09 mai 2009
La cerisaie de Tchekhov à la Colline
J'allais à la fois serein et ému au théâtre de la colline assister à la Cerisaie de Tchekhov dans la mise en scène d'Alain Françon. Serein parce que sachant l'excellence du texte et du metteur en scène, il n'y avait pas de risques de déception d'autant que ce théâtre avec sa configuration en amphithéâtre n' offre que des places possédant une bonne visibilité du plateau dont l'ouverture immense n'est pas toujours facile à apprivoiser pour un metteur en scène. Ému parce que j'avais rendez-vous avec ma jeunesse de spectateur de théâtre puisque j'allais voir Jean-Paul Roussillon dans son dernier rôle. Il a annoncé qu'il abandonnait la scène après la dernière représentation de cette Cerisaie, soit au soir du 10 mai. Je me souvenais de la première fois que j'avais découvert cet acteur, à la fin des années 60? au début de la décennie suivante? Je ne sais plus. En revanche je me rappelle bien que c'était dans le Georges Dandin de Molière, dont il interprétait le rôle titre et qu'il avait mis en scène pour la Comédie Française. Les décors de cette représentation avec leurs camaïeux de bleus et la voix mouillée de l'acteur sont restés à jamais inscrits dans ma mémoire. Jean-Paul Roussillon était alors encore mince et alerte. Sur l'immense plateau de la colline je l'ai retrouvé en comme rétréci, arpentant la vaste scène à petit pas courbé sur sa cane qui visiblement n'était pas qu'un ustensile de théâtre mais toujours avec la même présence et cette voix qui capte l'attention.
Françon n'est pas un metteur en scène cuistre. Il ne sent pas obligé comme moult de ses confrères de faire le malin, de moderniser ou de dépayser un texte, ce qui pour Tchekhov est stupide tant il nous parle d'un, temps, d'un lieu particuliers et, comme tous les génies il rend ce particulier universel. Les décors et les costumes sont donc clairement de l'aube du XX ème siècle, même s’ ils sont moins naturalistes que ceux de la mise en scène de Stanislavski dont on est heureux de trouver des photographies dans le programme.
La distribution est homogène dans sa belle qualité. Elle est toutefois dominé par le toujours extraordinaire Didier Sandre en Gaev . J'aurais aimé un peu plus de densité dans le jeu de Dominique Valadiè qui interprète la mère.
Que dire de la Cerisaie sans paraphraser ce qui a été dit mieux ailleurs sinon que la dernière pièce de Tchekhov est un des incontestables chefs d'oeuvre du théâtre... C'était une grande soirée de théâtre...
Norbert Bisky 2009




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08 mai 2009
Jacques Duron
Un des commentateurs de ce blog, demandait qui est Jacques Duron. Pour lui répondre j'en ai tracé un rapide portrait, évoqué quelques souvenirs le concernant, et puis la mémoire à cheminé, et surtout afficher la possibilité de télécharger son plus beau film, le très naturaliste et émouvant "Une histoire sans importance".
![[unehistoiresansimportance.jpg]](http://2.bp.blogspot.com/_R4xSCaz8l0U/Sdk_CrJsNEI/AAAAAAAACuk/5n0YWNKgQyI/s1600/unehistoiresansimportance.jpg)
Jacques Duron
est né en 1954 à Montpon-Ménestérol en Dordogne. Il est diplômé de l'Institut des
hautes études cinématographiques en 1980. Il fut pensionnaire de la section
artistique de la Casa Velázquez à Madrid de 1991 à 1993. Il a reçu la Bourse Louis
Lumière-Villa Médicis hors les murs en 1996. Résident à l'Abbaye de la
Prée dans l' Indre, à l'invitation de l'association "Pour que l'esprit vive", il
y achève actuellement l'écriture d'un scénario de long métrage, "La Peur
du gendarme". Il est l'auteur de trois courts métrages de fiction. Le premier, "Une histoire sans importance" (1980) dépeint l'amitié amoureuse entre deux lycéens de 16 et 17 ans, Claude et Philippe. Une amitié qui se transforme en
attirance physique, puis en amour... du moins pour Philippe, car,
Claude, n'y voit qu'un jeu. Il se tourne vers les filles au grand
desespoir de Philippe. Claude finit par lui céder en échange d'argent... Cette histoire se déroule dans une petite ville de la province française. Ce film fut le film de sortie de l'IDHEC (aujourd'hui devenu FEMIS) de Jacques Duron.
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"Le Voyage à
Deauville" (1983), est une poignante non-rencontre à Saint Germain des prés entre Philippe (Emmanuel Béquart), jeune homme assez aisé et Frédéric (Patrick Aurignac), petit loub qui tapine mais ne se veut pas homo. Le premier emmène le second pour une virée à Deauville. Le rôle de l'ado tapineur est tenu par Patrick Aurignac qui ensuite réalisera un très beau long métrage, largement autobiographique, dans lequel il jouait aussi un second rôle, tout comme Daniel Russo, qui était déjà très bien. C'était "Mémoire d'un jeune con". Patrick Aurignac s'est suicidé en 1997 peu de temps après la sortie de son film...
Après Jacques Duron C'est Dominique Besnehard qui découvre Patrick Aurignac.... à la prison de Bois d'Arcy où il
purgeait une peine, à l'occasion d'une représentation théâtrale en
milieu carcéral. L'agent l'avait aidé à sa libération et l'avait
notamment fait tourner avec Claire Devers, Josée Dayan et Catherine Breillat mais surtout avec Diane Kurys dans A la folie où il jouait le rôle principal aux côtés de Béatrice Dalle et d'Anne Parillaud.
Quant à Emmanuel Béquart je l'ai rencontré et j'ai fait quelques séances de poses photographiques avec ce beau et charmant garçon qui m'avait amusé par son originalité. Une des anecdotes qu'il m'a racontées s'est inscrit dans ma mémoire. Il me raconta comment, pauvre et se nourrissant n'importe comment il avait attrapé le scorbut, maladie dont souffraient les navigteurs d'antan en carence de nourriture fraîche, en plein Paris en ce début des années 80... C'est une des photos de ces séance dont je me suis servi pour le collage qui illustre la deuxième version de la jaquette de la VHS (voir ci-dessous). Malheureusement je n'ai pas retrouvé les autres...
Jacques Duron a tourné aussi un autre court métrage "el modelo" (1992) lorsqu'il était en résidence à la casa Velazquez et un documentaire, "Souvenirs de Madrid" en 2008 dont Télérama a dit: << un film en forme d’inventaire. Tout à la fois documentaire, enquête au temps présent et petit essai d’anthropologie sociale.>>.![[history-01.jpg]](http://4.bp.blogspot.com/_OseurKQG9Ns/SN8G_pfslzI/AAAAAAAABv8/lmtSr8e-m2A/s1600/history-01.jpg)
J'ai eu un grand choc lorsque j'ai découvert "Une histoire sans importance" au cinéma. Ce moyen métrage est sorti en salle avec un autre film d'une même durée dont je ne me souviens plus du tout... Peu de temps après j'ai eu l'occasion de rencontrer Jacques Duron. J'en ai le souvenir d'un homme timide mais affable. Lorsque j'ai décidé de créer un label vidéo, Platypus, les deux premiers moyens métrages que j'ai édités furent ceux de Duron. Je les fis suivre par ceux de Collard, c'étaient de beaux débuts...
Etait ce avant ou après son séjour à la casa Vélazquez, je ne me souviens plus mais ayant lu l'extraordinaire roman de Chambers " La danse du coucou" (éditions du Seuil, collection poche virgule) je lui fis lire persuadé qu'il était l'adaptateur rêvé de ce livre. Quelques jours après enthousiasmé par ce qu'il venait de lire, il fit les démarches pour acheter les droits du roman et il réussit à les obtenir. Assez rapidement il rédigea un scénario (que je n'ai jamais lu) qu'il déposa à l'avance sur recette qui malheureusement ne lui fut pas accordée et Il n'y eut jamais de Danse du coucou sur un écran. Je n'en suis pas encore consolé...![[history-04.jpg]](http://4.bp.blogspot.com/_OseurKQG9Ns/SN8HW_vDjRI/AAAAAAAABwE/00SHN3iEplU/s1600/history-04.jpg)
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Narcisse kenyan

Kenya, Serengeti, décembre 1989.
Ecume par Jean-Luc Largier
garçon nu devant le ramassage du varech
07 mai 2009
Cahiers-Décharge de Pascal Françaix, Baleine éditions, 2007
Le plus gros défaut, il n’en a guère qu’un autre, du roman de Pascal Françaix est son impossibilité de le lire dans les transports en commun et tous lieux publics, à moins d’être doté d’un flegme etonien, tant vos voisins pourraient être alarmés de vous voir, pouffer et pleurer de rire toutes les minutes. Pour ma part, pour dévorer le volume, j’ai choisi mon carré d’herbes et la seule compagnie de mes chats. Esbaudissements que provoquent à la fois les péripéties et le style de l’ouvrage.
Commençons par son argument même si dans le cas présent la manière prend le pas sur l’action ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne vous tiendra pas en haleine jusqu’à la fin. Les “Cahiers-Décharge” sont ceux dans lesquels Philippe, au milieu de la trentaine alcoolisée, nous narre, à la première personne, pour se soulager, les avanies qui l’accablent et elle ne seront pas minces durant les 380 pages du récit.
Même avant l’avalanche de calamités qui s’abattent sur sa tête, la situation du héros n’était déjà guère enviable. Pour subsister Philippe écrit des romans pornographiques qu’il doit livrer à raison d’un par mois, à son éditeur, un dénommé Morbac, aussi crampon que son nom le laisse supposer. Cette activité lui permet de travailler à son domicile, ce qui semble indispensable puisqu’il doit s’occuper de sa mère grabataire et muette depuis cinq ans, date de l’accident qui à tué son mari et la transformé en légume. Les deux seules distractions de notre narrateur est de s’ imbiber dans son bistrot préféré et de martyriser sa mère pour la punir de lui avoir fait vivre une enfance trop heureuse, ce qui ne la pas suffisamment endurci pour pouvoir vivre sa chienne de vie. Cette morne vie va tout à coup s’ accélérer lorsque par le plus grand des hasards, Philippe va faire la connaissance de Rachid, un jeune beur en délicatesse avec un gang de néo-nazis locaux. Le jeune homme va immédiatement tomber amoureux de Philippe pourtant raciste et homophobe... << Comment j’avais pas pu deviner. Peut être à cause qu’il est arabe? Être en même temps crouye et tapette, raton et castor à la fois, ça me paraissait trop poussé - trop malchanceux pour être vrai...>>.
Mise ainsi à plat, on mesure la performance de Pascal Français d’avoir rendu cette histoire hilarante dont le héros n’est pas sympathique.
Et cela grâce à un style, qui m’a totalement surpris par le décalage qui existe entre celui-ci et le ton des proses blogueuses de l’auteur. Ce ton, cette manière ont ravivé dans ma cervelle oublieuse toute une bibliothèque. Au premier abord j’eus l’ impression de continuer ma visite chez les pasticheurs, puisque je lisais en parallèle de ce Cahiers-décharge, “Les Morot-Chandonneur” de Philippe Jullian et Bernard Minoret, qui feront l’objet d’un prochain billet et qui eux-mêmes m’auront fait revisiter des maîtres dans le domaine que sont Reboux et Muller, sans oublier Jean-Louis Curtis. J’eus donc le sentiment avec le début de “Cahiers décharge” de lire un pastiche de Céline et plus particulièrement de “Mort à crédit” et des “Beaux draps”. Je m’en réjouissait d’autant que les vaillants auteurs pré cités n’étaient pas aller voir du coté de l’ ermite de Meudon, mais aussi, je dois dire que la longueur de l’exercice m’ inquiétait quelque peu, le pastiche étant généralement une nouvelle et pas un gros roman de plus de trois cent pages...
Heureusement très vite à la voix de Céline s’ajoute celle de Jean-Pierre Martinet dont le Jérôme par son alcoolisme et ses relations avec sa mère est un cousin de notre Philippe. Ce personnage n’est pas pour rien dans l’ esclaffage continu que provoque ce roman, pessimiste misanthrope à faire paraître comme de joyeux rousseauistes le Ferdinand de “Mort à crédit” et l’Ignatius de “La conjuration des imbéciles”. de John Kennedy Toole; que l’on en juge: << J’ai jamais rien su intégrer - aucun groupe d’aucune race On est tout seul sa propre race, la seule, l’unique qui vaille! Tout autrui est rascaille! Au bûcher nos prochains! Au fagot! A la destripade! Moi je ne me suis jamais reconnu de semblables! “Les miens” me sont pas moins étrangers que les autres - On n’a pas de frères en ce monde, on est tous fils et filles uniques, bâtards orphelins dans la merde...>>. Si le Philippe déteste les arabes, les gros bras d’extrême droites, les homos, les belges, sa famille, et les gens du peuple de son rade favori c’est uniquement parce qu’il les croise. Il rencontrerait des juifs, des aristocrates, ou des italiens ce serait tout pareil. C’est l’humanité toute entière qu’il vomit. Cette haine du bipède n’est pas comme chez un Léautaud compensée par un amour des animaux, curieusement aucune bestiole dans l’univers de “Cahiers-décharge”.
L’alccolisme est une constante du livre, ce qui nous vaut quelques portraits savoureux de piliers de bistrots, << Yvres, lui c’est l’aimable tututeur, ennemi des tintouins. Un biberonneur flegmatique, toujours tiré à quatre épingles. Un mister Beam neurasthénique au regard en trou de pine. Il a rien contre les basanes - rien contre personne, pour tout dire, depuis qu’il a plus rien pour lui. Il sirote en indifférent à son coin de comptoir, un pied sur la rampe en laiton pour affermir son équilibre, tel un funambule hydropathe en arrêt sur son fil, perdu dans sa berlure, trois cents mètres au-dessus du commun des rampants.>>.
La misanthropie affichée de Philippe, énorme, laisse entrevoir par quelques interstices, le portrait d’un rebelle sensible, généreux et blessé, qui en définitive s’aime peu.
Le récit nous étant conté à la première personne, naïvement dans cette configuration romanesque, on a toujours la tentation, même si l’on s’en défend, à faire un amalgame entre l’auteur et son personnage disant je. Il reste à espérer pour l’écrivain, dont je n’ai lu aucun autre ouvrage, qu’il soit le plus éloigné possible de Philippe. A ce sujet on ne peut qu’en rester aux supputations, Françaix n’ayant pas décrit physiquement son héros, ce qui me parait être une rare faiblesse de Cahiers-Décharge, il n’y a même aucune allusion ni à son aspect pas plus qu’à sa vêture, ce que je trouve dommage, le psychomorphisme n’étant pas que légende. On peut me rétorquer que Céline n’a pas non plus dépeint son Bardamu, mais depuis le génial Tardi s’est chargé de lui donner des traits... A cette démarche je préfère celle d’ Alphonse Boudard, autre parentèle de Françaix, avec Simonin, A.D.G., Apruz, Paraz... qui me parait évidente, qui a tracé la silhouette de son Alphonse, il est vrai que c’était la sienne...
Philippe est comme Ignatus resté au fond un grand enfant, mais presque tous les personnages de ce livre semblent immatures. Philippe, au goûts cinématographique exclusif et récessif pour les films de série Z, en a d’ailleurs conscience et il essaye de combattre cet état, par exemple en refusant une chasse au snark, jeu qu’il partageait lorsqu’il était collégiens avec son meilleur copain Gautier. A ce propos on peut regretter que les relations entre les deux hommes n’aient pas été plus fouillées. Les pages qui leurs sont consacrées sont les plus émouvantes et poétiques. Comme si, dans celles-ci, libéré de son extraordinaire faconde volubile, Philippe s’évadait de la prison qu’est son langage argotique, qui parfois par son systématisme étouffe son être profond, pour laisser parler enfin son coeur.
Le récit dans sa forme est, comme chez Céline, un combat constant entre le naturalisme et le délirant.
Le plaisir principale que le lecteur retire de “Cahiers-décharge est nourri par une invention langagière constante qui d’ellipses en néologismes donne, chez Français, comme chez Céline, une profondeur au texte due à l’équivoque, au flou, à l’imagé, au double sens (à commencer par celui du titre). Pourtant jamais les tournures inusitées obscurcissent la lecture.
Mais le roman est bien autre chose encore, comme le portrait sans fard et sans illusion d’une France d’en bas provinciale, en l’occurence celle de Cambrai, où se mêle beurs minables trafiquants des cités, bas du front piétaille d’un borgne, et alcooliques de père en fils (ce ne sont plus les chtis roses bonbon!)...
Philippe n’est pas un imprécateur comme le Bardamu célinien ou un anarchiste de droite comme le double d’Alphonse Boudard. Il n’en appelle pas non plus au ciel et aux homme, comme le fait parfois Paraz, pour être témoin de sa mouise, non, c’est un fataliste, un passif, qui ne va pas vers les coups dans des engagements ou des aventures risquées mais qui les reçoit parce qu’il est au mauvais endroit au mauvais moment. S’il déteste les arabes, il exècre tout autant leurs persécuteur: << Les FF,... le sens des initiales... Pas les faibles félouzes... ni les Fignons Farcis... les Frileux Fribourgeois? peut être les Foireux Frangins?... Fous furieux?... Fière Fripouilles?... les Fachos Frappadingues?... On brûle!... - Force de Frappe! C’est ça le sens du sigle! un sombre groupuscule d malfreux malabars, haineux, toccard, agités du caisson (...) des crânes-derges! Milichiens de garde! Svastiké à la mord mein-kampf! (...) un tas de tronches plates, d’abrutis pochtronneux zonards atrophiés du bulbe et schmectant du goulot...>>.
C’est aussi un recueil de morceaux de bravoure comme cette description du rayon gadgets d’un sex-shop: <<... Des sortes de joujoux pataphysiques. Qu’on s’interroge duraille s’y sont fait pour servir, et comment? et à quoi? - pour donner quels frissons? apaiser quelle fièvre?... Ou si c’est pas des fois des éléments décoratifs - bibelots bizarroïdes?... On peut pas dire. Ça rend perplexe. On sait pas du tout quoi en penser. On doit pas être assez pervers. Doit falloir une tournure d’esprit tout à fait tortueuse pour résoudre l’énigme de ces schmilblicks. Sûrement qu’on est trop niais...>> ou encore la description d’un gogo boy: << Quand l’autre tombe le string, c’est le nirvana des délires. La frénésie des vocalises. A faire péter tous les cristals à dix kilomètres à la ronde... Faut, le petit pâtre, il est outillé colossal! Pesamment burné et nanti d’un de ces chibraque! Déjà rien qu’au repos, c’était racornissant à voir! Fallait pas songer en action! Aux heures de pointe son siffredi devait lui faire hausser le menton!>>.
On trouve aussi quelques sentences définitives qui ne sont peut être pas de mauvais viatiques tel: << Ça compte un peu la première pipe! Quand on s’est fait bouffer l’aspic, on n’avale plus de couleuvres. Les lèvres des amantes désamorcent l’amour des mères.>>.
Le souci du style est constant chez Français. Avec les extraits qui parsèment cet article, le célinien aura reconnu sans mal les recettes savoureuses du maître, phrases en appositions, souvent sans verbe, prolifération des trois points et des points d’exclamations, répétitions, pratique constante de néologismes accolés presque toujours avec des termes argotiques souvent désuets ou des termes savants et techniques, interpellations du lecteur... Français nous informe lui même sur sa cuisine ( même si dans les lignes qui suivent il décrit la pratique romanesque de son héros qui est pas la même que celle de son géniteur. Il fait même l’inverse): << Mes lecteur (...) ne lisent pas seulement d’une main: aussi que d’un œil! ils vont vite! ils tracent! ils ont hâte! ils se ruent au passage croustillant! il leur faut du limpide, clair net et précis! Du style coulant qu’on glisse à la surface... Si tu les paumes en tarabiscotages, c’est terminé: ils banderont plus. Ils ont beau tous être tordus, pervers déviés jusqu’à la moelle: ils sont rigides en orthographe, pudibonds en grammaire. Ils tiennent au bon ordre des phrases. Sujet-verbe-complément. Pipe-enfilage-orgasme. C’est leur structure de base, faut pas en décarrer. Si t’inaugures dans les tournures, si tu leur déplace une virgule, ils vont paniquer complètement, s’emmêler les pédales. Ils sauront plus différencier un joufflu d’une cramouille.>>.
Deux choses curieuses à propos des livres et de l’othographe, si le héros est écrivain, un scribe particulier certes, nulle trace dans son paysage de livres et pas plus d’allusions littéraires mise à part celle à Lewis Carroll et pourquoi orthographier maman, mamman avec deux m?
Ce qui empêche Cahiers-décharge d’accéder au rang des chef d’oeuvre est sa fin dans laquelle le précaire équilibre que Françaix avait réussi à maintenir jusque là, entre le naturalisme et le délirant, est rompu au profit malheureusement de ce dernier. Le final à la fois, un coté Sade chez les Bidochon et petit malin post modern avec sa pirouette du texte dans le texte. Cette extravagance précieuse gâche un peu l’excellente impression qu’avait donné jusque l’ouvrage. Il me semble que Cahiers-décharge est, malgré, ou à cause, du talent de son auteur, encore un de ces livres non édités au sens anglo-saxon du terme. Cette vacances des éditeurs est l’un des maux principaux dont souffre les lettres françaises. Peut être faudrait-il de mettre aux pratiques anglo-saxonnes avec leurs agents littéraires pour remédier à ces carences. Je ne ferais pas non plus des compliment aux éditions Baleine , chez qui on doit pouvoir commander cet indispensable ouvrage, pour leur maquette particulièrement laide.
Il n’en reste pas moins que la lecture de Cahiers-décharge est à recommander à tous les amoureux de la langue. Il est en plus un médicament insurpassable contre la morosité.
06 mai 2009
Sven Geweke
Sven Geweke a 20 an. Il est né à Düsseldorf. Il est représenté par Louisa Models.



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Tarcisius vu par Gaston Goor

Presque rien (mise à jour)



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France, 1999, 1h 30mn
Réalisation: Sébastien Lifshitz, Scénario: Sébastien Lifshitz et Stéphane Bouquet, Photo Pascal Poucet, Son: Quentin Jacques, Montage son: Carole Verner, Mixage son: Cyril Holtz, Maquillage: Sylvie Ferrus, Décors: Roseanna Sacco, Montage: Yann Dedet, Musique Perry Blake, Assistant réalisateur: Philippe Thiollier 
Avec : Stéphane Rideau (Cédric), Jérémie Elkaïm (Mathieu), Dominique Reymond (la mère de Mathieu), Marie Matheron (Annick), Laetitia Legrix (Sarah), Nils Ohlund (Pierre), Réjane Kerdaffrec (la psy), Guy Houssier (le père de Cédric), Violeta Ferrer (la mère de Pierre), Robert Darmel (proprio du bar), Marie-Claire Durand (infirmière), Charline Levaque (infirmière), Sarah Reyjasse (vendeuse de gaufres), Gildas Chotard (videur du club), Eric Savin (ami d'Annick), Maxence Rabret (garçon sur la plage)
Résumé
Sur
une plage, pendant les vacances, Cédric et Mathieu, deux grands
adolescents se rencontrent, se désirent et cèdent à leurs pulsions. Ce
qui ne pourrait être qu'une simple aventure de vacances se transforme
en véritable histoire d'amour. Mathieu décide de quitter sa famille
pour vivre avec Cédric. Mais bientôt, il ne reste plus rien de cet
amour. Mathieu va devoir apprendre à vivre avec cette perte...
L’avis de Bernard Alapetite
“Presque
rien” pourrait parfaitement définir ce que l’on voit sur l’écran. Ce
n’est que l’histoire d’amour et de désamour de deux jeunes hommes d’une
vingtaine d’années, Cédric et Mathieu. mais l’on sent que ce presque
rien pour le cinéaste est tout.
Mathieu (Jérémie Elkaim) est un joli
garçon en vacances dans la maison familiale à Pornichet. Il s’ennuie
bourgeoisement, comme chaque année, entre baignades et bronzettes sur
la plage. On le devine garçon sage, vaguement en attente, mais il ne
sait pas de quoi. Il remarque vite qu’un garçon de la plage, qui a
environ son âge, le mate ostensiblement, puis le suit à distance pour
repérer où il habite. Le soir, il rode autour de la villa (il y a une
scène similaire dans “Les terres froides”). Après le dîner, Mathieu
décide d’aller retrouver son voyeur. Il fait ainsi connaissance avec
Cédric (Stéphane Rideau), un garçon du cru qui vivote de petits
boulots, alors que Mathieu est étudiant en architecture à Paris.
Curieusement, et contrairement à ses films précédents, Lifshitz ne s’
appesantit pas sur la différence de classe de ses protagonistes, bien
au contraire il semble même s’ingénier à vouloir la gommer.
Dés
ce premier soir, où ils s’embrassent, nait un grand amour d’été entre
les deux garçons aux familles en déshérence, pour Cédric une mère
absente depuis la petite enfance et un père peu attentif que l’on
devinera faible; pour Mathieu, un père, que l’on ne verra pas, plus
préoccupé par son travail que par sa famille et une mère dépressive,
Dominique Reymond, parfaite en femme ballottée.
Dès les premières
scènes du film, nous avons fait connaissance avec la maisonnée en
villégiature. Son pivot est la mère, que pourtant l’on voit peu, femme
évanescente, elle ne se remet pas de la disparition en bas âge de son
dernier enfant, prétexte scénaristique assez peu plausible, ou du moins
pas évident en regard à sa physionomie et à son âge et celui de ses
enfants, car Mathieu est flanqué d’une sœur hargneuse en proie aux
frustrations de l’adolescence. Lifshitz ne semble pas vraiment savoir
que faire de ce personnage. Ce petit monde est régit par l’amie de la
mère, Annick (Marie Matherou), la quarantaine aussi énergique que
vulgaire. Cette vulgarité crée le premier hiatus du film, hiatus
social, tant on est surpris de voir cette nature prolétarienne régenter
cette maisonnée bourgeoise nichée dans une villa cossue. D’autant que
ce personnage, qui semble là, comme quelques autres scènes pour gonfler
le moyen métrage qu’aurait pu être “Presque rien” en long métrage, est
la cause d’une petite incohérence scénaristique, puisque le dialogue,
toujours justes tout le long du film, nous apprend qu’à la fois qu’elle
vient chaque année mais néanmoins elle ne sait pas où acheter des
provisions! Dans une trame aussi ténue, la moindre petite aspérité se
remarque...
Les
deux garçons se plaisent immédiatement et si la force de Lifshitz, bien
que nous ne réussissions jamais pendant tout le film à être en totale
empathie avec les deux tourtereaux, est de présenter cet amour comme
une évidence, une banalité, presque comme si l’attirance physique de
deux garçons serait la norme et non l’hétérosexualité. La gène,
l’incrédulité du spectateur devant cette romance vient du coté
classique (trop?) surannée même, de la démarche amoureuse de Cédric;
c’est lui l’élément moteur du couple; envers Mathieu, rien ne manque:
baisers volés, complicité, bourrades, gaufres, autos tamponneuses, bal,
feux d’artifice. A lire cette énumération, on a un peu de peine à
croire que cette histoire d’amour se déroule aujourd’hui et non pas
hier ou avant hier. On notera par exemple que Lifshitz ne fait pas
intervenir des objets emblématiques de la jeunesse actuelle, comme les
consoles de jeux ou les téléphones portables. Mais je reviendrai sur
cet autre hiatus, cette fois temporel.
L’amitié entre les deux
garçons se développe. Cédric est présenté à la maisonnée de Mathieu. Il
rencontre d’ emblée l’hostilité de la soeur de son ami alors qu’Annick
n’est pas insensible à la virilité du jeune homme. Ces deux pistes
scénaristiques ne seront absolument pas développées et resteront des
cul de sac où butte l’imaginaire du spectateur.
Cette construction
n’est pas une maladresse du réalisateur, car on comprend vite que
Lifshitz s’il veut donner des jalons au spectateurs, veut aussi
préserver le mystère de ses personnages réussissant à faire vivre le
film dans la mémoire des spectateurs bien après sa vision.
Même
à l’acmée de la relation amoureuse entre Mathieu et Cédric, on sent
bien que le réalisateur répugne à toute psychologie. On constate tout
de même que la nature de l’amour qu’éprouve Mathieu pour Cédric est
différent de celui de Cédric pour Mathieu. Cette dernière étant
purement sexuelle, auquel le physique, un peu bestial, est parfaitement
adapté. Lifshitz se Colette de front et avec un grand talent avec la
représentation de l’acte sexuel à l’écran. Vu leur perfection on peut
regretter qu’il n’y ait que deux scènes de jouissance physique dans
“Presque rien”. La première se situe au début, Mathieu se masturbe.
Cette scène est magnifique de calme, de réalisme, de sensualité, mais
aussi de ludisme, à mille lieues des masturbations que l’on peut voir
dans les films pornographiques dans lesquels le sexe mâle est ramené à
un piston qui monte et descend frénétiquement. L’autre, au milieu du
film est une joyeuse scène de sodomie dans les dunes sous le soleil.
Cette belle scène crue, malheureusement trop fugitive est pourtant mise
en exergue par la façon dont elle est éclairée, à la manière de
certains spots publicitaires, sans ombre, d’une lumière égale et forte.
Cette belle image soignée et lumineuse contraste avec l’image du reste
du film qui est souvent nocturne et assez “sale”. D’autre part, les
séquences de plage, avec leurs fréquents contre-jour, ressemblent
volontairement, à celles des films familiaux de vacances. Avec dans ces
scènes des trouées lumineuses insolites, comme ce plan des bustes des
deux amoureux tête contre épaule se faisant bronzer sur le sable. La
photo, c’est un plan fixe, est prise en lumière rasante par derrière.
On voit ainsi sur l’écran les têtes à l’envers comme dans un tableau de
Baselitz. On retrouvera encore une fois ce type d’image que l’on
ressent plus peinte que filmée avec son versant nocturne, Cédric et
Mathieu, sur leur lit, enlacés nus, sexes alanguis et déployés. On
passe de Baselitz à Montegna...
Dans la frénétique scène de sodomie
Lifshitz surprend faisant de Mathieu que l’on percevait comme l’élément
dominé du couple, l’actif dans le rapport sexuel, une double inversion
en quelque sorte. Il avait déjà dérangé les codes gay, en faisant du
beur, héros des “Corps ouverts”, un homo passif...
Mais l’été se
termine et Mathieu doit rentrer à Paris pour reprendre ses cours.
Cédric en est désespéré. Mathieu mesure alors l’attachement de son ami
pour lui et il décide de poursuivre ses études d’architecture à Nantes.
Sa mère finit par accepter sa décision tout en ne l’approuvant pas.
L’automne venu les deux garçons vivent ensemble (à Nantes?).
Mathieu
ne veut plus avoir de rapport sexuel avec Cédric. Il tente de se
suicider, probablement en ingérant des médicaments puisque l’on nous
inflige un plan de lavage d’estomac. Après que Cédric l’eut conduit à
l’hopital où il demeure quelques temps, il est suivi par une psychiatre
qui ne s’oppose ni à son départ de l’hopital, ni à sa fuite pour
Pornichet, en cachette de toutes ses connaissances, à condition qu’il
tienne un journal. On retrouve dans le plan chronologiquement suivant,
mais la chronologie de l’action n’est pas la chronologie du film,
Mathieu dans la rue qui mène du boulevard Montparnasse à la gare du
même nom, puis sur le quai montant dans le TGV et enfin dans le train
commençant son journal au magnétophone. Mathieu part donc de Paris,
l’hopital où l’a amené Cédric qui est sensé être à Nantes est donc à
Paris. Cette grosse bévue scénaristique qui n’est que le fruit de la
négligence aurait été évité si Lifshitz avait pris soin de faire un
bout à bout chronologique de l’aventure amoureuse de Mathieu. Cela lui
aurait surtout montré que les temps forts filmiques ne recoupent pas
les temps forts scénaristiques. On peut surtout penser que l’escamotage
complet de la vie commune des deux garçons est plus une incapacité à
traiter cette situation qu’une élégante ellipse... Mathieu retrouve un
Pornichet gris et froid, bien différent de celui qu’il connaissait.
Il
rentre par effraction dans la villa familiale dans laquelle il n’y a ni
électricité, ni chauffage. Il recueille un chat dont il se fait un ami.
Cédric réapparaît. Il se doute que Mathieu est cloîtré dans la villa.
Cédric frappe violemment aux volets clos. Son ami, tapi dans le noir
dans la maison, ne lui répond pas. Le bruit fait par Cédric ameute une
voisine qui le fait fuir. On ne reverra plus chronologiquement le
garçon après cette scène parfaitement inutile.
Mathieu
s’installe dans une vie de robinson dans la villa. Pour survivre, il se
trouve un petit boulot de plongeur dans un café typique du cru. Il
décide de rentrer en contact avec un des anciens amants de Cédric, un
jeune maçon de son âge. Un commencement d’ idylle semble s’ébaucher
entre Mathieu et ce garçon...
Il est très pénible de reconstituer la
suite chronologique la passion amoureuse entre Mathieu et Cédric, tant
Lifshitz et son alter ego de co-scénariste, s’est ingénié à
déconstruire son récit. On ne peut s’empécher de penser que cette
déconstruction est à la fois un manque de confiance en la limpidité de
son intrigue et un excès de pudeur pour cette histoire que l’on
pourrait imaginer autobiographique ou plus probablement que ses auteurs
auraient aimé qu’elle soit autobiographique.
La
première demi-heure du film par son atmosphère, par le lieu ou il se
déroule et son thème évoque le beau roman de Chambers, “La danse du
coucou (éditions point-seuil) dont la construction n’est pas non plus
linéaire. Jacques Duron a travaillé sur une adaptation
cinématographique de ce livre, sans pouvoir faire malheureusement
aboutir son projet.
Si
l’on reconstruit l’intrigue du film chronologiquement on s’aperçoit que
le film et son cadre ressemble beaucoup à un autre film gay, “Le bon
fils” d’Irène Jouannet. Il y a pourtant deux grandes différences entre
ces deux longs métrages. Premièrement la construction de “bon fils” est
linéaire, alors que celle de “Presque rien” est déconstruite, comme
celle de tous les films de Lifshitz. Deuxièmement, il n’y a pas dans le
film de Jouannet des scènes de sexe explicite, sans doute diffusion en
prime time, même sur Arte oblige (sur Canal+ “Presque rien” n’est pas
passé en début de soirée), mais ce n’est pas la seule raison, car le
seul doute, la seule ouverture dans le trop fermé “Bon fils” est cette
interrogation, la seule du films, les deux garçons ont ils fait l’amour
entre eux? Si “le bon fils” est un film beaucoup moins ambitieux
cinématographiquement que l’opus de Lifshitz, il est plus réussi
formellement dans les limites de sa modestie. Jouannet réussit beaucoup
mieux que son confrère à imbriquer l’aventure amoureuse de ses deux
jeunes héros dans un tissu social. D’autre part tout en étant plus
réaliste, la cinéaste a su insuffler plus de romanesque dans “Le bon
fils” qu’il y en a dans “Presque rien”. Mais malgré ses qualités “Le
bon fils” ne donne pas à ses deux héros la même pérennité dans nos
mémoires que ceux de “Presque rien”. Ce qui démontre la supériorité
d’une structure ouverte et volontairement lacunaire sur une narration
sagement linéaire et close.
Cependant
à force d’ellipse, comme je l’ai déjà signalé, Lifshitz a créé
plusieurs hiatus dans son scénario. Le plus important est celui d’ordre
géographique. Sans doute faute d’avoir obtenu l’autorisation de
tournage sur la commune de La Baule, suite aux protestations d’un
conseiller général des Pays de Loire. Ce qui a contraint le cinéaste,
tout en citant nommément Pornichet, à unir trois lieux qui ne forment
pas un seul tenant géographique, la plage de La Turballe pour toutes
les scènes de plage, les rue de Pornichet pour les alentours de la
villa, mais aussi la promenade du Pouliguen pour le stand où Cédric
vend de la confiserie. On sait que le Pouliguen est séparé de la
commune de Pornichet par celle de La Baule. Jamais Lifshitz ne parvient
a faire croire à une continuité géographique des lieux. Cet échec prive
le film de la chaleur, de l’humanité que par exemple Dinar donne à cet
autre film de plage qu’est Conte d’été de Rohmer. Ce qui ne pourrait
être qu’un détail, cette incapacité à restituer un lieu, à enraciner
son film est très dommageable car à cause de cela Lifshitz ne parvient
pas à faire passer le lien privilégié que Mathieu entretient avec le
lieu de ses vacances. Ainsi on comprend mal pourquoi Mathieu va s’y
réfugier après sa dépression. Ce morcellement est encore aggravé par le
parti pris de tournage nocturne, comme dans les autres films du
cinéaste.




Langue: Francais avec sous-titres en anglais, brésilien, portugais, espagnol au choix
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