Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

19 janvier 2010

BASQUIAT

 

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USA, 105 mn, 1996


réalisation: Julian Schnabel, scénario:Lech Majewski & John F. Bowe, et aussi Holman et Julian Schnabel, image: Ron Fortunato, musique: John Cale et Julian Schnabel, montage: Michael Berenbaum 




avec: Jeffrey Wright, Michael Wincott, Benicio Del Torro, Claire Forlani, David Bowie, Dennis Hopper, Gary Oldman, Christopher Walken, Willem Dafoe, Courtney Love,

 

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Résumé


Schnabel, peintre mondialement reconnu, s’est fait cinéaste (il a récidivé depuis) par amitié et admiration envers Basquiat, peintre à la carrière météorique et premier artiste noir à atteindre la notoriété internationale, mort d’une overdose en 1988, à l’âge de 28 ans et dont le film est la biopic .

 

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L'avis de Bernard Alapetite


Basquiat dans sa peinture s’inspire de l'expressionnisme abstrait et du pop-art. Il y ajoute des mots concepts, des poèmes, des totems vaudous, il y revendique ses origines haïtiennes et portoricaines, mais on y trouve aussi tous les symboles de la société de consommation américaine.  

Basquiat, le film, raconte magnifiquement, avec beaucoup d’émotion cette trajectoire trop brève. C'est un des rares films sur un peintre où l’on éprouve le sentiment véritable de se trouver en présence d’un peintre, et non d’un fantasme de peintre. Schnabel n’a pas cherché à être plus artiste que son modèle. Il a fait preuve d’humilité devant la figure. On pouvait craindre soit  une mise en avant de Schnabel, le peintre, qui se serait donné le beau rôle dans cette tragédie ( car c’est bien une tragédie que la vie de Basquiat) soit à une hagiographie de l’ami. Il n’en est rien, bien au contraire. Le petit milieu de la jet-set new-yorkaise est vue d’un oeil acerbe; Schnabel ne se met pas hors jeu. Il se livre même à un exercice de pur masochisme en se dépeignant sous le nom de Milo, joué parfaitement par Gary Oldman, acteur habitué aux rôles de méchant. Schnabel se campe en artiste arriviste et jaloux du succès de son jeune collègue, et cependant fasciné par son charisme. Les toiles que l’on voit dans l’atelier de Milo sont celles de Schnabel. La fille de Milo est jouée par la propre fille du réalisateur. La relation entre les deux hommes ne cesse d’évoluer tout au long du film, Milo passant de l’acrimonie à l’admiration protectrice envers Basquiat.

 

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Le film est surtout l’histoire de l' amitié manquée entre Schnabel et Basquiat. C'est, de la part du réalisateur, l’aveu cruel de n’avoir pas su aimer et comprendre le génie pictural de Basquiat.

Pour nous dire cela Schnabel s'est autorisé à faire une des Seules entorse à la vérité du film, en même temps il s’est offert une jolie scène pour dire ce qu’il n’a jamais dit à son ami de son vivant. On voit Milo montrer une toile à Basquiat, dans son atelier. Sur la toile gigantesque, une date, 12 août 1988. << J’ai peint ce tableau pour un ami qui est mort >>, commente Milo. Ce tableau c’est celui que Julian Schnabel a peint le jour où il a appris la mort de Jean-Michel Basquiat. << Au cinéma, c’est un peu comme dans les rêves: vous pouvez faire revenir quelqu’un d’entre les morts et lui montrer un tableau que vous avez peint en pensant à lui. Vous pouvez même lui demander son avis sur ce tableau.>> Et, ainsi, lui dire que vous l’aimez.

 

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La démarche de Basquiat est celle d’un ange noir sublime, le rôle est dansé par un merveilleux comédien peu connu jusqu'à ce rôle, le sensuel Jeffrey Wright. La performance de Wright est remarquable, il est en outre un quasi sosie de son modèle. Depuis le comédien fait une carrière en demi teinte. En 2003 on l'a retrouvé au mieux de sa forme dans le rôle de Belize dans le merveilleux Angel in america.

Le film n’élude pas la question qui travaille le monde de l’art, depuis l’apparition de Basquiat: son immense succès est-il dû à son talent ou n’aurait-il été fabriqué que par le microcosme artistico-médiatique new-yorkais qui, pour des raisons de politiquement correct aurait eu besoin en 1980 d’un jeune artiste noir photogénique (sur ce petit milieu il faut voir le réjouissant film-charge de John Water, Pecker)? La réponse est dans un plan du film, celui de la superbe toile de Basquiat qui le fit découvrir par hasard par un des plus grands critiques d’art new-yorkais.

 

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Ce sont deux histoires d’amour qui sont les moteurs de ce film, celle de Basquiat avec une jeune serveuse, Gina (Claire Forlani), et celle du jeune artiste pour son ainé et mentor(?) Andy Warhol. Je ne crois pas qu’il soit abusif de parler d’histoire d’amour entre les deux hommes, même si elle n’est pas charnelle. L’homosexualité est le filigrane de tout le film. David Bowie en Andy Warhol fait un numéro succulent de folle tordue tiquée, opportuniste, néanmoins généreux et émouvant. Il faut voir Bowie grimé sous sa perruque blonde, marchant à petits pas telle une geisha, jouant avec une certaine préciosité, à la limite du ridicule mais n’y tombant jamais.  Comme dans Furyo David Bowie démontre qu’il est un grand comédien.

 

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Schnabel parvient à intégrer dans le temps du film, le temps de la peinture. Ce temps qui était la vrai matière de l’oeuvre de Warhol. << Warhol voulait faire des placards publicitaires qui recouvriraient l’espace et avec la répétition infinie des mêmes images dans ses films il voulait placarder le temps.>> (Ultra Violet, Ma vie avec Andy Warhol, éditions  Albin Michel). Dans le film lorsque Basquiat et Warhol échangent des propos en regardant les toiles qu’ils sont en train de peindre ensemble, le dialogue est sérieux mais le geste insouciant. Ils n’ont rien à se prouver. Tout comme le film. Il s’agit juste de montrer que Basquiat et Warhol sont des artistes.

 

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Julian schnabel ne s’est pas consolé de la mort de Basquiat et de Warhol. On se demande si ce n'est pas pour cette raison, pour cette unique raison, qu' il a eu besoin de faire son film. Et il a eu raison.

vidéo: Il y a quelques années j'ai recherché un dvd français n'existant pas je me suis rabattu, lors d'un voyage à New York sur l'édition américaine qui comporte un sous-titrage en français et l'image est correcte.

 

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Nota: Je suis conscient qu'il y a un peu d'abus dans le fait de ranger ce film dans la rubrique des films gays mais le désir de Warhol pour Basquiat est rendu si palpable par le film qu'il me semble que ce classement est justifiable.

 

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16 janvier 2010

LES AMITIES PARTICULIERES

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France, 102 mn, 1964

 

Réalisation: Jean Delannoy, scénario: Jean Aurenche & Pierre Bost d'après le roman éponyme de Roger Peyrefitte , image:  Christian Matras,

 

avec: Didier Haudepin, Francis Lacombrade, Michel Bouquet, Louis Seigner, Lucien Nat, François Leccia, Colette Régis, Dominique Maurin, Gérard Chambre, Henri Coutet, Dominique Diamant, Bernard Musson

 

Résumé

 

Georges de Sarre (Francis Lacombrade) a quinze ans lorsqu’il rentre comme interne dans un collège religieux. C’est un brillant élève, d’agréable figure et porteur d’un grand nom. Sa secrète ambition et son intelligence lui font aussitôt briguer les places d’honneur. Toutefois, privé d’affection et hypersensible, Georges s’acclimate mal à l’établissement, il se fait tout de même un ami en la personne du sérieux Lucien (François Leccia). Sensible à la beauté et en quête d’amitié, Il remarque parmi, les petits, le jeune Alexandre (Didier Haudepin), dont la beauté angélique l’émeut. Il lui fait passer un poème pour lui dire son amour. L’enfant lui répond par un billet rimé, signé Alexandre. De brefs rendez-vous s’ensuivent. Des sentiments passionnés les rapprochent l’un de l’autre. Le père de Trennes (Michel Bouquet) à la fois brillant et un peu inquiétant se glisse avec adresse dans les relations des deux adolescents. Mais jaloux de Georges, il voudrait Alexandre pour lui seul, il s’acharne sur Georges. Mais le prêtre, surveillant le dortoir, commet l’imprudence de recevoir des garçons dans sa chambre la nuit. Georges dénonce anonymement le père de Trennes qui est aussitôt renvoyé du collège. L’enivrante amitié entre Georges et Alexandre va donc pouvoir s’épanouir, mais un autre prêtre, le père Lauzon (Louis Seigner), surprend les deux garçons ensembles dans la serre où ils se retrouvent en cachette Le père Lauzon est le directeur de conscience d' Alexandre.  Il veut résoudre cette affaire lui-même sans en référer au supérieur (Lucien Nat). Il met en demeure Georges de déclarer à Alexandre, par son intermédiaire, qu’il rompt avec lui. Décidé au fond de lui même à continuer leur relation, Georges feint de se repentir et rend ses lettres à son ami sans commentaires. Georges quitte le collège sans revoir son ami. Après la distribution des prix, alors qu’il est ramené chez ses parents par le père Lauzon, Alexandre désespéré par cet abandon se laisse tomber du train en marche. Il meurt. Atterré  Georges révèle au père Lauzon que, pour lui, rien n’avait été brisé et qu’il désirait qu’une chose: poursuivre cette amitié si semblable à l’amour. Georges vivra pour le souvenir d’Alexandre et de son pur amour.

 

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L'avis de Bernard Alapetite

 

Le film de Delannoy est l’adaptation cinématographique par le célèbre duo, Jean Aurenche et Pierre Bost, emblématique de la Qualité Française, du célèbre roman éponyme de Roger Peyreffite (éd. J’ai lu).

 

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Avec une intrigue proche, dans une atmosphère similaire, La ville dont le prince est un enfant de Christophe Mallavoy d’après l’oeuvre d’Henry de Montherlant est cinématographiquement très supérieure. il faut dire que Roger Peyreffite n’est pas Henry de Montherlant. On peut même penser qu'il a emprunté, pour le moins, quelques épisodes aux oeuvres de Montherlant, Les garçons et La ville dont le prince est un enfant car si ces livres n'étaient pas encore parus lorsque le roman de Peyrefitte a été édité. Peyrefitte ami de Montherlant avait été un des rares privilégiés a avoir pris connaissance de ces deux oeuvres qui été déjà largement ébauchés en 1944, date de parution des amitiés particulières.

 

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En revanche il ne faut pas mésestimer le courage qu’il y avait de tourner un film comme Les amitiés particulières en 1964, alors que l’amour entre garçons n’avait jamais été traité dans le cinéma français ce qui en fait un film important dans l’histoire du cinéma et plus encore dans celle du cinéma gay. Le film ne manqua pas de susciter l’ire de l’église catholique accusée dans ce film de mener au suicide le plus jeune des deux protagonistes: c’est un prêtre qui provoque cet acte de désespoir en lui faisant croire qu’il a été abandonné par le plus âgé. De plus le prêtre semble bien être un homosexuel refoulé, et l’amour des deux garçons, grâce sans doute à leur jeune âge, pouvait passer à l’écran de façon assez naturelle. Si le film en lui-même n’est qu’une adaptation académique du roman de Roger Peyrefitte, on ne peut dénier son impact, la force (peut-être involontaire, mais l’anticléricalisme de Peyrefitte est connu) de son propos qui condamnait explicitement la répression par l’église catholique de l’homosexualité. Les amitiés particulières, comme trente ans plus tard Les roseaux sauvages , indépendamment de leurs qualités intrinsèques, sont des films qui font que le regard du cinéma sur les homosexuels ne sera jamais plus le même après, comme le regard des homosexuels sur le cinéma ne sera plus, lui aussi le même. Le film de Delannoy bénéficie d’une très belle photographie due à Christian Matras qui sublime dans une lumière très -Harcourt- la beauté des garçons.

 

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une musique excessivement religieuse et des comédiens qui, dans plusieurs séquences, manquent de naturel et de simplicité empêche d'adhérer complètement au film.

 

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En outre ce film permet de revoir Lucien Nat, un comédien trop oublié, élève de Jacques Copeau puis membre de la troupe de Gaston Baty dans ses réalisations au théâtre Montparnasse. Son jeu net et pourtant tout frémissant de sensibilité l’a imposé comme l’avocat de Forfaiture, comme conjuré dans La tragédie impériale, en officier félon dans Poncarral. Il a participé également au tournage dramatique de Mermoz.

 

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Il est amusant de noter que Didier Haudepin qui joue ici le rôle du plus jeune créera au théâtre, le rôle de l’ainé de La ville dont le prince est un enfant.

En 1999 ce film effarouche encore, la productrice et distributrice de films, Christine Gouze-Rénal, épouse de Roger Hanin et soeur de madame Mitterand. Elle a fait interdire la projection des "Amitiés particulières , dont elle possédait les droits, lors d'un Festival Gay et Lesbien de Paris. Elle déclara  qu’ <<elle ne veut pas que les enfants soient mêlés à cela>>. Il faut rappeler que le film fut montré en 1976 en prime-time lors du premier débat télévisé sur l’homosexualité dans le cadre des Dossiers de l’écran. L’homophobie n’a pas désarmée en France bien au contraire.

 

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Vidéo: Le dvd est d'une qualité assez médiocre.

 

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13 janvier 2010

ALICE ET MARTIN

 

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 France, 123 mn, 1998


Réalisation: André Téchiné, scénario: Téchiné, Gilles Taurand et Olivier Assayas, image: Caroline Champetier, musique: Philippe Sarde 


avec: Juliette Binoche, Alexis Loret, Mathieu Amalric, Carmen Maura, Jean Pierre Lorit, Marthe Villalonga, Pierre Maguelon, Eric Krekenmayer, Roschdy Zem,

 

Résumé


Dans le sud-ouest de la France (cher à Téchiné), Martin vit une enfance heureuse auprès de sa mère, une coiffeuse, et de Said, l’ami de celle-ci. Mais au début de l’adolescence, Martin est contraint d’aller vivre avec son père, Victor Sauvagnac, un bourgeois autoritaire qui a reconnu ce fils adultérin. 

 

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Passent les années, un jour Martin, jeune homme (Alexis Loret), fuit la maison de son père. Il est très agité. Il passe trois semaines en solitaire dans la montagne où il vit de menus larcins. Il décide de monter à Paris. Il demande l’hospitalité à son demi-frère Benjamin (Mathieu Amalric), un apprenti comédien homosexuel qui pour des raisons matérielles partage un petit appartement avec une violoniste aux fins de mois précaires (Juliette Binoche que Téchiné retrouvait après l’avoir fait connaitre avec Rendez-vous). Martin est perturbé par le souvenir de la mort de son père, qui a provoqué sa fuite. Martin, à la fois paumé timide et bizarre trouve un travail de mannequin (rien de plus facile à Paris c’est bien connu). Dorénavant Il gagne bien sa vie et manifeste son amour à Alice qui est plus agé que lui. Alice d’abord réticente, répond à son amour. Elle le suit dans un déplacement professionnel à Grenade et lui annonce qu’elle enceinte de lui. Cette annonce le bouleverse. Martin quitte son travail. Il s’isole au bord de la mer avec Alice. Il se baigne longuement en solitaire. Enfin (il y a longtemps que le spectateur moyen à compris) il avoue à Alice, ce qui le ronge (une sorte de psychanalyse sauvage): il pense avoir causé la mort de son père qu’il a poussé dans un escalier après une violente dispute lorsqu’il a appris que ce père tyrannique avait acculé l’un de ses fils au suicide.

 

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Alice qui croit Martin innocent, veut le sauver. Elle convainc Martin de rentrer en France et d’aller dans une maison de repos pour y soigner sa dépression. Pendant ce temps, elle enquête sur le passé de Martin. Elle rencontre sa mère, elle aussi victime de Victor Sauvagnac, sa belle-mère, qui veut maintenir l’apparence de respectabilité dans la famille, un autre frère qui fait de la politique. Toute la famille craint le scandale du procès que Martin souhaite pour savoir où il en est, lui même. <<Je veux être jugé>> dit-il, en se livrant à la justice. Alice continuera à se battre pour lui et pour l’enfant qu’elle attend. <<Je n’ai que toi au monde et cela suffit pour remplir ma vie.>> lui écrit-il de sa prison.


L'avis de Bernard Alapetite


A la lecture du long descriptif ci-dessus, le coté artificiel du scénario, auquel s'est pourtant attelé rien moins que trois personnes et pas des moindres, Téchiné, Gilles Taurand et Olivier Assayas, saute aux yeux. Ils nous resservent tous les poncifs du vieux mélodrame familiale et ce n’est pas un beau-père arabe ou un demi-frère homosexuel qui modernise le propos. Il faut la, parfois touchante, naïveté de Téchiné pour croire cela. Vous me direz que sur des canevas aussi improbables des Sirk ou Minelli ont mitonné des merveilles. D'ailleurs Alice et Martin pourrait être une sorte de suite de Par qui le scandale arrive .

 

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On a le sentiment que ce qui a le plus intéressé Téchiné lors du filmage de ce scénario artificiel, c'est de passer des vacances en Espagne et le corps d’Alexis Loret. Une fois de plus, Téchiné a misé, corps et âme pourrait-on dire, sur la découverte d’un jeune comédien: Alexis Loret, le Martin de ses fantasmes. Mais l' acteur parait bien terne pour son premier rôle, malgré ses faux airs de Laurent Terzieff jeune.  Dans des emplois convenus celui de l’homo visible de service et de la mère possessive Mathieu Amalric et Marthe Villalonga réussissent le tour de force d’être remarquables.

 

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Le personnage joué par Mathieu Amalric, Benjamin Benjamin, le demi-frère de Martin, le co-locataire d’Alice paradoxalement car il ne fait aucunement avancer le scénario, sauve le film du néant. Car voilà enfin un personnage qui existe peut être parce que justement il ne sert pas l’histoire. Il  est juste là comme matière humaine, ni plus souffrante, ni plus torturée une autre. Une sorte d’évidence, un vrai personnage qui n’est en aucun cas un sujet de société, ni le représentant d’une certaine idée de l’amour. Benjamin est le nécessaire d’ Alice et Martin. C’est la générosité de ce film, toute son ambition romanesque, que d’accorder à Benjamin une vie que d’autre film lui aurait refusé. Ce n’est évidemment pas un hasard si cette vie habite un film de Téchiné. Néanmoins  cette présence ne suffit pas à sauver l'entreprise. Mais il faut bien reconnaître qu'en cette fin des années 70 aucun réalisateur français autre que Téchiné avait abordé de manière aussi frontale   le désir homosexuel. Ni Vecchiali, ni Guiguet ni Chéreau. Chez ces cinéastes, les gays n’ont jamais la conscience tranquille. Ils s’exhibent plutôt qu’ils n’existent, ils réclament l’attention, font les malins, s’affichent, jamais ils n’ont le sourire enjoué de Benjamin lorsqu’il se met dans les bras d’un garçon et lui offre un baiser, un baiser qui ne revendique rien d’autre que ce qu'il est, un geste de tendresse entre deux personnes qui s'aiment. Depuis Nolot a fait mieux, il a été le scénariste de Téchiné...

 

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Alice et Martin c’est Freud en Tarn et Garonne, Malheureusement ce n'est pas le Pessac et la Narbonne de Jean Eustache!

 

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12 janvier 2010

Amazing grace (une grâce stupéfiante, Hessed mufla)

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Israel, 1992, 95 mn. VO et VOST.


Réalisation: Amos Gutman, Scénario : Amos Gutman, Directeur de la photographie : Amnon Zalayit. musique : Arkady Duchin.


Avec Aki Avni, Rivka Michaely, Sharon Alexander, Gal Hoyberger, Dvora Bertononv, Ada Valery-Tal et Hinna Rozovska.


Résumé :


Israël, les années 1990. Jonathan a 18 ans et il est malheureux. Il a quitté le Moshav et sa mère pour aller vivre en ville avec son premier amour Micky. Jonatan déteste son travail et sa nouvelle vie avec Micky s'avère insatisfaisante (celui-ci est volage et le laisse seul en compagnie d’une chanteuse toxicomane). Son existence qui tourne à vide va trouver un sens en la personne du beau Thomas, un jeune new-yorkais venu rendre visite à sa famille.
Le film raconte la rencontre de Jonathan, qui rêve d'un grand amour salvateur, avec Thomas qui a renoncé à tout et mène une existence sans projets ni but. Il évoque le problème du sida qui menace les éventuelles intimités entre homosexuels. Mais séropositif, Thomas ne peut vivre pleinement cette relation pleinement.


L'avis de Bernard Alapetite :



Ce drame intense et mélancolique, situé à Tel Aviv, suit Jonathan, 18-20 ans, un adolescent romantique et dégingandé, en crise, abandonné par son ami, une larve veule aux slips aussi moulants qu’improbables, frustré par les absences continuelles de sa mère, déçu par sa bande de copains et détestant son boulot. Il travaille comme moniteur dans la garderie d’enfant que dirige sa mère. Il retrouve goût à la vie quand il a le coup de foudre pour Thomas, le fils de ses voisins qui habite avec sa mère et sa sœur, deux femmes qui ne cessent de se disputer. Le beau (beaucoup moins que Jonathan et cela nuit un peu à la crédibilité du scénario) Thomas de retour de New York. On comprend peu à peu que Thomas revient dans son pays parce qu’il est atteint du sida. Leur relation naissante et hésitante sert de toile de fond à cet ambitieux drame social et sexuel qui aborde aussi bien le sida, la mort, la drogue, le milieu gay de Tel Aviv, la militarisation de la société israélienne que la crise de la famille.


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Bien que le film se disperse un peu, il reste un beau film qui invite à la réflexion et à la contemplation tant est sublime Rivka Michaely qui interprète le rôle de Jonathan, une sorte de « Boticelli » ashkenaze à la chevelure bouclée, blond vénitien. Il n’est pas douteux que le cinéaste est aussi subjugué par son acteur que nous et si malheureusement on ne fait qu’apercevoir son anguleuse et pourtant désirable nudité le film n’est pas avare de scènes où le beau sabra n’a pour tout vêtement qu’un lâche caleçon.


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On comprend que Gutman ait eu quelques problèmes avec les autorités de son pays. Car à travers son viseur, Israël, très loin de son image officielle, fière et guerrière, ne semble peuplé que de folles droguées, de mères juives hystériques, de militaires brutaux et de bourgeois bornés, le tout évoluant dans des décors très « ship ». La communauté gay n’est pas non plus épargnée. Elle parait composée que par de jeunes gigolos ringards dont le rêve serait d’être… Mireille Mathieu ! À noter que le film a été projeté il y a quelques années au festival du cinéma israélien.
Le film est édité en vidéo aux USA en hébreux sous-titré anglais.


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Ce film d’Amos Gutman traite des relations homo, du tragi-comique de l’autorité matriarcale et de la dangereuse menace du HIV. Le réalisateur est décédé des suites de sa maladie en février 93 à Tel Aviv.
Amos Gutman est le réalisateur du premier film israélien de sensibilité gay, Drifting (Nagua), 1983, que le gouvernement israélien a essayé de faire retirer de la programmation du festival de films de Montréal comme n'étant pas représentatif de la culture israélienne.

Histoire d'amour homosexuel, Amazing grace est le premier film israélien à traiter de la solitude et de la douleur liées au sida.


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08 janvier 2010

History boys

 

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Grande Bretagne, 2006, 1h 52

Réalisation: Nicholas Hytner, scénario: Alan Bennet, image: Andrew Dunn, musique: George Fenton, montage: John Wilson

avec:  Samuel Anderson, James Corden, Stephen Campbell Moore, Richard Griffiths, Frances de la Tour, Andrew Knott, Russell Tovey, Jamie Parker, Dominic Cooper, Samuel Barnett, Sacha Dhawan, Clive Merrison, Penelope Wilton, Adrian Scarborough, Georgia Taylor

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Résumé

Dans le nord de l'Angleterre, au début des années 80, Akthar, Crowther, Dakin, Lockwood, Posner, Rudge, Scripps et Timms sont lycéens à Cutler.
Grâce à leurs excellents résultats en Histoire, ils sont l'objet de toutes les attentions dudirecteur de l'école qui compte bien les faire intégrer Oxford ou Cambridge.
Le petit groupe va travailler avec acharnement, mais dans la bonne humeur principalement sous la douce férule d’ Hector (Richard Griffiths), un érudit sexagénaire, aussi sympathique qu’ obèse aux méthodes originales. Le directeur craignant que sont équipe habituelle ne suffise pas pour préparé cette inattendue escouade de petits génies, fait venir pour l’occasion, un jeune professeur, Irwin (Stephen Campbell Moore), frais émoulu d’Oxford dont les méthodes, elles aussi peu académiques, s’opposent néanmoins à celle d’Hector...

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L’avis de Bernard Alapetite

Il y a dans history boys à la fois un parfum de “Comme un garçon” et de “Skin” . Comme dans le premier la quasi intégralité de l’histoire se déroule dans un collège et comme pour la série nous suivons un groupe d’adolescent. Mais dans le film, comme le titre le précise et contrairement à la série, il n’y a que des garçons. Il est aussi difficile de ne pas penser au “Le cercle des poètes disparus” mais heureusement “History boys” est beaucoup moins pesant même si on y retrouve un certain angélisme un peu agaçant. Le spectateur ne tarde pas à s’attacher à cet échantillonnage de brillants élèves, d’origines modestes, qui dans un lycée médiocre d’ un coin perdu d’Angleterre, ont un trimestre pour préparer l’examen qui leur permettra d’entrer, s’ils le réussissent, dans les prestigieuse universités d’Oxford et de Cambridge, savoureusement contracté en un nom Oxbridge.

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Avant d’être un film, “History boys” a été une pièce de théâtre, comme cette autre merveille anglaise qu’est Beautifull thing” (vous trouverez ici une critique en français, issue d’un excellent site de la pièce faite à propos de ses représentations new-yorkaises) . Elle a connu un immense succès d’abord à Londres. Cette pièce s'est jouée pour la première fois en mai 2004 au Lyttelton Théâtre de Londres. Devant son incroyable succès, une tournée nationale a été organisée  en Angleterre qui a elle aussi connue un triomphe d’où la judicieuse idée de l’adapter au cinéma. Entre temps elle a connu un succès mondial. En février 2006, la pièce d'Alan Bennett s'est jouée à Hong Kong et fut présentée au Festival International d'Arts de la Nouvelle Zélande qui s'est déroulé à Wellington. History Boys fut ensuite présentée à Sydney entre le 4 mars et le 8 avril 2006. Surfant sur la vague du succès, les huit garçons de l'histoire jouèrent à Broadway le 23 avril 2006 avant de redémarrer une nouvelle tournée britannique le 31 août 2006.  C’est Alan Bennet, l’auteur de la pièce qui a écrit lui même l’adaptation. Ce sont les même comédiens ayant défendu le texte sur les planches londoniennes qui jouent dans le film. Si certains paraissent un peu âgé pour des lycéens cela ne se voit pas trop. Tous sont remarquablement crédibles dans leur rôle. Lors du tournage d'History Boys, des cours d'été y avaient lieu. Les producteurs craignant au départ que les interprètes de la pièce ne soient pas forcément crédibles au cinéma dans leurs rôles de lycéens, ont rapidement été rassurés quand ils ont entendu un professeur crier aux acteurs qui jouaient au football dans la cours : " Lâchez ce ballon, et revenez en cours immédiatement ".
Même procédé que pour “Skin”, le film a été tourné dans deux authentiques lycées censés représenter Cutler's Grammar School à Sheffield.

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Nicholas Hytner avoue avoir cru revivre sa vie de lycéen la première fois qu'il a lu la pièce d'Alan Bennett. Il ajoute qu'History Boys est : <<un mélange des souvenirs de lycée des années 50 d'Alan Bennett (il est né en 1934), des miens des années 70 et de l'expérience des personnages de la pièce, qui vivent dans les années 80.>>. Tout comme les garçons d’ “History Boys”, Alan Bennett a été élève d'une école privée du nord de l'Angleterre (Leeds Modern), dont le directeur le poussa à intégrer Oxford et Cambridge. L'auteur précise cependant que ses professeurs n'étaient pas aussi charismatiques que ceux de la pièce et du film.

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C’est la quatrième fois qu'Alan Bennett et de Nicholas Hytner travaillent ensemble. Leur première collaboration remonte à 1989. Les deux hommes ont notamment oeuvré ensemble, en 1995, pour l'adaptation cinématographique d’une autre pièce de Bennett, La Folie du Roi George. Il est amusant de noter que l'auteur Alan Bennett, le réalisateur Nicholas Hytner et le producteur Kevin Loader ont tous les trois passé les concours d'admission à Oxford et Cambridge, tout comme les jeunes hommes du film History Boys.

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La réalisation de Nicholas Hytner, si elle est propre est parfois assez maladroite dans l’aération de la pièce de Bennet avec des personnages supplémentaires trop fugitifs pour vraiment exister. L’origine théâtrale du film est facilement discernable dans les dialogues entre deux personnages, comme celui, à la fin, entre Hector et Samuel, d’une longueur inhabituelle pour le cinéma. Mais l’ essentiel n’est pas, pour ce film, dans la réalisation. History boys vaut surtout par ses dialogues brillantissimes qui provoquent souvent le rire qui parfois s’étrangle d’émotion, porté par des comédiens au delà de l’excellent comme souvent dans le cinéma britannique, même s’ ils ne jouent pas ici, toujours dans le même registre.

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Le film n’est pas exempt d’une certaine idéalisation. Je dois dire que si l’Angleterre et surtout les anglais, ressemblaient à ce que l’on voit dans “History boys, (ou jadis dans Geat real et beautifull thing) il faut préciser que l’histoire se déroule en 1983, ce qui a sont importance ne serait-ce que pour la délectable bande son avec notamment The Cure, The Clash et The Smiths..., il y a longtemps que j’aurais traversé la Manche sans idée de retour. Imaginez (et il faut beaucoup d’imagination), on y découvre des adolescents qui respectent des élèves leurs professeurs, qui tavaillent, qui lisent, si, si, et encore plus fort qui comprennent ce qu’ils lisent, qui écoutent leurs camarade, qui respecte leurs différences, qui ne sont pas autistes ni homophobes. Des garçons fils d’émigrés qui parle la langue du pays où ils sont nés, qui ont à cœur d’apprendre la culture de ce pays et peut être encore plus fort tous ces garçons sont heureux malgré les difficultés de leur quotidien. Il émane de ces jeunes un enthousiasme très communicatif.  Et les profs, des profs qui aiment leur métier, qui on un souci de transmettre, passer le paquet comme le dit non sans dérision Hector, et non de jouer les animateurs de quartier. On le voit nous somme loin de nos “bégauderies socialisantes”... On y voit un enseignement soucieux de former une élite, au service des meilleurs.

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Le film est un mélange audacieux de comédie et tragédie. Tel un oignon, il a de a nombreuses couches et parvient à faire cohabiter plusieurs  thèmes. Bien que l'histoire soit en apparence sur l'éducation et, en particulier, l'enseignement des élèves les plus doués à l’orée de l'âge adulte, il est également une subtile étude de l'homme et des relations personnelles entre l'enseignant et l'élève, entre élève et élève et entre enseignant et enseignant. Le scénario est bâti autour de l’opposition qui existe entre les méthodes d’enseignement d’ Hector, excentrique, éclectique et iconoclaste professeur d'histoire,et celles d’ Irwin, une génération plus jeune que lui, qui est intelligent, mais aussi confus et incertain.

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La toute fin du film lorsque l’on apprend ce que sont devenu les élèves aujourd’hui est à la fois très habile et très intelligente. Elle corrige l’effet un peu facile de nostalgie du bon vieux temps du lycée que tout à chacun à parfois la faiblesse de ressentir. Chacun  a suivi  son propre chemin, à tailler son propre avenir, et ce n’est pas forcement idyllique. Cette dernière scène relativise l’importance des études et de ces professeurs. Les garçons ne sont pas totalement nostalgiques, et ils ne sont pas totalement matérialistes, et quand ils disent ce qu'ils ont fait dans la vie, c'est l'empirisme et l'expérience autant que leur éducation qui les ont faits...

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Les garçons ont confiance en Hector qui les amuse avec son style de franc-tireur  et ses méthodes qui comprennent des jeux de rôles embrassant  un très large éventail culturel. Dans les représentation théâtrales le décor de la salle de cours suggérait très bien, au moyen d’une multitudes d’images aux connotations très différentes, l’hétérogénéité des références culturelles d’Hector, malheureusement dans le film cette bonne idée du décor n’est repris que timidement.

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lors de la représentation de la pièce à New York

Ils sont tolérants mais pas dupes des penchants d’Hector dont le petit plaisir est de  caresser furtivement leurs organes génitaux lorsqu’il raccompagne l’un d’eux sur sa moto. C’est avec sérénité qu’ils s’amusent de cette particularité qu’ils juge ridiculent mais en aucun cas comme une menace faite à leur virilité. 
Le plus stupéfiant c’est qu’on y entend que l’enseignement passe par le désir de l’autre. On nous présente trois professeurs dont deux sont gays (le troisième, la seule femme du film est vraisemblablement lesbienne)  et éprouvent du désir pour leurs élèves dont l’âge semble se situer entre 17 et 20 ans, seul l’élève qui est gay est mineur. Hector déclare «La transmission du savoir est en soi un acte érotique.>> . En fait Alan Bennett l’a emprunté, avec son autorisation à George Steiner! Rassurez vous il va de soit que cela ce passe en Angleterre, ce n’est pas en France qu’un professeur aurait l’idée (je n’ai pas écrit le geste) de tâter les couilles d’un de ses bacheliers potentiels... Inconcevable!

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A ma connaissance il n’existe pas de dvd français de ce film. Il en existe d’anglais, bien sûr, d’américain, d’allemand, de canadien, d’espagnol... Alan Bennett a publié, en avril 2006, un livre intitulé The History Boys : The Film. Ce livre, dont l'introduction a été écrite par le réalisateur Nicholas Hytner, regroupe le journal de bord du scénariste, le script original et plus de quarante photos du film et des acteurs.

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Les plus attentif auront reconnu dans Hector, Richard Griffiths, un des grand seconds rôles du cinéma britannique, entre autres un habitué des Harry Potter, il y a interprété dans les quatre film l’oncle brutal d’Harry. On l’a déjà vu également dans connu pour ses participations à Greystoke, la légende de Tarzan (Greystone the legend of Tarzan, Lord of the Apes) (1984) et Les Chariots de feu (Chariots of Fire) (1981) de Hugh Hudson, Gandhi (1982) de Richard Attenborough, La Maîtresse du lieutenant français (The French Lieutenant's woman) (1981) de Karel Reisz, Superman II L'aventure continue (Superman II) (1980) de Richard Lester, Ralph Super King (King Ralph) (1991) de David Ward, Gorky Park (1984) de Michael Apted, Withail et moi de Bruce Robinson, Sleepy Hollow - La Légende du cavalier sans tête (Sleepy Hollow) (1999) de Tim Burton, Venus (2006) de Roger Michell, Stage Beauty (2003) de Richard Eyre et Vatel (1999) de Roland Joffé. Ce grand acteur de composition est par ailleurs une grande vedette des scènes anglaises. Griffiths a assuré récemment avec Daniel Radcliffe la reprise à Londres du drame de Peter Shaffer "Equus" (où l’on pouvait admirer l’anatomie complète et sans voile aucun de jeune Harry-Daniel). Il a interprété au sein de la Royal Shakespeare Company "Volpone", "Henry VIII", "Once in a Lifetime" et "The White Guard" et inscrit à son répertoire des pièces aussi diverses que "Heartbreak House" de George Bernard Shaw, "Galileo" de Brecht, "The Man Who Came to Dinner" de Kaufman et Hart, "Art" de Yasmina Reza, "Luther" et, tout récemment, "Heroes".  Il est aussi un habitué du petit écran d’outre Manche. Il a été le protagoniste des célèbres séries BBC " Pie in the Sky " et " Hope & Glory ", qui lui ont valu une large audience, Griffiths a également tourné dans " Gormenghast ", " Inspecteur Morse ", " In the Red ", " Bird of Prey ", " The Cleopatras ", " Les joyeuses commères de Windsor ", " Whoops Apocalypse ", " El C. I. D. ", " Bleak House (2005) " et le téléfilm Ian Fleming ou les mémoires d’un espion.

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Le rôle d’Irwin est tenu par Stephen Campbell Moore, diplômé de la Guildhall School of Music and Drama en 1999, il  a tenu son premier rôle au cinéma dans l’adaptation par Evelyn Waugh de Bright Young Things (2003) qui était aussi la première réalisation de Stephen Fry. Il a joué ensuite dans des films comme A Good Woman (2003) de Mike Barker, avec Helen Hunt et Scarlett Johansson, et Amazing Grace (2006) de Michael Apted, avec Ioan Gruffudd. Il a été découvert par le public international dans le rôle d’Irwin dans History Boys. Il avait créé le rôle dans la production originale de la pièce d’Alan Bennett dans le West End, puis l’avait tenu dans les productions à Broadway, Sydney, Wellington et Hong Kong, avant de tourner l’adaptation cinématographique. Au sujet du rôle et de son acteur, lors de la première, Alan Bennett déclarait: << Stephen Campbell Moore, qui joue Irwin, a l'emplois le plus difficile parce qu'il ne possède pas la sympathie du public jusqu'au que deux tiers de la pièce.>>.

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Le film a connu un immense succès en Angleterre et un reçu de nombreux prix. En 2006, la pièce d'Alan Bennett a été nominé aux Tony Awards (l'équivalent des Césars) dans sept catégories. History Boys a remporté six Tonys dont celui de la meilleure pièce, du meilleur réalisateur (Nicholas Hytner), du meilleur acteur (Richard Griffiths), du meilleur second rôle féminin (Frances de la Tour), du meilleur décor et du meilleur éclairage.

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"History boys" est sorti fugitivement sur les écrans parisiens et a été diffusé par Canal +.
Il est obligatoire de voir ce film en VO, même si certains sous titres m’ont paru approximatifs, ne serait-ce que pour les passage en français à l’accent jouissif.
S’il n’est pas nécessaire d’être familier de la culture anglaise pour apprécier History boys, c’est un festival de références et de citations, le spectateur féru de Noël Coward, Auden, Owen (Samuel Barnett qui joue le lycéen gay, mon préféré, vient d’interpréter le rôle d’Owen dans un téléfilm récent!), Keat, Richard Hoggart et autres en verra son plaisir décuplé. C’est dire à quel délectable moment il se prépare.


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P.S. 1- Je signale qu’un casting de jeunes acteurs avait été lancé pour interpréter la pièce en France pour la saison 2008-2009, mais cela a du faire pschit, car je n'ai rien vu venir, si un de mes lecteur à des informations sur le sujet. A propos je suis très friand de captations de pièces, en particulier à sujet gay, en français, anglais ou autres si vous en avez faites les moi partager, merci d'avance.
P.S.2- Je reviendrai sur Alan Bennett qui mérite un long article pour lui seul.

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Prayers for Bobby ( Bobby seul contre tous) mise à jour

 

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USA, 2009, 90min

Réalisation: Russell Mulcahy, scénario:  Katie Ford d’après le livre de Leroy Aarons , image:  Thom Best, musique:  Chris Ward, montage:  Victor Du Bois

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Avec: Sigourney Weaver, Austin Nichols, Carly Schroeder, Ryan Kelley, Henry Czerny, Dan Butler, Scott Bailey, Linda Boston, Susan Ruttan, Melanie Wilson, Dan Wells, Lauren Mae Shafer, Sam Logan Khaleghi, Ele Bardha, Ber Fox, William C. Fox, Jeff Fryer, Kyle Clarington, Shannon Eagen, Brent Mata, Rebecca Louise Miller, Rusty Mewha, Billy Whitehouse, Marshall McClean, David G.B. Brown, Alyssa McMillan, Chris Hendricks, Tevis R. Marcum, Axel Harney, Patrick Michael Kenney, Madge Levinson, Steve Jasgur, Sean Scarlett, Jaime Moyer, Anna Badalamenti, Anthony Moscato, Hadas Corey, Amanda Ryskamp, Julia Mogerman, Rusty Daugherty, Janice O'Neill

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Résumé

Au début des années 1980, à Walnut Creek, au nord de la Californie, Mary Griffith (Sigourney Weaver) est une chrétienne dévote qui élève ses enfants selon l’ enseignements conservateurs de l'église presbytérienne. Cependant, quand son fils Bobby (Ryan Kelley), le plus jeune de ses fils, un garçon angélique de 17 ans, confie à son frère Ed (Austin Nichols), plus âgé qu’il est peut être gay car il qui il rêve de garçons, pas de filles! La vie change pour toute la famille. La mère enquête et a bientôt la conviction que son fils est gay. Tandis que le père de Bobby et le reste de la famille acceptent lentement le fait que Bobby soit homosexuel, Mary  refuse cette évidence qui la désespère car d’après les écriture Bobby serait condamné aux flammes éternelles.  

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Elle estime que si Bobby n'est pas «guéri» de son homosexualité, la famille ne sera pas ensemble dans l'au-delà. Elle commence une campagne visant à "guérir"son fils. Elle affiche des passages de l'Écriture sur le miroir de salle de bain. Elle le forçe à participer à des séances de thérapie. Elle est persuadé que Dieu peut guérir son fils de ce qu’elle considère comme une maladie. Elle persuade Bobby de prier plus fort et de rechercher une consolation dans des activités ayant trait à son église. Dans l’ espoirs de changer et surtout devant le désespoir de sa mère  , Bobby fait ce qu’elle lui demande. Mais son rejet par l’église en raison de son homosexualité fait que le garçon se renferme de plus en plus sur lui même. Il culpabilise devant la peine qu’il inflige à sa mère. Bientôt il s’abime dans une dépression qui le conduit au suicide.

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Confronté à cette tragédie, Mary commence à remettre en cause sa foi quand elle ne reçoit pas de réponses de son pasteur au sujet de son deuil dévastateur. Par un long et douloureux cheminement, Mary intègre lentement  la communauté gay où elle découvre un réconfort inattendu. Finalement de façon posthume Mary acceptera l’homosexualité de son fils et deviendra alors une militante des droits des gays aux USA.

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L’avis de Bernard Alapetite

Peu de choses m'agace autant que de voir apparaître au début d'un film une phrase tel que "d'après une histoire vraie" ou quelque texte d'approchant. Je vois dans cette augmentation indéniable des films tirés de faits et de personnages ayant existés. J'y vois là un signe évident de notre décadence. Car ce manque de confiance dans la fiction sape les fondements d'une civilisation batie sur des mythes qui n'est qu' un autre nom de la fiction...

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Or donc "Prayers for Bobby"   basé sur le livre éponyme  de Leroy Aarons me n'ont même pas été changés. Les producteurs expliquent leurs motivations: << Le livre Leroy Aarons a changé  l’état d’ esprit d’ innombrables personnes et a ainsi sauvé des centaines de vies depuis qu'il a été édité. Nous espérons que le film puissant, continuera à faire changer les mentalités  et à rendre  justice à la mémoire de Bobby Griffith. >>.

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Dire que le film n’est pas révolutionnaire dans sa mise en scène est un euphémisme, mais la réalisation est efficace. Même s’il est dommage que parfois Mulcahy  gâte cette efficacité par un petit nombre de fioritures inutiles. Même si l’on comprend bien qu’il d'utilise ses astuces pour accentuer avec sa caméra notre empathie pour la détresse émotionnelle de Bobby. Stratagème qui lui évite un long discours explicatif en voix off. Le scénario n’évite pas les clichés, le frère bien sûr joueur de foot, néanmoins tout sonne juste en particulier les dialogues par exemple  l'intervention de la mère devant le conseil municipal est très forte.

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Il faut resituer historiquement le drame, le scénario couvre trois années. Le film commence en 1979, époque où l’homosexualité était au cœur d’un débat aux USA qui posait la question de l’acquis et de l’inné des préférences sexuelles. On peut penser d’autre part qu’en 1979 l’homosexualité était moins bien perçue aux USA qu’aujourd’hui, même si la récente controverse sur la proposition 8 en Californie pourrait nous faire penser le contraire...

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Le talent de Sigourney Weaver qui a rencontré la vraie Mary Griffith, et celui des autres acteurs en particulier de Ryan Kelley qui défend son personnage avec beaucoup de sensibilité, parviennent à nous faire oublier le didactisme du film. On comprend bien que le film a d’abord été fait à l’usage des parents de jeunes gays. Interrogée sur l’opportunité d’une prestation dans un téléfilm, ce sont ses débuts à la télévision, Sigourney Weaver a déclaré que plus de gens sont susceptibles de voir ce téléfilm que n’importe lequel des films qu’elle a tournés auparavant. Il est amusant  en regard de leur navrante programmation habituelle que M6 ait passé ce film à 13h 30 un lundi, sans doute pour éduquer la ménagère de moins de cinquante ans oisive! On peut toutefois penser que le diffuser à 20h 30 aurait été plus courageux...

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Russell Mulcahy sur le tournage

S’il est normale qu’en raison de sa notoriété on se focalise sur Sigourney Weaver, il ne faudrait pas oublier les autres acteurs presque tous chevronnés même les plus jeunes, et en particulier Ryan Kelley qui est loin d’être un inconnu que l’on se souvienne de l’excellent “Mean Creek” de Jacob Aaron Estes et plus récemment “Letters From Iwo Jima” de Clint Eastwood. Il retrouve Carly Schroeder qui incarne la sœur de Bobby et qui était également dans “Mean Creek”.

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Qu’un tel film ait eu beaucoup de mal à se monter dénote d’une homophobie certaine du milieu cinématographique américain. Sigourney Weaver avait déjà essayé de monter l’affaire dans les années 1990. Elle est aujourd'hui productrice associée sur le film. Le producteur principal, Daniel Sladek, depuis sa découverte du livre en 1997 a du batailler ferme pour y parvenir. Il y a eu un autre projet qui a avorté avec NBC et Susan Sarandon dans le rôle de Mary Griffith. En 2000, une autre tentative a également échouée. Le film a été pensé dès  sa mise en oeuvre pour essayer de rafler des Emmy Awards.

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Le réalisateur, Russell Mulcahy, est l’ auteur du premier “Highlander”. On lui doit aussi des épisodes de “Skins” et “Queer as Folk”.

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La diffusion du film, le 24 janvier 2009, a fait grand bruit aux USA. Il a été vu par beaucoup d'associations LGBGT comme un modèle pour la lutte contre l'homophobie. L’équipe du film a participé a un gala du Trevor project (une association fondée par James Lecesne qui vient en aide aux jeunes LGBT).

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Un film militant qui réussit à être émouvant et qui dénonce l’obscurantisme religieux et la bigoterie;  Il devrait être obligatoire à tous les parents qui envisagerait de renier leur enfant s’il était gay. un film dans la lignée de “Milk”.

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Country: USA
Genre: Biography, Drama

http://www.prayersforbobby.com/
http://www.imdb.com/title/tt1073510/



 

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Vacationland (mise à jour)


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Fiche technique :
Avec Brad Hallowell, Gregory J. Lucas, Jennifer Stackpole, Mindy Hofman, Charles Ard, Theodore Bouloukos, Michael John Dion, Hilary Mann, Nathan Johnson, Jennifer Mallett et Gregg Anderson.Réalisation : Todd Verow. Scénario : Todd Verow & Jim Dwyer. Image et montage :     Todd Verow. Musique : Jim Dwyer & Colin Owens.

USA, 2005, Durée : 104 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :
Joe (Brad Hallowell) 18 ans, vit avec sa mère, une marie-couche-toi-là, et sa sœur aînée Theresa (Hilary Mann). On apprendra qu’il a été violé à l'âge de dix ans,  mais il a décidé de garder le secret. Il est dans sa dernière année de lycée et espère entrer après dans une école d’art. Il devient ami avec Victor (Charles Ard), un vieil artiste pour lequel il pose nu. Il vient habiter avec lui, espérant que le peintre l’aidera à échapper à la médiocrité de son milieu. Alors que l'horreur et le vice rôdent autour de lui, Joe tente par tous les moyens de s'en sortir et d'échapper à un destin minable et inéluctable s’il reste dans le quartier de Capeheart Projects dans la petite ville de Bangor, dans le Maine, banlieue blanche où tout est un peu étrange sous des apparences de normalité et où il est très difficile de s'épanouir, surtout lorsque l'on est, comme Joe, gay et amoureux de son meilleur ami, Andrew (Gregory J. Lucas), la vedette locale de football américain. Andrew, lui, n'assume pas son homosexualité. Il continue à sortir avec la chef des majorettes. Joe accompagne le couple dans leurs virées, suivi de Kriss (Mindy Hofman), la classique fille à pédé. Lasses d'attendre le grand soir, où leurs hommes enfin les dépucelleront, les deux jeunes femmes finissent par réaliser l'attirance réciproque des deux garçons. Elles vont alors devenir le catalyseur de leur première relation sexuelle... 

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L’avis de Bernard Alapetite :
On peut penser que Todd Verow, qui a adapté à l’écran en 1999 Frisk, le célèbre roman de Denis Cooper, transpose l'histoire de sa       jeunesse dans Vacationland. Il est en effet né en 1966 à Bangor dans le Maine, lieu où se déroule l’intrigue du film qui, cinématographiquement commence bien. Le réalisateur, dans les dix premières minutes, réussit, en quelques séquences justes, en particulier celle d’une mémorable drague dans des toilettes, à faire exister son héros avec la seule grammaire du cinéma; il y a peu de dialogues. Nous pourrions être alors dans le meilleur Gregg Araki. Mais les choses commencent à se gâter lorsque Joe rencontre sa sœur, Hilary Mann, peu crédible comme l’ensemble de la distribution féminine. Et cela continue très mal avec l’adjonction, aussi inopinée que calamiteuse, de la voix off de Joe nous expliquant qu’il est amoureux de son meilleur copain, Andrew, ce que l’on avait compris dès les premières minutes.

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On sent tellement que ce procédé (affreusement mal postsynchronisé, avec un effet de son « cathédrale » des plus gênant) n’est fait que pour masquer l’incapacité du cinéaste à filmer une scène dans laquelle il montrerait la force de cet attachement, cela parait un peu pitoyable. Todd Verow fait suivre cette maladresse par une belle idée de mise en scène, une séquence dans laquelle Joe pose nu (malheureusement nous ne verrons pas grand chose de son appétissante anatomie) devant un peintre qui lui demande de se raconter pendant qu’il le dessine, un habile subterfuge pour nous informer sur le garçon. La mise en scène fera ainsi alterner le pire et le meilleur tout au long du film. Malheureusement, le pire est beaucoup plus fréquent que le meilleur.

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Par le biais du portrait d’un jeune gay égaré dans une petite ville de l’Amérique profonde,Vacationland se veut un constat sombre, mais pas désespéré, sur une jeunesse en mal de repères. Nous assistons à l’apprentissage mutuel de la sensualité entre Andrew et Joe. C’est la partie la plus réussie du film et sans aucun doute la plus autobiographique, on y sent le vécu. Une des faiblesses du film est son incapacité à mêler l’autobiographie et le romanesque. On est en plus gêné de reconnaître un peu trop facilement les sources de ce romanesque dans les emprunts maladroits aux films L.I.E. (Long Island Expressway) de Cuesta, Bully de Larry Clark et surtout à Mysterious skin de Gregg Araki.
     
Les meilleurs amis abandonnent leur innocence en devenant amants. Ainsi, vaille que vaille, ils peuvent mieux affronter cet univers occasionnellement traversé de violences.

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À la relation amoureuse de Joe et Andrew, une belle brochette de personnages secondaires compose un arrière-plan que l'on se serait accordé à trouver attachant si la plupart d'entre eux n’étaient pas malheureusement restés au stade d'ébauche. Ce regrettable manque de développement des seconds rôles gêne jusqu’à la compréhension complète du film.
Il fut un temps où, en particulier dans le cinéma américain, tout était montré, remontré, expliqué aux spectateurs, niais qu’ils étaient sensés être, de peur qu’ils ne saisissent pas le moindre tenant et aboutissant. Aujourd’hui la nouvelle tendance est « d’oublier » de tourner quelques pages du script ou de ne pas montrer certaines scènes en se disant que cela fait plus « arty » ou que ces morceaux inédits feront des bonus vendeurs pour le futur DVD : voici arrivée l’ère des films gruyères ! C’est le cas de Vacationland, dont le scénario a de véritables béances, tout en nous infligeant des plans inutiles comme ceux du décollage de l’avion qui emporte la sœur de Joe pour un monde qu’elle espère meilleur. La frustration est en partie atténuée pour les possesseurs du DVD (qui annonce en bonus des coulisses qui sont introuvables), grâce aux scènes coupées qu’il propose heureusement en bonus. Ainsi, nous découvrons la personnalité du professeur LaBlanc (Nathan Johnson), personnage que l’on suppose envisagé comme important, puis finalement réduit à la portion congrue, dans une courte séquence dialoguée qui aurait bien mérité d'appartenir au montage final, comme la quasi totalité des images non retenues. Il aurait juste fallu abréger les déambulations solitaires de Joe et d’Andrew qui avaient leur utilité, puisqu’elles nous font découvrir Bangor. Même avec ces ajouts, le film serait demeuré lacunaire. Le scénario, aux ellipses souvent brutales, abonde en situations arbitrairement laissées en suspens.

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La distribution pose aussi problème, composée en majorité d’acteurs inexpérimentés qui ont parfois un jeu approximatif et un âge rarement adéquat pour leur rôle. Les deux protagonistes principaux font preuve d’une spontanéité touchante qui ne peut qu’engendrer la sympathie du spectateur et puis même s’ils sont bien mal appairés, ils ne sont pas désagréables à regarder... En revanche, les actrices jouant les lycéennes, de vraies caricatures, sont beaucoup trop âgées, certes ce sont de telles idiotes que l’on peut penser qu’elles ont redoublé plusieurs fois (mais ce n’est pas une pratique américaine), quant à la femme jouant la mère de Joe, elle est  ridiculement trop jeune !

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Vacationland est tourné en D.V., avec des moyens visiblement dérisoires. La photo est fréquemment sous-exposée et parfois sur-éclairée ! Mais souvent on voit très bien qu’il n’y a pas d’éclairage additionnel du tout. Le manque de moyens et de maîtrise technique ruinent complètement l’effet qu’aurait dû produire sur le spectateur la scène de vengeance qui aurait du être l’acmée de l’œuvre. Elle nous parait comme filmée par un mauvais cinéaste amateur.     
Le paradoxe du cinéma de Verow, qui débouche au final sur une impuissance, c’est qu’il allie des sujets sexuels à une réalisation pudibonde : c’est à peine si on aperçoit quelques secondes les fesses de Joe, alors même qu’il est modèle pour un peintre, qu’il fait le gogo dans une boîte, qu’il couche avec son meilleur ami (consentant), qu’il drague un mec pour lui voler son argent, qu’il tripote son prof de français dans les toilettes de son lycée pour lui extorquer un diplôme, et qu’il entraîne son ami-amant dans une vengeance sordide dans laquelle il sert d’appât sexuel !

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Il est indéniable que Todd Verow a le potentiel pour nous offrir des films de qualité. Il faudrait seulement qu’il admette que faire un film est une œuvre collégiale et que l’on ne peut pas être à la fois le réalisateur, le scénariste, le directeur de la photo et le monteur d’un film. Ce qui ne le privera pas de se coltiner avec la grammaire du cinéma qu’il semble encore loin d’avoir assimilée. 
Vacationland est un film un peu « sexe », pas assez en fait, surtout romantique, d'un réalisme à fleur de peau, parfois à la limite du glauque avec quelques très beaux moments émergeant difficilement d’un amateurisme complaisant.

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06 janvier 2010

Plein sud

 

PLEIN_SUD


France, 2009, 1h 30


Réalisation: Sébastien Lifshitz, scénario:  Vincent Poymiro,  Stéphane Bouquet  et Sébastien Lifshitz, image: Claire Mathon, montage: Stéphanie Mahet, musique: Marie Modiano, John Parish, Jocelyn Pook


Avec: Yannick Renier, Léa Seydoux, Nicole Garcia, Théo Frilet, Pierre Perrier, Micheline Presle, Gérard Watkins


Résumé:


C'est l'été, Sam (Yannick Renier), 27 ans, prend la route dans une vieille Ford déglinguée et met le cap sur l'Espagne pour régler ses comptes avec sa mère (Nicole Garcia) sortie récemment d'un hôpital psychiatrique . On apprendra chemin faisant, au moyen de flash-back, que cette dernière est responsable du suicide du père auquel Sam, enfant a assisté. En route, il embarque Léa (Léa Seydoux) et son frère Mathieu (Théo Frilet), à peine sortis de l'adolescence, puis Jérémie (Pierre Perrier), un joli ange bouclé. Immédiatement Léa tombe amoureuse de Jérémie et Mathieu de Sam. Les kilomètres défilent et les fantômes du passé reviennent hanter Sam


L'avis de Bernard Alapetite


Voilà un film pour lequel je suis parti avec les meilleurs a priori. Tout d'abord il est signé Sébastien Lifshitz, un cinéaste dont tous les films précédents, même s'ils n'étaient pas exempts de défauts, ont retenu mon attention tant par leur fond que par leur forme aux savantes dé-constructions. Mais c'est surtout l'alléchant casting qui m'y a fait courir à la première séquence. Lifshitz a eu l'excellente idée de confier le rôle pivot de  Plein sud a Yannick Renier qui me semble un des acteurs trentenaires français (en fait il est belge) les plus talentueux et malheureusement les plus sous employés. Il était formidable dans Né en 68  et très bien aussi dans Un élève libre, deux films qui à mon avis n'ont pas eu les échos qu'ils méritaient. On retrouvera bientôt Yannick Renier, au printemps prochain dans le nouvel opus de Ducastel et Martineau, L'arbre et la forêt. 

Lifshitz argumente avec beaucoup de pertinence pourquoi il a choisi cet acteur: << La première fois que j’ai vu Yannick Renier, il m’a tout de suite fait penser à un acteur américain. Par son charisme, son physique, son corps très sec, son regard affirmé et très perçant, il me faisait un peu penser à Clint Eastwood jeune, notamment dans les films de Sergio Leone. Pour moi, Yannick possède ce genre de physique-là. D’ailleurs durant le tournage, je lui ai demandé d’avoir très peu d’expressions : son visage se présente vraiment comme un masque. Les très rares expressions qu’il a dans le film sont là pour lui donner une présence physique directe, brutale, sans psychologie. Je voulais que, par sa froideur et sa mise à distance, le présent du personnage fasse contre-point avec son passé, où on le voit dans des situations chargées d’affects et d’émotions. D’où un effet de collage qui fonctionne dans la confrontation du passé avec le présent, et qui peut rappeler certaines attitudes de cow-boy. >>. 

 

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On poursuit par deux des acteurs les plus craquants de leur génération. D'abord Pierre Perrier qui réussit à être bon dans un film aussi mauvais que Chacun sa nuit et surtout Théo Frilet. J'avais admiré autant le jeu que la plastique de ce garçon, les deux sans défaut, lorsque je l'avais découvert dans Né en 68. Lifshitz explique son choix des deux autres garçons: << Théo Frilet, avec son côté " petit prince ", sa gueule d'ange, incarnait immédiatement la part omantique de son personnage. Pierre Perrier, c'est le garçon terrien, charpenté, le surfeur. Ils sont tous une sorte de cliché de la jeunesse d'aujourd'hui. Mais petit à petit, il se dégage de ces " figures " quelque chose de plus profond.>>.

On continue par Léa Seydoux qui était lumineuse dans La belle personne et qui ici, en Lolita de prisunic, est d'une sensualité ravageuse qui m'évoque celle de Brigitte Bardot dans ses premiers rôles.

Je passe sur Nicole Garcia toujours aussi tête à claque mais parfaite dans son rôle de mère borderline pour en arriver à Micheline Presle qui enchanta jadis ma pré-adolescence dans Les saintes chéries vers 1965…

Et bien malgré ce casting, pour moi de rêve, qui fait qu' également tous les petits rôles sont parfaitement interprétés, Plein sud est un film raté.

Le plus curieux est que je ne lui vois pas de défauts rédhibitoires et peine à cerner ce ratage.

L'image est constamment belle et Claire Mathon se hisse au niveau d'Agnès Godard à qui l'on devait les superbe vues de Wild side, le précédent film du réalisateur, c'est tout dire.

 

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Dans Plein sud les couleurs sont souvent pimpantes, format scope, couleurs saturées.  Plus encore qu'à son habitude, Lifshitz s'y montre grand paysagiste. Quelle science du repérage pour nous donner des décors à la fois beaux et inattendus.

J'avancerais que le relatif échec du film ( j'ai pris tout de même beaucoup de plaisir à le voir et ses personnages lacunaires habiteront longtemps mon esprit, à t-elle point que j'aimerais demander au cinéaste de nous donner un Plein sud 2 pour en savoir un peu plus sur eux) tient à son hétérogénéité que le type du film, le road movie, ne parvient pas à unifier. Lifshitz n'est pas parvenu à fondre son film solaire dans ses obsessions coutumières. Le collage entre une américanité revendiquée, par le type même du film, le road movie, mais aussi par le choix des acteurs, qui paraissent assez peu français, et l'aspect social de l'histoire ne fonctionne pas. Ce dernier aspect n'est ébauché. Plein sud est encore un film français dans lequel on ne travaille pas, dans lequel les personnage n'ont aucun ancrage professionnel. Ce souci social ainsi que la tragédie familiale vécu par Sam sont d'ailleurs en complet antagonisme avec les personnages stéréotypés du scénario.

 

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Ses propos sont révélateur des deux pôles qui écartèlent le film: << J'avais besoin probablement d'aller vers quelque chose de plus lumineux… J'avais envie de filmer une jeunesse brute, magnifiée, érotisée, insolente, presque agressive. Mes personnages n'ont peur de rien, ce ne sont pas des figures réfléchies qui dissertent sur leur situation. Ils sont tous dans la spontanéité. Ils n'ont de flamboyant et de positif que la beauté et le corps. Je voulais absolument montrer que Sam était dans l'obsession du passé, qu'il ne sortait pas de son roman familial. Le film tente de raconter le voyage intérieur d'un jeune homme prisonnier de son histoire, mais qui a la chance de rencontrer des gens susceptibles de l'extraire de cet espace temps très noir dans lequel il est enfermé. Ce sont des questions qui m'ont toujours intéressé: comment on compose l'origine avec l'adolescence, l'enfance, ce qui nous précède. Le passé est comme un fantôme. Sam se souvient, et il se souvient que des choses dures. C'est comme une note incessante qui assène une douleur, une souffrance, une colère. Et c'est effectivement toujours la même note. Je tenais à ce martèlement. >>. Ce qui est merveilleux avec un cinéaste aussi intelligent et cultivé que Sébastien Lifshitz c'est qu'après ses déclarations il n'y a plus grand chose à ajouter puisqu'il a dit tout ce qui était important à dire sur son film et a même involontairement pointé ses faiblesses.

 

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<< Ils n'ont de flamboyant et de positif que la beauté et le corps.>> nous dit Lifshitz et c'est un des problèmes de son film qui est de nous proposer des personnages, mis à part celui de Sam, sans épaisseur du fait qu'il n'en dit rien au spectateur. Lifshitz est probablement victime d'avoir voulu prendre le contre pied des films où tout est expliqué et surligné. Mais à vouloir manier en virtuose l'ellipse et faire une totale confiance aux spectateurs, le cinéaste les laisse en déshérence. D'autant que son montage est parfois maladroit, un comble pour cet as de la déconstruction signifiante comme il l'a montré dans Presque rien. Ainsi si l'on arrive à reconstruire le parcours de Sam à son départ vers l'Espagne, en quête de sa mère à force de nombreux flash-back, on ne sait rien des autres protagonistes qui sont autant de pages blanches tendues aux fantasmes du spectateur. Une maladresse, ou est ce voulu ?, trouble ce dernier. Dans un des flash-back on voit deux adolescents, un garçon et une fille, seuls dans une maison bourgeoise avec une femme, que l'on subodore être leur mère. A un moment les deux jeunes s'isolent dans la chambre du garçon. La fille pour faciliter l'endormissement du garçon lui propose de le branler. Le garçon après avoir hésité, décline l'offre (à ma grande déception). Dans leur échange on comprend que la fille n'est pas tout à fait la soeur du garçon. A cet instant du film, j'ai pensé que les deux protagonistes que l'on venait de voir étaient Léa et Mathieu quelques années auparavant. J'ai alors élaboré un scénario dans lequel Mathieu avait couché avec sa soeur et l'avait mis enceinte. La première scène du film nous apprend que cette fille, que nous ne connaissons pas encore, est dans les premières semaines de sa grossesse. Et Damned dans le flash bac suivant on s'aperçoit que le garçon qui batifolait avec sa soeur était en réalité Sam. Je ne suis pas sûr qu' un tel risque  de confusion soit bénéfique pour le film.

 

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Jusqu'à Plein sud, Lifshitz s'était montré un maître dans le filmage des relations sexuelles, en particulier dans Wild Side et dans Presque rien, rien de semblable ici, où il ne montre pas la même audace dans le rendu des corps à corps que ce soit homosexuel entre Sam et Mathieu ou hétérosexuel entre Jérémie et Léa.


Né en 1968 Sébastien Lifshitz est un enfant attiré par le dessin, il s'oriente d'abord vers le monde de l'art contemporain : après un passage à l'Ecole du Louvre et à la Sorbonne en Histoire de l'art, il travaille auprès du conservateur Bernard Blistène au Centre Pompidou. Il réalise en 1993 son premier court métrage, Il faut que je l'aime, et signe deux ans plus tard un documentaire sur Claire Denis dans le cadre de la collection Cinéastes de notre temps. Il sera l'assistant de celle-ci sur Nénette et Boni.
Comme la réalisatrice de Beau travail, Sébastien Lifshitz est moins intéressé par les dialogues que par la représentation des corps, comme en témoigne son moyen métrage très remarqué, Les Corps ouverts, Prix Jean Vigo 1996. Ce portrait d'un ado en plein questionnement révèle Yasmine Belmadi, acteur-fétiche du cinéaste, disparu en 2009. Belmadi joue le rôle principal des Terres froides, téléfilm qui mêle lutte des classes et sexualité, tourné pour la série d'Arte Gauche-Droite. Après cette fiction hivernale, Lifschitz réalise l'estival Presque rien (2000), son premier long métrage de cinéma, une histoire d'amour tendre et douloureuse entre deux garçons. Il change de registre, tout en restant dans le domaine de l'intime, avec le documentaire La Traversée (2001) : il y filme son ami scénariste Stéphane Bouquet, parti aux Etats-Unis à la recherche de son père. Lifshitz revient à la fiction en 2003 avec Wild Side, qui évoque les relations unissant une transsexuelle, un émigré russe et un prostitué arabe. Cette oeuvre discrètement audacieuse est une nouvelle réflexion sur l'identité, tout comme Plein sud (2009).


Avec Plein sud Lifshitz est fidèle  aux thèmes forts de ses films précédents. Il nous en donne ici une version américanisée et relativement plus optimiste qu'à son habitude. Le réalisateur procède ici  à une relecture, presque à une continuation des intrigues qu'il nous a déjà proposé.  Plein Sud, film sensuel contient des thématiques et motifs présents dans ses précédents films : l' homosexualité, dans tous ses films, la quête de ses origines, le road movie comme dans  La Traversée, amours de vacances comme dans Presque rien, l'envahissement du passé dans le présent,  la destruction d'une famille, comme dans Les Corps ouverts ou Wild Side, le ménage à trois et la marginalité comme dans Wild silde, les relations difficile et complexe d'un garçon avec sa mère, comme c’est souvent le cas dans le cinéma de Sébastien Lifshitz. Les mères dans Presque Rien et Wild Side étaient sur le point de mourir, ici maman est folle...        

   

 

 

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30 décembre 2009

Dream Boy

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USA, 2008, 86 mn

Réalisation: James Bolton, scénario: James Bolton, adapté du livre éponyme de Jim Grimsley , musique: Richard Buckner

Avec: Stephan Bender, Maximillian Roeg,  Rickie Lee Jones, Randy Wayne, Owen Beckman, Diana Scarwid, Rooney Mara 

Résumé

Nathan, ( Stephan Bender ), 15 ans, fraîchement débarqué avec sa famille dans une petite ville du sud profond des Etats-Unis, est un adolescent intelligent, mais timide qui veut s'échapper de l’emprise de son père abusif et violent. Il fantasme sur une relation avec Roy ( Maximillian Roeg ), un garçon un peu plus âgé que lui qui vit juste à côté de son domicile.

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Roy fréquente la même école secondaire que Nathan, il conduit d’ailleurs l’autobus scolaire. Progressivement, les deux garçons commencent à se parler. Petit a petit leur relation s'approfondit. Rapidement, l'un et l'autre s’aperçoivent leur commune attirance, mais Roy peine à assumer pleinement leur passion. Un soir le père de Nathan tente de violer son fils. Ce n'est clairement pas la première fois que cela se passe et l’on comprend alors le désir de Nathan d’ échapper à sa famille d’autant que la mère sait mais ferme les yeux. Nathan doit à la fois cacher les abus dont il est victime et son amour secret pour Roy. Nathan est accepté dans le cercle social de Roy. Il est bientôt  invité à aller camper avec Roy et ses amis Randy et Burke. Pendant cette escapade, ils découvrent une maison abandonné et peut-être hanté dans une ancienne plantation. Une nuit, dans cette maison abandonnée, Roy et Nathan sont découverts en plein ébat par Randy et Burke, les amis de Roy ... 

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L’avis de Bernard Alapetite

On appréhende totalement différemment le film si on connaît le roman de Jim Grimsley au titre éponyme dont il est issu et si on s’y réfère ou si on l’ignore. En effet le film que je considère assez réussi est une trahison à un peu près totale du roman à tel point qu’il me semble qu’il est un véritable abus que le film porte le même titre que le livre. Bolton aurait du en changer et faire figurer dans le générique une expression semblable à “Très librement inspiré du livre suivi du titre et de son auteur. Ce qui l’aurait libéré des contraintes du roman dont il ne parvient pas à traduire le coté fantastique.

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Une fois débarrassé de cette importante réserve regardons l’objet libéré de ses références.
La première qualité de Bolton est de croire au langage spécifiquement cinématographique et en particulier à la force de l’image. On peut même avancer qu’il y fait même un peu trop confiance. Ne pas laisser les dialogues, ici malheureusement particulièrement plats, faire avancer l’histoire que l’on raconte est souvent (pas toujours) une bonne chose et une preuve de la qualité d’un cinéaste. Dream Boy est un film peu bavard. Mais il aurait tout de même été utile, par quelques répliques supplémentaires d’éclairer le spectateur sur différents points précis, par exemple comment se fait-il que Roy collégien (dans le sens américain du terme) se retrouve à conduire le bus de ramassage scolaire.

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Le cinéaste avait été particulièrement bien inspiré pour son premier film “Eban et Charley” de choisir pour le rôle principal Giovanni Andrade, disons le tout de suite, il a eu la main beaucoup moins heureuse pour “Dream boy”. Non que Stephan Bender et Maximillian Roeg soient mauvais acteurs, même si Bender a une panoplie d’expressions un peu limitée, mais ils ne correspondent pas aux rôles qu’ils interprètent. Ils paraissent et sont tous les deux trop âgés (je ne parle pas des personnages du roman qui sont beaucoup plus jeunes) pour les situations qu’ils jouent ce qui nuit à la crédibilité de l’ensemble. Problème subsidiaire, Stephan Bender (Nathan) est plus grand, que Maximillian Roeg (Roy) alors que le personnage doit avoir deux ans de moins que Roy. C’est une erreur tellement grossière que l’on ne comprend pas comment personne ne l’a dénoncé à Bolton avant le tournage. Néanmoins ils arrivent à nous faire sentir la délicate incertitude qui caractérise la situation de Nathan et de Roy qui est mise en valeur par l’interprétation empreinte d’érotisme des deux jeunes acteurs.

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Le cinéaste semble d’ailleurs très heureux de ses interprètes comme en témoigne cette réponse faite à un interviewer qui lui demandait comment les deux garçons avaient abordé les scènes intimes: << Ces jeunes gens sont des professionnels. Ils ont pris leur rôle très au sérieux. Ils ont beaucoup puisé dans les personnages du roman. Ils ont aussi passé du temps avec les jeunes de Louisiane Ils ont également parlé longuement de  rôle  avec moi et sur les personnages un peu avec Jim Grimsley. Ils n'étaient pas du tout craintifs pour les scènes intimes du film. Il faut dire que Max est le fils du réalisateur Nicolas Roeg et a grandi dans le milieu du cinéma; il a par exemple, parmi tant d’autres côtoyé  David Bowie à la table familiale ce qui a fait que c’est un garçon très ouverts d'esprit et professionnel. Quant à Stephan sa première expérience derrière une caméra, il a fait dans “Superman Returns”. Il ne se demandait pas si son rôle pourrait lui procurer une plus grande célébrité, mais comment puis-je faire pour que mon personnage soit celui que l'auteur et le réalisateur a envisagé ? Comme ils sont très professionnel, et je pense que tous les deux ils vont continuer à jouer dans beaucoup de films.>>.
Bolton a choisi de ne pas exactement dater son film. On peut penser qu’il se déroule dans la Louisiane dans le milieu du 20e siècle.

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Le cinéaste est assez inspiré dans la première scène de sexe entre les deux garçons. S’il ne montre pas grand chose, il réussit bien cependant à suggérer leur émoi, leur maladresse, leur fougue et leur plaisir.
La réalisation posée donne au film intensité et puissance. Le soucis constant du détail, lui apporte une touche très authentique. Le réalisateur a échangé le style urbain de son précédent film, “Artist graffiti” à la dominante froide pour des images plus romantiques que baigne une lumière dorée.

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Peu de cinéastes ont autant de courage que Bolton qui n’hésite pas à s’attaquer à des sujets tabous comme à un amour entre un garçon de 15 ans et un homme qui a le double de son âge dans “Eban et Charley” et comme ici à l’inceste entre un père et son fils. En filmant les conséquences de l’acte et non celui-ci, le cinéaste n’évite pas l’obstacle, mais réussit mieux à peindre l’atmosphère irrespirable qui règne dans la maison de la famille de Nathan.

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Alors que James Bolton était l’auteur des scénario de ses deux premiers films, dans un journal de Chicago, il explique la raison du choix d’adapter un roman aussi difficile que “Dream boy” d’autant que son Grimsley est aussi un auteur dramatique: << J'ai pensé que c'était une belle histoire qui me touchait de multiples façons. Y compris, les lieux. Je suis né et j’ai grandi dans le Sud, à St. Augustine, en Floride.  De plus, que je ne crois pas que beaucoup de choses aient changé en Amérique si vous habitez en dehors des grandes villes, c'est encore très difficile d'être jeune et gay. Les enfants sont toujours harcelés dans les petites villes où ils doivent cacher et réprimer leur sexualité. Le fondamentalisme religieux est galopant et à tant d'égards l'estime de soi de ces jeunes est détruit. Je voulais faire un film qui traite de toutes ces choses pour aider à promouvoir un dialogue sur ces sujets.>>.

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Dans la même interview il revient sur les difficultés de tournage dans le sud: << Mes deux premier long-métrages "Eban & Charley" et  "The Graffiti Artist" ont tous deux été filmés dans le Nord-Ouest du pays sur la côte du Pacifique. Le tournage dans le Sud a été beaucoup plus difficile que je le pensais. Nous y sommes allés principalement retrouver l’atmosphère du roman. C'est une histoire très sudiste et je voulais faire quelque chose d'un peu différent que dans mes films précédents. Nous avons rencontré beaucoup d'homophobie lors du tournage. Ce qui n'a fait que renforcer les raisons pour lesquelles je voulais faire le film. Il y avait aussi des gens merveilleux...>>.

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Mais Bolton a un peu présumé de ses forces en voulant traiter en un seul film, trop court, des sujets aussi complexes que l’inceste, l’amitié adolescente, la bigoterie du vieux sud et les légendes fantastiques qui le travaillent. C’est tout ce versant onirique du livre de Grimsley que le cinéaste peine a agréger à un film par ailleurs convaincant par son âpre naturalisme.

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Le dvd

Comme presque toujours chez Optimale, aucun bonus. Pour un tel film quelques explications du réalisateur sur son choix et les problèmes qu’il a rencontré pour l’adapter un roman aussi culte n’aurait pourtant pas été inutiles. L’encodage du film est correct.   

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25 décembre 2009

Ruckenwind (Light Gradient)

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Allemagne, 2009, 1h 15 mn

Réalisateur: Jan Kruger, scénario: Jan Kruger, image: Bernadette Paassen, montage: Ute Sound, musique: Tarwater

avec: Sebastian Schlecht  (Johann), Eric Golub (Robin), Iris Minich (Grit), Denis Alevis (Henri), Rainer Winkelvoss

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Résumé

Johann (Sebastian Schlecht ) et son ami Robin (Eric Golub) font une escapade à bicyclette à travers les forêts pittoresques du Brandebourg, ils rencontrent une série d'obstacles et d'incidents que non seulement vont tester leurs relations mais aussi la relation que chacun d’eux a avec le monde qui l’entoure.
Espiègle Robin teste immédiatement leur résilience par des << peut-être>> A t-il oublié sciemment les piquets de la tente à la maison?  Mais peu importe: les garçons n'ont aucune difficulté à trouver des moyens pour se réchauffer durant la nuit...  Après quelques jours de vélo, de frugalité et de natation nu et réparatrice, les choses prennent une tournure étrange lorsque leurs vélos disparaissent mystérieusement... Les cartes se révèlent inutiles. Et dans l’épreuve chacun apprend à connaître une nouvelle facette de l'autre. Johann et Robin considère la nouvelle situation comme une sorte de défi sportif.
Ils poursuivent le voyage à pied.  Les garçons trouvent une ferme au cadre chaleureux, habitée par une femme, qui semble très libre d'esprit, et son fils adolescent (Denis alévis, la seule belle créature du film). Johann et Robin sont inviter à rester quelque jours dans cette thébaïde; ce qui va  changer le cours de leur voyage...

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L’avis de Bernard Alapetite

Kruger a voulu faire avec “Ruckenwind”, que l’on peut traduire par vent arrière ou vent favorable (titre qui a bien peu de rapport avec ce que l’on voit sur l’écran...) à la fois un road-movie idiosyncratique et un conte érotique homosexuel et contemplatif dans lequel il prendrait son temps pour nous faire ressentir l'intimité et la découverte de soi de chacun de ses personnages plongés dans une majestueuse forêt. Il résulte de cette tentative éminemment germanique, de confrontation entre culture et nature, un profond ennui.

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Cela commence très mal  avec la scène d'ouverture, où l’on comprendra rétrospectivement que le cinéaste a opéré un transfère du point de départ de son histoire sur un plan symbolique. Alors que Johann regarde un couloir d'un hôpital vide, que l’on retrouvera qu’à la fin du film qui ne sera donc qu’un long flash bach, il dit, hors champ, d’une voix que l’on a du mal à identifier comme celle du jeune homme, la fable du lièvre et du renard, qui se réunissent dans la forêt et s’y font des amis, comme les protagonistes du film dont les premiers mots sont: << Il était une fois un renard et un lièvre ...>>. L’histoire, ici abstraite, fondée sur des créatures mythiques, est révélatrice de la manipulation de Kruger envers ses personnages. On ne saura qu’à la fin du film que Johann est dans cet hôpital, qui tient de la prison, parce qu’il aurait ingéré des baies toxiques (le conditionnel est de rigueur tant tout cela est confus!). La dernière scène en forêt pourrait être donc qu’un délire (?).

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Les raisons de ce ratage sont multiples à commencer par le parti pris de se regarder filmer constamment. Le réalisateur semble interpeller le spectateur pour lui dire: regardez comme je filme bien, comme je fais de beaux plans parfaitement inutiles, tel le dernier du film. Durant toute la durée de “Ruckenwind” le cinéaste multiplie les afféteries de caméra, long, long plan fixe signifiant, très signifiant, avec musique sur surlignante, filmage des  reflets de ses protagonistes dans vitres et miroirs, point flou volontairement, agitation brusque de la caméra, gros plans vains...

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“Ruckenwind” en outre ne possède pas d’unité narrative mais est divisé en deux parties bien distinctes. La première, dans laquelle les deux randonneurs sont seuls où chaque fois que le spectateur à travers la reconnaissance d'une scène type a l'illusion de comprendre les relations qui unissent Johann et Robin, il est déstabilisé par la scène suivante qui le met dans la position d’un observateur  extérieur. Il se retrouve alors, reluquant en douce les jeux mystérieux des deux garçons qui se terminent souvent par des joutes sexuelles. Cette opacité ne renforce pas l’épaisseur des personnage mais la perplexité du regardeur...

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Puis lorsque Johann et Robin sont cantonnés avec Grit (Iris Minich) et son fils Henri (Denis alévis), j’ai eu alors l’impression, vite démentie, que ce vent arrière, allait tourner façon “Amants criminels “ d’Ozon, le film laisse le mystère en grande partie derrière lui et adopte une narration plus classique du récit. Soudain, Kruger se concentre davantage sur ses personnages et leurs relations les uns avec les autres qu’il illustre par de courtes scènes telles un dîner, la séance de tir... Il recentre son récit sur les relations qui se développent entre le couple et ses hôtes, une relation amicale qui n'est pas dépourvue de tensions érotiques. Elle est comme un écho avec celle que développent les deux garçons au début, relation à la fois ludique et érotique dans laquelle la violence a aussi sa place. Encore et encore, les personnages se perdent dans des comportements enfantins comme l'aspersion avec un tuyau d'arrosage par Grit de Johann et Robin, ce qui nous vaut un panoramique sur leur assez tristes anatomie ou encore cette course à bicyclette pour tester le caractère de leur rapport sur un mode purement physique.
Les caractères de Grit et d’Henry aurait demandé un approfondissement qui aurait peut être éclairé ce qui tient lieu d'intrigue.

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Et puis sans véritable raison Kruger fait revenir son film dans la forêt, ce qui brouille complètement le spectateur.

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Kruger trouve beau ses deux héros principaux. Il s’attarde longuement sur leur plastique et nous offre à plusieurs reprises leur nudité intégrale. Malheureusement je suis loin de partager les goûts du cinéaste. Un film aussi peu naturaliste ( Kruger a déclaré que le film n’était pas prévu à l'origine comme un long métrage, mais comme un essai poétique. ), aurait pu permettre a  son réalisateur de choisir pour les deux rôles principaux, qui ne quittent quasiment jamais l’écran, des jeunes gens au physique de rêve, ce qui n’est pas le cas avec le velu Sebastian Schlecht et le grassouillet Eric Golub d’autant qu’ils ne compensent pas leur physique ingrat par leur jeu. De toutes les manières il aurait fallu des acteurs beaucoup plus jeunes, quinze seize ans, pour donner un peu de consistance et de vérité à cette histoire qui en aurait bien besoin...
“Ruckenwind” est le deuxième long métrage de Jan Kruger qui est né en 1973 et a par ailleurs réalisé plusieurs courts métrages dont l’excellent “Freund”.

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La fable est un genre bien difficile, en particulier au cinéma où ses réussites sont extrêmement rare. Il demande une grande clarté pour que le spectateur en saisisse la morale. Malheureusement la clarté n’est pas la qualité première de Jan Kruger.
Le film a été édité en dvd en Allemagne.

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