02 septembre 2009
Jet Boy (Moments)
2001, 99 mn
Réalisation: David Schultz, scénario: David Schultz
Avec: Branden Nadon , Matthew Currie Holmes, Krista Rae, Shawn Anderson, Randy Birch , Artur Ciastkowski, Tom Edwards, Chris Enright, Mark Gabruch, Lynn Ivall, David Lereaney, Nancy MacDonald, Bruce McDonald, Roy Neilson, Valerie Planche, Kelly Rowan, Tania Sablatash, Carrie Schiffler, Joe Norman Shaw, Stephen Strachan, Dylan Walsh 
Résumé:
Nous faisons la connaissance de Nathan (Branden Nadon) alors qu’il se prostitue le jour de ses treize ans à Calgary, Canada. Nous nous apercevons très vite que c’est surtout un garçon en quête d'amour. Lorsque sa mère meurt d'une overdose, Nathan part à la recherche de son père qu'il n'a jamais connu. Sur sa route, il croise Boon Palmer (Dylan Walsh), un homme dans la trentaine au coeur dur et au passé douteux, qui a lui aussi vécu une enfance difficile. Boon Palmer est en route pour Vancouver. Nathan convainc Boon de l’emmener avec lui. Ils s’arrêteront dans le village natal de Boon et ce détour changera pour toujours le cours de leurs vies... La Boon rend visite à son père mourant qui fut jadis un père brutal et autoritaire. Il revoit son amour de jeunesse qui élève seul un fils de l’âge de Nathan. Ce dernier se lie d’amitié avec Boon qu’ Il soupçonne d'être un trafiquant de drogue. Il ne comprend pas pourquoi Boon ne veut pas de relations sexuelles avec lui. Peu à peu, il se crée un lien très fort entre eux deux. Boon a une véritable affection pour Nathan qu’il veut aider. Nathan découvre que Boon est en fait un policier sur la piste d'un gros trafiquant de drogue. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure et Nathan continue à prendre des risques dans la rue, jusqu'au jour où il en prend trop...
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The movie at IMDB ( link )
L’avis de Bernard Alapetite:
Le principal atout de “Jet boy” est ses acteurs, tous très convainquant à commencer par Branden Nadon le héros du film qui pour son premier film, est capable de jouer toutes les émotions et dont la bouille et les mimiques n’est pas sans rappeler le héros de “Pixote”. Branden Nadon est aussi apparu dans la mini-serie pour la télévision “Living with the Dead” et il a joué un petit rôle dans “Agent Cody Banks” en 2003, depuis plus rien et c’est bien dommage.
L’autre point fort du film est que nous croyons d’emblée à l’authenticité, profonde et sincère de la relation entre ses deux personnages principaux

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La réalisation est très propre, nombreux décors et personnages, images lumineuses, malheureusement un peu granuleuses, cadrages soignés, bon éclairage et surtout “Jet boy” bénéficie d’ un montage très précis qui permet aux images d’être immédiatement signifiantes et cela sans lourdeur.
Si le réalisateur est un maître de l’ellipse on peut regretter sur un tel sujet la pudibonderie américaine. A force de ne rien montrer, il est bien difficile de montrer la prostitution du garçon comme une situation épouvantable, idem pour la drogue. Il est certes difficile pour un sujet comme celui-ci en trop montrant d’échapper au voyeurisme mais à trop édulcorer on ne sait plus de quoi on parle.
Dave Schultz a déjà écrit avant ce scénario une dizaine d'autre, on voit qu'il connait son affaire. "Jet boy" est en revanche son premier film en tant que réalisateur. En 2008 il a tourné sont deuxième film, 45 RPM.

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Le scénario un peu trop touffu, ne semble pas très crédible principalement en raison de l’âge du héros et la facilité avec laquelle Nathan échappe à toute les structures de la société semble impossible pour un garçon de 13 ans dans un pays développé comme le Canada. Mais si l’on considère plus”Jet boy” comme un vrai mélo que comme un film naturaliste, on s’intéresse à cette histoire car elle est bien menée. Le scénario nous ménage bien des surprises car pendant quelque temps, nous ne savons presque rien des gens que nous voyons sur l’écran et puis au fil des minutes nous apprenons beaucoup de choses, et jusqu’au bout nous aurons des surprises et des révélations.
On peut trouver la fin un peu trop rose pour un film aussi âpre; on peut aussi penser que dans la vie comme dans un film le pire n’est pas inéluctable.
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22 août 2009
Tan Lines (mise à jour 2)
Australie, 2006, 97mn
Réalisation: Ed Aldridge, scénario: Ed Aldridge, Musique originale:The Mares, images: David Gacs, montage: Rolmar Baldonad
Avec: Jack Baxter, Lorena Arancibia, Dan Masters, Curtis Dickson, Harry Catterns, Joshua Bush, Daniel O'Leary, Lucy Minter
Résumé
Dans un petit bled de la cote australienne (dans une île?) deux adolescents, les meilleurs amis du monde, glandent au début des vacances d’été. Les seules distractions sont pour les jeunes le surf et la bière. Pour les vieux il reste la bière! L’un des deux garçons, issu de la classe moyenne, Paul, ( Curtis Dickson ) annonce à son copain Midget ( Jack Baxter ), qui vit dans un gourbi dans lequel il partage l’unique lit avec sa mère, que son frère Cass ( Daniel O'Leary), après quatre ans d’absence, revient au village. On comprend vite que ce garçon a du fuir le pays à cause de son homosexualité. Il rentre à la maison où ses parents sont partis ... en vacances. Midget très travaillé par le sexe, il tente de goûter concomitamment aux filles et aux garçons avec des bonheurs mitigés, jusqu’au moment où il s’aperçoit qu’il est amoureux de Cass...
L’avis de Bernard Alapetite
“Tan lines” où comment l’amateurisme et la précipitation peuvent gâcher un film. Je dis bien gâcher car il y avait un bon potentiel dans cette histoire située dans un microcosme inédit au cinéma et doté d’un superbe décor (complètement sous employé). Elle a en plus la chance d'être servie par des comédiens, pour la plupart débutants, qui sont toujours très justes, aidés en cela par des dialogues d’un parfait naturel.
Malheureusement, probablement par hâte d’arriver au tournage, ce qui est le défaut des metteur en scène débutants, le réalisateur, qui est aussi le scénariste, n’ a pas assez travaillé son texte. S’il parvient bien, par quelques courtes scènes, à la fois à brosser le portrait de cette petite communauté et à rendre les rapports entre les “bourgeois” du village et Midget, le fils de la marie couche toi là locale, excellente idée de cinéma de nous montrer cette mère absente seulement endormie sous des couvertures, son visage n’apparaissant jamais, il abandonne trop de pans de son histoire. Alors qu’il nous présente dans le bon début, Midget et Paul comme deux potes inséparables, Paul disparaît quasiment de la deuxième moitié du film, ce qui rend par contre coup la fin artificielle. Aldridge nous assène des évidences, comme la religiosité de Cass qui sans explication, dans ce contexte, ne le sont pas du tout. Des personnages ne sont pas assez développés comme le gay patenté du groupe (Midget ne l’est pas “officiellement” ou le professeur avec lequel Cass à eu une aventure quatre ans auparavant (il y a un nombre de pédés surprenant dans les trous perdus de la côte australienne!).
Il aurait gagné par contre couper dans les scènes de surf, bien mal filmées et dans celles de skate parfaitement inutiles, là sans doute pour faire joli, ce sont en effet les seules bien cadrées. Car le vrai et immense défaut du film est l’indigence de son filmage. Deux symptomes révèlent l'amateurisme d'un réalisateur, d'une part une figuration étique, sur ce point rien à dire bien au contraire dans "Tan lines" et surtout un éclairage déficiant avec sous exposition chronique dans les intérieurs et des fréquents contre jour dehors; ce que nous retrouvons ici. Il faut dire une fois pour toute aux apprentis cinéastes que l’on ne fait pas un film sans éclairage. Avant le cadre, une belle image, et même parfois une image seulement lisible, c’est avant tout de la lumière. Pour les extérieurs le soleil ne suffit pas , surtout sans déflecteurs; et pour les intérieurs la loupiote de la chambre ne peut en aucun cas illuminer une scène d’amour. C’est bien ce que semble ignorer Ed Aldridge. Ce qui nous vaut des scènes de sexe pas du tout torrides comme l’indique d’une façon mensongère la jaquette du dvd (édité par BQHL), tant elles sont mal éclairées et mal cadrées comme tout le reste, d’autant que ce sont les seuls moments où les acteurs sont peu convaincants, ne voulant sans doute pas passer pour des gays! Le film est presque constamment sous exposé.
Les deux premières photos ci-dessouss peuvent induire en erreur. Elle ne sont pas extraites du film et leur éclairage ne correspond en rien à ce dernier contrairement à la troisième.
Autre conseil aux personnes ayant des velléités de réalisation, avec le chef op. et le chef électro (le maître de la lumière sur un plateau) une autre personne est indispensable sur un tournage, la scripte, ici, s'il y en avait eu une, elle aurait vu qu’entre deux images la barbe du joli midget, qui pourtant n’en a pas beaucoup, avait poussée!
Le réalisateur à la
bonne idée de faire suivre son générique par une séquence de dessins
animés très réussis sur lequel on entend un monologue en voix off d’un
garçon face à sa mère. On comprendra immédiatement après qu’il s’agit
de Midget et de sa mère. Malheureusement sans doute pour montrer que
c’est un petit malin des effets spéciaux il nous inflige un dialogue
entre son héros et la photos du pape dont il a pris le soin de faire
bouger la bouche, hideux et grotesque!
On ne s’ennuit pas dans Tan Lines, il faut dire Jack Baxter est bien mignon, il est seulement triste qu’il soit aussi mal filmé.
http://www.imdb.com/title/tt1035498/
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14 août 2009
Un amour à taire
France, 2005, Durée : 110 mn.
Fiche technique :
Réalisation
: Christian Fauré. Scénario : Pascal Fontanille et Samantha Mazéras,
sur une idée de Pascal Fontanille. Image : Svetla Ganeva. Montage :
Jean Daniel Fernandez Qundez, Jean Pierre Fénié. Décors : Sébastien
Buhler.
Avec Jérémie
Rénier, Louise Monot, Bruno Todeschini, Michel Jonasz, Charlotte de
Turckheim, Anne Girouard, François Arumburu, Flannan Obé.
Résumé :
Dans
le Paris de l’Occupation. Jacques (Nicolas Gob) aime Sarah (Louise
Monot), qui aime Jean (Jérémie Rénier), qui préfère Philippe (Bruno
Todeschini). Jacques et Jean sont frères. Leurs parents (Michel Jonasz
et Charlotte de Turckeim) tiennent une blanchisserie prospère. Jacques
trafique avec les allemands et les collaborateurs. Jean cache la juive
Sarah, amie d’enfance, dont la famille a été massacrée. Philippe est
résistant et obtient des faux papiers pour Sarah. Promenades à
bicyclette, soirées entre amis, au son des chansons de Charles Trenet,
des petits riens pour oublier la tristesse de l’époque... Philippe,
Jean et Sarah c’est un peu Jules et Jim au temps du vert de gris.
Jacques,
jaloux, dénonce Jean à la police sous un fallacieux prétexte. Celui-ci
est accusé, à tort, d’être l’amant d’un officier de la Wehrmacht.
Emprisonné, battu, torturé, il est envoyé dans un camp en Allemagne. Il
se révolte lorsqu’un de ses camarades, un triangle rose est abattu par
un gardien. En représailles, il est envoyé dans un camp encore plus dur
où les homosexuels servent de cobayes à des médecins pour leurs
expériences pseudo scientifiques. Poursuivi par la Gestapo, Philippe
est assassiné. Sarah, restée seule, épouse Jacques, dont elle ignore la
trahison. Elle en a un fils qu’elle appelle Jean...
L’avis de Bernard Alapetite :
Un Amour à taire
est une des plus belles réussites, en matière de fiction, de la
télévision française depuis qu’elle existe. Et cela en grande partie
grâce à son scénario dont la densité, la richesse aux multiples strates
empêche que l’on enferme ce film dans un genre. Il les transcende tous.
À la fois film sur la déportation, sur l’homosexualité pendant la
dernière guerre, saga familiale... mais surtout Un Amour à taire est
un film d’amour, amour fraternel, amour homosexuel, amour
hétérosexuel... Bien des aspects de cette époque trouble sont évoqués,
toujours avec exactitude et sans lourdeur : marché noir, lâcheté d’une
grande partie de la population, compromission de beaucoup,
enrichissement ignominieux de quelques uns par le biais du pillage ou
de l’aryanisation des biens juifs... Le film aborde même des sujets
très rarement, ou pas du tout évoqués dans les fictions, comme le
retour des déportés et les expérimentations des médecins fous dans les
camps.
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La
grande idée du scénario est d’avoir fait du personnage féminin le pivot
de la relation amoureuse des deux garçons. Leur amour est vu par le
regard d’une femme aimante.
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Le scénariste, Pascal Fontanille, pour la partie se déroulant dans le camp, s’est beaucoup inspiré de Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel (Calmann-Lévy, 1994) et aussi de Bent (dvd ed. KVP). Christian Faure nous avait déjà convaincu de son savoir-faire avec Juste une question d’amour. Le film possède les mêmes qualités que Juste une question d'amour : un scénario très bien écrit, une mise en scène sobre et des comédiens parfaits. Un Amour à taire
est autant une histoire de famille qu'un film historique et pourtant
l'émotion ne vient pas brouiller le témoignage historique. La maîtrise
technique de Christian Faure est indéniable. Son film est très bien
découpé. Il ne baisse jamais de rythme. Les mouvements de caméra,
toujours précis, ne sont jamais inutiles et toujours au service du
scénario. La reconstitution des intérieurs est soignée, avec une
mention spéciale pour celle du cabaret homosexuel, aussi juste que sans
doute très surprenant pour la plupart des spectateurs. À signaler dans
cette séquence la prestation du comédien (Flannan Obé) qui interprète
le personnage de Raymond, sorte d’ange androgyne de la mort qui sans le
vouloir précipitera le drame.
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Tournage
en Bulgarie oblige, la reconstitution d’un coin de Paris sent un peu
trop son décor et les scènes de rue sont souvent victime de ce que
j’appelle le syndrome Butte Chaumont : c’est-à-dire le passage obligé
d’une charrette ou d’un vélo, selon l’époque, au premier plan dès que
le héros apparaît dans la rue, mais ce ne sont là que vétilles en
regard de la grande qualité du film et en particulier de la
distribution. Si Nicolas Gob et Louise Monot n’ont pas volé leur prix
de jeunes espoirs au festival de Luchon, la vraie révélation est
Charlotte de Turckheim d’une grande sobriété. Sa poignante prestation
rappelle la surprise que l’on avait eu en découvrant qu’Annie Cordy
pouvait être surtout une comédienne dramatique. Michel Jonasz, avec
beaucoup d'humanité et une grande retenue dans le jeu, interprète le
père de Jean et Jacques. Olivier Saladin est extraordinaire en salaud
ordinaire. Il serait temps que l’on s’aperçoive que Bruno Todeschini
est l’un des meilleurs comédiens de sa génération.
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Il
est dommage qu’une scène entache la rigueur historique du film et que
la jaquette du dvd renforce ce faux pas. En effet, si la persécution
des homosexuels par les nazis n'est pas contestable, et doit être
rappelée (voir Le paragraphe 175, dvd ed. Eklipse).
Il est bon de préciser quelle était la loi en France pendant cette
période et sur ce point. Le régime de Vichy a pénalisé l'homosexualité
par l’intermédiaire de la loi connue sous le nom de « loi Darlan », la
loi n° 744 du 6 août 1942 qui interdisait les « actes contre-nature
avec un mineur de son sexe âgé de moins de 21 ans ». Il s'agit ainsi
davantage d'une définition discriminatoire puisque, c'est un fait, il
n'en allait pas de même pour les relations hétérosexuelles de la
protection des mineurs que d'une prohibition de l'homosexualité à
proprement parler. Prohibition qui existait alors dans la loi allemande
mais aussi dans le code britannique. Quant à la déportation
homosexuelle orchestrée par le régime nazi, en application du fameux
paragraphe 175 du code pénal allemand de 1871 qui interdisait les
relations sexuelles entre hommes, elle n'a concerné en France que les
homosexuels d'Alsace et de Moselle, territoires, qui, après l'armistice
de 1940, faisaient partie intégrante du Reich allemand. En dépit de
tous les crimes dont il s'est rendu complice, le régime de Vichy n'a
pas déporté les homosexuels en tant que tels. Souvenons-nous aussi que
c’est le pouvoir gaulliste qui, en 1961, avec L’amendement Mirguet
qualifie l’homosexualité de « fléau social » et donne au gouvernement
le droit de légiférer par décret pour la combattre. Je ne peux résister
au plaisir de vous communiquer un extrait significatif de
l’intervention à l’Assemblée Nationale de cet éphémère député : « Au
moment où notre civilisation dangereusement minoritaire dans un monde
en pleine évolution devient si vulnérable, nous devons lutter contre
tout ce qui peut diminuer son prestige. Dans ce domaine, comme dans les
autres, la France doit montrer l'exemple. C'est pourquoi je vous
demande d'adopter mon sous-amendement. Le Parlement marquera ainsi une
prise de conscience et sa volonté d'empêcher l'extension de ce fléau
par des moyens plus efficaces, à mon sens, que la promulgation de
textes répressifs ». Il fallut attendre François Mitterrand et Robert Badinter pour que soient abolies ces lois iniques.

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En
conséquence, la scène de l’appel des triangles roses pour aller se
faire rééduquer avec une majorité de noms français est une erreur
historique. Aucun français, mis à part, répétons-le, des mosellans et
des alsaciens, n’a porté le triangle rose (ce qui n’enlève rien au
crime nazi). Jean ne porte le triangle rose que lorsqu’il endosse la
veste d’un détenu alsacien qui vient d’être abattu par un S.S. Le
scénariste, d’ailleurs, aurait du éviter d’emprunter cette scène au
final de Bent (dvd ed. KVP). La confusion est
renforcée par le fait que c’est justement cette scène qui a été choisie
pour illustrer la jaquette du dvd et que l’on a cru bon de faire
surplomber la tête de Jérémie Renier, qui interprète Jean, d’un
triangle rose ! Pourtant Jean Le Bitoux, conseiller historique du film,
insiste bien, dans le passionnant making of, sur le fait que Jacques
n’était déporté que parce qu’il est soupçonné d’avoir eu une liaison
avec un officier allemand, d’avoir corrompu la race aryenne en quelque
sorte. C’est un peu la même histoire qui arrive au malheureux héros du Plus beau pays du monde.

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Ce
téléfilm réalisé par Christian Faure a été multi primé au Festival de
Luchon 2005 : Prix spécial du jury, Prix du public, meilleur scénario,
jeune espoir féminin (Louise Monot), jeune espoir masculin (Nicolas
Gob). On peut regretter que Jérémie Rénier n’ait pas été distingué,
magnifique acteur qui porte le film sur ses épaules.

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Le
dvd est paru chez Optimale. L'image est superbe. Le son bénéficie d'une
piste 5.1. Le making of est un modèle en son genre d'une heure vingt,
il suit pas à pas l’élaboration du film. Les interventions de Jean Le
Bitoux, bien qu’un peu trop militantes, sont très intéressantes.

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13 août 2009
JOHNS
USA, 96 mn, 1996
Réalisation: de Scott Silver, scénario: Scott Silver, directeur de la photographie: Tom Richmond, ingénieur du son: Mike Moser, musique: Charles Brown et Danny Caron, directeur artistique: William P. Paine, Monteur: Dorian Harris
avec: Lukas Haas, David Arquette, Keith David, Elliott Gould, Arliss Howard, John C. McGinley, Wilson Cruz, Terence Dashon, Richard Kind
Résumé
John (David Arquette) tout comme son ami Donner (Lukas Haas) est SDF et vit de prostitution sur Santa Monica Boulevard à Los Angeles. Et aujourd’hui, il compte gagner un maximum d’argent car demain c’est Noël et son anniversaire. Une double fête qu’il projette de célébrer en passant une nuit dans l’hotel le plus luxueux de la ville. En attendant il décide de piquer un petit somme sur la pelouse d’un parc public par ce matin ensoleillé.
Au réveil , il s’aperçoit que ses tennis porte-bonheur et son argent ont disparu. Avec ces chaussures à ses pieds, rien de mauvais pouvait lui arriver, mais à présent, il doit faire face à une nouvelle journée d’errance. Ce n’est pas le ”pied” de tapiner les pieds nus. Ces chaussures seront le fil rouge ténu du film.
L’avis de Bernard Alapetite
Johns est le premier long métrage de Scott Silver après plusieurs courts et de nombreux documentaires pour les télévisions américaines. Il a réalisé depuis un autre film, Mod squad. Il a rédigé son scénario après moult interviews de prostitués de Santa Monica Boulevard. On apprend ainsi que tous les tapins du célèbre boulevard se font appeler john d’où le pluriel insolite du titre. Ce parti pris documentaire est très présent dans le film beaucoup plus que dans My private Idaho ou que dans Hustler white auxquels on ne peut s’empécher de penser. Johns est plus proche de Macadam cow-boy dont il plagie la fin avec talent. On peut repérer d’autres influences comme celles de Flesh et de L’épouvantail et une citation de Murs Murs d’Agnès Varda.
Laissons Scott Silver raconter la genèse de son œuvre: << J’ai écrit le scénario de Johns lors de mon premier Noël à Hollywood. Un matin en roulant sur Santa Monica boulevard, j’ai vu des jeunes mecs qui tapinaient. Ces gamins incarnait pour moi la solitude et la marginalité. Je décidais d’en faire une histoire, une histoire d’amitié et d’amour dans un univers dépourvu d’humanité... Je voulais que les deux personnages principaux vivent une amitié dans un contexte dur où l’amitié n’existe quasiment jamais... Je suis allé dans les quartiers chauds où les garçons se prostituent, équipé d’un magnétophone et lesté d’argent liquide. La plupart de ces jeunes sont armés et défoncés. Je les payais pour qu’ils me parlent...>>.
Johns nous plonge crûment dans le monde de la prostitution masculine. On découvre que les personnes les plus dangereuses ne sont pas forcément les prostitués aux abois mais leurs michetons aux appétits sexuels souvent incontrôlables et qui, une fois qu’ils ont payé, se lâchent gravement. Johns décrit ce quotidien voué aux agressions continuelles, dominés par la méfiance et la peur. Il dénonce le pouvoir destructeur de l’argent et met en lumière les chimères dérisoires qui se consument à petit feu au fil du récit. Les clients paient souvent pour s’extirper du carcan de la honte et de la haine de soi, mais aussi pour s’autoriser, dans la parenthèse de la passe, toutes les cruautés giflant, poignardant ou tuant ce partenaire qui n’est séduisant que parce qu’il est offert. On peut néanmoins regretter la dimension catholique du film peu convaincante mêlant sans trop y croire ange gardien black, péché, rédemption et autres bondieuseries.
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La caractéristique principale du film est la litote cinématographique; nous ne verrons aucun acte sexuel pas plus que de nudité; la violence omniprésente ne sera pas exposée mais pèse sur tout le film. Pourtant on comprend tout du sordide de la vie des deux garçons. L’argent, l’amour, la solitude constituent trois thèmes qui hantent le film qui respecte la règle des trois unités du théâtre classique: le temps: Quasiment trois jours: La veille de Noël, le jour de Noël et le lendemain; cette contrainte un peu gratuite nuit à la vraisemblance du scénario; le lieu: Le triste Santa Monica boulevard, en fait le film a été tourné à West Hollywood et dans les environs à South Central, plus sûr que Santa Monica boulevard; L’action: pour John trouver de l’argent pour ne pas se faire tuer. Mais survivre n’est pas vivre. John l’apprendra à ses dépens alors que Donner plus assuré dans son amour pour lui, survivra justement parce qu’il ne cherchait que l’amour de John dont il conservera les chaussures volées comme un talisman. La caméra de Johns est un témoin : elle suit nos deux personnages, leurs passes, leurs attentes, leurs engueulades, leurs fuites. Ce qui en fait un film très fluide, loin des clichés et de la joie de vivre des prostitués fantasmés par certains réalisateurs...
Cette retenue est l’une des deux grandes forces de ”John” l’autre est l’excellent casting. Avec une mention toute particulière pour le craquant à croquer Lukas Haas. Souvenez vous c’était l’épatant petit garçon de Witness pour lequel, comme dans Johns, nous tremblions déjà en 1984 depuis nous l’avons aperçu dans 24 heures chrono et surtout dans le trop célèbre Last days de Gus Van Sant. Dans Johns, Lukas Haas possède une gracieuse et légère féminité qui apporte beaucoup d’émotion à son rôle même si celle-ci est canalisée par la réalisation. Son look quelque peu années 70, ajoute une note de nostalgie qui touchera bien des spectateurs. Il donne aussi une intemporalité au film, renforcé par l’absence de références au sida. Cette apparence lui confère aussi une sorte de désuétude et de naïveté qui convient à son personnage de gay largué et amoureux, prêt à tout pour aider son ami, et qui rêve, comme dans Macadam cow-boy, d’un Éden où il sera seul à se rendre avec celui qu’il aime. Donner est un vrai romantique. S’il se prostitue, c’est qu’il n’avait nulle part où aller, rien à faire, après avoir été rejeté par sa famille, sa petite ville, en raison de son homosexualité. On apprend tout cela avec légèreté au détour d’une conversation avec John. Là sur le trottoir, il a gagné son indépendance, une identité, une famille presque! Si David Arquette est lui aussi remarquable, on peut tout de même constater qu’il parait à la fois, peut être un peu trop âgé ,surtout qu’il claironne ses 21 ans, et que son physique est lui aussi peut être un peu juste pour vivre de ses charmes sur Santa Monica Boulevard.
Le casting de Johns en outre nous offre une délicieuse surprise: dans le rôle de Paul, réceptionniste du ”Plazza Hôtel” où John rêve de passer son anniversaire, nous découvrons Richard Kind, le Paul Lassiter de Spin city, avec sa bouille de grenouille et sa voix pleine de componction. Ce n’est sans doute pas un hasard si nous le retrouvons avec le même prénom que dans la série, Paul. Il lui suffit de 5 minutes pour créer un personnage inoubliable.
Un autre acteur du film, Wilson Cruz a connu une situation proche de celle qu’il joue dans Johns. Il a annoncé son homosexualité à son père qui l’a jeté dehors un 24 décembre et il a côtoyé le milieu des prostitués. Aujourd’hui c’est un des rares acteurs américains ouvertement gays. On l’a vu dans plusieurs séries télévisées notamment récemment dans la série gay Noah’s arc mais aussi dans Party monster ou il est le bel assassiné Angel et dans le Nixon d’Oliver Stone dans lequel il joue “le valet” de J. Edgar Hoover...
Alors entre le réalisme social et le conte de Noël noir à la façon d’un Dickens, Johns C'est surtout une histoire (racontée en voix off par Donner), avec des vieux dégueulasses, des sapins de Noël et la fatalité... bref une histoire d'aujourd'hui.
WinStar Home Entertainment a édité le dvd aux USA.
Film File Download: 'Johns'
| Method 1.) File Self Extraction. (For PC) Download files into the same folder. then click on the 'xxxx.part01.exe' file and the film will self extract. (For Mac) You will need a Command Line Archiver like Rar for Mac OS X' |

'Johns'
Original Motion Picture Soundtrack Selections
(featuring blues great Charles Brown)
El deputado

Espagne, 1978, 108 mn
Réalisation: Eloy de la Iglesia, scénario: Eloy de la Iglesia et Gonzalo Goicoechea, Directeur de la photographie: Antonio Cuevas, Montage : Julio Peña
Avec: Jose Sacristan, María Luisa San José — Carmen Maria Luisa San José , Ángel Pardo, José Luis Alonso, Agustín González, Enrique Vivó , Queta Claver, Ángel Pardo, Juan Antonio Bardem, Antonio Gonzalo, Fernando Marín, Aldo Grilo, Ramón Reparaz, Fabián Conde, Alejo Loren, Ramón Centenero
Résumé:
En Espagne dans les derniers temps du franquisme, Roberto Orbéa est un membre actif d'un parti de gauche. Il est mis en prison où il fait la connaissance de Nes, et cède à ses penchants homosexuel. La mort du dictateur le fait sortir de prison. Son parti accède au pouvoir, et il devient un homme politique très reconnu. L'homosexualité étant très taboue à l'époque, il tente de reprendre une vie « normale » avec sa femme. Mais Nes lui présente un jeune homme dont il tombe éperdument amoureux. Sa femme finit par le découvrir, et lui propose de vivre leur histoire à trois. Roberto connaît une courte période de bonheur, mais l'extrême droite, qui a appris son homosexualité, intrigue pour le faire chuter. Il prend conscience, en tombant amoureux d’un jeune prostitué issu du lumpenprolétariat, qu’il doit absolument faire son coming out s’il veut être en accord avec ses principes politiques...


L’avis de Bernard Alapetite:
Inspiré par des événements vrais, l'EL Diputado est le premier film ouvertement gay espagnol. Tourné dans la période de l’immédiat post-franquisme. Alors que la plupart des français qui ne sont pas féru de films d’horreur, il est l’auteur de Cannibal man, n’ont jamais entendu parler d'Eloy de la Iglesia il a pourtant gagné quelque chose comme une réputation de cinéaste culte dans le monde entier pour être l’un des premiers cinéastes à traiter d’une manière explicite l'homosexualité. De la Iglesia a par le passé appartenu au parti communiste espagnol. El Diputado rassemble ses prédilections politiques et sexuelles dans un mélange passionné et passionnant. Curieusement le film a connu un certain succès commercial aux États-Unis et en Amérique du sud. C’est aussi le film techniquement le plus ambitieux de sa filmographie. Le film est constitué par de nombreux retours en arrière. Roberto Orbea (Jose Sacristan) , le héros, se souvient de ses dernières années. En dépit de nombreuses d'années à dissimuler ses convictions politique, il est socialiste. Pour cela Roberto Orbea est emprisonné. Dans la promiscuité de la prison il réalise qu’il est homosexuel en dépit des efforts qu’il fait pour réprimer ses pulsion. En tant qu’ avocat et ancien militant clandestin il émerge, dès la fin de l'ère Franquiste, en tant qu’un des principaux dirigeant du parti socialiste espagnol. Il cache son homosexualité à son parti, et à sa femme (Maria Luisa San Jose) qui partage son engagement politique. Mais Roberto ne résistent pas à un beau jeunes garçons, un joli adolescent appelé Juanito (Jose L. Alonso). Ce dernier est manipulé par des membres d’un parti de droite qui s’oppose au socialiste et pensent déconsidérer leur adversaire en faisant éclater un scandale de moeurs impliquant une personnalité socialiste de premier plan. De Iglesia fait le parallèle entre la clandestinité politique de Roberto à l’époque du franquisme avec celle qu’il vit sur le plan sexuel alors qu’il est un des leaders politiques du nouveau régime démocratique espagnol. L'appartement qui a servi jadis passé pour héberger des camarades recherchés par la police franquiste devient un endroit pour les rendez-vous amoureux de Roberto et de Juanito. Sur des affiches, Marx et Lénine regardent sévèrement les ébats sexuels des deux hommes... A ce propos, El deputado est une bonne occasion d'observer les contradictions entre l'esprit libertaire du film et le "dogmatisme" avec une touche d'hypocrisie du parti communiste sur le sujet de l’homosexualité...
Eloy de la Iglesia est tout à fait brillant à nous faire ressentir l'appel de la chair que ressent Roberto, homme entre deux âge, pour ce jeunes garçons. De même qu’est finement évoqué, en quelques scènes, le rapport entre Roberto et sa belle épouse Carmen. Leur rapport est ancré dans l'amour véritable l'un pour l'autre. Carmen est déterminé pour explorer n'importe quelle voie qui permettra à leur mariage de survivre. Sous la tutelle de Roberto et de Carmen, Juanito se transforme de gigolo en un garçon assidu des librairies, un admirateur d'art moderne et un mélomane averti... Tout cela est fortement improbable et relève plus du fantasme de micheton que de la réalité et c’est la seule vraie faiblesse du scénario quant à sa crédibilité. En même temps sa conscience politique augmente. pour initialiser. Il se rend compte qu'il a été manipulé et que son amour pour Roberto est devenu sincère. Il rejette ses anciennes opinions. La scène paroxystique du film voit Roberto, Juanito et Carmen dans un baiser à trois symbolisant leur libération et leur réconciliation.
Le film a soulevé un tollé de protestation lors de sa sortie en salle en raison surtout de sa description explicite des actes homosexuels et aussi pour opinions politiques pro-Marxiste. Le film a également gagné en notoriété parce qu'il semble raconter l'histoire de plusieurs figures bien connues dans la société politique espagnole. Nombre de spectateurs l’on alors vu comme un film à clés et se sont perdus en moult supputations.
Eloy de la Iglesia était un membre du parti communiste espagnol ; ses films de cette période reflétaient ses opinions politique et ont souvent porté sur les formes violentes de protestation sociale.
Dans El deputado on le voit s’éloigner du PCE pour rallier le socialisme. Le film est un formidable tableau de l’ effervescence politique qu’il régnait alors dans un pays où la démocratie pouvait encore paraître fragile. El deputado a également pris note de l'introduction des nouvelles théories soutenues par les socialistes sur le rôle du terrorisme dans le nouveau contexte européen. Ce n'est pas pour rien qu’ Orbea est présenté comme un avocat qui a défendu l'ETA durant le fameux procès de Burgos. Toutefois, après l'avènement de la démocratie, les motivations de l'ETA ont été disqualifiés. L’organisation devient ”suspects gauchistes" et leurs actes de violence sont dénoncés comme "crimes contre la vie" en conformité avec le rejet de l’Europe entière de ces pratiques après l'assassinat d'Aldo Moro en Italie.
.
Eloy de la Iglesia est un cinéaste , en marge des principaux courants et des tendances esthétiques dominantes, il a pu mener à bien une œuvre personnelle et prolifique, à cheval entre cinéma d’auteur et cinéma populaire, intégrée dans l’industrie cinématographique mais traitant toujours de sujets tabous ou polémiques. Il est titulaire d’un Master of Arts de l'Université Complutense de Madrid, et il a également étudié à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques de Paris. Il a fait ses premiers pas comme scénariste pour des émissions pour enfants pour la télévision. C’est cet environnement qui lui a permis de faire son premier film à 22 ans, en 1966 avec Fantasía 3, adaptation d’ un roman de L. Frank Baum. Mais le réalisateur connaît une plus grande liberté d'expression lors de la transition démocratique espagnole qui va de 1975, l’année de la mort de Franco, à 1982, date de la victoire du PSOE aux élections législatives. Cette période faisait évidemment grand cas de la sexualité, ouvrant les écrans, en passant, à une représentation de corps , quoiqu’essentiellement féminins, inédite dans ce pays. Bien des films mettant en scène soit des homosexuels, soit des bisexuels, soit des transsexuels, soit des travestis, eurent du succès dans l’Espagne de la Transition, même si tous n’étaient pas des parangons de modernité. Alors que “El diputado”, qui eut un succès considérable, propose, lui, un regard politique sur le corps masculin, mais un regard non exempt de désir. On peut considérer Eloy de la Iglesia comme le cinéaste emblématique de cette période pendant laquelle il réalise pas moins de dix films dont plusieurs traitent principalement de l'homosexualité, comme “Los placeres occultos” (1976) ou “El diputado” (1978). Les sujets préférées du cinéaste ont été ceux touchant les relations de classe et l'oppression sociale par l'état. Mais il semble que petit à petit une sorte d’obsession sexuelle à éclipsé les opinions politiques du cinéaste A partir du milieu des années 70 les films de la Iglesia se sont de plus en plus concentrés sur l'homosexualité et les problèmes sociaux tels que la délinquance juvénile et la toxicomanie.
La marginalité sous toutes ses formes est une thématique au cœur de sa réflexion sur les rapports entre l’individu et une société répressive. Cette interrogation sur l’identité de l’homme au sein de la société le conduit également à réfléchir sur la place de l’individu au sein de groupes sociaux plus restreints, comme le couple et la famille. Dans tous les films d’Eloy de la Iglesia, on trouve des personnages qui transgressent les règles sociales ou morales imposées ou communément admises par la majorité. S’écarter de la norme, la remettre en cause, est une façon de proclamer sa liberté individuelle.![]()
Eloy De La Iglesia frente a la boca de Metro de Chueca (Madrid)
Il obtient un succès en 1983 avec, El Pico qui traite de la drogue. À 57 ans Eloy de la Iglesia adapte Caligula d’Albert Camus qu'il compare à son personnage majeur de son film Navajeros (1980). On lui doit aussi De la Iglesia a fait face à la toxicomanie lui-même dans les années 80 et a même cessé de faire des films pendant un certain temps. Mais son accoutumance au cinéma devait être plus forte que celle pour les drogues, puisque par la suite il s’est sevré des drogues et a repris sa carrière. En 2003, après 16 ans d'absence, au cinéma il revient avec “L'Amant bulgare”, adapté de l'oeuvre romanesque d'Eduardo Mendicutti. Ce sera le dernier film d'Eloy de la Iglesia qui meut en 2006. Sa filmographie est riche de 22 longs métrages. Le Festival du Film de San Sebastian lui a consacré un hommage et une rétrospective en 1996 ce qui a été très important pour sa reconnaissance. En 2003, à Paris, le festival de l’étrange a consacré, en sa présence, également une rétrospective à ce cinéaste qui ne peut être comparé qu’à Fassbinder....
Web: Cast, Bios and Additional Details at IMDb
Langue: espagnol, sous titres en anglais
Film Clip:'The Deputy (El Diputado)'
.
Download & Extract Film Files: ''The Deputy (El Diputado)'
.
| Method 1.) File Self Extraction. (For PC) Download files into the same folder. then click on the 'xxxx.part01.exe' file and the film will self extract. (For Mac) You will need a Command Line Archiver like Rar for Mac OS X' |
| Method 2.) Download files & rejoin with a program like HJ Split/Join (For PC) and (For Mac) either MacHacha or Split and Concat. |
09 août 2009
Des Fleurs Pour Un chant d'Amour
l'hommage de Stéphane Marti, à Jean Genet, avec Thomas Lagrève et Samuel Ganes.
05 août 2009
L'EVEIL DE MAXIMO OLIVEROS (Ang Pagdadalaga ni Maximo Oliveros) mise à jour

Philippine, 2005, 1h 40
Réalisation:
Auraeus Solito, scénario: Auraeus Solito & Michiko Yamamoto,
Directeur de la photographie: Nap Jamir, Musique: Pepe Smith, Montage:
Kanakan Balintagos, Clang Sison & JD Domingo
Avec: Nathan Lopez, Soliman Cruz, JR Valentin, Ping Medina, Bodgie Pascua, Neil Ryan Sese

Résumé
Dans
un quartier pauvre de Manille, Philippine, Maximo 12 ans (Nathan Lopez)
très féminin est le garçon à tout faire de sa famille de petits
voleurs. Il fait le ménage, la cuisine, la lessive, recoud leurs
vêtements, et parfois même, leur sert d'alibi. En retour son père et
ses deux frères ainés qui l'aiment le protègent. Ce bel équilibre va
se briser lorsque Maximo rencontre Victor, un jeune policier intègre et
séduisant. Ils deviennent amis. Victor (Soliman Cruz) encourage Maximo
a changer de vie , ce qui provoque la colère de sa famille...
L’avis de Bernard Alapetite
L’éveil dont nous parle le titre c’est l’éveil sexuel d’un pré- adolescent dont l’objet de son premier amour est un homme.
Ce
qui est le plus troublant pour nous, spectateurs français, c’est
l’acceptation de la singularité de Maximo, charmante petite folle, par
sa famille de petits malfrats hyper virils qui semblent trouver naturel
que le garçon endosse le rôle féminin dans leur foyer en remplacement
en quelque sorte de la mère trop tôt disparue.
Le film est en partie
autobiographique, nourri par les souvenirs du réalisateur de sa
découverte, lorsqu’il avait 13 ans, de son homosexualité.
Le
tournage de L'Eveil de Maximo Oliveros a duré seulement treize jours,
avec pour tout budget les 10 000 dollars octroyés par la Fondation
Cinemalaya. Auraeus Solito démontre qu’avec le système débrouille on
peut tourner un film lorsque l’on est animé de la passion du cinéma...
et que l’on a du talent. Par exemple la maison du policier est ainsi sa
propre maison et les figurants sont ses voisins et ses amis...
Auraeus Solito fait preuve d’un vrai sens du cinéma, même si certains plans son mal éclairés, mais il y en a de magnifiques, si le montage est parfois trop brutal et si le rythme aurait été meilleur en resserrant, surtout au début, les scènes. Il inscrit son film dans la grande tradition du cinéma philippin de Lino Brocka, sachant comme lui nous proposer un cocktail équilibré de cinéma social, proche du documentaire, et de mélodrame. Solito a un vrai regard sur ses personnages, et dirige ses comédiens avec talent. Sans mièvrerie, sans tomber dans le glauque, avec une pointe de kitch bien venue et inévitable aux Philippines il délivre un message d’espoir et de courage.

Le
film est riche d’informations sur la vie quotidienne d’un pays que
l’on connaît assez peu en occident. On peut être surpris par la façon
dont les personnages considèrent l’homosexualité. Dans le dossier de
presse le réalisateur s’explique sur la place de l’homosexualité dans
la société et dans le cinéma de son pays: << La société
philippine accepte mieux les gays à présent. Je préfère le mot
"accepter" que "tolérer" qui implique trop négativement la différence.
Dans tout le pays, vous pouvez voir beaucoup de jeunes gays, habillés
en femme sans que cela pose de problèmes, même avec leur famille. Peut
être est-ce dû au fait que les anciennes générations philippines
croyaient que les meilleurs médiums pour communiquer avec les Dieux
étaient les gays : ils possèdent une double sensibilité spirituelle,
celle de l'homme et de la femme... Dans les années 70, les personnages
étaient des homosexuels oppressés qui ne pouvaient pas s'accepter
eux-mêmes. Dans les années 80, les gays au cinéma faisaient pression
sur les beaux garçons défavorisés pour qu'ils deviennent des "macho
dancers" ou des strip-teasers. Enfin, dans les années 90, les
homosexuels n'étaient plus que des faire-valoir comiques et
hystériques. Dans mon film, je voulais mettre en scène un personnage
libéré, aimé pour ce qu'il est. Le fait qu'il soit gay est juste un
détail de l'histoire.>>
Dans
ce genre de film à tout petits moyens, qui en plus repose sur les
épaules d’un adolescent le casting pour le rôle principal est
essentiel. Le réalisateur avait déjà auditionné plus de cent garçons
pour le rôle de Maximo sans être satisfait, lorsqu’il a aperçu deux
frères jumeaux, danseurs de hip hop qui se présentaient pour un autre
film, l’un deux, Nathan Lopez avait à la fois le dynamisme et le coté
féminin qu’il recherchait. Il est né en 1991 et confesse en interview
être un excellent danseur. Les thaïlandais ont pu le voir dans la série
télévisée Anghel na walang langit, Mga en 2005 et plus récemment dans
Sana maulit muli.
Après un succès inattendu au box office dans son
pays où il a devancé les grosses productions américaines et hong
kongaises. le film a raflé un nombre de prix impressionnant dans les
festivals gays en particulier celui de Berlin où il a reçu le Grand
Prix du meilleur premier film, le Prix du public jeune et le Teddy Bear
d'Or récompensant le Meilleur film du festival. Auraeus Solito a tourné
en 2006 son second film, Tuli, au sujet d'un circonciseur et de sa
fille, amoureuse de sa meilleure amie. Il a été sélectionné au Festival
de Sundance et de Berlin.
L’éveil de Maximo est la pureté du premier
amour d’un garçon de douze ans pour un homme confronté à l'horreur et à
la corruption des quartiers pauvres, un drame social poignant habillée
en un beau mélodrame.
Site officiel du film: www.eveildemaximo-lefilm.com

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03 août 2009
Schrei der Liebe/Cry of Love, 1997
Lors d'un commentaire à propos de mon article sur "La conséquence, Luke nous avait appris l'existence de ce film. Sur son site , très recommandable, il apporte des informations supplémentaires sur le dit film. Je me suis permis de les traduire pour les rendre compréhensibles pour les non anglophones (si quelqu'un à une copie de ce film, même de mauvaise qualité, je serais heureux s'il pouvait me la faire parvenir...).
<<Après la lecture d'un billet
à propos du film de Wolfgang Petersens "Die Konsequenz Les conséquences" sur le
blog de Monsieur Bernard Alapetite, je me suis souvenu que Jürgen
Prochnow, 20 ans plus tard, avait été la vedette dans un film, réalisé pour la télévision, au thème
similaire (l'amour d'un jeune homme pour un homme plus âgé) appelé «Der
Schrei der Liebe".
Jürgen Prochnow joue un
homme d'âge moyen, vivant une vie heureuse dans une grande maison, avec
sa charmante épouse et sa jolie fille adolescente. De façon inattendue lorsque sa
filles ramène à la maison un beau garçon de ses amis, l' homosexualité du père, qui avaient été enfouis au plus profond de de lui même depuis de nombreuses années, se réveille. Il s'avère que le jeune homme
travaille comme prostitué auprès de messieurs âgés et que séduire le papa de son amie n'est guère difficile pour lui (le jeune acteur Matthias Schloo réalise une grande
performance ici, sa séduction sur moi même, par le biais du petit écran fut indéniable! Si je me souviens bien, il même reçu un prix
pour son rôle dans ce film.)
Après que la mère de famille ait découvert la nature de la relation qu'entretient son mari avec le jeune homme, la famille se défait. Les deux hommes se enménagent ensemble dans un appartement, mais leur bonheur ne dure pas très longtemps.
Il s'avère que le jeune garçon n'est pas vraiment prêt pour une
relation stable. Il continue à faire l'amour avec d'autres hommes pour l'argent et pour son plaisir. Les choses vont s'envenimer et conduire à une fin tragique...
À ma
connaissance, le film n'a été diffusé que deux fois sur la
télévision allemande et n'a jamais eu (et probablement n'aura
jamais ) une sortie en DVD.
Je vous présente quelques images floues faites à partir d'un
enregistrement TV, alors qu'il n'y avait pas de câble et aucun
enregistreurs numérique. J'espère que vous pourrez avoir ainsi un peu l'impression du film et de son casting.
Je pense que c'est bien fait et que c'est un joyau parmi les films à thème gay.>>
Luke
DONG GONG, XI GONG (EAST PALACE, WEST PALACE)
Chine, 1997, 90 mn
Fiche technique :
Réalisation : Zhang Yuan. Scénario : Zhang Yuan et Wang Xiaobo. Photographie : Zhang Jian. Musique : Xiang Min. Montage : Vincent Levy.
Disponible en VO et VOST.
Avec Si Han, Hu Jun.
Résumé :
Les
vespasiennes d’un parc public sont devenues le lieu de rencontre
privilégié des homosexuels de la capitale chinoise. La police tente de
les surprendre afin de les rééduquer par des punitions enfantines. Un
policier (Hu Jun) est troublé par un de ces jeunes hommes. A Lan (Si
Han), jeune écrivain, aime y draguer. Lors d'une rafle, l'auteur du
trouble est fait prisonnier par le policier ; ils vont passer la nuit
tous les deux seuls au poste de police. La garde à vue bascule vite
dans une évocation inattendue de la vie du jeune homme, son enfance et
surtout sa quête incessante d’amour. Des tranches de vie d’un
homosexuel masochiste qui plongent le policier dans des sentiments
troubles à l’égard de son prisonnier... Une curieuse histoire d’amour
est en train de se nouer.
L’avis de Bernard Alapetite
Tout d’abord, petit éclaircissement sur ce titre mystérieux : East Palace, West Palace
est un terme utilisé par les homosexuels pékinois pour désigner les
toilettes publiques bordant la Cité Interdite. Ce lieu est leur point
de rencontre favori.
Dès les premières images, nous
savons que nous sommes dans un film chinois. Le générique s’inscrit sur
un lent pano sur une végétation étique dont les branches grises
dessinent comme des caractères chinois sur un pan de mur gris-bleu.
L’esthétique de tout le film est déjà dans ces images : lenteur des
mouvements d’appareils, ton froid avec une dominante des bleus,
ambiances nocturnes et grand soin du cadre.
Le film est
divisé en deux parties très inégales. La première nous montre A Lan
dans son activité de drague. D’abord dans une vespasienne, comme dans Le Protégé de madame Qin film
à la fois plus joyeux et plus informatif que celui-ci, mais beaucoup
moins soigné formellement, puis dans un parc et cette fois, on songe
aux Garçons de cristal de Bai Xianyong, chef d’œuvre
de la littérature gay. Les pissotières et les parcs semblent être les
épicentres de la vie homosexuelle chinoise.
Avec
ces films, nous découvrions que l’homosexualité existait en Chine, ce
qui n’est pas à proprement parlé une surprise, bien que les autorités
de ce pays l’ont toujours nié (comme le sida). D’ailleurs le film
insiste sur l’impasse d’une sexualité confrontée à un tel déni qu’elle
n’a même pas de mot dans sa langue pour la nommer.
Dans la deuxième partie qui commence après le premier quart du film, East Palace, West Palace
ne peut renier son origine théâtrale (la pièce a été jouée en France).
La suite du film se déroule presque uniquement dans la pièce d’un
commissariat vide qui ressemble bien peu à l’idée que l’on se fait d’un
commissariat en Chine ou ailleurs, à l’exception de courtes séquences
dont certaines très sensuelles illustreront la confession de A Lan à
son geôlier. L’interrogatoire va dériver vers une sorte de drague,
presque aussi surprenante que si Lino Ventura essayait de séduire
Michel Serrault, et vice-versa, dans Garde à vue...
Le film intéresse par la qualité des interprètes et l’enjeu qu’il
représente dans la Chine d’aujourd’hui. Le fait de montrer des rapports
maître-esclave, un policier fasciné par le passé trouble de celui qu’il
a arrêté et enfin la séduction déclarée qu’entreprend le jeune écrivain
envers le policier, est totalement inattendu par rapport à ce que l’on
croit savoir de l’attitude des autorités qui balancent constamment
entre permissivité et répression.
Tout le film explique
deux itinéraires : un qui sait ce qu'il est mais qui ne peut pas en
parler. L'autre qui va vouloir écouter et qui doute de ce qu'il est
venu chercher. Les deux hommes se reflètent (il y a plusieurs fois
l’image d’un des deux hommes dans un miroir) et illustrent tant
l'homosexualité innée que celle dite acquise. Le film montre toutes ses
ombres, ses luttes intérieures, cette résistance d'hommes contre ce
régime qui les considère anormaux.
Et l'attrait devient
de plus en plus irrésistible, on glisse vers les jeux sado-masochistes
avec menottes, travestissement… La torture devient amour supplicié. À
la fin, ce n'est plus une histoire chinoise. C'est tout notre schéma de
tabous qui explose, avec la remise en question totale du policier.
Alors
que la mise en scène de cette confrontation se réduit à une suite de
champ/contre champ, les courtes scènes très picturales de la vie de A
Lan sont filmées aussi bien en travelling qu’en caméra portée ou encore
à la grue.
Les deux acteurs sont exceptionnels. Hu Jun,
qui joue le policier, est certes un acteur populaire en Chine, du fait
de ses nombreuses apparitions dans de nombreux téléfilms ou séries,
mais il n’en est pas moins considéré comme l’un des plus grands acteurs
de théâtre de sa génération. Il est membre de la compagnie "Beijing
People’s Art Theatre", la compagnie de théâtre dramatique et moderne de
renom national (RPC). Il excella dans la très célèbre pièce de Beckett En attendant Godot, qui fut présentée tant en Chine qu’en Allemagne. La pièce East Palace, West Palace
lui permit également de jouer à l’étranger et de se faire remarquer
comme cela fut le cas au festival d’Edinburgh. Hu Jun n’est pas
seulement un « théatreux » et certaines productions cinématographiques
lui offrent de grands rôles comme pour Liehuo Enyuan en 1990, de Xie Yuzhen, ou bien encore en reprenant la pièce qui le révéla, East Palace, West Palace de
Zhang Yuan en 1996. Il obtiendra d’ailleurs, à juste titre, pour ce
dernier le prix du meilleur acteur au Festival du Film de Taormina
(Italie) en 1997. Le public gay français le connaît aussi pour son
interprétation du promoteur amoureux dans Lan yu de
Stanley Kwan. Quand à Si Han, c’est sa première apparition à l’écran.
Auparavant, il était animateur radio et doubleur de films. À Cannes en
1997, il décrivait ainsi son travail : « La forme du film
accorde une grande importance au récit, aux dialogues. Le rôle d’A Lan
appelait un accent considérable sur la voix, le rythme, le souffle
intérieur. Je lui ai appliqué la technique des “quatre s” : “sad,
sensitive, soft, sexy” (“triste, sensible, tendre et sensuel”). J’ai
essayé de composer un personnage qui a connu la souffrance, a été
fortement ébranlé psychologiquement et cherche l’amour et la
reconnaissance de l’autre. »
Zhang Yuan aime se pencher sur les marginaux de la société chinoise : qu'ils soient enfants inadaptés (Mama 1990), ados délinquants (Beijing Bastard 1992),
ou donc de jeunes homos. Si l'on ajoute cette obstination à se passer
des subventions de son pays, on peut considérer qu'il est l'un des
leaders du cinéma indépendant chinois.
Le film a fait
partie de la sélection « Un Certain Regard » 1997 à Cannes. Mais le
cinéaste n’a pu se rendre en France. Les autorités chinoises ont
purement et simplement confisqué son passeport, sans aucune
justification, l'empêchant de fait de se rendre à Cannes, et ont fait
pression sur le Bureau du Festival pour que son film soit retiré de la
sélection officielle (il est arrivé en une seule copie, par valise
diplomatique). Le film a pourtant été tourné à Pékin en toute légalité.
Remarquons que le tournage proprement dit a été en majeure partie
financé par Zhang Yuan lui-même, marquant ainsi clairement sa position
d'indépendance vis-à-vis des Studios Officiels chinois. Une fois
tourné, les rushes ont été envoyés en France et le montage du film
s'est effectué à Paris. Il a bénéficié d'une aide du Ministère des
affaires étrangères français. Zhang Yuan n'a d'autre part jamais
revendiqué l'étiquette de « dissident ». Il a tourné depuis plusieurs
films : Seventeen years (1999), I love you (2001)…
Le
film existe en DVD en France. Il est édité par Optimale. Il comporte un
making of malheureusement sous-titré qu’en anglais. En outre, la
compression du film est médiocre, ce qui rend parfois l’image instable
surtout dans la première moitié du film.
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22 juillet 2009
50 WAYS OF SAYING FABULOUS (50 façons de dire fabuleux (mise à jour)
![]() Nouvelle Zélande, 2005, 90mn Résumé Billy
Boy (Andrew Paterson), douze ans ne s’intéresse ni aux matches de rugby
ni aux travaux de la ferme dévolus aux garçons de son âge. Il échappe à
sa solitude de fils unique d’une famille de fermier de Nouvelle
Zélande, grâce à son jeu favori, se transformer en Judy Robinson, la
jeune héroïne de Perdu dans l’espace, sa série télévisée préférée. Une
queue de vache pour les nattes et des vêtements de sa mère en guise de
combinaison spatiale et la métamorphose à ses yeux est parfaite. Il
n’est plus un petit garçon enveloppé mais la belle Julie. ![]() Pour
l’accompagner dans ses jeux il y son inséparable “copain”, sa cousine
Lou (Harriet Beattie). Mais leur indéfectible amitié va être mis en
péril par l’arrivée d’un beau et jeune commis de ferme et l’apparition
d’un nouveau camarade de classe de Billy qui ne laisse pas ce dernier
indifférent… L’avis de Bernard Alapetite Si
votre temps est compté, préférez à ce bon film la lecture de
l’excellent livre dont il est tiré. Ce conseil est presque toujours
valable en ce qui concerne les œuvres cinématographiques adaptées d’un
roman. Il y a bien sûr quelques exceptions, comme par exemple Le pont
de la rivière Kwai ou Maurice, films à mon sens supérieurs aux textes
qui les ont inspiré, et pourtant les ouvrages à l’origine de ces
longs-métrages ne déméritent pas. Non qu’il y aurait une supériorité
naturelle de la littérature sur le cinéma, vieille lune stérile, mais
la principale faiblesse des films adaptés de roman vient qu’il faut
environ trois heures pour faire vivre à l’écran une histoire de 200
page, soit un tiers en plus de la durée d’un film standard, qui est
d’une heure trente à deux heures. Il faut donc pour l’adaptation
réaliser des coupes sombres d’où les trop fameuses ellipses, figure de
style qui a souvent bon dos, et le sacrifice systématique des
personnages secondaires qui pourtant font souvent le sel de bien des
romans et de bien des films. C’est cette dernière solution qu’a choisi
de faire le réalisateur de 5O façon de dire fabuleux, faisant perdre de
la profondeur à sa narration et reléguant à l’arrière plan le contexte
sociale de cette Nouvelle Zélande rurale, bien développé dans le roman,
si exotique pour un lecteur français. |



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