09 novembre 2009
Il y avait deux chats
Reid Prebenda par Mariano Vivanco
Ci-dessous Alan Carey & Reid Prebenda par Mariano Vivanco pour Numéro Homme
Fotos: Mariano Vivanco
Styling: Franck Benhamou
.
Roger Peyrefitte photographié par Egermeier
Roger Peyrefitte photographié par Egermeier en 1950 lors de la parution de "Mort d'une mère".
Roger Peyrefitte
Roger Peyrefitte participe à l’émission « En Français dans le texte » à l’occasion de la sortie de son livre « L’exilé de Capri » (1959).
.
Culture et civilisation
<< ... ce mot-là, culture, ne constitue pas, pour la chose qu’il
désigne et pour les individus qui se battent en faveur de ce qu’il
circonscrit (mal), une bonne ligne de défense. Nous l’avions certes
adopté, ce mot, ce nom, et lui avons porté la plus grande
considération ; nous l’avons entouré de tout notre respect et lui avons
voué, et lui vouons encore, même, un certain amour ; mais nous aurions
dû nous méfier, peut-être, de l’origine un peu trop récente, au sein de
notre langue — un siècle ou deux, pas davantage —, de l’acception
flatteuse que nous lui prêtions le plus souvent. Peut-être aurions-nous
dû ne pas oublier que la culture était apparue, sinon sur les
ruines, du moins à proximité et presque en remplacement, de l’art, de
la connaissance, des Lettres et des Belles Lettres, des Humanités, de
la lecture au sens où l’on disait d’un homme qu’il avait beaucoup de lecture,
à l’époque classique : mais le même personnage, pour se montrer tout à
fait accompli, et pleinement conforme à l’idéal de l’honnête homme, devait avoir aussi du goût, de l’entregent, de la politesse et de l’usage du monde,
toutes qualités qui le qualifiaient, s’il le souhaitait, pour la
société policée, et lui permettaient de témoigner pour la civilisation,
et d’y participer comme il en participait. Cependant nous n’allons pas nous lancer ici dans le vieux débat entre culture et civilisation,
enté de ses trop rituelles variations selon qu’il est question de
France ou d’Allemagne, par exemple. Qu’il suffise de rappeler que la
culture est à l’accomplissement de soi, tel que le concevaient le Grand
Siècle ou les Lumières, ce que l’esthétique, telle que Hegel
en constate et en précipite non sans réticence l’avènement, est à
l’art : une sorte de second degré, en deuil de la naïveté des origines
mais peut-être aussi, pour une société, en deuil du pouvoir de croire et de créer.>>
Renaud Camus, Éditorial n° 45 du Parti de l’in-nocence, décembre 2007











