12 novembre 2009
Society portrait par Dali
Sans doute à cause de notre absurde révolutionnarisme, la nomenklatura de l'art en France n'a que mépris pour ce qu'elle nomme le portrait mondain. C'est sans doute pour cela que Jacques-Emile Blanche, l'un des plus grands portraitistes du XX ème siècle est méconnu dans son pays et que mon cher Edouard Mac Avoy n'a pas reçu la reconnaissance que son talent méritait.
Les anglo-saxons, moins idéologues, parlent, pour ce genre de peinture de "society portrait", terme qui ne comporte aucune connotation négative, contrairement à l'appellation française. Cette peinture connait un regain de considération avec le récent succès d'Elisabeth Peyton.
Récemment, on a pu voir au Grand Palais à Paris une belle exposition dédiée aux society portraits de Warhol. Modestement, ci-dessous je vous propose modestement un "accrochage" de la society portrait de Salvador Dali.

comtesse Ghislaine d'Oultremont (1960).

Marie-Laure de Noailles (1932)

L'ambassadeur Cardenas (1943).

Reinaldo Herrera marquis de Torre-Casa (1959).
11 novembre 2009
Don Gene Bell

Don Gene Bell est né en 1935 dans l' Indiana.
Il a été élevé à Dayton dans un Indiana rural. Après des études à
l'académie des beaux-arts de Chicago, il devient concepteur dans
un studio de publicité. Pendant son temps à l'armée il travaille comme désigner au siège social d'une usine d'hélicoptères à Ludwigsburgh en
Allemagne. Une fois libéré de ses obligations militaires Don Gene Bell retourne dans son Indiana natal où il poursuit ses études à l'université de l'Indiana où il obtient ses degrés de BA et d'AMF sous la férule de George
Sadek. Don Gene Bell ensuite travaille à la télévision
éducative de l'université de l'Indiana tout en était le conservateur et le
concepteur pour le musée de l'université de l'Indiana. Puis il déménage à New York où il a travaille en tant que professeur
à l'université d'Etat de New York. Don Gene Bell a participé à de nombreuses
expositions de groupe à New York et dans sa région. Dans les années 70, il expose à la Robert Samuels Gallery à New York. En 1983 Charles Leslie et Fritz Lohman exposent ses oeuvres érotiques montrant des sarabandes de garçons nus à la Leslie/Lohman Gallery. Aujourd'hui il vit et oeuvre à Tucson dans l' Arizona. Ses images, volontairement anachroniques, semblent avoir été réalisées dans l'entre deux guerres et se veulent une illustration d'un âge d'or mythique dans lequel la sexualité des jeunes garçons serait libre et innocente.


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10 novembre 2009
Zachari Logan
L'oeuvre du peintre Canadien Zachari Logan se compose surtout d'autoportraits nus, élaborés dans un style hyper réaliste... ci dessous dans son atelier à coté de deux de ses tableaux...
Neil Godfrey
Le travail du sculpteur anglais Neil Godfrey, né en 1937, se compose surtout de bronzes miniatures de garçon.
Tom Sawyer
Huckleberry Finn .
Website: http://adonisartgallery.3dcartstores.com/Neil-Godfrey_c_54-1.html
06 novembre 2009
Keith Haring au travail
04 novembre 2009
Jean Boullet

Au mois de mai 2008, j'ai consacré un article à l'exposition Jean Boullet qui avait lieu à l'indispensable galerie Bonheur du jour, billet que j'ai réédité, ci-dessous car il semble que les deux lecteurs perspicaces (beaucoup plus que moi) qui ont reconnu dans le portrait de Piéral photographié par Egermeier une oeuvre de ce même Jean Boullet, ne connaissaient pas ce billet.
Novy et Frédéric ont vraiment des yeux de lynx car ils ont également reconnu Jean Boullet dans le personnage posant à coté de Piéral sous son tableau. Et grâce à Novy j'ai pu découvrir un autre portrait de Piéral en cours d'exécution par Boullet (voir ci-dessous).
Jean Boullet, Piéral et Egermeier, il y avait du beau monde à ce vernissage qui était peut être celui des oeuvres de Jean Boullet et peut être celui de 1944 (voir la photographie plus loin qui est extraite de la biographie de Jean Boullet par Denis Chollet).
Ci-dessus On voit photographié par Egermeier, Jean Boullet posant devant le portrait qu'il a fait de Piéral qui est à sa droite, à sa gauche un beau jeune homme, peut être Guy Laflotte?. Cette photographie est issue, comme celles immédiatement ci-dessous, d'un petit cahier fabriqué par Egermeier lui-même dans lequel il collait ses "contacts". J'ai récupéré ce cahier chez le photographe à la fin des années 80. Malheureusement, lorsque j'ai connu Karel Egermeier sa mémoire partait en lambeaux et il était très difficile de lui faire parler de ses photographies, hormis quelque marottes qu'il ressassait à longueur de temps. Egermeier ne me semblait pas particulièrement cultivé, il n'y avait aucun livre chez lui, ni mondain s'il connaissait Montherlant et Roger Peyrefitte ce n'était pas par le biais de la littérature mais par celui des garçons... Tout cela explique qu'il n'y ai très peu de légendes explicatives (et aucune date, je n'est pas réussi à trouver un sens à la numération des photographies) au bas des petites images si soigneusement collées dans le cahier. Il n'y a par exemple aucune mention du nom de Jean Boullet. On peut aussi penser que le connaissant bien, il n'ai pas vu l'intérèt de légender les photographies le montrant.
La femme au turban ne pourrait elle pas être Arletty? Je compte une nouvelle fois sur la vigilance des visiteurs de ce blog pour identifier les personnages se trouvant sur les photographie d'Egermeier. Si également un des passants par ici est détendeur d'un tableau de Jean Boullet, il serait sympathique de me le signaler et encore plus de m'en envoyer une image.
ci dessus deux vues de l'exposition... et ci-dessous le cahier d'Egermeier...
ci dessous billet rédigé début mai 2008, que je l'ai tout de même augmenté...
Il
y a quelques jours je vous ai parlé de “Wessel + O'Connor Fine Art”,
une galerie new yorkaise dévolue essentiellement, mais pas seulement, à
la photo masculine. Aujourd’hui, à l’occasion d’une superbe exposition
Jean Boullet (1921-1970), je voudrais vous présenter son pendant
parisien qui s’appelle “Au bonheur du jour”; peu d’endroit porte aussi
bien son nom, tant cet un tel bonheur d’être dans ce lieux, à la fois
lumineux et intime, pour admirer moult merveilles. Contrairement à sa
consoeur new-yorkaise, si elle se voue surtout à la célébration des
beautés masculines et garçonnières ce n’est pas seulement sur le
support de la photographie mais aussi par l’intermédiaire du dessin et
de la peinture. Ne soyez pas timoré, sonnez, car on ne peut être
introduit dans cette caverne d’ali baba de la masculinité que par la
maîtresse des lieux qui vous réservera un accueil chaleureux; ce qui
est malheureusement bien rare dans les galeries parisiennes. Parfois il
vous faudra patientez quelques minutes si Nicole Canet, c’est le nom de
cette galeriste passionnée, montre des trésors cachés à un autre
esthète. Profitez de l’attente pour faire le tour des belles et longues
vitrines que trop souvent on néglige lors des visites aux galeries.
Bien
sûr dans le cas de Boullet, les dessins que vous verrez de la rue,
comme ceux reproduits dans ce blog, sont les plus sages et ne
reflètent pas complètement ce que vous allez voir le seuil franchi. Les
expositions de la galerie, notamment celle de Jean Boullet, ne sont pas
pour les chastes regards. Un conseil demandez à visiter le boudoir,
petite pièce pelucheuse et douillette attenante à la galerie qui
contraste avec celle-ci claire et dépouillée. Vous y verrez d’autres
merveilles, parfois plus épicées, ne faisant pas partie de
l’exposition en cours, mais sur le même thème. Mais il me semble
qu’alors il serait indélicat de repartir de cet oasis garçonnier les
mains vides. Mais comment quitter cet endroit la besace légère. Si
votre pécule ne vous permet pas d’ acquérir des originaux, de prix très
variables et toutefois moins chers que de l’autre coté de l’Atlantique,
il vous restera les catalogues, les affiches ou les multiples.
Mais venons en enfin à ce qui m’amena une veille de 1er mai dans cette belle antre, l’exposition Jean Boullet.
Jean
Boullet est un personnage de légende, du moins dans un certain milieu.
Son influence va bien au delà de sa trop modeste célébrité comme sur le
libraire éditeur bruxellois Michel Deligne, sur Druillet par exemple
qui l’a rencontré... Une des grandes surprises que l’on a, quand on se
penche sur ce personnage, c’est l’extrême diversité de ses activités et
des personnes qui l’ont approché. “Au Bonheur du jour” le suggère, car
en plus des dessins, on peut voir quelques vitrines qui rendent compte
de cette foisonnante vie.
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Lancé
comme dessinateur dans le Saint Germain des prés de la Libération il y
côtoie le tout Paris artistique de l’époque, Jean Cocteau, Edith Piaf,
Marie-Laure de Noaille, Juliette Gréco, Jacques Chazot, Guitry, Kenneth
Anger, Piéral, Marcel Carné, Roland Lesaffre, Félix Labisse, Lise
Deharme, Michel Laclos, Elliott Stein.... On découvre sur les murs les
portraits de Jean Marais, Jean-Louis Barrault, Rolland Petit... En
1944, Michel Déon, à l’occasion de la première exposition de Jean
Boullet, le rencontre et en dresse un subtil et juste portrait:
<< Il habitait avenue d’Italie un appartement sur cour, de trois
pièces d’enfilade bourrées d’objets baroques, de très belles gravures,
de dessins de Jean Cocteau, de Max Jacob
. Je découvris un être passionné d’une exquise éducation, qui fabulait
certainement mais aussi ouvrait des portes et montrait une curiosité,
un savoir incontestable dans des domaines - en premier, le bizarre - où
je m’étais peu aventuré jusque là... sous l’étincelant vernis, il y
avait un désespéré. >>.
François Sentein, personnage du gay Paris des années 40 et "inventeur" de Genet, a croisé Jean Boullet et rapporte ces anecdotes sur le premier ouvrage "Tapis volants" du dessinateur dans son journal : Minutes d'une autre année (1945), (pp. 141-143, éditions du promeneur): << octobre. [1945] - Après-midi avec Jean Boullet à Suresnes, au bord de la Seine, dans le parc de la maison de santé où il est arrivé à se faire transférer de la Santé. De là il continue à mener ses affaires, comme, de leur cellule de prison, les gangsterrereurs d 'Amérique. C'est sa pension Belhomme. Par exemple, il a dirigé l'édition en feuilles volantes, serrées dans un cartonnage noué d'un cordonnet, des dessins de Tapis volants, présentés par un texte de notre bon Cocteau, à savoir : épais comme le petit doigt de poses – chacune à peine différente des autres – en déguisement turquois où l'on reconnaîtrait, n'était la facilité sommaire du trait, un même modèle adolescent : Daniel Filipacchi.>>.
image venant du Tapis volant.
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Jean Chollet, son biographe donne un éclairage différent sur l’artiste:
<< Il se voulait " imagier " mais son comportement outrancier
l'entraîna bien au-delà, dans une rock n' roll attitude jouée en
permanence sur son propre théâtre de la cruauté. Discours
blasphématoire et anticlérical, dérive onirique où coexistent tritons
magnifiques et montres répugnants, cris d'admiration excessifs,
tatouages et chirurgie du visage sont quelques repères au milieu d'une
quête désespérée des émotions enfantines. >>.
Il
fut aussi journaliste, critique de cinéma. Il collabora à de nombreuse
revues, Bizarre (dont les numéros viennent d'être réédités présentés reliés), La gazette du cinéma, Saint cinéma des prés, Arcady...
On lui doit rien de moins que l’introduction de la science fiction et
du fantastique cinématographique en France. Il est l’auteur d’un
article, que malheureusement je n’ai pas lu, mais dont le titre me fait
rêver, “King kong contre Jeanne d’Arc... Il fait connaître aux
français Dracula, Bela Lugosi par l’intermédiaire de Midi Minuit
Fantastique (1962-1971), édité par Eric Losfield, qu’il co-fonde avec
Michel Caen, Alain Le Bris et Jean-Claude Romer. Ce dernier se souvient
de la création de Midi Minuit Fantastique, << Tout est parti de
la Librairie du Minotaure. C’était la librairie où l’on pouvait trouver
tout ce qui était Fantastique, science-fiction, pataphysique… Et c’est
là où l’on faisait des rencontres. Au début des années 60, j’y venais
régulièrement et j’y ai rencontré un personnage vêtu de noir qui
vociférait et qui gesticulait en parlant du Cinéma Fantastique. C’était
Jean Boullet. L’incontournable Jean Boullet ! A l’époque, je préparais
un numéro spécial de la revue "Bizarre" à propos de Tod Browning. J’en
parle avec Jean Boullet qui me dit "Ah, mais moi, ça m’intéresse. J’ai
beaucoup de documents chez moi. Ce serait bien que l’on travaille
ensemble et ce serait bien de pouvoir ajouter Boris Karloff, Bela
Lugosi...>>. Grand passeur du cinéma fantastique, Boullet avait aussi des idées bien arrétées sur le genre, comme l'écrit Emmanuel Denis: << Karloff
ne l’intéressait pas du tout ! Lui, il se prenait un peu pour
Bela Lugosi.
Karloff, pour
lui, c’était un porte manteau ! Il disait que Bela
Lugosi avait refusé le rôle de la créature de Frankenstein.
Mais Lugosi
a quand même tenu ce rôle dans l’un de ses films [FRANKENSTEIN
RENCONTRE LE LOUP GAROU]>>.
Jean Boullet en prince de la nuit
.
Pour
montrer les films rares qu'il aime, il monte un ciné-club privé dans sa
maison de la rue Bobillot : La Société des Amis de Bram Stoker. Grand
imagier il illustra des textes de Boris Vian, Edgar Poe, Verlaine et
même les évangiles!...

Ses
passions sont très diverses, il s’intéresse aux ombres chinoises, à la
magie, la démonologie, les mythologies populaires... En 1968, il ouvre,
rue du Château, une librairie spécialisée dans ces thèmes et dans la BD
de collection. Mais il ne tiendra ce commerce que pendant une année...
Il fut aussi taxidermiste ce qui l’amène à fréquenter le zoologiste
Bernard Heuvelmans. Jean Boullet est aussi un érotomane fasciné par les jeunes amputés...
Homosexuel flamboyant il a écrit: << Il y a trois pédérastes
comme il y a trois églises, la militante, la souffrante, la
triomphante. Je suis heureux d’appartenir à la troisième.>>. Tout
de cuir vêtu avant la mode, homosexuel extraverti, cyclothymique,
victime de quelques amitiés crapuleuses, il finit sa vie dans un
itinéraire foncièrement masochiste. On le retrouvera pendu à l’orée du
désert en Algérie en 1970.
La
plus grande partie de la production de Jean Boullet se compose de
dessins qui pour le coup peut être qualifié du trop galvaudé,
qualificatif de ligne clair. Il suffit à l’artiste de quelques traits précis pour évoquer un univers mystérieux ou un désir incandescent. Il a
néanmoins peint quelques huiles. On peut en voir deux dans l’exposition
(mais pas celle ci-dessous du portrait de Jean Marais dans lequel
curieusement Boullet semble pasticher le style des peintures de son
modèle) dont une d’un pope!
Les
superbes dessins que l’on peut admirer aujourd’hui sont plus lumineux
et joyeux que sans doute l’ était leur auteur. Le thème principale en
est l’érotisme homosexuel. Il ne sont pas sans rappeler ceux du livre
blanc de Jean Cocteau. Le marin y est au centre des fantasmes. Les
beaux garçons ne furent pas sa seule source d’inspiration, dans le
même temps Boullet est fasciné par la violence. Il a fait une série sur
les esclaves et une autre sur la guillotine...
Il dessine le plus souvent à la plume et à l’encre noire, avec
parfois des rehauts de couleur et pas toujours sur des supports nobles.
Ses formats, presque toujours rectangulaires excèdent rarement 40 cm
dans leur plus grande dimensions. On peut situer son travail de
dessinateur entre Aubrey Beardsley et Tom de Finlande. J’ai même trouvé
du Philippe Julian dans son interprétation graphique d’oedipe, à moins
qu’il y ai beaucoup de Jean Boullet dans les dessins de l’auteur du
“Dictionnaire du snobisme”...
Guitry
dans une formule lapidaire dont il avait le secret définit parfaitement
le style des dessins de Jean Boullet: <<... C’est dessiné comme
avec l’ongle et cependant il n’en est rien mais ce que ç’a d’aérien
vient de ce que Jean Boullet jongle.>>.
La
galerie publie un très beau catalogue où pour 35€ vous retrouverez
remarquablement imprimé, la quasi totalité de l’exposition. La préface
échevelée est signée par Denis Chollet qui est aussi l’auteur en 1999,
d’une passionnante biographie de Jean Boullet, “Jean Boullet, le
précurseur”, aux éditions France Europe Editions Livres,
rarement le style d’un biographe, ici échevelé, aura été autant en
parfaite adéquation avec celui de son sujet. On y croise un monde à la
Modiano, transfiguré par une écriture profuse.
.
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P.S.
L’excellente et indispensable émission de France-culture, “Mauvais
genres” a consacré en mai 2001 à Jean Boullet un de ses numéros. Si
vous en possédez l’enregistrement pensez à moi...
Sur ce site, bibliotheque-gay.blogspot.com/ on peut également voir un grand nombre de dessins de Boullet en particulier ceux de son recueil "Antineous".
Vous pouvez encore vous procurer le catalogue de l'exposition et toujours acheter des originaux de Jean Boulet à la bonne adresse ci-dessous.

Au bonheur du jour
du mardi au samedi 14h30-19h30
Galerie au bonheur du jour
11 rue Chabanais
75002 Paris
03 novembre 2009
partie de campagne
![[Farm+Journal+Cover+-+July+1936.jpg]](http://2.bp.blogspot.com/_f6_Pz_upqkg/Sl0i2qIMynI/AAAAAAAAAFk/iAv84U7r5hM/s1600/Farm%2BJournal%2BCover%2B-%2BJuly%2B1936.jpg)
02 novembre 2009
Baco Joven" (1872) par Joaquin Agrasot y Juan
![[Joaquín_Agrasot_-_Baco_joven.jpg]](http://1.bp.blogspot.com/_ZKwi2HpR3M8/SoiOL4bLm9I/AAAAAAAAJlk/OFfbTJ6vdPc/s1600/Joaqu%C3%ADn_Agrasot_-_Baco_joven.jpg)
Musée des Beaux Arts de Valencie, Espagne.
30 octobre 2009
L'arche de Huang Yong Ping à la chapelle de l'Ecole Nationale des beaux-arts
la chapelle de l'École des beaux-arts, a été construite par la
reine Margot. Les travaux commencèrent en 16o8. Elle devint, avec
Alexandre Lenoir, le Musée des monuments français (1795-1816), avant
d'accueillir, au sein de l'École des beaux-arts, des copies d’œuvres du moyen-âge et de la Renaissance italienne et française : « La porte du Paradis » dont
l’originale, réalisée par Ghiberti, orne le baptistère de Florence ou
encore « le Jugement dernier » de Michel-Ange par Xavier Sigalon. Tout cela donne au lieu un aspect bric à brac, sentiment que renforce souvent les installations qui y sont régulièrement présentées. Parfois on ne situe pas bien où s'arrête l'exposition permanente et où commence l'exposition temporaire... Ce n'est pas le cas avec l'installation de Huang Yong Ping, un des artistes de la galerie Kamel Mennour où l'on peut voir jusqu'au 19 décembre, une autre installation de Huang Yong Ping, "caverne" inspirée de la caverne de Platon. Pas de confusion possible, cette fois, car l'arche avec ses bestioles naturalisées tranche nettement avec les gisants poussièreux de l'endroit.

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Huang Yong Ping est un habitué des installations spectaculaires, mais elles ne furent pas toutes aussi agréables à regarder que celle-ci. On peut être surpris de voir ce chinois, installé en France depuis la fin des années 80, nourrir son art des grands mythes occidentaux...
Laissons la parole à Jean de Loisy, qui dans le dossier de presse, décrypte les intentions et les sources de l'artiste: << L'installation magistrale méditée par l'artiste pour la chapelle de l'Ecole Nationale des Beaux-arts de Paris a été inspirée par l'incendie de la célèbre maison parisienne Deyrolle spécialisée dans la vente d'objets d'histoire naturelle. Saisi par l'effet de la calcination sur l'aspect des animaux, l'artiste y vit figuré par ce hasard néfaste le vrai travail de la mort. Ce désastre le conduit à concevoir cette immense sculpture qui commente l'histoire de l'arche de Noé décrite dans la genèse, c'est à dire la condition du mal, du châtiment divin et de la rédemption au coeur d'un drame cosmique, le déluge...

... Le grand vaisseau est là, entouré des sommets de la mémoire occidentale. Fidèle à l'histoire biblique, il porte sur ses ponts la faune destinée à repeupler la terre. S'en approchant, le regardeur découvrira certains des animaux empaillés, défigurés, comme victimes d'une terrible tragédie. Le mât également, partiellement calciné, suggère que ce microcosme a été soumis à un drame...

... ici, il s'agit d'un bateau de papier. Comment dire plus littéralement que l'oeuvre se réfère à un livre mais aussi qu'appartenant au monde de l'enfance, elle est une fable. La géométrie du pliage selon laquel est construit le navire est l'expression de la raison, opposée aux pulsions animales qui nous constituent...
maquette de l'installation
L'arche de HYP transporte la vie mais aussi la violence fondamentale de toute organisation sociale. Par ce message pessimiste l'artiste retourne l'idée même de l'histoire sur laquelle il se fonde. Il disjoint l'alliance entre Dieu et les hommes. Aucune punition céleste n'a frappé l'arche, seule la violence inhérente à la vie collective est à l'origine de la barbarie mise en scène par l'artiste...

... Comme le signifie le titre: "Arche 2009", la rumeur tragique de notre présent accompagne ce monument dédié à nos faiblesses. On peut percevoir l'écho, par exemple de la destruction écologique majeure d'aujourd'hui, qu'autrefois le déluge symbolisa, ou la douleur des boat people, ou encore les conflits interminables qui manifestent notre incapacité à vivre ensemble...
... Ici donc l'artiste inverse le point de vue des mythes en observant ce que ceux-ci disent de nous mêmes, plutôt que ce qu'ils suggèrent de nos dieux. Il substitue ainsi aux aspects théologiques de ces récits fondateurs, une anthropologie, une réflexion sur l'homme.>> Jean de Loisy, juin 2009
Si j'ai mis la quasi intégralité de la note d'intention du dossier de presse c'est tout d'abord que pour une fois, elle est compréhensible et qu'en outre je suis à peu près d'accord avec ce qu'elle raconte. Il est bien certain que je n'ai pas vu tout cela en regardant, en tournant autour, en photographiant cette installation. En particulier la partie calciné de la chose, bien peu perceptible... Pourtant en voyant ces animaux naturalisés j'ai immédiatement pensé à Deyrolles, qui se trouve non loin de la chapelle des Beaux-art, rue du Bac. Je me réjouit d'ailleurs de la renaissance de cette maison dans laquelle j'avais fait de nombreuses photos il y a une quinzaine d'années; il faudra que je montre cela un jour... Au dela des interprétation cette installation est plaisante et on ne peut qu'espérer qu'elle aidera à sensibiliser le public sur les animaux en voie de disparition.
Entrée gratuite
jusqu'au 1er décembre 2009
chapelle de l'Ecole Nationale des Beaux-arts
de 13h à 19h
14 rue Bonaparte 75006 Paris.





































