16 avril 2008
Lovis Corinth au Musée d'Orsay
Alors que la programmation des expositions à Paris ne brille pas par son audace, on ne remerciera jamais assez le musée d’Orsay pour nous avoir fait découvrir tant de peintres de grands talents. Au moment où son directeur Serge Lemoine quitte son poste. Je ne suis pas trop inquiet puisqu'il est remplacé par Guy Cogeval qui fut commissaire des belles expositions consacrées à Hitchcock et à Walt Disney.
J’ose le pluriel car je ne crois pas être le seul à qui le musée d’Orsay a étendu grandement son horizon artistique. Lovis Corinth que nous découvrons aujourd’hui est certainement l’un des plus remarquables. Pour ma part j’ignorait jusqu’au nom de cet artiste qui pourtant joui, à juste raison, d’une grande notoriété chez ses compatriotes allemands. Par cet exemple, on voit combien on est très loin d’une culture européenne. Mes lecteurs habituels on sans doute remarqué mon très modeste effort pour que la peinture anglaise ne soit plus complètement ignorée de ce coté ci de la Manche. Avec cette exposition je m’aperçoit que l’on est également complètement ignorant de la peinture allemande. Le titre de la rétrospective, Lovis Corinth (1858-1925) entre impressionnisme et expressionniste est réducteur et un peu trompeur comme si l’artiste était entre les deux manières sans avoir réussi à en choisir une. C’est tout le contraire Lovis Corinth a été impressionniste évoluant vers un expressionniste pour le dépasser. Il a été bien d’autres choses encore à commencer par pompier il fut l’élève de Bouguereau mais aussi caricaturiste, réaliste et presque abstrait dans certains paysages à la fin de sa vie... Mais ce qui est remarquable chez cet artiste dont l’énorme personnalité et la gourmandise envers la vie transparaît dans chaque toile, c’est qu’il n’a jamais été prisonnier d’une école, n’hésitant pas pour donner plus de force à son propos à mélanger plusieurs manières en un seul tableau.
L'artiste n'est pas seulement un grand peintre c'est aussi un remarquable dessinateur et graveur comme en témoigne ces études d'expression entre Ingre et Daumier...
Quand à la liberté de regard sur les sujets, à la crudité du propos, Il faut attendre la deuxième moitié du XXème siècle pour trouver des artistes aussi peu inhibé, je pense à Gilbert et George, que Lovis Corinth. Sa relecture de la passion du Christ n’est pas faite pour les gentils catéchumènes bêlants. Dans “Le grand martyre” on voit jésus nu comme au premier jour, le sexe rabougri tordu dans un dernier spasme de douleur arc bouté à ses bois de souffrance pendant que quatre zigs s’affèrent pour le clouer au mieux. Dans une descente de croix, un malabar à la mine patibulaire tente, à l’aide d’une pince monstrueuse, qui m’a évoqué celle que manient les métallurgistes pour saisir le feuillard à la sortie des laminoirs, d’arracher les clous comac qui rivent le crucifié à son arbre de souffrance comme l’épingle fixe le papillon sur son velours de présentation.
Lovis Corinth a beaucoup produit (malheureusement quelques une de ses toiles ont été détruites durant la dernière guerre) mais c'est sans doute dans ses nus de tous les âges et des deux sexes que son ode à la vie est le plus présent comme dans son Diogène de 1892.
L’érotisme n’est jamais loin chez ce passionné de la chair, sans oublier parfois une pointe d’humour comme dans ce qui est mon tableau préféré, “Les armes de Mars” où il parvient à subvertir en un détail ce thème classique. On y voit trois charmants enfançons nus qui portent les armes du terrible dieu pendant que Vénus qui, tout en se coiffant, se mire dans le bouclier de Mars. Mais si l’on suit son regard, ce n’est pas son image qui la captive en fait , et je la comprend, elle reluque le beau jeune homme nu qui maintient le bouclier miroir devant elle.
Son véritable maître, et l’une de ses grandes sources d’inspiration c’est Rembrandt. Comme lui toute sa vie Corinth s’est pris pour modèle se regardant en face, sans jamais se flatter, se ridiculisant même parfois, jusqu’à cet ultime toile deux ans avant de disparaître où la mort déjà s’invite dans les yeux du peintre.
Il a su tirer toute la substantifique moelle de l’enseignement du génie hollandais en regardant ses toiles. On voit bien dans le portrait d’une vieille femme dans lequel le visage est rendu par une succession de petites touches finissant par faire une pâte épaisse où se lisent les rides de l’ aïeule qui contraste avec la matière lisse du fond et de la vêture, combien il a parfaitement assimiler la technique de Rembrandt.
Ce n’est plus Rembrandt qu’évoque ce nu féminin couché de 1907, c’est du Lucian Freud soixante ans avant!
Quand aux paysages de son cher lac de Walchen dans lesquels la nature se convulse c’est du meilleur Soutine.
On voit bien que Corinth a beaucoup scruté non seulement Rembrandt mais aussi Hals, Manet, Cezanne, Murillo... Mais face à la toile il a toujours su rester lui même. Il n’a jamais oublié non plus de regarder par la fenêtre, ou dans la chambre, sa femme se lever de son lit ou prendre son bain. Parfois il nous offre aussi de savoureuses extravagances comme Persée et Andromède (ci-dessous).
Lorsqu’il est atteint, à la fin de 1911, d’une attaque cérébrale qui le laisse momentanément paralysé du coté gauche, ce boulimique de peinture travaille encore plus comme s’ il avait compris qu’il n’avait plus guère d’années pour mettre sur la toile ce qu’il avait en lui. Sa palette s’éclaircit, sa touche se fait plus large. Elle devient un élément d’équilibre du tableau, entrant dans la composition du cadre.
Peu après son accident de santé il peint une de ses toiles les plus magistrales Ecce Homo où pour ma part j'y voit un médecin conduisant un malade au tombeau autant qu'un soldat le Christ à son calvaire.
On ne s’etonnera pas que tant de liberté dans les sujets le ton et la manière lui ait valu de figurer dans le panthéon de l’art dégénéré des nazis. Ces derniers c'est certain ne pouvaient pas voir en cette Salomé, (voir ci-dessous) sadique et aguicheuse une Lorelei génitrice.
Le catalogue de l'expositon est fort bien fait, outre qu'il nous donne à voir les quelques toiles exposées seulement à Leipzig et Ratisbonne il nous renseigne sur la vie artistique en Allemagne à la fin du XIX ème siècle et au début du siècle dernier.
Il y a peu dans mon compte rendu de la visite de la rétrospective Louise Bourgeois j’exprimais combien il était difficile de communier avec une oeuvre, surtout quand elle est autobiographique, mais elles le sont toutes un peu, lorsque l’on éprouve pas de sympathie ou au minimum d’empathie pour le créateur, comme c’était mon cas pour l’artiste américaine. Il en va tout autrement avec Lovis Corinth dont il me semble qu’il est difficile de ne pas aimer non seulement l’art mais aussi l’homme tant toute son oeuvre crie l’amour de la vie et l’ouverture d’esprit d’un peintre qui a su si bien magnifier à la fois l’érotisme et la vie de famille et dont toute l’oeuvre est aussi bien une ode à la culture qu’à la nature.
L'exposition dure à Paris jusqu'au 22 juin. Elle ira ensuite à Leipzig du 10 juillet au 18 octobre, puis à Ratisbonne du 9 novembre au 15 février 2009
15 avril 2008
Peter Colstee
14 avril 2008
PAUL CADMUS 2
Vous trouverez ici une très belle galerie des toiles de Paul Cadmus
13 avril 2008
Nouvelles toiles de Sacrevoir
12 avril 2008
Thomas Allen
L'artiste américain Thomas Allen photographie des images qu'il a préalablement découpée dans des couvertures de vieux pulp puis assemblées en scènes suggestives. Il est amusant de voir qu'une de ses compositions a été utilisé pour la couverture de l'édition américaine d'un roman d'Ellroy.
Philip Core
11 avril 2008
Le salon du dessin contemporain

Le
salon du dessin contemporain a eu la curieuse idée de s’installer dans
un hôtel (?) et sur quatre étages y loger les galeries exposantes dans
des chambres (?). Les lieux ne sont ni beaux ni pratiques pour une
telle manifestation mais font travailler les mollets du visiteur, les
miens en particulier, ayant par principe et prudence évité les
ascenseurs.
Comme aurait dit, mieux que moi, Cueco, la plupart des
dites galeries oscillaient entre le presque rien et le pas grand chose
pour s’ arrêter sur le fort peu... D'autre part bien des oeuvres
exposées n'avaient rien à voir avec le dessin.
Heureusement il y
avait quelques exceptions qui ne m’auront pas trop fait regretter les
10€ que j’ai du débourser pour l’escalade.


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Commençons
par le seul bel accrochage de l’exposition celui de la galerie Sellem entièrement voué à Velickovic (que semblait ne
pas connaître, le soir du vernissage le journaliste d’un mensuel
consacré aux arts, je ne veux pas balancer, mais ce n’était ni l’Oeil,
ni Art Actuel). Les dessins sont très beau même s’ils sont moins
surprenants que ses toiles exposées la semaine dernière à Art Paris.
Certains de ses dessins, ceux sur un gros carton d’emballage étaient de
la même veine. Mais ils tous terrifiants et d’une grande maîtrise
technique ce qui n’ empêchait l’émotion bien au contraire. Certains
atteignaient plus d’un mètre de coté d’autres une trentaine de
centimètres. Ces derniers valaient 4000€, ce qui me parait très
raisonnable quand à la notoriété de l’artiste et à la qualité des
œuvres. Mais cette superbe prestation donnait le ton de tout le salon
car à l’exception de Baxter et de Fromanger tout ce qui avait un peu de
valeur artistique était d’une noirceur d’encre.
Au premier étage le
mur des dessins de Fromanger m’a évité de faire demi tour, tant était
peu engageant ce qui m’avait accueilli. Ses entrelacs de traits
vivement colorés rendent à merveille l’agitation et le multicolore de
la faune qui se presse sur les trottoirs de Bastille puisque c’est
ainsi que s’intitule la série. Les silhouettes des quidam se
transforment bientôt en carte...
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Fromanger
Ce
n’est pas tous les jours que l’on peut à la fois s’émerveiller et s’
esclaffer dans une galerie; Baxter nous en donne l’occasion. Chez lui
la nouveauté c’est que ce parangon du non sense british s’est mis au
français. Mais c’est toujours aussi fou. Le contraste entre ce dessin
sage, qui me rappelle celui des devinettes que dans mon enfance les
commerçants donnaient aux rejetons de leurs bonnes clientes, et la
légende est toujours aussi savoureux.

Baxter.
Chez Thaddaeus Ropac j’ai eu plaisir à découvrir de nouveaux garçons aux mœurs douteuses dessiné par Paul P.

Paul P.
Chez
Jean Brolly Tremlett et ses compostions géométriques apportait de la
couleur dans ce salon qui avec ses murs grisailleux en avait bien
besoin.
Tremlett
C’est
toujours un plaisir intellectuel rare de voir les cogitations
géométriques et mathématiques de Morellet devant lesquels je suis resté
fort longtemps.
Morellet.
Et
puis il y avait l’immense Jean Rustin où comment avec un crayon et une
feuille de papier, pas bien grande, vous en mettre un grand coup sur la
tête ne serait ce que pour lui le salon vaut le dérangement. Je ne
saurais mieux dire que sa galerie à laquelle j’
emprunte la présentation de leur artiste: << Jean Rustin crée
depuis 1971 une impressionnante galerie de portraits de ses frères
humains croqués dans l’isolement de chambres désolées, où se déroulent
parfois des scènes d’une misère sexuelle pitoyable. Il convoque, dans
un apparent dépouillement, toute la puissance du regard intérieur,
concrétisant sur la toile tout l’abîme du miroir où nous prenons la
dimension de l’être dans sa dissolution.>> qu’on se le dise!


Jean Rustin.
Informations pratiques:
Le salon du dessin contemporain
Saint-Augustin, 4 rue du général Foy, 75009 Paris
jusqu'au lundi 14 avril
10 avril 2008
Sascha Schneider

Pour continuer dans le relativement célèbre chez eux et tout à fait inconnu chez nous voilà le cas de Sascha Schneider dont de ce coté ci du Rhin seul quelques maniaques de la littérature populaire on peut être entendu parler de lui pour avoir été l’illustrateur de Karl May le célèbrissime et immortel créateur de Winnetou le farouche et preux guerrier indien. Karl May (1842-1912), a été l'un des écrivain les plus populaires en Allemagne. Le romanciers a vendu jusqu'à 100 millions d'exemplaires. Albert Einstein et d'Adolf Hitler ont été parmi les nombreux amateurs. Les premières éditions des aventures de Winnetou étaient agrémentée et O combien par les illustrations de Schneider. Les travaux de ce dernier dénotaient considérablement par rapport aux autres illustrateurs de l'époque. il y avait dans ses images une curieuse qualité qui semble être davantage inspirée de la peinture symboliste que des canons de l'illustration de livres pour adolescents. Mais surtout ses planches étaient d’un homo érotisme patent, à une époque où l'homosexualité était considérée avec suspicion ou carrément avec hostilité (le fameux article 175). On peut ajouter que ces dessins n’avaient que peu de rapports avec les aventures qui se trouvaient en regard de ceux-ci. Ils en appelaient à tous les fantasmes orientalistes, épicés d’un soupçon de métaphysique. Des images plus prés de celles de Kubin que de Joubert qui ont du donner quelques cauchemars aux jolis têtes blondes teutonnes. L’éditeur peu satisfait des illustrations de Schneider les a remplacées dans les éditions suivantes. Un livres les regroupant a été publié récemment en Allemagne.

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Mais ce Sascha Schneider n’a pas été que l’illustrateur de westerns choucroutes dont la lecture à un âge tendre ne m’a pas laissé de grands souvenirs (il faudra néanmoins que je retourne voir du coté de Karl May qui est sans doute bien réducteur de limiter à Winnetou), cela ne vaut pas les westerns cassoulets de Boussenard . L’artiste allemand a été bien autres choses.
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Il est né à Saint Petersbourg où son père est imprimeur. La famille Schneider ne tarde pas à déménager à Zurich, puis à la mort du père à Dresde où le jeune Sascha fait ses études. En 1889 après le baccalauréat, il entre à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde dont il sortira diplômé quatre ans plus tard.
Mais il sera déçu par l’Académie. Si elle offre un solide apprentissage des techniques artistiques, Sascha Schneider lui doit son remarquable “métier”, elle est totalement dépassée quand à l’esprit. Les jeunes étudiants de ces années quatre-vingt-dix ne se réclament pas d’ une fin de siècle et de sa délectation morose de la décadence (ce qui est amusant c’est aujourd’hui Schneider est considéré comme l’artiste type fin de siècle en Allemagne, assez à tord à mon avis). Ils espèrent en un nouveau départ avec le 20 ème Siècle. Ils veulent se libérer des contraintes artistiques découlant des conventions. et des milliers de vues libérer. En outre, ils sont à l’écoute des problèmes sociaux causés par les structures de la société.
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Toutefois Schneider ne prend pas le chemin d’une dénonciation directe de ces inégalités par une peinture naturaliste narrative. Il espère faire passer ses idées d’une manière plus intellectuelle dans ses tableaux. Néanmoins les titres de ceux-ci à cette époque ne laissent aucun doute sur son orientation politique d’alors, Son destin (1894), L'anarchiste (1894), sur la lutte (1903), Le despote (1903)...
Il s’installe en 1993 dans son premier atelier à Dresde qu’il partage avec le peintre Richard Müller. Il a assez rapidement du succès, ses images sont largement diffusé et entame une brillante carrière de peintre dans la mouvance du cercle de Dresde qui ont formé autour de Max Klinger qui influence considérablement le jeune artiste. Il a parmi ses nombreux admirateur Hermann Hess , il n’est guère surprenant que l’auteur de Narcisse et Goldmund trouve son bonheur dans l’érotisme panthéiste de Schneider.

Le grand succès arrive sous la forme de commandes pour de grandes peintures murales dans des bâtiments publics et privés à Florence, Leipzig, Jena, Weimar, Cologne, Dresde, Meissen...
En 1904 lorsqu’ il fait la connaissance de Karl May, l’écrivain, comme Schneiner homosexuel est alors âgé de 62 ans et est menacé par un scandale sexuel. May demande à Schneider d’illustrer ses récits de voyages, "Le Kurdistan sauvage", "le Rio de la Plata"... Schneider pendant ce temps ne fait pas mystère de son homosexualité, ce qui aurait peut être été difficile au vu de ses dessins... Il collabore dés le début à "Der Eigene", la première revue gaie, fondée par Adolf Brand , en 1896. Il est à ce propos très surprenant que les gays studies ne se soient pas penché sur le cas de Sascha Schneider. A ma connaissance il a été complètement négligé. Cher lecteur si vous en savez plus n’hésitez pas à compléter mon article qui malheureusement a bien des béances... On peut peut être avancer que cet évitement à en partie pour cause le fumet nietzschéen et élitiste, (sous l’influence d’Adolf Brand?) qui se dégage, dans la deuxième moitié de sa carrière, de certaines de ses compositions et des petits textes qui les accompagnent.
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En 1904 Schneider rejoint en tant que professeur l'école d'art de Weimar. Dans cette ville Il se fait construire un grand atelier où il a dans les années suivantes, il réalise de nombreuses sculptures monumentales d'hommes et plusieurs grandes toiles.
La mort de May de 1912 signifie la fin d'une époque pour Schneider.
En 1908 son homosexualité le contraint à fuir en Italie, où l'homosexualité à l'époque était vécu en toute impunité. A Florence il rencontre le futurisme radical, Theodor Däubler dont il se sent proche par les idées. Mais il ne peut que constater que son style pictural est très éloigné de ceux avec qui il partage certaines idées. Il fait également la connaissance du peintre Robert Spies avec lequel il voyage dans le Caucase. En 1914 il revient à Dresde où il habitera jusqu'à sa mort en 1927. Associé à un général et à un colonel il y fonde “la force de l'art”, un institut de formation pour le corps et l'éducation dans la droite ligne des précepte d’Adolf Brand.
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La fin de la guerre déclenche chez Schneider une forte impulsion créatrice. Il en résulte un grand nombre de nouvelles œuvres. Mais dorénavant il se tourne vers les maîtres anciens. Cette inclinaison surprend chez un artiste considéré jusque la comme moderniste et progressiste. La scène artistique officielle de la République de Weimar ne fait guère de place à Schneider, dont l'art symboliste parait obsolète. Entouré d'un cercle d'amis dévoués, il continue pourtant à travailler.
Après la fin du conflit il fait de nombreux voyages. C’est d’ailleurs sur un navire qu’il décède à quelques encablures du port de Swinoujscie. A-t-il succombé à son diabète chronique, a-t-il été empoisonné accidentellement par de l’eau polluée ou s’est il suicidé pour échapper à la cécité, causé par le diabète, qui le menaçait? On l’ignore. Sa tombe est au cimetière Loschwitz à Dresde.
La tombe de Sascha Schneider.
Après un long purgatoire l’oeuvre de Sascha Schneider a commencée à être redécouverte à partir de 1982 à l’occasion d’une exposition à Dresde du trio d'amis qu’étaient Sascha Schneider, Oscar Zwintscher et Hans Unger. Il faut malheureusement ajouter que de nombreuses œuvre de Schneider ont été détruites lors de l’anéantissement de Dresde, on peut cependant voir deux de ses sculptures dans le jardin du château de Dresde qui a miraculeusement échappé à la destruction. D’autres œuvre furent mal conservées à l’époque de la RDA...

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Les dessins et la peinture de Schneider reste pour moi en partie mystérieuse. Comment interpréter ses juxtapositions étranges d’éphèbes plus ou moins musculeux et de monstres dont certain sont plus près des entités extraterrestres que l’on voyaient sur les couvertures d’Astouning que des créatures sataniques de Dante. D’autant que bien peu se réfèrent à des mythes bibliques ou grecques. Ses mélanges d’anges de démons et de muscles évoquent parfois l’art de William Blake. Je ne vois aujourd’hui que Fuchs pour endosser ce pan ésotérique de l’héritage de Schneider. Quant à ses illustrations de Winnetou, qui devraient dépeindre des Amérindiens, seraient plus aptes à orner le mur d'un salon de coiffure à Paris fin de siècle que les histoires de l'Ouest sauvage. Il n’en reste pas moins que son œuvre peinte possède une grand puissance et un charme maléfique et bizarre qui l’apparente aux vision d’un Fuseli ou d’un Bocklin.
L’artiste a effectué surtout de nombreux dessin d’un modelé généreux, à n’en pas douter Sascha Schneider était un grand connaisseur de l’anatomie... Cette partie de son oeuvre s'est trouvé récemment un continuateur en la personne de Sacrevoir, et ce n'est pas un hasard si c'est à Berlin...
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Il y a aussi une énigme quand au style des dessins de Schneider certains pourraient presque être sortis de la main de Michel-Ange alors que d’autre sont plus proches de la ligne claire de la bande dessiné réaliste franco-belge ou de certains travaux, peint à la même époque en France, par Boutet de Monvel.
Sa sculpture s’inscrit dans la tradition néoclassique et a la sensualité de celle d’un Paul Dubois et parfois préfigure la statuaire héroïque d’Arno Brecker.
Vous trouverez ici une extraordinaire galerie, presque exhaustive, des œuvres de Sascha Schneider mais les titres sont en russe.
Et là un large choix des illustrations que Schneider a réalisées pour Karl May. 
07 avril 2008
Banksy
Je subodore que la plupart des lecteurs connaissent Banksy néanmoins pour le plaisir j’ai éprouvé le besoin de faire le point sur cet artiste.
Banksy (on trouve parfois son nom orthographié Bansky) de son (supposé) vrai nom Robert Banks, est LE pochoiriste (terme bien réducteur comme nous allons voir) britannique. Il serait né en 1974 à Bristol où il est extrêmement populaire et aurait été peintre en bâtiment. Banksy aurait été introduit dans le monde du graffiti à la fin des années 80. Il dessinait parmi le "crew" de graffiteur DryBreadZ (DBZ) avec les artistes Kato et Tes.
Bansky a organisé, en 1998, l'événement de graffiti "Wall On Fire" avec des légendes du graffiti de Bristol, tels Inkie. Ce week-end de graffiti, avait attiré des artistes de partout en Angleterre et d'Europe.
C'est vers 2000 que Banksy a débuté le pochoir et le street art tel que l'on connaît aujourd'hui. En Grande Bretagne il a rapidement obtenu une grande notoriété dans les milieux alternatifs; mais les médias traditionnels se sont intéressé assez vite lui. En dépit de cette attention, il parvient soigneusement à maintenir sa vraie identité cachée. Même si des photos supposées de lui circulent ainsi que des hypothèses sur son nom. On comprend bien que son anonymat soit vital en raison des remous provoqués par ses oeuvres et des risques de poursuites judiciaires. Et puis ce mystère alimente grandement sa notoriété et sa valeur marchande...
Bien de ses images ont largement dépassé aujourd'hui en notoriété celle qu’apporte les quidams qui passent devant le mur où elles s’exposent.
Il a commencé par orner les murs de sa (?) ville , Bristol, dès le début dés la fin des années 80, alors qu’il n’est qu’un écolier âgé que de 14 ans, << Comme je ne savais pas bien manier la bombe de peinture, j'ai commencé par découper des pochoirs. Au fond, le fait de taguer est avant tout une question de reconnaissance. La moitié de la ville peut t'appartenir si tu griffonnes ton nom dessus.>>.
Il a ensuite migré vers Londres et essaimer ses images dans le monde entier. Certaines de ses œuvres ont des localisation extravagante, comme le garage de l’ambassade de la Suisse à Londres (voir ci-dessous).
Il combine souvent les techniques du graffiti et du pochoir pour faire passer ses messages. Ses sujets privilégiés sont l’environnement, la consommation, la sexualité, les médias, la violence, les libertés individuelles … Il ne craint pas une certaine trivialité dans ses images pour mieux dynamiter le conventionnel.
Il peut aussi évoquer malicieusement la vie quotidienne comme dans ce pochoir où l’on voit un homme tout nu suspendu au rebord de la fenêtre de sa maîtresse alors que le mari de cette dernière scrute l’horizon pour trouver le coupable. Cette polissonnerie a failli être supprimée par la municipalité de Bristol mais le conseil municipal a voté à l’unanimité pour garder la peinture sur le mur...


Parfois il n’a recours qu’aux seuls graffitis inscrivant sur des monuments célèbres, << Ceci ne vaut pas la peine d'être photographié >>.
Banksy joue beaucoup de la surprise que provoque par exemple la contradiction entre un symbole comme le horse guard et l’action qu’il commet, dans l’image, pisser contre un mur! Il passe souvent du clin d’oeil à l’ironie.
Certains des pochoirs sont accompagnés de messages écrits ou de slogans.
Il lui arrive d’utiliser des animaux pour faire passer ses idées. Le rat est un de ses personnages préférés. Banksy est un peu le La Fontaine du pochoir.
Son style est très réaliste, même naturaliste. L’efficacité de ses pochoirs tient à la juxtaposition de figures ou des symboles qui semblent contradictoires. L’effet nait de cette opposition, de ces incongruités.
Il lui arrive également de revisiter des tableaux classiques pour en détourner le sens. Il fait subir ce traitement aux Nymphéas de Monet, en leur ajoutant un objets emblématiques d’aujourd’hui quelques caddies qu’il échoue au beau milieu des nénuphars.
Il sait dans ses images mêler politique, humour et poésie. Ses oeuvres évoquent celles des français Ernest Pignon-Ernest ou de Blek le rat, sa pratique étant beaucoup plus proche du second que du premier, ou même celles que l’on voyait fleurir sur les murs de Paris en 1968.
Avec autant de courage que de sens de la publicité Bansky n’a pas hésité par exemple à aller dans la bande de Gaza, pour aller apposer ses pochoirs sur le mur qui sépare Israël de la Palestine. Ces derniers représente des fenêtres grandes ouvertes sur le ciel ou des passages vers un ailleurs (voir les 2 photos ci-dessous).


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En septembre 2006, à Disneyland en Californie, il a placé une figurine humaine gonflable de taille réelle représentant un prisonnier du camp de Guantanamo!
Il n’a pas peur non plus d’attaquer les grands de ce monde d’une manière très politiquement incorrect.
Les pochoirs ne sont pas sa seule activité et la rue son seul terrain d’action. Adepte des coups il est également connu pour avoir accroché ses propres oeuvres sur les cimaises du Metropolitan Museum de New York. Il s'est aussi invité à la Tate Gallery en octobre 2003, où il a réussi à accrocher une de ses oeuvres aux murs, en plein jour et à l'insu des gardiens. Depuis comme avant lui d’autres grands ornementeurs de murs tel Basquiat et Keith Haring il a exposé, presque traditionnellement, dans des galeries sans pour autant abandonner la rue.
Il demande parfois aux spectateurs de ses œuvres en galerie d’être partie intégrante de la performance, comme à Notting Hill en 2005 où il décide que le visiteur devra partager l'espace avec une centaine de rats, batifolant au sol, pour pouvoir admirer ses reprises de tableaux anciens comme cette "Marilyn Monroe" de Warhol est adapté avec Kate Moss en vedette.
Enfin un créateur qui réhabilite le gentil rat, il faut aussi militer pour le retour en grâce du corbeau...
Certain critique reproche son sens de la publicité à l’artiste comme Jonathan Jones, du Guardian, << Il y a de l'esprit dans les travaux de Banksy, une certaine intelligence et une énorme dose de 'hype' (battage médiatique) >>.
Ses détournements peuvent devenir “duchampien” lorsque Banksy inscrit ou grave sa signature sur les socles des statues, se les appropriant en quelque sorte.

Toujours à la recherche de nouveaux supports il utilise parfois... des animaux de ferme.

Il réalise aussi des tableaux dont certains me rappellent ceux d’Erro quand ils ne sont pas des plagiats ironiques d’autres artistes comme celui de Wharol, représentant une boîte de soupe que le 13 mars 2005 il a accroché au MOMA de New York (Museum of Modern Art). Il y est resté pendant trois jours avant qu'on s'aperçoive de la supercherie.
Il existe aussi une superbe sculpture de son cher rat.
Le 14 septembre 2007 à Los Angeles, le tout Hollywood, Brad Pitt en tête, se pressait pour voir les œuvres de ce street artist. Il y avait même un éléphant vivant recouvert de peinture !
Il a notamment aussi travaillé sur le film “Les Fils de l'homme”, a réalisé la pochette du disque de Blur, “Think Tank” et de leur single “out of time”.
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Il travaille aussi sur des installations. L’un des ressorts de ses installations est le détournement d’objets iconiques d’un pays comme les célèbres cabines téléphoniques britanniques qu’il maltraite.
Un peu comme son compatriote Baxter il manie aussi merveilleusement le non sens peignant un éléphant au couleur du papier peint d’un salon dans lequel le pachyderme fait office d’animal de compagnie...
Mais rassurons nous c’est un véritable ami des animaux comme le prouve ces téméraires interventions, au zoo de Londres, il est rentré dans l’enclos à pingouin pour y écrire en lettre de 2 mètres de haut “Nous sommes fatigués des poissons” au zoo de Bristol, il a écrit dans l’espace dévolu à l’ éléphant “Je veux sortir. Cet endroit est trop froid. Le garde pue. Je m’ennuie, m’ennuie, m’ennuie “. En 2004, il a placé un rat empaillé appelé “Banksus Militus Ratus” dans une salle du Musée d’histoire naturelle de Londres. Le rat portait un sac à dos et un microphone dans une de ses mains et un petit pot de peinture était déposé au bord d’un de ses pieds. Sur le mur, on pouvait lire “Notre heure viendra“.
Son anticapitalisme est farouche mais beaucoup plus amusant que celui de José Beauvais. En 2004, il a imprimé une grande quantité de faux billets de 10 pounds représentant Diana au lieu de la reine d’Angleterre, et “Bank of England” a été changé par “Banksy of England”. La plupart de ces billets ont été jetés dans la rue lors du carnaval à Notting Hill.
Certaines grande marque lui on déjà demandé de participer à des campagnes de publicité mais il a toujours refusé. Son hostilité envers elles ne s’est jamais démentie. Il faut dire qu’il est devenu paradoxalement lui même une marque!
La preuve en est cette croquignolesque anecdote, des agents de nettoyage de la société des transports de Londres ont effacé par inadvertance un graffiti de l'artiste d'une valeur de 300'000 livres soit environ 400'000 euros. L'oeuvre représentait deux personnages du film "Pulp Fiction" de Quentin Tarantino. John Travolta et Samuel L. Jackson y étaient représentés, tenant des bananes en guise d'armes. Le graffiti était situé près de la station d'Old Street dans l’est de Londres.
Ma grande surprise devant une œuvre aussi remarquable est sa relative confidentialité, hors du monde anglo-saxon. Il est l'artiste de rue le plus célèbre de Grande-Bretagne. A ma connaissance on n’a pas encore vu des œuvres de Banksy dans les grandes manifestations internationales d’art. Les collectionneur et les spéculateurs ne se sont pas encore trop intéressés à son travail mais cela commence. Alors à vos pioches, chalumeau et autres scies pour récupérer les images de l’artiste (sa signature, quand elle existe, est faite de gros caractères tracés de façon énergique est facilement reconnaissable), prévoyez tout de même quelque lumbagos et plaies, divers horions et des séjours inconfortables dans les postes de police, sans oublier un petit pécule pour votre avocat (en droit international, c’est indispensable) mais votre salon et vos héritiers vous en seront reconnaissants... Voici une adresse utile pour le safari Banksy (Ce n’est bien sur pas à prendre au premier degré ne pouvant plus moi même payer mon avocat!). Plus tranquillement pour vous offrir ou m’offrir un Banksy c’est ici .
Mais peut être est il trop tard car la récupération dans tous les sens du terme bat déjà son plein. Ainsi Un promoteur immobilier de Bristol, dans le Sud-Ouest de l'Angleterre, a même décidé que, bien loin de dévaluer le nouvel ensemble qu'il projette, un graffiti de Banksy pourrait au contraire accroître son attrait. "The Mild Mild West", qui représente un nounours blanc lançant un cocktail Molotov vers des policiers, devrait donc trôner, protégé par un panneau de verre, au centre d'un futur complexe de bureaux et boutiques... La maison graffée par Banksy avait été mise en vente en début d'année, à la condition expresse que la fresque soit conservée par les acheteurs.
A Los Angeles, en 2006, Angelina Jolie a déboursé 300 000 euros pour trois de ses peintures. En février 2007 Sotheby's a adjugé une toile de Banksy pour la somme record de 250 000 dollars ! Une de ses œuvres intitulée "Riot green" a été achetée il y a huit ans par un étudiant pour la somme de trois cent livres. Elle est mise en vente à la galerie Andipa pour cent cinquante-mille livres. Banksy, le nouvel Andy Warhol?
Cette cote élevée est difficilement compatible avec les valeurs anticapitalistes que l'artiste affiche, un grand écart qu'il a lui-même reconnu devant une journaliste du New Yorker, Lauren Collin, en mai 2007: <<Les prix que mes travaux atteignent ces derniers temps me gênent un peu, mais c'est un problème facile à résoudre –au lieu de te plaindre, tu en fais don. Je ne crois pas qu'il soit possible de faire de l'art inspiré par la pauvreté dans le monde puis d'empocher le pactole. Ça serait trop ironique, même pour moi.>>.
Mais attention il existe aujourd'hui, de faux Banksy, on en trouve “au marché noir”. Il y a même des kits pochoirs pour faire ses propres Banksy!
Banksy a publié un Très beau livre présentant essentiellement ses pochoirs, “Wall And Piece” aux éditions Random House. Nous révélant par cette occasion son prénom, Robin.
Presque tout banksy ici et là 6076 photos de l’oeuvre de Banksy!

05 avril 2008
Art Paris

Art Paris est né en 1999 en opposition à la Fiac. C’était un peu le salon des refusés des galeries. Y figurait alors un bon nombre de celles que l’organisation de la FIAC avaient écartées. On y voyait surtout de la peinture. Au début d’ailleurs Art Paris se déroulait en même temps que la FIAC, en Automne. Aujourd’hui Art Paris a déplacé ses dates au printemps. Et malheureusement nous y avons gagné une deuxième FIAC d’autant que plusieurs galeries exposent aux deux. Non que je n’aime pas la FIAC, mais il serait intéressant que les deux manifestations soient nettement différentes permettant ainsi d’attirer un autre public et des collectionneurs qui ne fréquentent pas habituellement Paris.
En haut des marches menant à la grande nef, le visiteur est accueilli par une colossale statue de Jan Fabre, “A la recherche d’Utopia” qui m’a fait irrésistiblement penser à la série délicieusement régressive qu’est “Dinotopia”.
Le résultat cette année est un peu terne d’abord parce que peu de galeries ont fait le courageux pari de présenter qu’un seul artiste. Malheureusement celles qui ont fait cette démarche se sont fourvoyées à commencer par la galerie Claude Bernard dont je tairais par charité le nom du peintre qu’elle expose, et aussi en souvenir des beaux moments que j’ai passé jadis dans cette galerie. La quête spirituelle de Yoshiko aux Yeux fertiles m’a surtout paru mièvre.
Par rapport à la FIAC, il y a encore à Art Paris un peu plus de peintures et un peu moins de vidéo, beaucoup moins de galeries américaines et anglaises et plus de galeries françaises de province. Cette année aura été l’arrivée des chinois, pas seulement par l’intermédiaire des galeries leur pays, ils sont largement accueillis dans plusieurs galeries française. On assiste aussi à la confirmation de l’émergence des artistes russes. Les turlupins moscovites qui dynamitaient l’hiver dernier la maison rouge ont migré à la galerie Orel Art.
J’ai été particulièrement séduit par le travail de Huang Yan exposé par la galerie Albert Benamou , qui touche à la peinture, à la photographie et au body art réussissant à réunir très habilement et esthétiquement les trois.


Cette même galerie sous l’étendard pièce unique exhibe des colosses vociférants en bronze rouge.
Actualité oblige, au détour des cimaises, beaucoup de Keith Haring et de petits Alechinsky chez Lelong, de superbes multiples pour presque toutes les bourses, de 500€ à 1000€.
L’exposition La figuration narrative ouvrant au Grand Palais le 16 avril, comme il se doit cette école est sur représentée cette année d’abord par une exposition Monory chez Sonia Zannettacci , intitulée roman-noir bien dans sa manière qui en plusieurs grandes toiles de son bleu-violet nous transporte dans le monde des films noirs américains du début des années cinquante.
Beaucoup moins convaincante est l’accrochage des petits formats d’ Erro dont peut néanmoins voir une toile savoureusement uchronique.
C’est toujours avec un plaisir renouvelé que je me rend à la galerie Arnoux, aussi bien chaque année à Art Paris, qu’à leur adresse germanopratine. Comme à leur habitude il présentait une belle sélection de l’abstraction chaude de l’école de Paris en particulier de magnifiques Oscar Gauthier (ci-dessous).
Comme toutes les foires, Art Paris permet des confrontations aussi curieuses que cocasses comme cette rencontre entre une belle œuvre de AES+F et ce Combas de belle facture.
Une telle manifestation permet aussi de prendre des nouvelles de vieilles connaissances, comme cette année Velickovic et Klassen qui ont un peu changé leur manière. Ce qui profite plus a Velickovic qu’à Klassen... Velickovic propose de grandes toiles inquiétantes sur lesquelles volent de sinistres corbeaux.

Klassen quand à lui semble avoir définitivement laché les gros plans sur les compteurs et autres extincteurs pour se laisser aller à une influence cinématographique, un peu comme Monory. Il ajoute à ses toiles néons et loupiotes sans que ces coquetteries les améliorent grandement.

La photographie est bien représentée mais les exposants a ne pas vouloir mettre en valeur qu'un seul photographe à la fois s' obligent à des juxtapositions absurdes où les images se détruisent entre elles. La galerie Dina Vierny a la judicieuse idée de se consacrer qu'à Frank Horvat, délectable...
l'élégance et l'humour d'Horvat
Il arrive qu'au détour d'une allée on tombe sur une performance technique comme ce peintre qui , sur une toile vierge seulement avec de petits amas de peinture semblant sortir directement du tube donne l'impression au spectateur du tableau de surplomber une foule en marche.
Mais le grand espoir dans un supermarché de l'art, pour un ignare dans mon genre est de faire une découverte (que par ailleurs tout le monde connait, mais c'est ainsi que l'on devient moins bête). Cette année je fus comblé par celle de Georges Noel et ses abstractions minimaliste élégante avec leur travail précis dans l'épaisseur de la matière.
ci-dessus deux tableaux de Georges Noel réalisés à 32 ans d'intervalle en 1961 et 1993.
Art Paris donne enfin l’occasion de réviser son petit viatique de l’art moderne. Cette année il y a de très belles toiles de Matta, de Sam Francis et un exceptionnel Masson, “Les pies”, très peu Massonien.

ci dessus deux superbes Sam Francis malheureusement trahis par la reproduction.
Les pies, Masson
Sans oublier quelques curiosités qui amusent toujours la population un peu plus mélangée qu’à la Fiac qui rode dans les allées . Comme cette version chinoise du radeau ne la méduse (malheureusement quasi inphotographiable) ou cette "Marianne" adepte du bondage, bien pourvue qui donnerait un peu de gaité à nos mairies ou encore parfait pour votre gazon ce centaure couleur malabar...












