Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

13 novembre 2009

Un amour de Venise

Lorsqu'un visiteur du blog laisse sur celui-ci un commentaire accompagné de l'adresse de son propre site, je m'empresse d'y aller voir, et peu de choses m'enthousiasme autant, alors de découvrir une merveille comme le site Tramezzinimag de Lorenzo, qui signe   buderi,  en cliquant sur ce dernier mot vous arriverez dans un lieu dans lequel Lorenzo nous parle (en français) avec autorité, sensibilité et amour de sa ville, Venise.

Le vieil ennemi est de retour

Parler des chats à Venise et tenter d'expliquer l'amour et le respect que les vénitiens leur portent sans évoquer la menace ancestrale que représentait le rat serait aller bien vite et bien superficiellement en besogne. Ces horribles rongeurs qui font toujours peur et dégoûtent ont toujours été redoutés à Venise. Débarqués des soutes des navires revenant d'orient, ils amenaient avec eux mort et désolation. Agents secrets de puissances maléfiques, ils tuèrent des milliers de gens, sur mer et sur terre avec le virus de la peste qu'ils diffusaient à une vitesse qui aurait paniqué l'O.M.S. bien plus qu'une hypothétique pandémie de grippe que nous appellerons bientôt l'Arlésienne. Les histoires ne manquent pas qui parlent de félins héroïques, dignes émules du grand frère ailé qui règne sur la République et la protège au nom de San Marco son maître. Ces histoires où d'ignobles pantegan (race de rat géant qui vit dans l'eau) avaient parfois raison de gros chats musclés et agiles qu'ils tuaient d'un coup de griffe ou de mâchoire...

Aujourd'hui, le vieil ennemi est de retour. Il sévit de nouveau dans les magazzini humides, rongeant tout ce qu'il peut ronger, polluant de ses miasmes infâmes ruelles et impasses sombres. Comme la bureaucratie moderne, dans son ineptie habituelle, a fait liquider les troupes de chats errants qui auraient vite eu raison de ces rebutants prédateurs, il ne reste plus qu'aux employés municipaux que l'usage des poisons. Comme le signaler récemment une lectrice, surgissent un peu partout des appâts empoisonnés censés éliminer les rats qui y touchent peu. En revanche il arrive souvent que de jeunes chats inexpérimentés ou trop curieux viennent y goûter. Surtout quand de bonnes odeurs de fromage ou de viande avariée s'échappent de la boîte. Pendant des années, s'il y avait effectivement trop de chats faméliques et que leur reproduction n'était pas du tout contrôlée, il y n'existait pratiquement plus à Venise de colonies de rats, sinon quelques rats musqués du côté de San'Elena où derrière l'Arsenal. Même les souris se faisaient rares. C'est l'inverse désormais...


Gatti

Qui observe qui ? On a souvent l'impression à Venise que les chats sont plus que des animaux. Leur vie sociale est très organisée, faite de rites et de règles secrètes. Ils tolèrent les humains qui les servent bien après avoir été pendant des siècles servis par eux, sauveurs



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28 octobre 2009

vélos, street art du coté d'Amsterdam

Les amoureux du street art et.... des vélos, sans oublier Amsterdam doivent visiter le site de drooderfiets,
ci-dessous quelque beaux exemples...

Silhouette on a tank

Wall with colours on Europaplein

Street view with girls on a poster

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11 octobre 2009

La leçon de Flaubert

Superbe billet glané chez l'indispensable Fugues et fougue qui se trouve bien sûr dans mes sites de prédilection.

Vendredi 09 octobre 2009             

            

« Cache ta vie ! » aurait dit Flaubert à Polanski et Mitterrand

            

 

Article repris par Medium4You.

Jamais un auteur n’a tant fui la publicité, l’histrionisme, le narcissisme médiatique que Flaubert. Lorsque, bedolle, il s’est cassé la jambe, il se plaint à sa nièce Caroline : « Ce qui m’a le plus vexé dans mon accident c’est ‘Le Figaro’ ! – Quels imbéciles ! – Et Lapierre avait eu l’attention de n’en rien dire, sachant mon horreur pour ce genre de réclames ! Oui, Villemessant [directeur du Figaro] a cru peut-être m’honorer, me faire plaisir et me servir. Loin de là ! Je suis HHHindigné. Je n’aime pas à ce que le Public sache rien de ma personne : « Cache ta vie », maxime d’Epictète [en fait d’Epicure]. » (30 janvier 1879, p.512). Il en rajoute, un peu plus tard : « on déclame contre l’Inquisition, mais les reporters ont remplacé les Dominicains, voilà tout » (à Charles Lapierre, 16 février 1879, p.544). Qu’aurait-il pensé des paparazzi ? Les bateleurs médiatiques comme Polanski et Mitterrand-le-neveu auraient dû lire Flaubert avant de faire des films ou d’écrire des livres sur leurs fantasmes. Le bas-peuple prend toute œuvre au premier degré, ne croyant que ce qu’il voit et préférant par-dessus tout croire comme tout le monde. Les Français n’aiment pas la liberté, écrivait Flaubert (voir l’illustration). Et la caste des cinéastes et autres artistes sait faire du battage pour les siens, les plaçant volontiers au-dessus des lois.

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Il est vrai que le phénomène médiatique rencontre le nombrilisme des personnalités faibles qui ne semblent exister que par le regard des autres. Flaubert, écrivain perfectionniste, est loin de cette fragilité mentale. Il n’a pas besoin d’avoir du succès public pour écrire. L’avis de ses pairs lui suffit (Sand, Renan, Zola, Tourgueniev, les Goncourt, Hugo, Gautier…). « Le Public ne doit pas avoir de nous, tout. Réservons quelque chose pour nous-mêmes. Cela me semble plus décent (quod decet) [= ce qui convient, formule de Cicéron] » (à Maurice Sand, 20 avril 1880, p.886). Cette « décence » est plus anglo-saxonne que latine, la ‘common decency’ plus appropriée à un Normand tel que Flaubert que le théâtre et la démonstration latine. Mais le 19è siècle bourgeois français singe volontiers la Cour de Louis XIV, c’est à qui se poussera sous les feux de la rampe, l’Opinion remplaçant le monarque et la presse le « bon ton ». Les théâtres étaient la télé d’aujourd’hui, avec les mêmes cocottes, les mêmes histrions et les mêmes directeurs qui se prenaient pour les maîtres de la Pensée universelle. Qui voulait arriver devait flatter ces gens-là. Pas Flaubert.

flaubert-correspondance-tome-5.1255002872.jpgPour lui ce n’est pas la mode qui fait le succès d’une œuvre, mais sa perfection. La mode passe, la perfection demeure. Pourquoi lit-on toujours Homère, Platon, Virgile, Dante, Cervantès, Shakespeare, Racine, Tolstoï et Flaubert ? Alors qu’on ne lit plus le mondain Maxime du Camp – pourtant « de l’Académie Française » ? Parce que ces auteurs sont classiques – ils ne sont d’aucune époque mais de toutes ; ils sont universels, leur message traverse le temps et les sociétés. « Arrière le je », s’écrie Flaubert (à Alphonse Lemerre, 30 avril 1879, p.623). Il conseille à un jeune auteur : « travaillez longtemps dans la solitude et sans espoir de récompense, sans idée de publier. Faites comme moi ! (…) Il ne faut songer qu’à l’art en soi et à son perfectionnement individuel. Tout le reste s’ensuit » (à Edouard Gachot, 23 septembre 1879, p.712). Et surtout bannir l’opinion de l’auteur sur ses personnages ou sur ce qu’il décrit ! La morale change et le lecteur est capable d’en tirer une tout seul des descriptions et analyses, si elles sont bien faites. « Etre d’accord » (cette plaie de notre siècle) ne l’intéresse pas. Ce qui compte pour lui est d’être juste.

Grande leçon !

Gustave Flaubert, Correspondance tome 5, janvier 1876-mai 1880, édition Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Pléiade Gallimard, 2007, 1556 pages

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06 octobre 2009

François-Henri Galland

Lorsqu'un passant laisse un message et qu'il a un site, je ne manque jamais de le visiter et parfois je m'aperçoit que cet inconnu (de moi) a bien du talent comme  francois Henri Galland; en cliquant sur François vous êtes assuré de belles découvertes...

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11 septembre 2009

Le salut de Pierre Assouline à Pol Vandromme

Dans son blog, que vous trouverez dans les liens amis, Pierre Assouline rend un bel hommage à Pol Vandromme,  un extrait ci-dessous.


<<...Il se voulut l’inlassable intercesseur dans ses milliers d’articles à la pointe aiguë publiés notamment dans les feuilles wallonnes Le Rappel, L’Echo du centre, le Journal de Mons. Leur mosaïque reflète le portrait d’un esprit indépendant, frondeur jusqu’à la provocation, maurrassien critique qui ne reniait rien de ses idéaux de jeunesse, non-conformiste plutôt qu’anticonformiste, indépendant jusqu’à l’isolement, pas vraiment ennemi de la formule virtuose au risque du calembour. Lui qui était né à Charleroi et qui passa sa vie à Loverval, il se définissait comme Belge de passage, provincial de Paris, français à titre étranger, citoyen de la littérature française. Un irrégulier, au fond, nostalgique d’une France giralducienne légèrement ivre d’une certaine douceur de vivre. Surtout fidèle aux valeurs qui cimentaient les écrivains de sa famille d’esprit. Moins politiques que morales. Un certain sens de l’honneur. L’esprit porté au compagnonnage. La fidélité en toutes choses, et avant tout en amitié. Lisez Un singe en hiver et vous verrez, Blondin le montre très bien. Pour la mélancolie, voyez Monsieur Jadis du même. Pol Vandromme était si délicieusement démodé dans ses critiques, qu’on l’eût volontiers gratifié du titre de “Monsieur Jadis de la critique”. Un vrai tempérament d’humeuriste. Du caractère dans l’écriture. Un bretteur toujours prêt à en découdre mais dans la tenue et sans jamais s’abaisser. Un chahuteur qui avait le goût de l’escouade. Grand lecteur identifiant un écrivain à l’oreille, au timbre de sa voix tel qu’il s’échappe de son livre. Tout cela en fait-il un critique de droite ? Celui-là fut en tout cas le Commynes de la droite buissonnière.Nul doute qu’il aurait trouvé dans la rentrée littéraire 2009 de quoi “faire hennir les constellations”, pour reprendre l’une de ses expressions favorites. C’était un critique de tempérament, qui avait inconsciemment épousé, jusqu’au pastiche parfois, le verbe de ces écrivains dont il se fit le héraut dans toutes les feuilles belges et françaises qui sollicitèrent sa prose. Alors oui, un critique de droite, certainement qui pratiquait le désespoir avec allégresse, le courage avec désinvolture, et se réfugiait dans une vision romantique de l’Histoire pour mieux la sacrifier à la littérature, encore et encore, en l’envisageant avec le panache du capitaine de Boïeldieu enfilant ses gants blancs.>>

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29 août 2009

Haikus animaliers

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Ces haikus animaliers sont extraits de l'indispensable blog "Je suis décevant", c'est ici,  qui ne déçoit jamais ses lecteurs

Anthropomorphique

La réserve de la vierge devant le quadragénaire érotomane est d'une pudeur bien modérée si on la compare à la fuite éperdue de la jeune taupe devant la vieille taupe en rut.

Elapidé

Le naja hindou, à coup dilaté, prend son bol de lait, sans crème. Pour le reste, c’est un animal très sobre. Un lapin toutes les six semaines, pas plus.

Nabokovien

« Il y a une espèce de papillon, les palingenia, dont on n'a jamais vu la femelle. C'est qu'elle est fécondée avant même d'avoir pu se débarrasser de son corset de nymphe, et qu'elle meurt, les yeux encore fermés, mère à la fois et poupon en maillot. »

(Remy de Gourmont, Physique de l'amour)

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19 août 2009

Le regard en miroir de Daniel et Didier



Didier est venu faire un tour sur mon blog. Je lui ai rendu la pareille et fait une petite emplette de belles photos qui s'y trouvent. Faites comme moi, c'est ici .



"Les couples se forment"


En ce moment, à Bruxelles . . . bronzage garanti !











 


 


Le vieux marché de Bruxelles




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17 juillet 2009

une relation inter générationnelle

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J'ai trouvé cette troublante image sur le blog de ... Pierre Assouline que je vous recommande chaudement en particulier son récent article sur l'indispensable compilation du defun journal Art, livre sur lequel je reviendrait car il vient tout juste de rejoindre ma bibliothèque...

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07 juillet 2009

Un déçu pas décevant

Je continue mon exploration de la toile, enchanté parfois de m'y laisser prendre. Je ne voudrais pas que vous pensiez, après mon post sur l'excellent Brooks Peters, que seuls les anglo-saxons engendrent des blogs intéressant en voici un bien français au titre assez cocasse, je suis décevant, du à Philippe L., dont je ne connais rien, et qui me semble-t-il est de gauche et hétérosexuel, personne n'est parfait, sinon qu'il a un style revigorant qui me rappelle celui de Vialatte (juste admiration du bonhomme) en plus cursif et dont le choix des lectures est aux petits oignon. Pour vous appâter j'en ai concocté un florilège ci dessous. L'intégrale est ici .


Capri (c’est fini) 

Outre l’île de D.H Lawrence, de Rilke, du maréchal Rommel, de Lord Alfred Douglas (le fiancée du pirate Oscar Wilde) , de Malaparte, de Gorki et de toute une cargaison d’écrivains tordus et plus heureusement invertis les uns que les autres, Capri fut aussi l’île de l’industrie en villégiature ! Ainsi Fritz Krupp, le « roi du canon », y construisit lui-même une garçonnière en bord de falaise. C’est là qu’il se suicida en 1902 lorsqu’un journal malveillant, et socialiste de surcroît, révéla son homosexualité plus que tangible. Notre royal artilleur avait pris la charmante habitude de fréquenter les grottes de l’île accompagné par quelques vigoureux garçons du cru avec lesquels il s’adonnait à de très peu chrétiennes « bacchanales sexuelles ». Malheureusement comme il n‘y a pas que le vent et la mer pour faire taire les voix s’échappant des cavernes, un écho grandissant fut le tombeau de notre capitaine d’industrie qui ne méritait pas une telle vengeance des Dieux.
Histoire de laisser les canons canonner en paix on étouffa le scandale en maquillant le suicide en crise cardiaque.

Capri fut également l’île de du Baron Jacques d'Adelswärd-Fersen. Comme tout écrivain (et même l’industrie) Il y fit aussi construire une villa bien à lui: la villa Lysis. Notre Fersen était le descendant du « beau Fersen » l’amant de Marie Antoinette. Poète chantre du rose et opiomane réputé il avait grandi dans le Paris de 1890, le Paris des décadents , et semblait avoir Robert de Montesquiou pour modèle. Après trois quatre scandales dont je vous épargnerai les détails notre baron s’était réfugié dans sa villa capriote en compagnie de quelques Apollons ; certains en bronze, d’autres plus palpables et vibrionnant. Un soir d’orage il semblait se prélasser, vêtu d’une robe de soie rose, sur les coussins roses de sa fumerie d’opium souterraine, lorsque l’un de ses vibrionnant Apollon le retrouva à demi inconscient : « Combien de grammes ? » hurla l'Appolon ! « Cinq », chuchota Fersen, et puis il mourût.


Hiboux

Il faut savoir qu’Alfred Jarry habitait avec ses hiboux apprivoisés, au 78, boulevard de Port-Royal, surnommé par lui-même le « Calvaire du trucidé » il en fut expulsé, en août 1897.

Nuance

A trop pratiquer la nuance on en devient petit à petit invisible. Pourtant ce chemin vers la disparition est ce qui fait le prix de tout écrit un peu vibrant.

Panthéiste

Cefalù de l’ami Durell … Commence comme du Graham Greene sans espions pour finir panthéiste, très panthéiste, magnifiquement panthéiste… Dans le creux d’un Eden crétois avec la mer qui plus bas scintille dans le bleu. Le reste est une histoire d’éboulement, le reste est très bien aussi, vous n’avez qu’à lire le livre.

Roulotte

« De tous ces voyages, je n’ai jamais rien tiré pour mes livres »

En 1925 Raymond Roussel se fit construire une roulotte automobile, une voiture-salon, une Rolls-roulotte bien à lui. Outre un cabinet de toilette, un salon avec lit escamotable, un secrétaire, un bar et une cuisinière, on y trouvait un dortoir amovible (et versatile) destiné au petit personnel (deux chauffeurs et un valet.)
Quelques quidams inquiets et néanmoins piétons du siècle dernier auraient vu ce curieux attelage (anxiogène, tel un corbillard surdimensionné) arpenter certaines routes européennes d’Alsace en Suisse, de Turquie en Italie, d’Italie en France et de France en Italie… Mussolini l’aurait visité en 1926 tout comme un nonce apostolique envoyé là par un pape curieux... et futé, puisque flairant intuitivement une proto papamobile possible.
Lassé par le tourisme grandissant, la banalité croissante des Palaces, Raymond Roussel finit par s’enfermer dans sa Rolls-roulotte (son palace à lui) où, reclus, il fit mine de vivre en compagnie de sa maîtresse officielle, Charlotte Dufrène… Jolie couple en très petit indoor avec la domesticité amovible sur les côtés… Le véhicule, chambre noire inhalant couple et lumière, n’était plus « quitté » que pour de lumineuses activités liées à une toxicomanie galopante, White Light comme dirait l’autre…

NB : Raymond Roussel est mort d’un accès de barbiturique dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 juillet 1933, entre minuit et deux heures du matin c’était dans la chambre n°224 (aujourd’hui n°225) du Grande Albergo delle Palme à Palerme un palace non motorisé où le tintammaresque Wagner avait précédemment composé Parsifal, vous voyez le truc qui fait crincrin ?

Ps : La Rolls-roulotte fut présentée au salon de l’automobile 1925. Les derniers mots de Raymond Roussel (à Charlotte Dufrène ) : « Ne t'inquiète pas ».

Tilleuls

L’été finit sous les tilleuls de Kléber Headens : Bouvard, Pecuchet, l’admirable cruche Emma en équilibre aléatoire sur le buffet des hussards. Jolie petit livre, petit charme. Je me demande si c’est un compliment.

Dylan

Je ne sais plus très bien comment j’ai découvert Dylan, certainement avec Hugues Aufray autour d’un feu de camp. Après il y avait les étoiles, les étoiles et ma main dans la petite culotte d’une fille sous les étoiles. Le lendemain Graeme Allwright et encore les étoiles mais plus la fille. Savez–vous que Graeme Allwright reprenais assez bien Jackson C Frank ? Je perds ou bien je gagne (Blues Run the Game) ! Avec les filles c’est souvent perdu d’avance, avec les étoiles c’est mieux, il y en a toujours des étoiles.

Biscornu

Au mitan de Jérôme je ne crains pas d’affirmer haut et fort que Jean Pierre Martinet = Dostoïevski + Gombrowicz + Boulgakov + John Kennedy Toole + Beckett + Chaval + Munch + Jean-Marc Reiser (ce qui ne gâche rien).

PS : Chez Martinet, chose étonnante, Paris est une ville russe… chez Martinet, autre singularité, les soliloques noyés forment une curieuse charpente biscornue.

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06 juillet 2009

C’était l’été 1977 et J'avais 20 ans... par Brooks Peters


Je ne le répéterais jamais assez, le net est vraiment une merveille; surtout lorsque l’on tombe par hasard sur un blog tel que celui de Brooks Peters, un gentleman américain gay qui mélange souvenir et érudition avec verve et élégance. Si vous êtes anglophones évitez ma pénible traduction (j'ai toutefois ajouté des illustrations par rapport au post initial) et allez directement sur son formidable blog ici  Pour les francophones only j’ai essayé maladroitement de vous faire profiter d’un des billets de ce blog qui devrait rappeler bien des souvenirs à certains lecteurs.

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Il était une fois,  comme disent les Français,  j'ai passé un été à Paris. J’étais invité par une amie de mon père.  Je venais tout juste terminé un stage  au Festival de Spoleto en Italie. Sur le chemin du retour j’ai donc décidé de profiter de l’ offre d'Anne-Marie d’occuper le divan de son appartement. Celui-ci était situé près de la Maison de la radio,  dans le chic 16ème arrondissement, du coté de Passy qui était le nom de la station de métro la plus proche, station qui deviendra célèbre quelques années plus tard grâce  au film “Last Tango in Paris”. Il possédait même un jardin privé, une rareté à Paris. Plus tard j’ai entendu dire qu’Anne-Marie avait été  la petite amie de papa, mais je pense que ce n'était qu’un médisant potin. Je pense que cette femme était certes admirée par mon père, mais seulement en tant qu’ amie.

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Très vite, j'ai l'habitude de sortir souvent la nuit. Pour cela je prenais le métro pour traverser la Seine pour faire la fête dans tous les points chauds du Paris d’alors. Peut-être que l’endroit le plus torride à l’époque était le Sept , fondée par Fabrice Emaer.  Plus qu’ un bar gay, le Club  attirait une foule de célébrités, de beautés, de rock stars, de divas de la danse et certains membres de la Warhol Factory. C’était l'apogée de l'ère disco, et l’on y sentait déjà les prémices de la révolution punk. Au “Sept” Nous y avons écouté Grâce Jones, Donna Summer et Patrick Juvet...



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Pierre de Pierre et Gilles.

Ma mémoire de ceux que je côtoyais, à la fin de la nuit au “Sept” est un peu floue.  J' étais alors un gros buveur et je suis souvent revenu à l’appartement d’ Anne-Marie en titubant dans la stupeur de l’ ivresse.  Très souvent, je n'avais plus assez d'argent pour payer un taxi et le métro était fermé aux petites heures du matin. Il n'était pas inhabituel pour moi de rentrer à la maison à pied, sur une distance de beaucoup, beaucoup de kilomètres....  J'ai eu de la chance, un proverbe dit que Dieu aime les ivrognes et les fous. Je n'ai jamais eu de problèmes dans les rues de Paris. J'avais 20 ans et c’était l’été 1977.

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Gilles en marin de Pierre et Gilles.

Anne-Marie ne savait que peu de chose de mes escapades nocturnes. Elle  travaillait dans l'industrie du transport aérien et  était souvent absente pendant plusieurs jours d’ affilés.  J'essayais de limiter mes pires excès à cette époque.  Une nuit de septembre, je me suis glissé hors du Club avec en tête le dernier hit de Donna Summer. je m’étais branché avec un beau gars nommé Joël LeBon, un membre de la bande à Warhol.  Ma mémoire est pleine de trous, mais il me semble me souvenir que c’est le premier soir de notre rencontre qu’il me présente à l'un de ses amis, Tan Giudicelli, un joli asiatique designer de mode, qui a par la suite s’est fait un nom l dans les parfums.  (Tan,  ci-dessous avec Tyen, photographié par Helmut Newton.)

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Dans ces lieux de perdition presque chaque soir je découvrais dans des cadres élégants de nouveaux, incroyables et merveilleux, les demi-dieux et déesses du... demi-monde. Parmi eux il y avait toujours une superbe beauté blonde, Edwige, qui avait la réputation d'être toujours au bon endroit au bon moment. Aucune party n’aurait  été complètement réussi sans elle. Il y avait aussi Paquita Paquin, une piquante une meneuse de fêtes, avec assez d'énergie pour éclairer tout Paris.

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J’avais remarqué, presque toujours assis contre le mur, sur une banquette,  perdu au milieu dun nuage de la fumée des Gauloises et des Gitanes, un timide jeune homme dont on m’apprit qu’il se nommait  Philippe Morillon . Un jour souriant comme le chat du Cheshire, il m'a offert un verre et une cigarette. A cette époque j'avais l'habitude de fumer, parfois jusqu'à trois paquets par jour. Mais  J’inhalais rarement la fumée. La cigarette était alors simplement pour moi un moyen d’entrer en contact avec les gens et de créer instantanément ainsi une camaraderie. Pour cela le whisky coca m’a beaucoup aidé aussi.  Je ne me souviens pas si j’ai jamais vu Philippe  danser.  Je ne le revois qu’ assis sur sa banquette s’ imprègnant de l'atmosphère du club.  (Philippe, ci-dessous, avec ... les poubelles).

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Autoportrait à 6 heures du matin, 1978.

J’étais impressionné et grisé par toutes les personnes célèbres qui m’entourait. Je me rappelle avoir vu la même nuit,  Michael York avec une femme très glamour. Etait-ce Catherine Deneuve? Or Anita Ekberg?  Et aussi un humoriste nommé Thierry LeLuron, qui était fort en vogue à l'époque.  (le voici ci-dessous avec une perruque accompagné de Randy Jones et de Felipe Rose des Village People).

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Thierry Le Luron et les Village People au Palace, 1979.


Je mentionne tout cela parce que j’étais, sans le vouloir, tombé sur un petit groupe de hip pionniers emblématiques de la vie nocturne du Paris des années 70 et 80. Mon seul billet d’entrée dans ce groupe était  ma jeunesse, mon ego, et mon énergie de vouloir rester avec eux.  Et peut-être aussi ma naïveté et ma maladresse de jeune américain  qui devaient charmer certains d'entre eux.

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Je suis vite devenu l’ami intime de Philippe. C’était un photographe et un peintre de talent voir l’auto-portrait, ci-dessus. Il avait un grand appartement sur le boulevard Sébastopol dans un immeuble datant de la Belle Epoque avec l'un de ces escaliers typiquement parisien et un vieil ascenseur branlant.  Pour moi, la vie de Philippe était l'essence même de la vie de bohème. Tout ce dont je rêvais sur Paris avant d’y être allé. Une vie bien loin de la routine banale de celle plutôt bourgeoise  d'Anne-Marie de Passy.
(ci-dessous quelques exemple d’illustrations de Philippe Morillon que Karl Lagerfeld surnomma le Talma Tadema de l’acrylique)

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"Hervé dans un cénotaphe", 1979, acrylique sur toilepmPM2

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"California dream", 1972, encre sur papier


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"Parking", 1974, acrylique sur toile

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"La vie rêvée des gays", 1981, acrylique sur carton

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"Vase grec à la moderne", 1985, acrylique sur carton

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Trompe l'oeil à La Baule dans lequel on aperçoit l'ancien casino

J’allais voir Philippe aussi souvent que possible pour le regarder peindre voir ses croquis, ou être à ses cotés lorsqu’il développait ses étonnantes photographies. Il me semble me souvenir qu'il avait sa propre chambre noire, mais c’était peut-être  juste  la salle de bain de l’appartement. Philippe cet été là, a pris beaucoup de photos de moi, dont je n’ai plus qu’ une seule celle que j’ai mise au début de ce post. A n'importe quelle heure du jour ou de nuit,  l'appartement était un centre d'activités. Des modèles, des actrices, des designers et des artistes y entraient et en sortaient. J’étais toujours existé dans ce lieu qui vibrait au rythme des pulsations des chansons disco que l’on y entendait  constamment.  J'avais 20 ans et c’était l’ été 1977.

Edwige.

Un soir, Anne-Marie m'a entendu parler de Philippe au téléphone et m'a demandé de l'inviter pour dîner. Philippe est arrivé et bientôt la scène ressembla à un de ces interrogatoires qu’ un père pourrait imposer au jeune homme venu chercher sa fille pour le bal annuel du lycée.  Anne-Marie a compris immédiatement tous les aspects de la vie de Philippe. elle en approuvait aucun.  Non pas parce que Philippe n'était pas attrayant ou dénué de charme, mais parce qu'elle avait senti qu'il appartenait à ce monde des artistes et de la bohèmes qui lui était interdit. Peut-être  était elle jalouse car j'avais trouvé un nouveau mentor. Après ce dîner  j’ai fumé et bu à l'excès et nous sommes allé danser jusqu'à six heures du matin.

Une semaine plus tard, Anne-Marie décidait d'aller visiter des amis en Dordogne. Elle me dit que je pouvais rester seul dans l'appartement aussi longtemps que je voulais, à condition de ne pas y recevoir de visiteurs. Ce que  je promis.  Mais dés la minute suivant, son départ, j'étais au téléphone invitant Philippe  et sa bande d'amis pour une fête dans l’appartement de ma naïve logeuse.  Je voulais surtout leur montrer le jardin à l'arrière. Quelques heures plus tard, alors que j'étais tout seul,  occupé à préparer la fête, la sonnerie de la porte a retenti.  J'ai ouvert et j’ai eu la surprise de me retrouver nez à nez avec Joe Dallesandro!  Je ne l’avais jamais rencontré auparavant et je ne l'avais donc pas invité.  C'était comme une visite d'un ange ou l'une de ces deus ex machinas qui apparaissent dans les histoires de la mythologie antique.  Il semble juste arriver  de nulle part.

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Après m’être remis de ma surprise Je l’ai fait entré et nous avons commencé à parler  sur nos propre vie. Il s'est avéré que Philippe l'avait invité.  Vous devez vous rappeler qu'en cette année 1977, Joe Dallesandro était au sommet de sa renommée. Il venait de  tourner dans la fameuse trilogie de Andy Warhol et Paul Morrissey et venait tout juste d’être la vedette de deux remakes de film d’horreur: Dracula et Frankenstein réalisés par Paul Morrissey.  Pour moi, être assis à côté de lui c’était encore plus excitant que si javais été assis entre les Beatles et la reine Elizabeth. Je me souviens qu’ il a été un parfait gentleman, dans remarques au sujet de l'appartement. J'étais tellement surpris par sa sophistication et la façon aimable qu’il avait de faire la conversation qu’en retour je me souviens d’avoir été assez maladroite. Pour une fois, ma langue ne fut guère déliée. Tout ce que je parvenais à faire était d'ouvrir les meilleures bouteilles de champagne d’ Anne-Marie.

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Edwige

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Paquita et Guy.

Bientôt, Philippe et sa bande sont arrivés.  Je ne me souviens pas si Edwige et Paquita étaient du nombre. Un grand flou dans ma mémoire entoure la suite de la soirée.  J'avais ouvert aussi  des boîtes de caviar d’Anne-Marie... Quelqu'un a réquisitionné la cuisine pour la préparation et la cuisson du repas que nous avons pris dans le jardin. Ensuite il y a eu d'innombrables plats,  verres, tasses de café , bouteilles de vin et de l'argenterie éparpillés à travers l'appartement. Sans prendre le temps de nettoyer après ce dîner  nous sommes tous montés dans des taxis, direction chez “Régine”, où nous avons continué  à boire et à danser. (Mick Jagger, en masque, ci-dessous).

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Ensuite  nous nous sommes retrouvés à La Main Bleue  qui était situé en banlieues et noir de monde cette nuit là. C’était l'une des discothèques à la mode à l'époque. Malheureusement, Philippe a fini par ne pas se sentir pas bien. Donc je l’ai raccompagné dans son appartement, et couché douillettement dans son lit. Et sans vergogne je suis aller au Bronx, un bar cuir  rue sainte Anne, la rue du “ Sept” pour finir la nuit.

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J'y ai levé un gars très sexy qui avait une moto. Nous sommes revenus à l’ appartement d’Anne-Marie.  Nous avons découvert  les décombres de la première partie de soirée. Nous avons jeté nos vêtements, en  laissant la moitié d'entre eux sur le sol entre les reliefs du dîner. Je me souviens que mon compagnon avait mis son casque de moto sur le chef d’ une des sculptures de l’entrée. Ensuite, nous sommes tombés dans le lit pour un ouragan de de sexe torride. C’était l’été 1977 et J'avais 20 ans.
Quelques heures plus tard, alors le batteur des Iron Buterfly s’en donnait à cœur joie dans mon crâne, j'ai entendu le familier en un clic de la clé dans la serrure de la porte d’entrée. J'ai sauté du lit, en essayant de ne pas réveiller le garçon que j’avais ramené dans mon lit, et pris une serviette pour me couvrir ma virilité.  J’ai passé ma tête dans l’embrasure de la porte du salon, où la vieille femme de ménage portugaise  regardait le champ de bataille où elle se trouvait. Sa mâchoire venait de frapper le sol.  Elle se tourna et m’aperçut, puis elle a crié. Elle a couru vers la porte et s’est précipité dehors sans fermer la porte derrière elle. C'était comme une scène d'un film de Tex Avery.

J'ai eu a vivre l'enfer  quand Anne-Marie est revenue, un peu plus tôt que prévu. A partir de là, mes excursions de fin de soirée  ont été réduites.  J'aurais pu emménager avec Philippe. Mais j'ai eu le sentiment d’avoir envers Anne-Marie une dette pour son hospitalité.  Et j’étais inquiet de ce qu'elle pourrait dire à mon père.  J'étais encore très dépendant de mon père. C’était l’été 1977 et j'avais 20 ans.
Quant avec Philippe, nous sommes restés amis.  Je ne lui ai pas parlé du beau motard.  Mais connaissant sa petite clique, j'étais suis sûr qu’il en entendrait parler bien assez tôt.  L'été suivant, je suis revenu à Paris et il m'a découvrir “Le Palace” que Fabrice qui avait ouvert en Mars 1978 avec un concert de gala donné par Grâce Jones. Le Palace était un rival du Studio 54, mais il était encore plus glamour et scandaleux que son homologue new-yorkais.

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Je suis retourné au Palace, à plusieurs reprises. A chaque fois j’ai regardé “le spectacle” avec étonnement, admiration et incrédulité le défilé des fabuleuses  créatures qui y rodaient. Finalement, je suis retourné à la maison et à l'école. Au cours de ma première année à Yale, j’ai mis une touche punk à mon look punk, imitant ce que je n'avais vu au  “Palace”.  Je pensais bien alors que je ferais une des prochaines couvertures d’ “Interview”. (Billy Idol, ci-dessous.)


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Au fil du temps, mon amitié pour Philippe a pâli. Je lui ai rendu visite l'été suivant, mais une certaine  magie avait disparu. Philippe durant l’été 1978 était surtout occupé à faire parler de lui dans le monde de la mode, du design et de la photographie. Pour lui maintenant Je n’étais juste qu’ un étudiant américain en vacances. Et puis j’avais commencé à m'intéresser à d'autres choses en plus de la danse et des célébrités.  J'avais étudié la musique et j’avais des aspirations à devenir un chanteur d'opéra. Et je me disais que pour cela, il n’etait  pas bon de sortir tous les soirs, de fumer et de boire. Or so I told myself. Mais la vérité est que le chant et les études ont été ma façon de reprendre le contrôle de ma vie. Il était temps car J'étais déjà dans les affres d’un l'alcoolisme sévère qui était débilitant et provoquait chez moi  de nombreuses attaques de désespoir. Au cours de l’une d’elle j'ai failli me noyer, une nuit dans la mer à Deauville. Ce que je n'ai jamais dit à personne.

Deauville. I never told anyone.

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Plus tard, après être devenu sobre je suis revenu à Paris avec une nouvelle attitude. Je me suis fait un point d’honneur à rechercher Philippe. Il était devenu un des cadres principaux de Vogue et, plus tard, le directeur artistique d’ “Égoïste”, l'un des plus fameux magazines de l'époque.  Et il était paru un livre, Ultra Lux , une collection de ses meilleurs tableaux.

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Par hasard, j'ai eu la commande, dans le milieu des années 80, de Vanity Fair pour une faire une interview de Karl Lagerfeld. J’ai proposé à Philippe de réaliser les photographies de l’ entretient. Nous nous sommes retrouvés chez Lagerfeld. Ce fut l'une des plus amusante interview  que j'ai jamais faite. Et les photos que Philippe a fait de Lagerfeld et de ses "coffee table" ( qui n'était rien d’autre qu'un tas de livres d'art coûteux empilés sur le sol), ont été magnifiques. (Lagerfeld, ci-dessous,photographié par Philippe).



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Karl Lagerfeld à son bal vénitien du Palace, 197

J'ai suivi le décollage de la carrière de Philippe au cours des décennies. Mais ce n'est que récemment, grâce à Facebook, que nous avons repris contact à un niveau important. Dans “Une dernière danse” Journal d'une décennie , 1970 / 1980  ( The Last Dance: Journal of a Decade ) est une rétrospective de ses photographies des années 70 et 80, à l'apogée du Palace.  Je ne suis pas sûr qu'ilsoit encore disponible aux États-Unis, mais il a  recueilli avec un certain succès en France.

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ci dessous images extraites du livre.

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Léon Zitrone et Vincent Darré au Palace, 1979.

Grâce à ces images scintillantes, le passé revient à la vie, l'exotique et l’érotique, cette agitation  effrénée, les poseurs et les provocateurs. Tout se précipite en arrière, comme des éclairs illuminant un ciel nocturne. C'est comme si la fête n'a jamais cessé. Comme si le sida n'avait jamais élevé sa tête hideuse, tuant nos désirs et de réprimant nos comportements louches. Bon nombre des personnes figurant dans ces pages ne sont plus avec nous.  Fabrice est décédé en 1983, Thierry Le Luron en 1986, Joël LeBon aussi. Certains sont devenus de simples notes de bas de page dans le panthéon de la renommée.  D'autres ont connu de grands succès.  Edwige et Paquita continuer à briller... (Yves Saint Laurent, ci-dessous).

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.Yves Saint Laurent

Une chose est constante, le frisson de lafête, la joie de voir et être vu, de s'habiller et de se montrer. Philippe Morillon a capturé l'essence de ces sauvages années de jeunesse. Et pour moi, personnellement, il a ré-ouvert la porte d’une merveilleuse fête,c’était l’été 1977 et J'avais 20 ans...

Brooks Peters

      Qui est Philippe Morillon?
      
      C'est:
      -l'Alma-Tadema de l'aérographe,
      -le David des espaces vides,

      -le Ledoux de l'interplanétaire,
      -le Narcisse de l'acrylique,
      -le Murillo des petits zonards pasteurisés,
      -le chantre du loubard "clean",
      -le Capiello du Palace,
      -le Boldini du "hard-chic",
      -le baron Corvo des éphèbes parisiens,
      -le visionnaire de l'altuglas,
      -le stuccatore de la peinture,
      -le graphiste du laser,
      -le Bérard du high-tech,
      -le Cocteau des temples spatiaux,
      -le Rockwell de la new-wave,
      -l'éventuel traducteur visuel de Burroughs,
      -le faux-témoin des fifties,
      -le Walkman du visuel,
      -l'objectif du post-mondain,
      -le technicien d'une Grèce glaciale,
      -le champion du "néo" et du néon,
      -le passéiste du futur,
      -le nostalgique du devenir,
      -le jeune homme bien élevé, peut-être pas       si convenable que ça,
      Mais c'est surtout quelqu'un qui a beaucoup de talent et une vision des chosesqui       n'est que d'aujourd'hui et peut-être de demain, si demain il y a...
      
       

      KARL LAGERFELD

      


Nota1
Toutes les photos et illustrations sont de Philippe Morillon, sauf indication contraire.)
Nota 2
Caroline Loeb évoque cette époque et les mêmes lieux ici
ici  un autre site qui fait revivre ce monde de la nuit des années 70 et dont est extraite la photo ci-dessous dont je ne connais pas l'auteur...


Posté par bernar alapetite à 13:26 - GLANAGE SUR LE NET - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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