06 mai 2008
Sa raison d’être
2007, France, 200mn
Réalisateur : Renaud Bertrand, Scénario : Véronique Lecharpy &Pascal Fontanille, image: Marc Koninckx, son: Jean Casanova, montage: Laurence Bawedin, musique: Stéphane Zidi
Avec: Nicolas Gob, Michaël Cohen, Clémentine Célarié, Nozha Khouadra, Bérénice Béjo , Valérie Donzelli, Valérie Mairesse, Sophie Quinton, Carlo Brandt, Philippe Lefebvre, Cyril Descours
Résumé:
Nous sommes au début 1981, lors d’un match de foot un beau brun (Michael Cohen), genre intello mais qui soigne ses abdos, kiffe sur un blond (Nicolas Gob), Bruno de style plus rustique, dans la douche des vestiaires. Tout ce qui va suivre est raconté par le brun. Nicolas et Bruno deviennent amis. Bruno a une petite amie, Isabelle (Sophie Quinton), qui se trouve être la soeur de Nicolas. Isabelle accouche de Jérémy mais dont Bruno n’est pas le père. De son coté Nicolas homo et grand fêtard a un meilleur ami, Jérôme (Cyril Descours) avec lequel il couche régulièrement. Jérôme tombe amoureux d’un steward américain. Ce dernier ne tarde pas à tomber malade et meurt; c’est une des premières victimes du sida. Jérôme est contaminé. Bruno voudrait se marier avec Isabelle et reconnaître Jérémy. Isabelle hésite. Bruno réussit à la convaincre. Quelques jours avant de s’unir, passant par là, le couple est victime de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers. Isabelle est tuée, Bruno très gravement blessé. Hélène (Clémentine Célarié) la mère de Nicolas élève Jérémy. Nicolas est désespéré et se jette dans la drogue et la fornication intensive. Bruno sort du coma mais il est paralysé des jambes. Nicolas arrache Jérémy à sa mère, Hélène pour s’en occuper et le rendre à Bruno. La séparation d’avec l’enfant rend Hélène folle. Bruno se rééduque et tombe amoureux de son infirmière Nadia (Nozha Khouadra), d’origine algérienne. Elle est marié avec Nabil militant de Touche pas à mon pote. Elle a deux enfants. - A cet instant nous sommes à la quarantième minute du film et si les scénaristes n’ont pas chaumé il y a néanmoins beaucoup de trous dans la narration. Nous ne savons pas alors par exemple ce qui nourrit au sens propre comme au sens figuré, Nicolas, son père ou Jérôme...
Nicolas fait accueillir Bruno, en chaise roulante dans la belle et grande maison de ses parents. La famille recomposée disperse les cendre d’Isabelle dans un fleuve voisin. 1983, Jérôme développe le sida. Vers la quarante cinquième minute on comprend enfin que Nicolas est le secrétaire d’une importante politicienne de droite tout en s’occupant de Jérémy et en cohabitant avec la marraine de l’enfant qui lui sert d’alibi dans sa profession. Dix minutes plus tard on apprend que le père va enseigner à l’université de Montréal. Nicolas et Bruno prennent un appartement ensemble pour élever Jérémy. Au bout d’une heure de film Bruno tente d’avoir une relation sexuel avec Nicolas, mais il n’arrive pas à bander, fin de l’expérience, ce qui nous vaut tout de même de voir Bruno nu de dos. La cohabitation des deux hommes est difficile. Presque guéri Bruno a repris son emploi d’ouvrier menuisier. 1985, Nadia se bat pour faire éclater la vérité sur le sang contaminé. La mère de Nicolas vire alcoolique grave. Nadia s’aperçoit que Bruno a été contaminé lors d’une transfusion. La mère de Bruno divorce et se remarie avec le patron de son ex mari. Nicolas devient l’attaché parlementaire d’un député de droite qui recherche à faire éclater la vérité sur le scandale du sang contaminé. Le député en question tout marié qu’il est est un un pédé dans le placard. Il drague Nicolas et rapidement ils couchent ensemble, la première fois dans leur bureau de l’assemblée nationale. Mais leur histoire doit rester secrète. Bruno est viré de son boulot lorsque l’on découvre qu’il est séropositif. Le jeune et joli Jérôme meurt du sida. Fin de la première partie.
1986, Jérémy apprend que Bruno est malade et qu’il n’est pas son père. Nicolas est très amoureux de Pierre (Philippe Lefèbvre) son député. Bruno retrouve du travail chez un vieil ébéniste. Nadia qui a été chassé de son hôpital à cause de son engagement sur le sang contaminé travaille maintenant dans un laboratoire spécialisé dans le suivi des malades du sida. Le sida de Bruno se déclare. Il développe une première maladie opportuniste. Nadia passe de plus en plus de temps à son chevet. Nabil est jaloux. Bruno se remet. 1989 Il se trouve une nouvelle copine Fabienne (Bérénice Béjo). Quelque temps après il développe une autre maladie opportuniste. Nadia se sépare de Nabil et vient vivre avec les deux hommes. Bruno se relève encore et décide de vivre avec Fabienne. La mère de Nicolas n’accepte pas la nouvelle liaison de Bruno. Le député de Nicolas devient secrétaire d’état et lui chef de cabinet. Bruno retombe malade mais cette fois encore il s’en sort grâce à la bithérapie. Hélène se suicide par noyade le matin de Noël 1995. Bruno a une nouvelle maladie dont il ne se remet pas. Nadia lui injecte la piqûre de la délivrance devant la télévision sur laquelle Bruno vient de voir la France être championne du monde de football. Pierre s’oppose au PACS. Nicolas menace Pierre de l’outé. Ils se séparent. Pour se consoler Nicolas qui a trop bu lève un jeune mec au matin il s’aperçoit que son coup d’une nuit est séropo et qu’ils ont eu un rapport non protégé. Nicolas est contaminé. Pour récupérer Nicolas Pierre rend publique son homosexualité. Ils se remettent ensemble.
L’avis de Bernard Alapetite
Contrairement à l’habitude je n’est pas écrit un résumé qui n’aurait pu être que trompeur, mais ce que l’on appel, dans le jargon cinématographique, une continuité dramatique pour bien, je l'espère, montrer l’incongruité de cette histoire causée par un trop plein de péripéties. C'est cette continuité dramatique que l'on présente aux producteurs pour essayer de les convaincre de monter le film et aux différentes autorités pour essayer de récupérer quelque argent.
Dés les premières images on sent que l’on va droit à la catastrophe artistique, plan trop serré sur l’action, les figurants c’est cher, donc le réalisateur resserre le cadre pour que le spectateur ne s’aperçoive pas que la foule que le cinéaste est sensé filmer de résume en fait à une demi douzaine de clampins Mais surtout la voix off nous expliquant le pourquoi du comment de ce que l’on devrait voir, ce qui est presque toujours un aveux d’impuissance cinématographique est ici patent.
L’échec du film tient autant à sa son esprit qu’à sa forme. Déblayons tout de suite la forme technique de la chose, n’importe quel producteur de bon sens devrait se rendre compte que traiter 27 ans d’histoire en 3 heures avec une foule de personnages lancés dans des péripéties des plus romanesques est déraisonnable. Si la chaîne (1ère diffusion le 26 Mars 2008 sur la 2) avait été vraiment courageuse et responsable, elle aurait du produire une mini série de cinq à six épisodes de 90mn. Mais le pécher originel de “Sa raison d’êtres est d’avoir voulu mêler des genres qui se révèlent antagonistes, soit le mélo cinématographique façon Douglas Sirk, avec le roman feuilleton genre Eugène Sue, qui a engendré le feuilleton télévisé genre tombé en désuétude depuis la mort de l’ORTF. La différence principale des deux genres réside dans leur construction le premier se nourrit d’un nœud gordien aussi inextricable qu’improbable et est d’essence fondamentalement pessimiste; le deuxième ne vit que par une incessante avalanche de péripéties tragiques et également peu réalistes mais rendues crédibles justement par leur arrivée continue dont la fréquence empêche le spectateur de réfléchir. Dans cette dernière forme, au bout du compte, après bien des tragédies, quelques personnages arriveront au terme de ce chemin infernal et toucherons au paradis. On le voit, des conceptions bien différentes ,tant par leurs philosophies que par leurs rythmes. Les scénaristes Véronique Lecharpy et Pascal Fontanille qui était déjà aux commandes du très bon “Un amour à taire", ont voulu de surcroît faire coller les aventures particulières de leurs personnages avec l’Histoire de la période traversée, élection de François Mitterand, pandémie du sida, scandale du sang contaminé... La seule idée raisonnable qu’ aient eu les auteurs ait de rendre compte de toute cette foisonnante période par le biais d’un regard spécifique, en l’ occurrence celui des gays, personnifié par le narrateur Nicolas. Non que la bonne idée ait été de choisir le regard gay, aucun communautarisme dans mon propos, ce regard en vaut un autre pas plus, mais surtout, enfin il réduit le champ narratif de ce scénario qui par ailleurs explore beaucoup trop de sujets jusqu’à arriver au ridicule par leur accumulation et veut tout embrasser sans rien étreindre...
Dans la deuxième partie, bien meilleure que la première si l’on exepte la toute fin lourdement didactique, le rythme devenant moins frénétique, il laisse enfin passer l’émotion. Les scènes entre Bruno et Fabienne par exemple sont réussies.
Le parti pris de ne pas vieillir les acteurs par le maquillage, les personnages, aux cheveux près, ont presque le même aspect du début à la fin du film alors, que plus de vingt cinq ans ont passé, sauf jérémy qui est joué par des garçons différents au fil du temps, est une bonne solution. N’imagine t-on pas, souvent les autres (et soit même) avec un aspect qu’ils ont cessé d’avoir depuis longtemps... Autre bonne idée de faire des réunions de la famille élargie dans la grande maison des parents de Nicolas des bornes sur la route du temps.
Si les poncifs ont souvent leur part de vérité, il est déconseillé à un réalisateur d’en faire un catalogue quasi exhaustif dans son film, comme c’est le cas dans “sa raison d’être”. C’est forcement un steward qui a contaminé le joli jérôme, lourde allusion au patient zéro; quand une femme est enceinte, elle ne peut que vomir; le jeune prolo (ah les gros plan sur le torse de Gob en marcel! un grand moment) est bien sûr homophobe et fils d’un routier. La politicienne de droite ne peut être qu’une caricature façon Boutin revue par Marie France Garaud...
Les allusions à l’actualité du moment, la guerre des Malouines, les régimes communistes en Europe de l’est... sont plaquées artificiellement dans les conversation entre les personnages et arrivent comme des cheveux sur la soupe.
Il serait grand temps que les cinéastes s’aperçoivent que situer un film en 1981, présente les mêmes difficultés logistique que de filmer une action se déroulant pendant les guerres napoléoniennes ou le premier conflit mondial. Dans les trois cas les objets de la vie quotidienne sont complètement différents de ceux d’aujourd’hui. Il y a même la difficulté supplémentaire, lorsqu'une fiction se déroule dans les quarante dernières années, que bon nombre des spectateurs qui verront le film, se souviendront des détails de ce temps là et qu’ils n’auront pas oublié les visages connus d’alors. Et bien avec des moyens limités, Renaud Bertrand s’en tire très honorablement, évitant les anachronismes trop flagrants, je n’ai guère vu qu’un sweet capuche peu plausible lors d’un entraînement de foot en 1981. La reconstitution du Palace est possible en revanche l’avatar de Fabrice Emaert est grotesque et n’a aucune ressemblance avec son modèle dont la physionomie est encore bien présente dans la mémoire de ceux qui sont passés au Palace.
Le miracle est qu’au milieu de séquences parfaitement ridicules, super téléphonées et très mal dialoguées, certaines scènes parviennent à être des îles d’émotion, comme lorsque Bruno annonce à sa mère qu’il est séropositif, qui parviennent à étrangler notre rire.
Cela est du principalement aux comédiens (Michael Cohen et Nicolas Gob, ont tous deux reçu, à juste titre, le Prix d’interprétation masculine à Luchon) qui dans ce mélo improbable, se débattant dans des situations impossibles, disant un texte parfois indigent, parviennent à rendre leur personnage convaincant et nous force à rester devant l’écran pour connaître la suite.
23 avril 2008
Les équilibristes

France, 1h 45, 1991
Réalisation: Nico Papatakis, scénario: Nico Papatakis, image : William Lubtchansky, Musique : Bruno Coulais, Montage : Delphine Desfons, Décors : Gisèle Cavali, Sylvie Deldon, Nicos Meletopoulos, Son : Laurent Lafran, production: Humbert Balsan
avec: Lilah Dadi, Michel Piccoli, Polly Walker, Doris kunstmann , Patrick Mille, Jacky Nercessian, Juliette Degenne, Laurent Hennequin, Olivier Pajot, Bernard Farcy, Guy Louret, Emiliano Suarez, Michel Palmer, Michel Novak, Nathalie Sevilla, Jacques Labarriere, Luc kienzel, Jourand-Briquet, Mathias Jung, Jean-Gilles Barbier, Yannick Becquelin, Pascal Ricuor, Philippe Cal,
Résumé
Paris, au début des années soixante, pendant la guerre d'Algérie, l'écrivain Marcel Spadice (Michel Piccoli), homme de lettres célèbre et homosexuel notoire a été déstabilisé par une biographie qui a révélé ses cotés les plus sombres. Il est fasciné par le jeune et beau valet de piste du cirque parisien Imira, Franz-Ali (Dadi Lilah). Sa mère est allemande et alcoolique, son père, un arabe, est mort pendant la seconde guerre mondiale. Spadice provoque une rencontre par l'intermédiaire d’Hélène Lagache à la fois son égérie et son entremetteuse sexuelle. Le grand homme tombe immédiatement amoureux de Franz-Ali en qui il voit le plus bel équilibriste du monde. Il promet au jeune homme, qu’il le fétichise sous la forme d’un phallus géant, de l'aider à réaliser son rêve : devenir un talentueux funambule. L'écrivain décide de se charger de son entraînement. Le garçon se soumet aux exigences du maître, au péril de sa vie. Malheureusement le jeune funambule tombe de son fil et se blesse grièvement. Il ne sera jamais le plus grand équilibriste. Dès ce moment, Spadice, pygmalion déçu, abandonne le garçon pour jeter son dévolu sur un nouveau jeune homme, Fredy, un passionné de course automobile. Franz-Ali, désormais ne vivant que pour se survivre, trop blessé physiquement et moralement, se suicide.
L’avis de Bernard Alapetite
Les équilibristes qui s'inspire d'un épisode amoureux de la vie de Jean Genet, est la peinture de la violence de la domination totale exercée par le maître sur sa créature. Néanmoins le film ne relève jamais d’une reconstitution de la vie de l’écrivain.
Peu de création sont autant en inéquation avec son auteur. En effet Papatakos hétérosexuel flamboyant et grand ami de Jean Genet parait bien mal placé pour raconter cette histoire sordide où le grand écrivain, mu par un désir sexuel pour un jeune homme paumé, se met dans la tête d’en faire une vedette du cirque. Mais lorsque le mentor s’aperçoit que l’objet de son fantasme n’atteindra pas les sommet il le jette, pauvre pantin brisé, maintenant indigne de distraire le maître.
Ce tragique épisode de la vie de Genet est “certifié” par son biographe, Edmund White: <<Il poussa son amant Abdallah, funambule de profession, à tenter des numéros toujours plus périlleux, jusqu’à ce qu’il chute, non pas une, mais deux fois; estropié il finit par se suicider, avec le Nembutal de Genet.>>. Des rapports et leur triste conclusion qui rappellent ceux qu’entretenait Bacon avec George Dyer, sujet de Love is the devil , film de John Maybury plus réussi que celui-ci.
Cette variation étrange sur le mythe de Pygmalion, tragédie d’une relations fondées sur la hantise de la mort et le désir d’éternité, n’a pas la force que son scénario était en mesure de lui insufflé car se privant du nom de Genet Papatakis prive son film de tout le hors champs que celui-ci lui aurait apporté. Toutes considérations relevant du droit mis à part, qui sont très importantes dans ce genre de projet, changer le nom d’un protagoniste historique, que le spectateur pourtant ne peu que reconnaître, est presque toujours un aveu de faiblesse artistique. C’est une facilité qui par exemple évite le souci de ressemblance physique entre l’acteur et son personnage.
Le film est d’autant plus dérangeant pour les mânes de Genet qu’il nous amène à penser que son souci de la cause arabe est surtout dictée par le cul; ce qui tout de même il serait temps de dire simplement d’un homme dont la conscience politique n’a pas été toujours exacerbée. Il exulta lorsque les troupe allemandes entrèrent dans Paris... Ceci dit il n’est pas le premier et sera encore moins le dernier a avoir été sensibilisé à une cause par l’intermédiaire du sexe, ce qui n’est peut être pas la plus mauvaise manière d’accéder à la conscience politique. Les chemins d’un Gide ou d’un Montherlant vers l’anticolonialisme passent par cette même voie. Il est d’autant plus incompréhensible que Papatakis ait évacué la relation intime entre les deux amants. Il ne montre pas le désir physique entre Spadice et Franz-Ali, alors qu’il est le centre de toute l’histoire.
Ne doit on pas voir en parti dans Les équilibristes le règlement de compte envers Genet d’un ami dépité, Papatakis même si le portrait qu’il dessine de l’écrivain n’est pas en contradiction avec les témoignage littéraires que l’on connaît par exemple dans le Journal (éditions Gallimard) de Jean Cocteau ou dans les Nouvelles minutes d’un libertin (éditions Le promeneur) de François Sentein, ni avec la biographie quelque peu laudative d’Edmund White; mais il aurait pu aussi bien pu choisir d’autres épisode de la vie du grand écrivain, qui su aussi, se montrer généreux et fidèle en amitié avec d’autres de ses anciens amant. Mais peut être faut il voir dans le film un hommage à l’autre vrais protagoniste de cette tragédie, Abdallah, le cinéaste en 1964 a assisté à son enterrement et n’a jamais oublié...
Les équilibristes n’est pas seulement l’histoire que Genet eut avec Abdallah c’est plus une compilation de plusieurs aventures amoureuses vécues par l’écrivain qui, à la fin de sa vie, fut amoureux d’un autre artiste de cirque, Alexandre Bouglione qui n’était pas cette fois fil de feriste, mais dompteur de lions . Quelques années auparavant il avait été l’amant d’un jeune coureur automobile comme Freddy (Patrick Mille) par ailleurs ce garçon était le beau-fils de l’acteur d’ Un champ d’amour. Genet en fera son exécuteur testamentaire.
La réalisation est fade. Chaque plan est attendu. Sauf dans la scène de funanbulisme où le kitch assumé concourt à l’émotion. Alors qu’il aurait fallu érotiser les corps masculins le réalisateur n’y parvient jamais, pourtant il y avait de quoi faire avec celui magnifique de Lilah Dadi. Ses essais dans ce domaine sont assez pitoyables notamment au début la rêverie érotique de Spadice lors de la parade du cirque. L’image majoritairement dans les bruns et les rouges est assez laide et manque de précision.
Les scènes de cirque ont été réalisées dans celui d’Amiens où furent déjà tourné Les Clowns de Fellini et Roselyne et les lions de Beinex.
Le suicide du jeune homme lors d’une cérémonie funèbre rappelle Les enfants terribles de Cocteau. On peut aussi repérer dans le déroulement du film d’autres éléments issus de la vie et de l’oeuvre et de Genet. Le livre qui dissèque les comportement de l’écrivain est dans la réalité Saint Genet, comédien et martyr de Sartre.
Michel Piccoli est remarquable comme à son habitude dans ce personnage d’intellectuel démiurge pervers et calculateur, tenant toujours le spectateur à distance. On peut le voir également dans des rôles d’homosexuel dans Le bal des casse pieds d’Yves Robert et dans La confusion des sentiments d’Etienne Perier d’après Stefan Zweig et aussi dans Rien sur Robert de Pascal Bonitzer. Quant à Lilah Dadi qui ne démérite en rien face à Piccoli, on peut le voir épisodiquement sur le petit écran. Il fut notamment Mourad Béckaoui, personnage récurrent de la série P.J.
La reconstitution habile et soignée de l’atmosphère du Paris des années 60 s’accomode bien au jeu daté et distancié des seconds rôles souvent caricaturaux. Pourtant du tout émane un envoûtement dans des scènes qui pourraient être signées Fassbinder.
La vie de Nico Papatakis ferait un film formidable que l’on en juge un peu: Né en 1918 à Addis Abeba en Éthiopie, le jeune Papatakis s'oppose au régime de Mussolini lors de l’invasion de l’Ethiopie par ce dernier qu’il combat en se ralliant à l'empereur Hailé Sélassié Ier. Mais il est contraint de s'exiler et se réfugie d'abord au Liban puis en Grèce. En 1939, il part pour la France et s'installe à Paris. Papatakis fréquente l'intelligentsia parisienne de l'époque dont Jean-Paul Sartre, André Breton, Jacques Prévert, Robert Desnos, Jean Vilar. C’est alors qu’ Il se lie d'amitié avec Jean Genet.
En 1947, il créé le cabaret de La Rose Rouge qu’il va diriger, jusqu'au milieu des années 1950, cette scène qui va être un formidable tremplin pour de nombreux artistes parmi lesquels Les Frères Jacques et Juliette Gréco (il est à l’origine de la fameuse robe noire de la chanteuse). Entre temps, Papatakis a épousé l'actrice Anouk Aimée dont il a eu une fille Manuela en 1951.
En 1950, il produit et finance le film de son ami Jean Genet, Un chant d'amour. Mais l'unique oeuvre cinématographique du sulfureux écrivain est censurée et ne sortira qu'en 1975.
En 1957, pour des raisons politiques, il quitte la France pour les États-Unis et se fixe à New York. Il se lie avec le mannequin allemand Christa Päffgen. Elle lui emprunte son vrai prénom et devient ainsi la légendaire Nico, égérie d'Andy Warhol et du Velvet Underground.
En 1959, Papatakis rencontre le réalisateur John Cassavetes qui a des difficultés financières pour terminer son premier long métrage Shadows. Il lui trouve les fonds nécessaires et devient coproducteur du film.
Papatakis revient à Paris au début des années soixante. En 1962, il réalise son premier film, Les Abysses, d'après la pièce de Genet, Les Bonnes, inspirée elle-même de l'histoire vraie des sœurs Papin. Le film est présenté au festival de Cannes de la même année. Sa violence et son exaltation forcenées font que certains critiques verront cette oeuvre comme un plagiat provocateur et déclencheront un irrépressible scandale malgré le soutien du fidèle cénacle intellectuel (Sartre, Beauvoir, Genet).
En 1967, il tourne son second long métrage dans la clandestinité car Les Pâtres du désordre dénoncent le régime des colonels grecs. Mais le film sort au moment des événements de Mai 1968 et c'est un échec.
Papatakis, alors époux de l'actrice grecque Olga Karlatos, se tourne vers la politique en s'opposant à la dictature des colonels en Grèce.
En 1975, il écrit et réalise Gloria Mundi avec son épouse en vedette. Son film est sélectionné pour l'ouverture du premier Festival du Film de Paris mais, à cause de son évocation de la torture en Algérie, il ne sortira qu'en 2005. Il faudra attendre plus de dix ans avant que Papatakis revienne au cinéma. C'est donc en 1986 qu'il écrit et tourne La Photo qui est sélectionné dans La Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 1987.
En 1991, il écrit et réalise Les Équilibristes. On peut noter que l’on retrouve dans Les équilibristes des thèmes que le cinéaste a déjà exploré, le conflit maître - esclave dans Les abysses, les rapports de force dans Les pâtres du désordre, la révolte de l’humilié dans La photo. Il a écrit en 2003 son autobiographie, Tous les désespoirs sont permis, parue aux éditions Fayard.
L’image est signée William Lubtchansky un des chefs opérateurs du cinéma d’auteur français et surtout partenaire habituel de Rivette. On lui doit la photo du trop méconnu Secret défense.
Bruno coulais l’auteur de la musique du film a été rendu célèbre par celle des Choristes qu’il a également signée.
Une version théâtrale de ce drame existe. Il a été représenté il y a quelques années à Paris au théâtre du vingtième; c’est Jean Menaud (Vie et mort de Pier Paolo Pasolini) qui jouait Jean Genet. La pièce se résumait à un long monologue le jeune arabe n’étant qu’une présence muette.
Les équilibristes est un beau mélodrame fassbinderien à qui il manque un peu de sensualité pour complètement convaincre. Le film est aussi intéressant pour l’histoire de la littérature que pour celle du cinéma. Cette évocation de Genet est a mettre à coté de celle plus franche de Jean Sénac, cet autre grand amoureux des jeunes arabes, dans Le soleil assassiné.
17 avril 2008
Cambridge spies
Fiche technique :
Réalisation : Tim Fywell. Scénario : Peter
Moffat. Musique : John Luan. Montage : Chris Gill. Direction artistique
: Emer O Sullivan. Son : Steve Fish.
Durée : 240 mn (4 x 60 mn). Disponible en VO.
Avec: Toby Stephens, Tom Hollander, Rupert Penry-Jones, Samuel Wes, Anna-Louise Plowman, Adam Blackwood, Lisa Dillon, Peter Eyre, Jenna Harrison, Daniel Hart, Patrick Kennedy, Simon Woods, Stuart Laing, Leon Lissek et Anthony Andrews
Résumé :
Angleterre,
1934. Kim Philby (Toby Stephens) est un étudiant idéaliste au sein de
la prestigieuse université de Cambridge. Il aimerait pouvoir agir
contre le fascisme qui gagne l'Allemagne et l'Italie. Il désire
intégrer le parti communiste, la seule force qu'il juge suffisamment
puissante pour mettre un terme aux dictatures qui se propagent en
Europe. Il rencontre Guy Burgess (Tom Hollander) et Anthony Blunt
(Samuel West) qui ont la possibilité de le faire entrer dans le parti.
Mais avant, Kim Philby doit convaincre son meilleur ami, Donald Maclean
(Rupert Penry-Jones), de le suivre. Or, ce dernier craint de trahir les
idéaux de son père s'il s'allie aux communistes... Son père meurt, plus
rien ne le retient. Ces quatre hommes assoiffés d'idéalisme et de
justice sociale, désirant lutter contre le nazisme, vont trahir leur
pays sans vergogne, durant vingt ans, au profit de l’URSS.
Maclean, converti, est aussitôt envoyé en Autriche
par Otto, leur mentor en espionnage, pour convoyer des instructions. Il
y tombe amoureux et se marie avec son contact, la belle Litzi (Lisa
Dillon) qu’il ramène à Londres… mais le parti exige qu’il rompe. Il
obéit. Leur diplôme universitaire en poche, les quatre compères vont
tenter d'infiltrer les sphères d'influence de la société britannique en
cachant leur passé de militants communistes. Blunt tire profit des
relations qu'entretiennent ses proches avec la famille royale. Maclean
rejoint le bureau des affaires étrangères. Burgess travaille à la BBC
et entre dans les services secrets, tout comme Philby à qui l’on a
demandé de devenir un journaliste pro-allemand. Ce dernier est envoyé
en reportage en Espagne pour couvrir la guerre civile. Mais sa
véritable mission est d'assassiner Franco... Devant le caudillo, il ne
parvient pas à passer à l’action…
C’est bientôt la guerre. Les quatre camarades sont ulcérés par le pacte
germano-soviétique. Leur foi en l’Union Soviétique est ébranlée. Comme
tous les autres Anglais, ils luttent contre le nazisme. Donald commet
l’irréparable : il avoue à sa femme (Anna-Louise Plowman) ses activités
d’espionnage. Il déclare à Blunt vouloir se retirer. Ce dernier veut
faire de même en achetant sa libération avec des informations cruciales
sur la famille royale britannique. La guerre prend fin mais bientôt une
autre guerre commence que l’on appellera « guerre froide ». Moscou
demande aux espions anglais de leur communiquer des renseignements sur
la bombe atomique américaine. Ce que Philby, Burgess et Maclean sont en
mesure de faire, se trouvant en poste à Washington. Ils s’exécutent.
« Grâce à eux », l’URSS obtient l’arme nucléaire. Les Américains ont
rapidement la preuve que les fuites viennent de l’ambassade de
Grande-Bretagne. Après une longue enquête, les soupçons se portent sur
Maclean. Juste avant d’être arrêté, il parvient à passer à l’Est en
compagnie de Burgess...
L’avis de Bernard Alapetite :
Voilà une série qui n’a pas peur de s’attaquer à l’Histoire, mais aussi
l’histoire d’espionnage la plus fameuse du XXe siècle communément
appelée « Affaire Philby », du nom d’un des quatre protagonistes de
cette épopée qui pourrait aussi s’appeler « les quatre mousquetaires de
l’espionnage ». Cet épisode rocambolesque de la guerre froide est à
l’origine de bien des films de fiction, encore plus de documentaires et
de moult livres, tant historiques que romanesques.
Tout d’abord, un petit survol des précédents en se focalisant sur la
fiction tant cinématographique que littéraire… On ne sera jamais assez
reconnaissant à ces traîtres d’avoir été à l’origine de la quasi
totalité de l’œuvre de John le Carré et notamment de La Taupe et Les Gens de Smiley, livres directement rattachés à cette affaire. Elle est également très présente
dans l’un des plus beaux romans français des années 70, Les Poneys sauvages de Michel Déon (Gallimard). Et surtout, elle est au centre du beau et trop méconnu roman de Bernard Sichère,
La Gloire du traître (Denoël), qui met au centre de l’intrigue l’homosexualité des personnages !
Pour le cinéma, la référence est Another Country de Marek Kanievska avec Rupert Everett et Colin Firth, adapté de la pièce éponyme de Julian Mitchell. Le film ne traite que de la rencontre dans une public school des futurs espions de Cambridge et de leurs amours (si l’on excepte une courte incursion en 1984, année de sa sortie). Bien que les noms soient modifiés, la référence historique est explicite. Le film suggère que c’est l’empêchement de vivre leur homosexualité au grand jour qui serait à la racine de leur engagement communiste. Cette histoire doit hanter le réalisateur, car en 2002 il tourne Secret d’État, toujours avec Rupert Everett qui – cette fois – incarne un clone de Philby lorsqu’il terminait sa carrière d’espion à Beyrouth dans les années 60. On peut mentionner aussi Les Espions Burgess et Maclean (DVD BBC/Le Monde), un docu-fiction très didactique qui relate la fuite, en 1951, de Burgess et Maclean à L’est. Dans Blunt The Four Man de John Glenister (datant de 1992), l’éclairage privilégie le seul des quatre dont la vie n’a pas été détruite par son engagement. Le rôle de Blunt y est tenu par Ian Richardson et celui de Burgess par Anthony Hopkins. L’homosexualité des protagonistes est bien soulignée et présentée comme le moteur de leur révolte. John Schlesinger a consacré un film, An Englishman abroad (1983), à l’histoire de Burgess (interprété par Alan Bates). Le cinéaste est revenu sur le sujet en 1992 avec A Question of Attribution.
Dans la masse des documents et récits parus sur cette affaire, il me parait utile d’en extraire Mes Camarades de Cambridge de
Youri Ivanovitch Modine (éditions Robert Laffont, 1994). Pour la
première fois, un livre présente l'envers « officiel » du décor et le
rôle concret de l'officier traitant. L’auteur, qui se réserve le beau
rôle, a été attaché de presse à l'ambassade soviétique à Londres, et
surtout officier du KGB. Il raconte comment il manipulait ses
informateurs bénévoles. Ces étudiants de Cambridge qui se prirent de
sympathie pour la cause communiste dans leurs années de jeunesse avant
1940 et qui n'hésitèrent pas un seul instant à rendre des services au
régime stalinien durant les années 50 et 60, au pire moment de la
guerre froide. On y apprend qu’ils n’étaient pas quatre mais cinq ! (Et
même un peu plus). Le cinquième, Cairncross (il n’apparait que
furtivement dans Cambridge
Spies)
vit encore en Angleterre (qu’il n’a jamais fuit) et était motivé par
son antifascisme foncier. Il a été cet espion efficace qui permit aux
soviétiques de tout savoir de l'armée allemande grâce aux informations
prélevées directement à l'état-major britannique. À la lecture de ce
livre, on reste stupéfait de l’importance des informations que le
réseau transmet aux soviétiques, surtout via le courrier échangé entre
Américains et Britanniques, y compris sur la conception d'une arme
nucléaire ; on reste confondu devant l'innocence affichée, le manque de
scrupules et l'absence de regrets, une fois découverte leur « sale »
mission, dont témoignent ces agents.
Les « damnés » de Cambridge ont donné lieu à bien des fantasmes et leur dénomination de gentlemen espions est quelque peu usurpée. En vérité, ils étaient loin d'avoir tous du sang bleu. Par ailleurs, ils n'étaient pas tous amis comme le montre la série, et pas tous homosexuels. Mais Anthony Blunt et Guy Burgess seront les deux à la fois, leur histoire demeure indissociable. Blunt est le personnage le plus extraordinaire de cette épopée. Le livre que lui a consacré Miranda Carter, Gentleman espion, aux édition Payot est une source aussi passionnante que sérieuse, non seulement sur Blunt mais sur toute cette affaire. Au début des années 1930, à Trinity College, ils font partie d'un club secret animé par John Maynard Keynes : « La Société des Apôtres », dont ils vont être les Judas. L'auteur du Traité de la monnaie est aussi celui d'un concept plus risqué pour l'époque : La Sodomie supérieure (The Higher Sodomy). Les bacchanales entre garçons et les livraisons de documents stratégiques à une puissance étrangère ont alors ceci en commun : c'est la prison si l'on se fait prendre... Comme on ne prête qu’aux riches, en 1998, l’Australien Kimberley Cornish suggérait dans son livre Wittgenstein contre Hitler (PUF éditeur) que le philosophe (gay… aussi) aurait pu avoir fait partie du groupe d’espions de Cambridge. D’autres sources supputent que Victor de Rothschild en aurait été aussi !
Le premier épisode de la mini série se déroule dans le cadre, toujours plaisant et exotique, des collèges anglais. Il apporte son lot d’informations sur la vie quotidienne de ces lieux extravagants pour le profane. Mais on a bien du mal à s’intéresser aux péripéties des héros, en raison de la mollesse de la mise en scène et du peu de charisme des acteurs. Mais surtout, on ne comprend pas pourquoi ces quatre garçons privilégiés, brillants et fantasques, comme il est de bon ton de l’être dans sa jeunesse pour la caste supérieure de l’empire britannique, vont se mettre au service de la dictature communiste. On ne comprend pas plus comment ils ont connu leur mentor et pourquoi ce dernier recrute de tels pieds nickelés, car c’est bien ainsi que nous les percevons. Le réalisateur pense qu’en juxtaposant des scénettes signifiantes, il va rendre audible son propos. Il n’en est rien, faute de liaisons entre elles. Lorsque l’on rassemble le puzzle, on ne voit guère que quatre pantins qui parlent beaucoup et ne font pas grand chose. Ils semblent en outre (en particulier dans le deuxième épisode, qui par ailleurs est plus clair que le premier) être les seules personnes intelligentes, perdues dans un monde de ganaches et de femmes faciles. Pas plus que leurs opinions politiques, leur homosexualité n’a de densité. Elle est tout au plus fugitivement décorative.
Il faut attendre le deuxième épisode pour que les personnages se dessinent. On ne comprend pas d’avantage par quel miracle Blunt est nommé conservateur des collections royales. Rien n’est montré de sa précoce passion pour l’art. Il a fondé un journal d’étudiants dédié à l’esthétisme dès sa première année à Cambridge, ce qui est finement décrit dans La Gloire du traitre, dans lequel Bernard Sichère n’utilise pas les noms réels mais des patronymes transparents (Blunt devient Blake), ce qui lui laisse une liberté qui a vraisemblablement manqué à Peter Moffat, scénariste de Cambridge Spies.
Néanmoins cette mini série a l’immense mérite de nous faire réviser (et malheureusement pour beaucoup apprendre) notre histoire moderne. Elle soulève des lièvres historiques, et pas des petits, non… des bons gros mastards. Premièrement, Maclean aurait été chargé par le KGB d’assassiner le général Franco à la fin de la guerre d’Espagne mais il se serait dégonflé (pas insensible aux moustaches du caudillo peut-être ?). Deuxièmement, la famille royale aurait été plus ou moins informée des activités pro-communistes de Blunt et l’aurait couvert en souvenir de services rendus à la dite famille. Pourquoi pas, tout est toujours possible, même le plus improbable… Mais pour que le spectateur adhère à de telles hypothèses historiques, faut-il encore qu’il soit en confiance, et pour cela ne pas lui avoir montré une scène des plus improbables auparavant ! C’est le cas avec le flingage, à bout portant, en pleine rue à Vienne par des policiers d’un réfugié allemand, approximativement en 1936… soit deux ans avant l’Anschluss !
Cambridge Spies est souvent caricatural et ne s’embarrasse que de très
peu de subtilités. On nous montre comme une évidence (voire avec grossiereté) ce qui etait suggéré avec finesse dans Les Vestige du jour
que (toute ?) l’aristocratie britannique avait des sympathies nazies.
Cette lecture n’est pas recevable, sauf pour les nostalgiques des bons
vieux partis communistes des années soixante.
On peut être pour le moins interloqué par le fond de la série qui est
condensé dans la dernière réplique que Blunt adresse à une de ses
anciennes relations du temps de Cambridge qui lui demande ce qu’on fait
ses amis (outre le ridicule d’une telle question, tout le royaume était
informé de ce qu’étaient devenus ses complices) : « de grandes
choses »,
réplique difficilement recevable aujourd’hui. Rappelons que ces
« grandes choses » ont d’abord consisté à se mettre au service du
régime stalinien qui, dans le même temps, organisait la grande famine
en Ukraine qui fit trois millions de morts. Certes ces jeunes gens de
Cambridge l’ignoraient. Mais à cette époque, les yeux d’André Gide
s’étaient vite dessiller...
Bien des défauts de cette œuvre auraient pu être corrigés grâce à une durée plus longue. Il me semble que ce problème de la durée des œuvres n’est que rarement pris en compte par les décideurs du cinéma et de la télévision. Il est patent qu’il est difficile de faire une traversée de l’histoire de l’Europe entre 1930 et 1960 en quatre heures. Il est curieux que ce phénomène « qui trop embrasse mal étreint » atteigne surtout des productions télévisuelles historiques. Ce même mal contamine également d’autres mini séries comme De Gaulle ou Les Amants du Flore qui souffraient aussi du défaut de vouloir ramasser en trop peu de temps la narration d’événements qui se trouve bien trop à l’étroit dans le carcan horaire qu’il leur est imposé. Alors que Sartre, qui se déroule sur sept ans (de 1958 à 1965), est une réussite complète. Pourtant la diffusion à la télévision offre plus de souplesse que celle en salle.
Une
autre possibilité aurait été d’intégrer à la narration des actualités
d’époque et/ou des interviews de survivants ayant connu les
protagonistes de cette passionnante affaire, ou bien encore nombre de
spécialistes du sujet. De tels ajouts apportent beaucoup à ces deux
remarquables productions télévisuelles que sont Albert Speer, l’architecte du diable et Thomas Mann et les siens.
Une possibilité qui aurait permis d’éviter certaines erreurs : ne pas
forcément suivre les quatre personnages principaux dans des parallèles
bancals mais nous raconter cette histoire par les yeux de Burgess, qui
était le seul à entretenir des relations avec les trois autres – car
contrairement à ce que veut nous faire croire la mini série, Blunt
connaissait à peine Philby et Maclean.
Certes,
on ne peut pas demander à une fiction une vérité historique totale…
contrairement à un documentaire ou même à un docu-fiction, mais dès
l’instant où une production utilise des personnages historiques, il est
impardonnable de travestir peu ou prou la vérité comme c’est le cas ici
pour faciliter la narration… par ignorance ?.. par subjectivité
politique ou plotiquement correct de l’époque ?
Il est également conseillé de choisir des acteurs qui ressemblent aux
personnages historiques qu’ils incarnent… ce qui est le cas, par
exemple, dans Sartre et dans Speer,
l’architecte du diable. Ce qui n’a pas été (visiblement) le cas ici où seul Rupert Penry-Jones (alias Maclean) ressemble à son modèle.
La mini série a été réalisée pour la BBC, avec un budget de plus de 8 millions d'euros. Le tournage rencontra quelques difficultés. Le Trinity College de Cambridge refusa qu’il se déroule dans ses bâtiments. Il se murmure aussi que Buckingham Palace essaya de faire capoter le projet car Anthony Blunt était, jusqu'à ce que ses agissements soient rendus publiques en 1979, un proche de la Reine. Est-ce pour cela que la Reine mère est caricaturée en pocharde (avant que Stephen Frears fasse de même dans The Queen) ?. Il n’en reste pas moins que dans le deuxième épisode, elle est la seule à se montrer perspicace sur le compte de Blunt.
La série a été récompensée en 2004 aux FIPA Awards et aux Rencontres Internationales de la Télévision de Reims.
12 avril 2008
No night is too long
Fiche technique :
Réalisateur
: Tom Shankland. Scénario : Kevin Elyot et Ruth Rendell, d’après le
roman de Ruth Rendell signé de son pseudonyme Barbara Vine. Images :
Paul Sarossy. Montage : Allan Lee. Musique : Christopher Dedrick.
Direction artistique : Peter Andriga.
Grande Bretagne, Canada, 2003, Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.
Avec Lee Williams, Marc Warren, Mikela J Mikael, Salvatore Antonio, Beverley Breuer, Rob Bruner, Liam Mc Guigan et Philip Granger.
Résumé :
Tim
(Lee Williams) est un brillant étudiant d’une petite université
d’Angleterre non loin de son domicile familial, une station balnéaire
du Suffolk. Il ne répugne pas à se faire faire une petite gâterie par
sa copine, sur la plage, au clair de lune. Ce qui ne l’empêche pas, au
détour d’un couloir de sa fac, de tomber en arrêt – tel le setter moyen
face à un col vert égaré – devant Ivo (Marc Warren), un jeune
professeur mâle de paléontologie dont bientôt le visage l’obsède.
Bravant sa timidité toute relative, il le drague. Au début l’objet de
ses désirs est froid comme ses chers fossiles, mais il n’est pas à long
à tiédir. Il s’ensuit une torride passion sexuelle. Mais plus Ivo
devient incandescent, plus notre inconséquent étudiant se refroidit. Et
quand Ivo invite son jeune amant à l’accompagner en Alaska, où il anime
des croisières scientifiques, Tim le suit à contrecœur. Arrivé dans un
port de ce « bout du monde », suite à un imprévu (?), Ivo doit
abandonner son amoureux dix jours dans ce lieu inhospitalier, avant
leur embarquement. Le jeune homme nous avait déjà prévenu « que l’ambivalence ne l’effraie pas »,
même distrait, et c’est difficile devant ce film passionnant, dont je
ne vous dévoile qu’une couche de l’intrigue, et encore partiellement.
Or donc, ne supportant pas la solitude, il jette son dévolu sur une
jeune femme, Isabel (Mikla J. Mikael). Je cite : « idéale pour passer le temps. »
Ce qui ne devait être pour Tim qu’une alternative à ses nombreuses
visites au bar de l’hôtel se transforme en une passion fusionnelle.
Mais au bout de ces dix jours, Isabel prend la fuite et Ivo revient. La
croisière qui promettait d’être idyllique se transforme en enfer.
L’amour a fait place à la haine. Tim ne rêve que de rejoindre Isabel à
Vancouver, mais comment se débarrasser d’Ivo ? En le tuant ?
L’avis de Bernard Alapetite:
Quand
on se met devant sa télévision, même devant un programme de PinkTv, on
s’attend rarement à être mis en présence de ce qui devrait être un
modèle pour les auteurs de films gays. Voilà, enfin, une production qui
ne considère pas l’homosexualité comme une fin en soi et l’unique sujet
possible du film, mais comme une chose tout à fait banale et qui,
pourtant, la place au cœur de l’intrigue de ce thriller haletant ; en
fait le moteur des événements qui précipiteront les amoureux vers
l’inéluctable, sans que leur sexualité ne soit jamais culpabilisée.
Ruth Rendell a créé le personnage du garçon fatal.
Comme
dans toutes les histoires de ces dames anglo-saxonnes qui améliorent
leur thé ou leur whisky, au choix, d’une dose de strychnine, les
rebondissements sont un peu abracadabrantesques (sic), mais c’est la
loi du genre pour que l’on reste, comme ici, scotché à l’écran durant
deux heures. Dans No night is too long, nous sommes plus près de Patricia Highsmith que d’Agatha Christie.
L’intrigue,
comme dans tous les livres de Ruth Rendell – experte en thriller
psychologique depuis quarante ans – pose ces questions : « pourquoi
devient-on meurtrier ? » ou « comment devient-on victime ? » Parce
qu’un jour, sans le savoir, on prend une route... ou un couloir au bout
duquel se trouve la mort violente.
Le cinéma devrait être bien
reconnaissant à la romancière. Son roman, L’Homme à la tortue, est devenu devant la caméra de Pedro Almodovar En chair et en os (dvd TF1 vidéo) et L’Analphabète, devant celle de Claude Chabrol, La Cérémonie. Il a aussi adapté La Demoiselle d’honneur, cette fois sans en changer le titre. Claude Miller a fait de même avec Betty Fisher.
L’un des
atouts du film est l’originalité des lieux de tournage. L’Alaska n’est
pas l’État des USA le plus filmé et bien peu de réalisateurs ont planté
leurs caméras sur les plages du Suffolk, malgré leur indéniable charme.
La réalisation ne se dépare jamais d’une belle maîtrise du cadre qui
bénéficie d’un éclairage froid et soigné. Elle utilise avec habileté le
décor qui n’est pas seulement une toile de fond pittoresque pour
l’intrigue mais un véritable acteur du drame. Elle aurait toutefois pu
nous éviter des effets spéciaux numériques un peu trop présents, telle
cette profusion d’éclairs pour rendre les ciels dramatiques et
signifiants ou ce maquillage de l’île fatale en Île des morts
de Bocklind. Le directeur de la photographie qui signe de si belles
images est Paul Sarossy. Il est entre autre le collaborateur habituel
d’Atom Egoyan. On lui doit la photographie des remarquables Voyage de Felicia et La Vérité nue.
Comme
presque toujours dans un film anglais, la distribution est parfaite. En
particulier Lee Williams qui compose un Tim complexe et changeant qui
fait parfois penser au jeune Ripley et à qui on met longtemps à
accorder notre sympathie. Il porte le film de bout en bout. Il tient le
premier rôle dans un autre film gay, l’extravagant Les Loups de Kromer (dvd
BQHL). Il participe à de nombreuses productions télévisées anglaises.
On peut le voir en particulier dans le rôle de Jon Forsyte, dans la
somptueuse nouvelle version de la saga des Forsyte. Il apparaît
également dans Billy Elliot et Mauvaise passe. Marc Warren (Ivo) a une présence étonnante ; son inquiétant magnétisme rappelle celui de Malcom Mc Dowell à ses débuts.
Si
les scènes de sexe, aussi bien hétérosexuelles que gays, ne sont pas
particulièrement bien filmées, le réalisateur se rattrape en nous
offrant de beaux plans tendres et sexy après l’amour. No night is too long est
co-produit par la télévision britannique d’État, la BBC. Le film a été
diffusé à une heure de grande écoute, la deuxième partie en soirée.
Combien de chaînes françaises, hors celles du câble, diffuseraient et
produiraient un film comme celui-ci qui met, et montre, l’attirance
sexuelle de deux hommes au centre de son intrigue ?
No night is too long
peut se traduire par « Les Nuit ne sont jamais trop longues », phrase
que dit Ivo à Tim au plus fort de leur amour. Jamais le film ne vous
paraîtra trop long. Espérons qu’il fasse école, tant sur le fond, que
dans la forme.
10 avril 2008
Skins
Alors que la diffusion de la saison 2 de « Skins » test près de sa fin en Angleterre, et que le dvd de la saison 1 vient de sortir en France, la chaîne britannique E4 qui diffuse la série a mis en ligne sur son site un épisode unseen (destiné uniquement au web) avec Maxxie (Mitch Hewer) Dans cet épisode intitulé « A cycological romance » Maxxie fait la rencontre de James...
Le père de la série Jamie Brittain a annoncé qu'il y aurait une troisième saison... mais avec de nouveaux acteurs. Il ne nous reste à espérer que les petits nouveaux seront aussi bons que les anciens et que nous reverrons vite Mitch Hewer.
04 avril 2008
ANDRE’S MOTHER, (L’AMI DE MON FILS)

USA, 49mn, 1990
Réalisé par Deborah Reinisch, scénario : Terrance Mc Nally, images: Bobby Bukowski, montage: Jeffrey Wolf, son: Laura Civiello, musique: Jonathan Sheffer
Avec : Sylvia, Sidney, Sada Thompson, Richard Thomas, Richard Venture, Haviland Morris, Conan Mc Carty
Résumé
A New York, lors des obsèques d’André, un jeune acteur mort du sida, la rencontre difficile entre la mère du défunt, murée dans ses principe et Cal l’amant du jeune homme.
Avis de Bernard Alapetite
Le film est l’itinéraire d’une rencontre celle de la mère du mort et de son amant. Tout sépare ces deux êtres que ne rapproche que l’indicible douleur d’avoir perdu l’être aimé. La très efficace réalisation capte bien les refus, la douleur autiste de cette mère qui n’a jamais voulu accepté l’homosexualité de son fils. Elle s’aperçoit à travers le chagrin qu’éprouve les amis d’André qu’elle ne connaissait pas son enfant qui lui a caché jusqu’au bout sa maladie.
Le film est construit en une alternance entre le présent, les obsèques d’André et des remémorations, traitées en flash-back, de sa mère pendant la cérémonie.
Elle se souvient de ses précédentes rencontres avec l'amant de son fils, de sa propre mère avec qui elle avait des relations difficile et qui elle aussi, a disparu il y a quelques mois. Habilement, on ne verra qu’André qu’en photo sur une table de chevet. On ne le connaîtra que par ce qu’en dise ses amis. La grande qualité du film est de ne pas tout donner au spectateur mais avec quelques indications de lui permettre d’imaginer la vie des protagonistes, de se faire une idée de la vie de couple que menait andré et cal, de s’émouvoir sur cette carrière d’acteur pour toujours incomplète de se passionné de Shakespeare qui joua hamlet et jamais incarnera le roi Lear... Chaque personnage garde sa part de mystère qu’elle fut la vie de la mère et de la grand mère de Cal? Deux femmes bien différentes mais toute deux remplies de regret et d’amertume.
Elle ne peut accepter le fait que son fils soit gay et par conséquent Cal représente tout ce qu'elle déteste et en même temps comme elle lui avoue presque à regret elle a conscience que c’est quelqu’un de bien et que c’est lui et sa famille qui ont assisté son fils dans ses derniers instants.
Leur relation sera difficile et tourmentée. Katherine a perdu son fils. Cal a perdu son amant. Ensemble, ils vont rechercher une réconciliation, une compréhension de ce qu'est la vie avec, et sans, leur André mort du SIDA. Le lâché des ballons blancs dans Central Park comme un dernier adieu les libérera-t-il ? Cal fera le dernier pas vers la mère d'André... Le ballon blanc s'élève guidé par les vents au dessus de Central Park à New York.
Andre’s mother est un film sans graisse mais il n’est pas sec. On peut aussi le définir par cette formule qui paraîtra pour beaucoup un oxymore: un mélodrame sobre. Il a été tournée alors que l’épidémie du sida faisait le plus de victimes. Il serait erroné de croire que son sujet appartient à une époque révolue ou est propre à l’Amérique. Souvenons nous qu’en France les nombreux cas de compagnon rejeté par les parents d’une victime du sida a été un des déclencheur de la mise en œuvre du pacs. Au delà de ces cas pas si particulier, malheureusement le film décrit plus généralement l’aveuglement d’une mère devant la sexualité de son fils. On ne peut faire que le vœux pieux pour que les paroles de Cal à la mère d’André deviennent rapidement caduques: << Combien sommes nous à vivre dans cette ville anonyme pour ne pas blesser nos mères.>>.

Les acteurs sont si vrais que le spectateur parfois se sent gêné de s’immiscer dans ce drame familiale. Sada Thompson est inoubliable. On l’a vue la dernière fois dans la belle biopic Pollock où elle joue Stella Pollock. La grand mère d’André, Sylvia Sidney (1910-1999) est une comédienne chevronnée, que l’on a pu voir dans un autre excellent film gay, An Early frost mais aussi dans Betle juice, Mars attaque... et Soupçon d’Hitchcock en 1936.
Le scénariste Terrance McNally a obtenu un Tony Award pour le scénario d’un autre beau film gay, Love!Valour! Compassion!. Andre’s mother a reçu un Emmy Award.
Andre’s mother est édité en DVD aux USA.
02 avril 2008
Tan Lines


Australie, 2006, 97mn
Réalisation: Ed Aldridge, scénario: Ed Aldridge, Musique originale:The Mares, images: David Gacs, montage: Rolmar Baldonad
Avec: Jack Baxter, Lorena Arancibia, Dan Masters, Curtis Dickson, Harry Catterns, Joshua Bush, Daniel O'Leary, Lucy Minter
Résumé
Dans un petit bled de la cote australienne (dans une île?) deux adolescents, les meilleurs amis du monde, glandent au début des vacances d’été. Les seules distractions sont pour les jeune le surf et la bière, pour les vieux il reste la bière! L’un issu de la classe moyenne Paul ( Curtis Dickson ) annonce à son copain Midget ( Jack Baxter ), qui vit dans un gourbi dans lequel il partage l’unique lit avec sa mère, que son frère Cass ( Daniel O'Leary) après quatre ans d’absence revient au village. On comprend vite que ce garçon a du fuir le pays à cause de son homosexualité. Il rentre à la maison où ses parents sont parti ... en vacances. Midget très travaillé par le sexe, il tente de goûter concomitamment aux filles et aux garçons avec des bonheurs mitigés, jusqu’au moment où il s’aperçoit qu’il est amoureux de Cass...


L’avis de Bernard Alapetite
“Tine lines” où comment l’amateurisme et la précipitation peuvent gâcher un film. Je dis bien gâcher car il y avait un bon potentiel dans cette histoire située dans un microcosme inédit au cinéma doté d’un superbe décor (complètement sous employé) servie par des comédiens, pour la plupart débutant, qui sont toujours très justes aidé en cela par des dialogues d’un parfait naturel.


Malheureusement, probablement par hâte d’arriver au tournage, ce qui est le défaut des metteur en scène débutants, le réalisateur, qui est aussi le scénariste, n’ a pas assez travaillé son texte. S’il parvient bien, par quelques courtes scènes, à la fois à brosser le portrait de cette petite communauté et à rendre les rapports entre les “bourgeois” du village et Midget, le fils de la marie couche toi là locale, excellente idée de cinéma de nous montrer cette mère absente seulement endormie sous des couvertures, son visage n’apparaissant jamais, il abandonne trop de pans de son histoire. Alors qu’il nous présente dans le bon début, Midget et Paul comme deux potes inséparables, Paul disparaît quasiment de la deuxième moitié du film, ce qui rend par contre coup la fin artificielle. Aldridge nous assène des évidence, comme la religiosité de Cass qui sans explication, dans ce contexte, ne le sont pas du tout. Des personnages ne sont pas assez développé comme le gay patenté du groupe (Midget ne l’est pas “officiellement” ou le professeur avec lequel Cass à eu une aventure quatre ans auparavant (il y a un nombre de pédés surprenant dans les trous perdus de la côte australienne!).

Il aurait gagné par contre couper dans les scènes de surf, bien mal filmées et dans celle de skate parfaitement inutiles, là sans doute pour faire joli, ce sont en effet les seuls bien cadrées. Car le vrai immense défaut du film est dans l’indigence de son filmage. Deux symptomes révèlent l'amateurisme d'un réalisateur, d'une part une figuration étique, sur ce point rien à dire bien au contraire dans Tan lines et surtout un éclairage déficiant avec sous exposition dans les intérieurs et fréquents contre jour dehors ce que nous retrouvons ici. Il faut dire une fois pour toute aux apprentis cinéastes que l’on ne fait pas un film sans éclairage. Avant le cadre une belle image, et même parfois une image seulement lisible, c’est avant tout de la lumière. Pour les extérieurs le soleil ne suffit pas , surtout sans déflecteur; et pour les intérieurs la loupiote de la chambre ne peut en aucun cas illuminer une scène d’amour. C’est bien ce que semble ignorer Ed Aldridge. Ce qui nous vaut des scènes de sexe pas du tout torrides comme l’indique d’une façon mensongère la jaquette du dvd (édité par BQHL), tant elles sont mal éclairées et mal cadrées comme tout le reste, d’autant que ce sont les seuls moments où les acteurs sont peu convaincants, ne voulant sans doute pas passer pour des gays! Le film est presque constamment sous exposé.
Les deux premières photos si dessous peuvent induire en erreur. Elle ne sont pas extraites du film et leur éclairage ne correspond en rien à ce dernier contrairement à la troisième.


Autre conseil aux personnes ayant des velléités de réalisation, avec le chef op. et le chef électro (le maître de la lumière sur un plateau) une autre personne est indispensable sur un tournage, la scripte, ici elle aurait vu qu’entre deux images la barbe du joli midget, qui pourtant n’en a pas beaucoup, avait poussée.
Le réalisateur à la bonne idée de faire suivre son générique par une séquence de dessins animés très réussis sur lequel on entend un monologue en voix off d’un garçon face à sa mère. On comprendra immédiatement après qu’il s’agit de Midget et de sa mère. Malheureusement sans doute pour montrer que c’est un petit malin des effets spéciaux il nous inflige un dialogue entre son héros et la photos du pape dont il a pris le soin de faire bouger la bouche, hideux et grotesque!
On ne s’ennuit pas dans Tan Lines, il faut dire Jack Baxter est bien mignon, il est seulement triste qu’il soit aussi mal filmé.
.
28 mars 2008
Late Summer
Late summer (La fin de l'été), par David Ottenhouse, avec: Augustus Kelly ,Charlie Day ,Lucas Hall est un grand petit film, réminiscence d'un homme qui se souvient du jeune garçon qu'il fut. Alors qu'il était affligé par la perte de son père, recueilli par son oncle pour la fin de l'été il s'amourache d'Hunki son cousin plus âgé hunky, qui l'initie aux plaisirs interdit du sexe et de la drogues. Il se souvient d'un bain, d'une fin de nuit avant que leurs vies changent pour toujours...
.
Langue: anglais
durée: 23 Minutes 35
David Ottenhouse est originaire de Houston, au Texas, où il a passé son adolescence. Il est entréa à la Rice University, où il a obtenu un BS en Electrophysique. Il a aussi un baccalauréat en littérature.
Il a eu le privilège de travailler comme assistant aux côtés du célèbre metteur en scène, Bob Wilson, à l'Opéra de Paris sur des productions comme "Madame Butterfly" et "La Flûte enchantée". Il a également travaillé avec Bob Wilson sur "Orlando", avec pour vedette Isabelle Hupert, au Théâtre de l'Odéon. Il a ensuite quitté la ville lumières pour la Cité des Anges et le programme d'études supérieures à l'UCLA Film Directing.
Il a réalisé trois courts métrages. Parmi eux, Close To,projeté en première au Festival international du film de Toronto en 1997. Doing Time jetables un court métrage de 9 minutes qui est une exploration du désir et de l'intimité fond de sexe anonyme et de la menace de violence. Le film est sorti en salles aux Etats-Unis par dans le cadre de la compilation l'amour a réinventé. À l'UCLA, David a reçu le prestigieux Prix James Bridges pour Late summer.
David est revenu à Paris pour une année au cours de laquelle il a étudié la théorie cinématographique.
David actuellement produit et réalise des clips pour MCA Records.Il travaille conjointement sur une adaptation du roman de Joseph Hansen, Backtrack qu'il veut mettre en scène. Il développe également un long métrage, Samedi 2 heures du matin, avec le producteur Stephen Israël.
David vit heureux à West Hollywood avec son compagnon Andy Shipps, pour qui il a laissé les rues de Paris derrière lui.
21 mars 2008
L'homme de sa vie
Fiche technique :
Réalisation
: Zabou Breitman. Scénario : Zabou Breitman et Agnes de Sacy. Image :
Michel Amathieu. Son : Lucien Balibar. Montage : Richard Marizy. Décor
: Pierre Quefféléan. Musique : Laurent Korcia.
France, 2006, Durée : 114 mn.
Avec: Bernard Campan, Charles Berling, Léa Drucker, Jacqueline Jehanneuf, Eric Prat, Niels Lexcellent, Anna Chalon, Antonin Chalon, Léocadia Rodriguez-Henocq, Caroline Gonce, Aurélie Guichard et Philippe Lefebvre.
Résumé :
Frédéric
avec famille et amis passe ses vacances dans une belle maison près d’un
non moins beau village drômois. La tribu décide, le premier soir de
leur installation d’organiser un barbecue pour fêter leurs
retrouvailles. Au débotté Frédéric propose d’inviter leur nouveau et
énigmatique voisin que la smala a déjà aperçu se baigner nu dans sa
piscine. Après un repas bien arrosé pendant lequel Hugo n’a pas fait
mystère de son homosexualité, Hugo et frédéric prolongent ses agapes,
seuls sur la terrasse de la propriété qui domine la campagne, sirotant
du vin, confortablement installé dans leur fauteuils. Durant cette
longue conversation qui se terminera qu’au petit matin les deux hommes
se dévoilent en se livrant à une sorte de jeu de la vérité sous les
étoiles de cette nuit estivale. Leurs échanges nous seront distillés
petits morceaux par petits morceaux tout au long du film. Au fur et à
mesure que cette longue conversation infusera lentement dans le cerveau
de Frédéric, attiré par Hugo, par sa culture, par sa liberté d’esprit,
par son charme et son élégance, va remettre en question sa vie de
couple bourgeois avec enfant et... son hétérosexualité.
L’avis de Bernard Alapetite
Il est incontestable que cela fait plaisir de voir un film français aussi bien filmé de la première à la dernière image. Mais parfois une trop belle photo peut aller à l’encontre d’un film étouffant l’émotion sous la virtuosité technique. C’est le cas ici. La réalisatrice n’a semble-t-il pas pu empêcher son chef opérateur de prendre le pouvoir d’où un grand nombre d’images gratuites. Les acteurs, tous parfaits, sont contraints de défendre leur personnage dans les interstices de tableaux au cadrage extrêmement étudié dans lesquels on sent que le plus petit détail , le moindre rayon de lumière ont été pensés et repensés. Ce volontarisme exacerbé bride la création artistique.
Pour certains cinéastes, le montage est une deuxième écriture. A voir L' homme de sa vie, Zabou Breitman est de ceux là. Si souvent ce montage et ce filmage sophistiqués servent et sont même la matrice du film, comme le procédé consistant à découper la conversation, génératrice de l’intrigue, et à en disséminer des fragments tout au long du film comme autant de petits cailloux blancs balisant le chemin qui mènera Frédéric à se découvrir, parfois ils laissent perplexe quant à leur bien fondé narratif. Telle cette propension à ne filmer que les pieds des acteurs lors d’une scène; même si, comme c’est le cas assez souvent, le film joue alors à merveille sur le hors champ, laissant la bande-son nous informer sur l’action. Plutôt que L’homme de sa vie, jeu de mots un peu plat, le film aurait du s’appeler “la signifiance des pieds”, ce qui aurait été plus en accord avec son très appuyé freudisme, surtout dans sa dernière partie. On a alors l’impression que la cinéaste ayant peur que le spectateur ne comprenne pas ses intentions, qui sont pourtant assez limpides dés le début, se croit obligé d’ajouter des scènes, toujours belles formellement mais lourdement explicatives. Une frôle le ridicule: Hugo adulte devant la porte rouge de la maison de son enfance dont l’adolescent a été chassé lorsque son père découvrit son homosexualité, à une échelle si grande qu’elle semble écraser Hugo qui tente, trop petit, d’en atteindre la poignée. Porte qui lui donnerai accès à l’hopital où il finit par rendre visite à son père qu’il n’a pas vu depuis vingt cinq ans et qui meurt d’un sida contracté lors d’une transfusion. On le voit tout cela n’est pas l particulièrement léger. Ce qui sauve ces séquences du pathos c’est que l’on ne sait jamais si, ce que l’on voit est du domaine du songe ou du réel.
Pourtant, la réalisatrice sait aussi être légère quand, mine de rien, par petites notations, elle nous parle d’un homosexuel répudié adolescent par son père, d’un gay cherchant sa propre place de père d’une adolescente, d’un révolté contre la norme, d’un homme heureux dans sa sexualité compulsive, d’un hédoniste que la mort angoisse, d’un solitaire défendant pied à pied une liberté que l’on suppute acquise de haute lutte, d’un créateur entre rêve et devoir...
Dans L'Homme de sa vie, Zabou Breitman ne donne que de rares éléments sur ses personnages. Elle s’en explique: << On sait vaguement que l'un est chimiste et l'autre est graphiste, mais on pourrait les intervertir. Au casting, je me suis attachée à ce que les personnages de Frédéric et Hugo soient absolument interchangeables. Frédéric et Frédérique (Léa Drucker) portent d'ailleurs le même nom. En parlant des trois, je parle de la même personne. Chacun porte en lui un tiers de l'autre. Lorsque Frédéric est à côté d'un homme, il a l'air plus féminin et lorsqu'il est à côté d'une femme, plus masculin... Frédéric n’a jamais vu quelqu’un comme Hugo et Hugo n’a jamais vu quelqu’un comme Frédéric >>. Cette dernière allégation n’est pas évidente. On peut même en douter au vu de leur statut social. Comme souvent dans le cinéma français on ne peut s’empêcher de penser que le scénario aurait eu plus de pertinence si les personnages avaient appartenu à une classe sociale moins privilégiée. D'autre part on a un peu de mal à imaginer Bernard Campan, par ailleurs excellent, en patron d'entreprise de chimie pas plus qu'en graphiste donc l'intergengeabilité n'est pas vraiment assurée...
Un des grands atouts du film est l’excellence des comédiens. Charles Berling retrouve un rôle d’une subtilité équivalente à celui de Petits arrangements avec les morts' qui nous l’a fait découvrir au cinéma en 1993. Il commente la relation entre Hugo et Frédéric de la façon suivante: <<J’ai le sentiment que ces deux hommes s’aiment parce qu’ils sont parvenus à un point de vérité, que leur rencontre se fait sur la révélation et l’acceptation de leurs faiblesses >>. La grande confirmation reste Bernard Campan que l’on ne verra plus jamais comme un “ Inconnu”. Il y a quelques années, le magazine Première contenait une rubrique intitulée, “On ne sait jamais comment ils s’appelle”. Pour qu’il n’en soit jamais plus ainsi, je signale que l’acteur remarquable dans le rôle du beauf et qui était déjà parfait en flic pourri dans 93 rue Lauriston a pour nom, Eric Prat.
Si belles soient-elles dans leur photographie plusieurs scènes paraissent aussi inutiles qu’absconses en particulier celle d’un quatuor de musiciens jouant dans une masure avec fougue et sérieux comme s’ils étaient à Pleyel! Il est dommage que le dvd n'ait pas de commentaire de la réalisatrice ce qui aurait éclaireré nos lanternes sur ce point et d'autres.
Rien ne doit être gratuit dans un film tout doit-être au service des émotions, des sensations, des idées... que le cinéaste veut faire passer par l’image. Mais que nous apporte le décor raffiné à l’extrême de l’intérieur de la maison d’Hugo (en complet divorce avec son extérieur) avec le sol transparent de la mezzanine? Sinon le plaisir d’admirer l’ange blond d’une nuit qu’Hugo a levé dans la boîte locale, un beau garçon nu en “vue de dessous” ce qui n’est pas banal mais très cucul.
Paradoxalement pour un film qui se veut aussi “cinématographique” on a le sentiment que cette histoire, si bien dialoguée, même si l’ On pense un peu à 'Un petit jeu sans conséquences' de Bernard Rapp, aurait plus sa place sur les planches que sur un écran de cinéma. C’est plus le théâtre de Bernstein qu’elle nous rappelle que tout autre souvenir cinématographique et comme spectacle récent la pièce de Besset Les grecs qui elle aussi mettait en scène l’homosexualité, dans un milieu similaire à celui de L’homme de sa vie.
Le dvd du film bénéficie d'une édition par "Wild Side Video" de qualité, même si je pense que le film et les suppléments auraient pu tenir sur un seul disque. Si le making off est un peu trop "arty" sous forme d'un journal de tournage sa réalisatrice se mettant un peu trop en lumière, les entretiens avec la réalisatrice et les acteurs sont éclairants et l'album de photo est superbe.
Le premier film de Zabou Breitman avait pour titre, Se souvenir des belles choses, ne nous souvenons que de celles-ci dans ce deuxième film où il y en a beaucoup.
18 mars 2008
Zéro patience
Réalisation : John Greyson. Scénario : John Greyson. Images: Miroslaw Barszak. Montage : Miume Jan. Musique : Glenn
Schellenberg. Chorégraphie : Susan Mc Kenzie.
Canada, 1993, Durée : 100 mn. Disponible en VO et VOST.
Avec: John Robinson, Normand Fauteux, Diane Heatherington, Richardo Keens-Douglas, Bernard Behrens, Charlotte Boisjoli et Brenda
Kamino.
Résumé :
Richard
Burton (john Robinson), personnage historique explorateur et sexologue
de l’époque victorienne, le même que dans le film crypto gay Aux
sources du Nil de Bob Rafelson, organise une exposition sur les
grandes épidémies à travers les âges. S’il officie aujourd'hui encore
au muséum d'Histoire naturelle de Toronto car c’est tombé dans une
source qui donne l’immortalité! Il révèle l’existence d’un patient
zéro, un steward canadien, premier porteur du virus du sida en Amérique
du Nord qui sera la pièce maîtresse de son exposition. Sa brillante
démonstration n’est qu’un pamphlet stéréotypé décrivant les homosexuels
comme des êtres irresponsables et dangereux. Mais l’esprit du -patient
zéro (Normand Fauteux) est de retour sur terre afin de se venger
d’avoir été aussi lâchement accusé. Mais bientôt Burton tombe amoureux
du sexy fantôme et ils engagent un combat pour tenter de réhabiliter le
-patient zéro-. Leur quête va être parsemée de rencontres
extraordinaires, comme le singe vert d'Afrique, le comité d'Act Up,
Miss VIH et bien d'autres personnages fantasques, merveilleux mais
aussi tellement humains…

L’avis de Bernard Alapetite
Le vrais coup de
génie de Greyson est d’avoir utilisé pour traiter un thème tragique la
mort annoncée par le sida et l’incurie des pouvoirs publics le genre
cinématographique le plus léger qui soit: la comédie musicale. Il s’en
explique: <<Le film a commencé dans ma tête dès 1987, un ami me
montra la couverture de -California Magazine- qui titrait
<<L’homme qui apporta le virus en Amérique du Nord>>.
L’histoire contait qu’un steward franco-canadien homosexuel était
responsable du premier cas de sida sur le continent à la fin des années
70. Mais d’autres sources affirmaient que des cas de sida avaient été
remarqués dès la fin des années 60. Zéro patience est né de ces
contradictions. Il était important que Zéro patience soit une comédie
musicale car cela offre une panoplie de possibilités, de contenus et de
formes et peut atteindre ainsi le plus large public.>>
Mais on aurait aimé
que John Greyson ait autant d’audaces dans sa réalisation que dans
l’écriture de son scénario.Et de l’audace il en a eu pour en 1993
écrire ce scénario sur le sida. Un courage que l’on peut mettre en
parallèle avec celui qu’eut Ernst Lubitsch lorsqu’en qu’en en 1942 il
tourna To be or not to be sur la persécution des juifs par les nazis.
Si, comme dans le chef d’oeuvre de Lubitsch il mêle très habilement
humour et dénonciation politique il est par trop timoré dans la mise en
images de ses idées. En contrebande le cinéaste dénonce en vrac
l’inconscience des milieux gays lors de l’émergence de la maladie,
l’égoisme et la lâcheté individuelle de ce petit monde, la rapacité des
laboratoires pharmaceutiques, l’hypocrisie des hétéros, l’incapacité
des médecins et bien d’autres choses encore et tout cela en faisant
rire.

John Greyson réussi
a marier intimement le militantisme et l’imaginaire. Le vrais sujet de
son film est la manipulation voici ce qu’il en dit: “L’hypothèse du
patient zéro a été tellement montée en épingle par les médias
qu’aujourd’hui on la considère comme une évidence. J’ai donc décidé de
faire un film sur la "politique des faits douteux"”. Glen Schelling, le
compositeur, renchérit : "La question essentielle dans le film est de
savoir quel point de vue idéologique se cache derrière de telles
hypothèses ? Pourquoi notre culture s’applique-t-elle systématiquement
à trouver des origines et des responsables pour tout ? Dans la chanson
"Positive", Georges chante "Je sais, je sais, je sais que je ne sais
pas". Et son incertitude s’oppose à "la culture des certitudes" de
Burton. Ceci est la principale dialectique du film. (…)Nous ne
prétendons pas donner des solutions mais mettre en scène les luttes et
les dilemmes autant personnels que politiques." A la lecture de ces
déclarations qui ne sont certes pas mensongères au vu de l’oeuvre on
pourrait croire à un film à thèses alors que c’est aussi et surtout un
film loufoque et iconoclaste dont le morceau de bravoure est un duo
chanté entre deux…anus. Mais pourquoi Greyson nous inflige-t-il alors
de très vilaines prothèses alors qu’il y a de bien beaux culs
canadiens!
On cherche encore la raison, lors de son assez timide
exploitation en salle en France en 1995 de l’interdiction aux moins de
12 ans du film car il y a bien peu de corps dénudés et de sexe
explicite dans ce film et bien sûr aucune nudité frontales. L’un des
principaux défauts du film est paradoxalement un certain puritanisme
l’autre est la pauvreté des chorégraphies qui n’exploitent pas à fond
les savoureuses situations de départ comme un trio chantant dans un
sauna mais il faut dire que le film a été réalisé avec peu de moyen.
Si
les yeux n’en ont pas toujours pour leur compte, les oreilles seront
ravis par la jouissive B.O. La grande originalité du film est que c’est
par les chanson, très mélodieuses, que passe le message politique et
philosophique du film don’t l’essence est que chacun a la possibilité
d’agir sur les choses pour infléchir le cours de sa vie. Ce dynamisme
positif fait du bien surtout sur un tel sujet. Il est toutefois dommage
que le cinéaste n’aille pas au bout des pistes qu’il ouvre comme cel





















