Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

10 novembre 2009

Zachari Logan

L'oeuvre du peintre Canadien  Zachari Logan se compose surtout d'autoportraits nus, élaborés dans un style hyper réaliste... ci dessous dans son atelier à coté de deux de ses tableaux...

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Neil Godfrey

Le travail du sculpteur anglais Neil Godfrey, né en 1937, se compose surtout de bronzes miniatures de garçon.

Mark





















Matthew



















Jonathan


Bench Boy















Prelude














Cap'n Socks      
















Gymnopedie






















Tom Sawyer

 

Huckleberry Finn .

Website: http://adonisartgallery.3dcartstores.com/Neil-Godfrey_c_54-1.html
 

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Bent (mise à jour)

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Fiche technique :


Réalisation : Sean Mathias. Scénario : Martin Sherman, d’après sa pièce Bent. Images : Yorgos Arvanitis. Montage : Isabelle Lorente. Directeur artistique : Andrew Golding. Costumes : Stewart Meachem. Musique : Philip Glass.
Grande Bretagne, 1995, Durée : 118 mn. Disponible en VO et VOST.

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Avec: Clive Owen, Lothaire Bluteau, Ian McKellen ,Nikolaj Coster-Waldau, Mick Jagger, Brian Webber, Jude Law, Gresby Nash et Suzanne Bertish.


Résumé :

Berlin 1935, Max (Clive Owen) un dandy volage, fils de famille en rupture de ban, hante tous les soirs le grand cabaret gay de la capitale du reich. Il vit avec Rudy (Brian Webber) un des danseurs de la troupe du lieu. Ce qui ne l’empêche pas de faire de nombreuses conquêtes. Le soir du 29 juin 1934 il ramène au domicile conjugale un beau membre des SA. Le matin les S.S. viennent égorger cet amant de passage. Max et Rudy prennent la fuite.

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Une errance de plusieurs mois dans l’Allemagne nazie commence pour les deux hommes. Ils sont finalement arrêtés et déportés à Dachau. Rudy est abattu durant le voyage. Max troque traîtreusement son triangle rose des déportés homosexuels contre l’ étoile jaune des juifs; espérant ainsi être mieux traité par ses geôliers. Sa véritable identité est vite perçue par Horst (Lothaire Bluteau), un jeune homosexuel. Ce dernier lui reproche de ne pas avoir la fierté de ce stigmate de paria. Une histoire d’amour nait entre eux. Horst est assassiné par les SS. Max dans un geste d’ultime révolte d’homme libre, qui équivaut à un suicide, endosse la veste de son ami sur laquelle est cousue le triangle rose.


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L’avis de Bernard Alapetite


Avant toutes choses saluons l’ambition de l’entreprise et n’oublions pas l’importance de ce film. Il fut le premier, en 1997, à mettre en scène au cinéma une fiction sur la déportation des homosexuels. L’indispensable Paragraphe 175 (dvd ed: Eklipse) date de 2000 et le très beau Un amour à taire (dvd ed. Optimale) de 2004.
Bent est l’adaptation de la pièce éponyme de Martin Sherman. Elle fut créée à Broadway en 1979 où elle connut immédiatement le succès. C’est Richard Gere, révélé l’année précédente au cinéma par American Gigolo, qui interprétait le rôle de Max.

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A Paris, en 1981, alors qu’il n’avait pas joué au théâtre depuis 10 ans, Bruno Cremer reprend le rôle. Il déclara alors: <<La raison pour laquelle je joue la pièce c´est de faire découvrir au public une chose qui est restée cachée, comme une tache. Un peu comme si les triangles roses ternissaient l´image qu´on se fait des victimes des camps. D´une certaine manière la persécution continue, elle arrange tout le monde et c´est là que c´est pernicieux. Ce que je trouve formidable aussi dans cette pièce, c´est son absence de didactisme, on imagine ce qu´aurait fait Sartre ou Camus. Cette pièce est très vivante et on y trouve de nombreux thèmes.>>.

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Le rappel de quelques dates me parait nécessaire pour situer le film dans l’Histoire. La fuite de Max et de Rudy commence au matin de la nuit des longs couteaux soit le 30 juin 1934 (magistralement filmée par Visconti dans Les damnés dvd ed. Warner). La prise de pouvoir d’Hitler date du 30 janvier 1933. Le 24 février 1933, un décret signé Goering ordonnait la fermeture des bars fréquentés par des homosexuels. Le texte interdisait aussi la publication de revues homosexuelles ce qui fit réagir le pape: << Le Vatican accueille avec plaisir la lutte de l’Allemagne nationale contre le matériel obscène.>>! Le 6 mai 1933 l’institut de Magnus Hirschfeld est pillée.

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Le choix d’une mise en scène baroque, plus proche de celle de l’opéra que du cinéma, si elle est plaisante à l’oeil, bien servi par le grand chef opérateur qu’est Yorgos Arvanitis, s’avère contre productif tant pour la vérité historique que pour la charge émotionnelle qui devrait nous submerger devant un telle histoire. C’est sans doute par peur d’être accusé de faire trop théâtre que Sean Mathias n’a ni joué le jeu du naturalisme ni celui d’un symbolisme dépouillé, partis pris qui sont moins risqués et plus sages lorsque l’on traite de faits historiques. Alors que souvent dans les adaptations de pièces au cinéma se sont les “aérations” qui paraissent gratuites et trahissent l’origine du film, ici ce sont les décors qui semblent souvent sortis d’une trop riche production théâtrale. Les deux flagrants exemples sont le cabaret et le loft habité par Max et Rudy. Si c’est très probablement l’Eldorado, la boite de nuit qui était le point de convergence des nuits homosexuelles  de Berlin, qui a inspiré le cabaret au début du film, il ne faut pas y chercher une quelconque reconstitution historique car ce que l’on voit ressemble plus à un caravansérail gay en ruine qu’à un établissement de plaisir des années trente.

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Les chorégraphies que l’on aperçoit sont totalement anachroniques même si elles sont fort agréables à regarder. Bent contredit l’adage qu’un film réussi est une suite de scènes réussies. Bent n’est pas une complète réussite alors que presque toutes les scènes qui le compose sont remarquables. En particulier celles de la fuite de Max et Rudy dans la ville puis dans la campagne qui m’ont évoqué Tarkovsky. Mais l’on perçoit trop l’hétérogénéité du film et que le cinéaste n’a jamais eu une vision globale de la mise en scène de son sujet.

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Il est probable que Yorgos Arvanitis lorsqu’il a tourné le dernier plan du film, le beau mouvement de grue qui lentement fait s’élever et s’éloigner la caméra du corps du déporté crucifié sur les fils de fer barbelés pendant que l’image se solarise passant par le sépia pour arriver au blanc absolu, avait en mémoire la trop célèbre diatribe de Jacques Rivette sur la morale du travelling dans le Kapo de Pontecorvo (dvd ed. Carlotta). Cela nous ramène à la question tant de fois débattue: a t-on le droit de faire du beau, ce final est magnifique cinématographiquement parlant, avec l’horreur et en particulier avec celle des camps d’extermination? Pour ma part je répondrais qu’il est morale que le metteur en scène et son chef opérateur mettent tout leurs savoir faire pour faire communier le spectateur dans la colère et la répulsion qui les animent. Cet engagement de leurs talents sera toujours préférable au silence à l’évitement qui ne sont que démission.

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Pour sa première mise en scène au cinéma, et malheureusement unique jusqu’à ce jour, Sean Mathias a bénéficié de collaborateurs d’une exceptionnelle qualité. Les images lumineuses de Yorgos Arvanitis, un chef opérateur de grande notoriété, qui a travaillé avec des réalisateurs aussi différents que Catherine Breillat (Anatomie de l’enfer), Podalydès (Liberté-Oléron), Agnieszka Holland (Total eclipse). Avec leurs travellings fluides et leurs cadrages inventifs    ses images forment un bel écrin, surtout à la fin du film, pour le texte. Le célèbre compositeur Philip Glass, a écrit une musique élégiaque qui souvent transcende les images. Il sont tous au service de la grande pièce de Martin Sherman qui est jouée dans le monde entier jusqu’au Japon depuis plus de 25 ans. Cet auteur a aussi signé les scénarios du dernier film se Stephen Frear, de Callas forever (Franco Zefirelli) et du très beau film gay Indian Summer (dvd, ed: Eklipse). La  distribution éblouissante est dirigée d’une main de maitre. Clive Owen porte tout le film, passant du veule dandy au héros. Mike jagger en avatar de Marlène Dietrich est époustouflant.

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Ian McKellen  qui créa le rôle de Max à Londres en 1989 au Royal court theater, croque avec le talent qu’on lui connaît une caricature de honteuse précieuse. Lothaire Blutheau (Le confessionnal) est très émouvant. Dommage que l’on ait pas revu sur les écrans le charmant petit nez retroussé de Brian Webber qui est remarquable en Rudy.

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Ian Mc Kellen dans le film.

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Ian McKellen dans Bent en 1989 à Londres.

Le film contient de nombreuses scènes poignantes dont une d’anthologie: Max et Horst font l’amour côte à côte, sans se toucher ni même se regarder. Cette scène était encore plus forte au théâtre, pourtant dans le film les deux acteurs sont parfaits.
Curiosité cinéphilique, le scénariste Martin Sherman a emprunté la situation du déplacement inutile de blocs de pierre par les déportés à un autre grand homme de théâtre, Armand Gatti. Ce dernier en avait fait une des séquences mémorables de son premier film de fiction, le beau et peu connu, L’enclos ( en dvd aux ed. Doriane films).
Si les approximations historiques ne manquent pas, le film montre bien la collaboration (ou l'assentiment) du peuple allemand à ces déportations, ainsi que l'absurdité d'un tel régime.
Le film a obtenu en 1995 le prix de la jeunesse au Festival de Cannes.
Un livre indispensable sur cette période: Histoire de l’homosexualité en Europe Berlin, Londres, Paris 1919-1939 (ed. du Seuil)  et ce site .

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Le DVD

Le film est édité en France chez KVP. Une édition scandaleuse de médiocrité. Non seulement l’image 1/85 d’origine est recadrée en 4/3 mais le DVD comporte aucun bonus! Il me semble qu’y joindre des extraits ou mieux la captation d’une mise en scène de la pièce (ces images ne manquent pas, appelle aux lecteurs si vous avez la captation même partielle ou/et réalisée de façon amateur, dans n’importe quelle langue, contactez moi). Cet ajout aurait été passionnant par la comparaison que ce bonus aurait permis et la réflexion sur l’adaptation d’une oeuvre théâtrale au cinéma qu’il n’aurait pas manqué de susciter. Un éclairage historique aurait été aussi bien venu de même que les commentaire de Martin Sherman qui est aussi coproducteur.

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Modestement ci dessous on peut voir quelques images qui montrent d'une part, que cette pièce est universelle et que d'autre part elle peut être traitée de façons très différentes.

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Bent à Vancouver
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Bent à Londres
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Bent à Londres
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à Londres
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Bent à Los Angeles
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Bent à Los Angeles.
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Bent à Orlando
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Bent à New York en 2005
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Bent à New York
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Si l’on ne retrouve pas l’émotion qui nous étreignait à la découverte de la pièce, la vision d’un film aussi ambitieux servit par de si grands talents ne peut laisser de glace.

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Posté par bernar alapetite à 11:36 - cinéphagie gay - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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