Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

09 juillet 2009

Anniversaire et entracte

Demain le blog aura deux ans et je serais pour cinq jours à Stockholm. Profitez de mon absence pour donner votre sentiment sur le blog.

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Whatever works

Whatever_works_affichePendant longtemps, chaque nouveau film de Woody Allen était une promesse de bonheur; je dirais même plus de félicité. Je me souviendrais, sans doute jusqu’à la fin de mes jours, avec quelle euphorie j’ai “survolé” le remblai baulois à ma sortie de “Tout le monde dit I love you”, qui est je crois le seul film de Woody Allen que j’ai vu en version française. Cette promesse n’était plus tenue depuis une dizaine d’années, disons depuis “Accords et désaccord”. Non que dans la dernière période, il n’y ait pas des films majeurs comme l’hitchcockien “Match point”. Mais en dépaysant son cinéma de New-York à Londres, puis à Barcelone, il est actuellement, en ce mois de juillet 2009, à nouveau en tournage à Londres, on a pu d’ailleurs le découvrir dans les tribunes du central de Wimbledon, lors de la finale, comme quoi match point n’était pas que le fruit de contingences économique, son cinéma avait perdu cette saveur bien particulière du terroir de Brooklyn, mélange de moralisme et d’humour farfelu. Et comme par magie avec son retour à New-York, nous retrouvons l’ alacrité du cinéma de Woody Allen. Curieusement pourtant et c’est une des rares faiblesses du film, nous voyons peu la ville de New-York dans Whatever works, on est loin des inoubliables images de “Manhattan”. “Whatever” works est essentiellement du théâtre filmé et ce théâtre et du pur théâtre de boulevard, toujours très vivace aux Etats-Unis alors qu’il est moribond à Paris. Woody Allen utilise avec tout le brio qu’on lui connaît toutes les ficelles du boulevard, retour inopiné, imbroglio adultérin, opposition caricaturale des caractères... Ce qui est cocasse c’est que la critique cinématographique française crie au génie pour un scénario issu d’un genre qu’elle vomit au théâtre. Mais que connaît elle de Marcel Achard, de Marc Camoletti, de Roussin, de Barillet et Grédy... Comme souvent dans ce pays l’admiration est nourrie par l’ignorance... Le théâtre a toujours été l’une des grandes inspiration de Woody Allen du théâtre antique grec, voir “ Maudite aphrodite “ au théâtre progressiste américain des année trente qu’il met en scène dans coups de feu sur “ Broadway “ en passant par Shakespeare avec “Comédie érotique d’une nuit d’été... Dans son dispositif cinématographique, le cinéaste prend des figures majeures du théâtre comme l’ aparté ou l’adresse directe au public, avec ici des regards caméra qui sont interdit dans la grammaire classique du cinéma. D’après les dires du cinéaste, le scénario de “Whatever work” serait vieux de trente cinq ans (le film commence avec une discussion entre vieux copains comme “Broadway Danny Rose”) et seulement “repeigné” pour le tournage (l’allusion à Obama), espérons qu’il en a d’autre du même acabit sous le coude, pour notre plus grand bonheur.
Tous les acteurs sont épatants. A commencer par Larry David, qui est rien de moins que le co-inventeur de la série Senfield, et campe un juif misanthrope, bougon et autodestructeur. Avec lui, Woody Allen s’est trouvé un porte parole complice idéal. Car le rôle de Boris aurait été tenu, il y a une vingtaine d’année par Woody Allen, lui même. A-t-elle point que pendant les premières minute du film on est troublé par cet exercice de ventriloque puis au fil des minutes, Boris prend son autonomie par rapport au personnage habituel que Woody Allen jouait dans ses films. Tous les autres rôles sont des archétypes théâtraux. Il y a la blonde nunuche mais fort comestible, parfaitement joué par Evan Rachel Wood, la mère sudiste bigote qui vire artiste d’avant garde, hilarante Patricia Clarkson ( je connais la version française de cette rombière), au passage Woody Allen fait une réjouissante satyre d’un petit monde new-yorkais de l’art. Extraordinaire nouveauté l’intrusion d’un couple gay dans l’univers allenien avec Ed Begley jr qui de sudiste macho type se transforme en un tour de main en gay idéal, dans le rôle ingrat du jeune premier d’opérette type Henry Cavill ne se laisse pas oublier. Cette parfaite distribution n’est pas pour rien dans le plaisir que l’on retire à la vision de ce film.

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No regret (mise à jour)

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Corée du sud, 114 mn, 2006


Réalisateur: Leesong Hee-il, Scénario: Hee-il Leesong, montage: Hee-il Leesong & Jeong-min Lee, image: Yun Ji-un, Musique: Byung-hoon Lee 

avec: Lee Young-hoon, Lee Han, Cho Hyun-Chul, Kim Dong-wook, Jung Seung-Gil.

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Résumé

Dans un paysage idyllique coréen, un superbe jeune homme nu glisse à travers le cristal bleu d’une claire rivière. Ce sont peut-être les derniers joyeux moments qu’il connaîtra avant longtemps. Su-Min ( Lee Young-hoon ) a été élevé dans un orphelinat, à la campagne. Mais il est temps pour lui de quitter le nid car il a atteint la limite d’age et ne peut plus y rester.  Attiré par ses lumières il va à Séoul dans l’intention d’ y faire des études d'art. Il s’aperçoit vite qu’il est difficile de vivre dans la grande ville. Il trouve un emploi à la chaîne dans une usine mais il ne le garde pas longtemps. Il ravale sa fierté et devient un gigolo qui se loue aux messieurs aisés dans un bordel. Sa beauté attire de nombreux admirateurs mais il les voit à peine.  Bien qu'il soit ouvertement gay, il  ne porte aucun intérêt à ses clients.  Bientôt Su-Min est pratiquement harcelé par un garçon, Min-Jae ( Lee Han ) qui est amoureux de lui. Min-Jae est le fils gâté d'un éminent homme d'affaires. Jae-Min tombe profondément amoureux de Su-Min et le poursuit, malgré la pression familiale. Son père veut lui faire épouser sa jeune fiancée comely qui lui est promis de longue date. Pire encore pour Min-Jae, l’impassible Su-Min n'est pas intéressé par son amour ou sa compagnie... Progressivement les sentiments de Su-Min envers Min-jae se modifient, bien que Su-Min combatte cette attirance, il en devient prisonnier et cela contre toute les résolutions qu’il avait prises d’autant que son ami d’enfance la rejoint à Séoul, lui rappelant le Su-Min d’hier...

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L’avis de Bernard Alapetite

Il est difficile lorsque l’on regarde ce film coréen indépendant, qui a connu un grand succès dans son pays malgré une sortie limitée, de ne pas penser au  chef d’oeuvre de Wong Kar-Wai, "Happy Together". Il y a cette même alternance entre des instants apathiques et de brusques bouffées de violence. Il y a cette même volonté, presque une délectation, à plonger dans le côté obscur de la relations entre deux jeunes hommes.

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La caractéristique technique principale du film réside dans ses variations de rythme; alors que le développement de l’intrigue suit un tempo tout asiatique, parfois un peu languissant, tout du moins dans ses premiers trois quart, sa mise en place est d’une sécheresse à la fois efficace et elliptique qui fait penser à la présentation des personnages et des prémices de l’aventures d’un manga d’action.
Des la première séquence, avec son beau mouvement de caméra à la grue, Leesong Hee-il et son directeur de la photo, nous montrent qu’ils possèdent bien les subtilités de la prise de vues, ce qui ne sera pas démenti durant la suite du film.

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“No regret” raconte une simple histoire d'amour à la structure classique: deux personnes se rencontrent, tombent amoureux, et combattent pour leur amour. le film n’évite pas quelques clichés scénaristiques que l'on est l'habitués de voir dans les films gays  tel que Jae Min fiancé  par sa famille qui le force à se marier.
Le film sur la prostitution masculine est quasiment un sous genre en soit du film gay. Pour ma part je déplore cette prolifération qui tend à faire croire que la prostitution est au centre de la vie sexuelle des gays. “No regret”, non seulement par sa qualité mais aussi par l’angle avec lequel il aborde le sujet, se détache du lot. La plupart des films gay mettant en scène des gigolos font peu de cas des clients ou les relèguent au rang de repoussoir. C’est le cas dans des films estimables comme “John” ou “Twist” (Antiprod éditeur) par exemple. Il est rare que les scénarios abordent autrement que d’une façon manichéenne et caricaturale les figures du prostitué et du client. Qui sont presque toujours réduits aux archétypes pour le prostitué, au pauvre et bon garçon contraint de se vendre à cause de la mauvaise fortune et pour le micheton à celui du vieux ploutocrate libidineux. Les rares films qui échappent à cette caricature et montrent les relations, souvent compliquées qui se tissent entre le prostitué et son client pour peu que ce dernier soit “un habitué” tel que “Boy culture” (édition Optimale), “ River made to drown in” (Studio Canal) ou encore “ In the flesh “ (BQHL). Mais ces films restent encore dans le stéréotype qui semble obligé du jeune gigolo et du vieux micheton. Dans “No regret” le client de Su-Min n’est guère plus âgé que lui. Sans en avoir l’air, ce film brise un tabou, celui de taire que les hommes qui ont recours au service de prostitués peuvent être aussi des jeunes pas mal de leur personne et pas seulement des cacochymes libidineux.

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Le réalisateur Leesong Hee-il, qui est ouvertement gay, lui-même, parvient à créer l’ émotion tout au long du film et a emporter l’adhésion du spectateur. La psychologie des deux héros est à la fois fouillée et crédible. Il est un peu dommage que le cinéaste ne se soit pas plus attardé à développer les rôles du teancier du bordel, très atypique, et celui de l'ami d'enfance. “No regret" est un film attachant et très émouvant.

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On est totalement surpris par le dernier quart du film sur lequel il est interdit d’en dire trop sans entacher gravement le plaisir du futur spectateur. “No regret” passe alors d’un film psychologique réaliste à un mélo flamboyant au suspense certain qui devrait tirer des larmes à plus d’un. Le cinéaste met alors la réalisation au diapason de son scénario. La couleur disparaisant quasiment pour laisser place sur l’écran à un camaieux de gris que réveille quelques touches de couleurs froides. Il est seulement regrétable que visiblement il n’ait pas réussi à choisir entre les multiples images de fins possibles, nous proposant plusieurs fausses fins qui altère l'émotion pourtant à son comble dans le final.

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“No regret a été tourné en numérique, ce qui est parfait pour capter le monde obscur des gays gravitant dans le milieu de la prostitution. Comme dans les œuvres de Michael Mann, la caméra numérique est le meilleur moyen de filmer des environnements où la luminosité est faible. Néanmoins le cinéaste abuse des atmosphères nocturnes. Même si ces séquences peu éclairées transcrivent bien le monde glauque de la prostitution masculine dans lequel évolue Su-Min qui peut parfois s’avérer un milieu dangereux. Si les images sont soignées, l'image dans le cadre est toujours bien composée,  la narration reste dure, et alors que les scènes de sexe sont explicites, Leesong les filme néanmoins avec tact.

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Alors qu'il y a encore pas si longtemps, il était périlleux de filmer en plan large avec une caméra numérique en raison de la "mollesse" de l'image. "No regret" montre que ce temps est révolu. Le cinéaste utilise aussi bien en intérieur, il affectionne particulièrement les entrebaillement de porte, qu'en extérieur des plans panoramiques.

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Il faut souligner la belles performances des deux acteurs principaux. Lee Han exprime bien le dilemme auquel est confronté son personnage, contraint de rester dans la placard du fait de la pression de son entourage tout en étant amoureux fou d’un garçon.  Toutefois, c’est Lee Yeong-Hoon qui est époustouflant de vérité et sur qui tout le film repose. Lee Yeong-Hoon a également joué dans “Good Romance”, un court métrage de Leesong qui a finalement été étoffé pour devenir “No regret”. Lee Yeong-Hoon fait bien ressortir les différents sentiments qui traversent Su Min, la colère, le désespoir et le courage, la colère d'être trahi, le désespoir de sa situation, et le courage de tomber amoureux...

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Ce beau long métrage très émouvant qui combine thèmes gays avec des réflexions politiques et sociales, tout en ayant un soupçon d'humour, est le premier film de son réalisateur.
Dans ce moderne mélodrame on s’aperçoit que le bonheur n’est pas facile à trouver même pour les beaux garçons dans les bars gays de Séoul...








Pour télécharger le film il suffit de cliquer sur les lignes ci-dessous et être très patient mais cela en vaut la peine. Le dvd français devrait sortir à la fin du mois chez Optimale.

http://rapidshare.com/No Regret cd1
http://rapidshare.com/No Regret cd2

Sous titres anglais:
http://rapidshare.com/files/141826457/No_Regret.rar

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les beaux garçons d' Elephant

Belles images des beaux garçons d' Elephant de Gus van Sant 

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Whispering moon ( Das Flüstern des Mondes ) mise à jour

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Autriche, 2007, 97 mn

Réalisation: Michael Satzinger, scénario: Michael Satzinger, Image: Johannes Steger, Son: Lukas Meisterhofer      


Avec:  Dominik Hartl, Julia Schwarz, Julian Stampfer, Liane Wagner, Rochus Millauer, Margot Hruby, Franz Robert Ceeh

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Résumé

w4Jannis et Patrick composent un duo de jeunes rebelles techno. Ils s’aiment comme des fous, mais l’amour n’est pas leur principale préoccupation. Les deux adolescents croient avoir découvert où se cache le réseau de terroristes responsable d’une série de meurtres, perpétuée à l’aide de grenouilles venimeuses (que je trouve pour ma part très sympathique), dont sont victime des politiciens locaux. Les batraciens seraient élevé dans un cirque qui servirait de couverture aux comploteurs. Les deux garçons décident de s’intégrer au cirque pour surveiller les agissements des malfrat. Entre Lamas et dromadaires Patrick, qui est muet, fait la connaissance de Koja qui n’est pas insensible à ses charmes. La jeune fille qui ne vit que la nuit car sa peau ne supporte pas les rayons du soleil, fait elle parti de la bande? La jalousie de Jannis ne risque-t-elle pas de compromettre les plans des deux amoureux? L’amour et le dévouement indéfectible de Patrick pour son ami aidera-t-il à faire éclater la vérité? Mais cette aventure va mettre leur amour à rude épreuve.

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Cette histoire est sensée se passer dans un proche avenir, un monde paranoïaque où abondent les thèses de complot et dans lequel les mensonges des média auraient été dénoncé, par exemple celui des premiers pas de l’homme sur la lune qui n’auraient été qu’une supercherie. Elle nous est racontée par l’intermédiaire des images stockées sur l’ordinateur de Jannis qu’il est forcées de livrer à un mystérieux tortionnaire qui s’il n’est peut être intéressé par la beauté du garçon, lui fait subir un brutale interrogatoire...

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L’avis de Bernard Alapetite

Est-ce ma méconnaissance totale de la langue allemande, mon anglais approximatif, mon ignorance tout autant du monde du cirque que des complots internationaux auquel s’ajoute ma relative indifférence pour les batraciens qui font que le résumé que vous avez lu ci-dessus peut prêter fort à caution. Néanmoins je ne suis pourtant pas trop mécontent de moi, car ayant fait ma petite enquête auprès de grands locuteurs de la langue de Goethe ayant vu le film, ces derniers n’avaient absolument rien percuté à "Whispering moon".

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D’ailleurs je pourrais vous faire plusieurs propositions sensiblement différentes pour résumer cette fable cinématographique. Comme celui-ci par exemple, que toute cette histoire pourrait être inventé par Jannis pour séduire Patrick, à moins que ce dernier soit également le fruit des fantasmes de Jannis, nous verrions alors sur l’écran ce qu’ imagine le cerveau inventif de ce garçon.  Ce qui pourrait expliquer la permanente interaction de Jannis sur lui même, sur ceux qu’ils rencontrent et l’environnement de l’aventure. Ainsi Jannis changerait les éléments de cette rocambolesque histoire au gré de sa fantaisie. Mais on peut faire encore bien des lectures de ce scénario multi couches d'une grande richesse et d'une grande profondeur dans la fantaisie.
A moins encore que cette histoire, comme toute histoire que l'homme se raconte n'a que le but de le distraire des grandes douleurs...

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“Whispering moon” qui peut se traduire en français par le chuchotement de la lune, nous emmène dans un voyage extravagant dont on ne peut jamais prévoir qu’elle sera la prochaine étape. Aussitôt que l’on croit avoir saisi la direction que prend le scénario celui-ci nous propulse dans un tout autre sens.

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On peut penser que Michael Satzinger aurait aimé avoir deux héros plutôt âgés de douze treize ans que de dix sept, dix huit ans. Ce qui aurait été plus conforme à la fraîcheur de son inspiration. Cette histoire ressemble à celle qu’un jeune garçon, dans l’intimité de sa salle de jeux, raconterait à sa figurine préférée pour lui faire vivre des aventures qu’aucun adulte ne pourrait imaginer.

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Mais bien sûr un âge plus tendre pour les deux garçons était difficilement imaginable, pour des raisons tout simplement pratiques et surtout en raison de la morale ambiante,  à cause de la charge sexuelle et sensuelle du film. Charge d’autant plus dérangeante qu’elle surgit dans un imaginaire enfantin d’où elle en est habituellement bannie.


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Si le film est terriblement sexy, qui aurait pu se douter qu’une recette de yogourt serait à ce point émoustillante ? Michael Satzinger parvient surtout, chose rarissime, à filmer l’intimité de l’amour de deux garçons et cela sans aucune fausse pudeur. On voit les deux amis nus très souvent, faire l’amour mais aussi ... aux toilettes, sans que jamais ce regard dans les moments les plus prosaïques du couple paraisse provocateur ou être celui d’un voyeur.

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Le réalisateur a nourri son scénario de multiples mythologies (Il faut prendre ce terme dans le sens que Roland Barthes lui a donné) du monde de l’enfance, des plus archaïques comme ce cirque qui m’a fait penser à la fois au film "Freaks", à des bandes dessinées telles celles de Fred ou à “Spirou et les voleurs” ,aux plus modernes, telle la toile dont on sait bien qu’elle est très fréquentée par la jeune classe d’âge. On y croise même Winnetou, incontournable lorsque l'on parle de récit d'aventure pour la jeunesse dans un pays germanique Il m'a semblé aussi y reconnaitre des réminiscences aussi diverses que celle des photographies de Bernard Faucon et des oeuvres de Fellini. La roulotte dans laquelle Jannis et Patrick cachent leur idylle m'a évoqué la chambre des "Enfants terribles" de Cocteau...

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La réalisation est si inventive avec ce mélange d’images issues de sources diverses, la première séquence est filmée par une caméra de surveillance, mais la majorité des images du film proviennent d'une caméra numérique à très haute définition qui donne des images bien piquées, y compris dans les nombreuses scènes de nuit, avec une grande profondeur de champ. De nombreuses séquence sont tournées avec de courtes focales et même au grand angle. La vidéo n'est pas la seule source qui abreuve "Whispering moon" , d'autre séquence sont issues de caméra classique, d'écrans d’ordinateur, d'extraits de presse, de dessins animés... que l’attente du spectateur n’est pas seulement aiguillonnée par les incessants rebondissements du scénario mais aussi par l’attente de la prochaine image, toujours inattendue. Elle fait parfois penser à la fois à celles des films de Mélies et Peter Greenaway.

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L'hétérogènéité assumée de la forme, il arrive même que dans un seul plan soit juxtaposé des images de sources différentes, est en parfait accord avec les multiples genres qui cohabitent merveilleusement ensembles dans ce long métrage qui tient à la fois de la science-fiction, du policier, de la fable politique, du film gay, du cinéma expérimental, du film pour adolescents, du cinéma érotique... Mais le plus ébouriffant est l'intrusion, o combien inopiné du western dans tout ça...

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Whispering moon est aussi une réflexion sur l’information, sur la distorsion entre la vérité et ce que l’on dit au public. Le metteur en scène-scénariste à la fois joue constamment avec le spectateur tout en lui demandant de réfléchir à la nature même du conte et pourquoi il nous raconte cette histoire. On se demande ainsi si le récit feuilletonesque n'est pas là pour masquer le véritable désir du cinéaste qui serait celui de nous raconter l'amour romantique et sexuel de deux adolescents ou bien au contraire la romance entre les deux garçons servirait de douceur pour nous faire passer son message politique. Satzinger utilise toutes les nouvelles technologies des médias, dans la mesure de ses moyens, pour nous montrer comment nous pouvons facilement être trompé, combien il est facile de modifier les images et les choses pour qu’elles semblent différentes de ce qu'elles sont réellement. Il induit aussi l’idée que le public aime être berné.

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On a le sentiment parfois que le cinéaste modifie sa création sur des coups de tête, et donc constamment pour nous rappeler que tout récit cinématographique que l'on accepte au moment où nous le découvrons est en fait toujour une fiction, autrement dit un mensonge.

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La passion ludique de Michael Satzinger pour le bidouillage de l’image, avec de fréquentes mises en abyme, l'image, dans l'image, dans l'image... ne lui fait pas oublier la composition du cadre. La façon dont il filme aussi bien la promiscuité des deux amoureux que leur environnement du cirque (belle utilisation de la couleur) est exemplaire. L’humour est lui aussi présent dans ces recherches formelles. Les dernières minutes prouve que le cinéaste sait aussi émouvoir.

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Tous les acteurs sont impeccables et les deux jeunes héros, dont on sent bien qu’il se sont donné sans réserve à cette aventure sont époustouflant dans leur premier rôle au cinéma.

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Michael Satzinger est né à Graz, Autriche, en 1957. Il est diplômé de l'Académie du film de Vienne. A partir de 1987, il a été la direction des documentaires de la télévision et de la Radiodiffusion autrichienne (ORF).  En 1988, il est également devenu un des professeurs de l’ Ortwein Film School à Graz. Son premier long métrage de fiction, “Die Philosophie der Ameise”, a été produit en 1990, suivent: Zeit der Verwandlung (1995), Glücksritter (1997), Wir sind nicht allein (1998), Das verlorene Paradies (2000), Die Nacht der Shamanen (2002) Verwandlung der Zeit (1995), Glücksritter (1997), Wir sind nicht allein (1998), Das verlorene Paradies (2000), Die Nacht der Shamanen (2002). Il a fondé la société de production Magic Films en 1994.

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Whispering moon démontre que l’on peut faire avec un petit budget un film inventif lorsque l’on est désinhibé. Ce film à la fois fable politique, film gay, érotique comme peu le sont, flirtant avec le cinéma expérimental, est un hymne à la liberté de création et à la confiance en l’intelligence du spectateur.

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Il suffit de cliquer sur chaque ligne et de suivre à chaque fois le processus qui vous est indiqué pour le télécharger. Ensuite concaténez le tout et vous pourrez voir le film sur votre ordinateur.

http://rapidshare.com/files/117036804/Whispering_Moon.avi.001
http://rapidshare.com/files/117040166/Whispering_Moon.avi.002
http://rapidshare.com/files/117043818/Whispering_Moon.avi.003
http://rapidshare.com/files/117047596/Whispering_Moon.avi.004
http://rapidshare.com/files/117052231/Whispering_Moon.avi.005
http://rapidshare.com/files/117055446/Whispering_Moon.avi.006
http://rapidshare.com/files/117060102/Whispering_Moon.avi.007
http://rapidshare.com/files/117063461/Whispering_Moon.avi.008
http://rapidshare.com/files/117068137/Whispering_Moon.avi.009
http://rapidshare.com/files/117073165/Whispering_Moon.avi.010
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Posté par bernar alapetite à 07:20 - cinéphagie gay - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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