe, épaulé par Torquemada (puisque, des « trois T » dont je dénonçais déjà la trinité complice dans Matulu, seul le premier, Trissotin, a été quelque peu déstabilisé), cette question revêt deux aspects : une permanence à travers l'Histoire, mais aussi une nouveauté depuis un peu plus de vingt-cinq ans. Autrement dit depuis l'avènement du mitterrandisme, où l'on avait beaucoup à faire oublier : dès lors, dans le registre « Faites ce que je dis mais non pas ce que je fais, ou que j'ai fait » il fallut déployer un zèle qui ne s'est jamais relâché.>>
16 avril 2008
Un garçon "enceint"
Sur peut être le plus beau site, milkboy, voué à l'adolescence j'ai trouvé cette surprenante photo.
06 avril 2008
Le voyageur
Quelque fois il y a des merveilles de poésie sur le net. J'ai trouvé celle ci là . J'aimerais bien savoir qui est l'auteur de cette image.







