25 janvier 2009
Ricco Wassmer. Le peintre s’est arrêté à Ropraz
Avant la précieuse information que m'a communiquée Eumolpio. Je n'avais jamais ni entendu parler, ni vu aucune oeuvre de ce peintre. Tout ce que vous allez lire ci-dessous n'est qu'une compilation de ce que j'ai trouvé sur le net. Je le répète c'est donc par hasard que j'ai découvert Ricco Wassmer dont les reproductions me donnent une immense envie tout d'abord de voir des originaux de ce peintre. Où peut on en voir? Et ensuite de découvrir d'autres peintures de cet artiste. Cher lecteurs si vous possédez des images de ses tableaux, de ses photos et dessinss, des photos de ses expositions soyez assez aimable de me les envoyer pour que je complète ce billet. J'aimerais aussi beaucoup voir le film consacré à Ricco Wassmer... Outre que ce peintre me semble posséder un grand talent qui m'évoque à la fois Balthus et Chapelain-Midy, l'homme d'après les éléments biographiques que j'ai glanés ferait un extraordinaire personnage de roman...
Sulfureux,
le peintre et prince bernois fait l’objet d’une exposition à l’Estrée
de Ropraz et d’un catalogue raisonné du Kunstmuseum de Berne.
Dandy discret et aristocrate sulfureux, Erich Wassmer, dit Ricco, né en 1915 au château de Bremgarten près de Berne, arrive en 1963 à Ropraz, village de 300 âmes à l’orée des bois du Jorat. Il vient de passer huit mois en prison, en France, pour possession de photos de jeunes hommes nus. Dix ans plus tard, le 27 mars 1972, son cortège funéraire monte doucement la pente qui sépare le château de Ropraz du cimetière. Derrière le vieux corbillard tiré par des chevaux, suit une Rolls-Royce blanche, conduite par son majordome Mario, et la famille, à pied.
Sur la pierre tombale, à l’entrée du cimetière de Ropraz, est scellé un éphèbe de bronze signé Karl Geiser qu’il avait choisi comme gardien de son dernier sommeil. Nu, pensif et vigoureux, il se dresse toujours entre le lierre et les fougères. Il y a un an et demi, le Kunstmuseum de Berne vient photographier deux tableaux de Ricco à Ropraz: l’un trône dans le bureau du syndic, l’autre dans la famille d’Alain Gilliéron, patron de l’espace culturel l’Estrée –il représente Stéphane Gilliéron, frère d’Alain.
En pleine élaboration du catalogue raisonné des œuvres du peintre, sur mandat de Ruedi Wassmer, neveu et filleul de Ricco, le musée estime que plusieurs œuvres ont été vendues en Suisse romande, et espère retrouver leur trace. C’est l’occasion ou jamais: Alain Gilliéron décide d’accueillir Ricco à l’Estrée, à deux cents mètres de sa tombe. Jusqu’au 30 octobre, l’espace culturel expose une dizaine des dessins et autant des tableaux, et fait tourner le beau documentaire réalisé en 2002 par l’Américano-Tessinois Mike Wildbolz.
Des dix années de Ricco à Ropraz, le village se souvient. A commencer par Alain Gilliéron lui-même. Si sur certains tableaux c’est son frère qui figure, sur d’autres, c’est lui. Fils du buraliste postal, Alain et Stéphane sont réquisitionnés par leur père pour tondre la pelouse du châtelain, qui les fait ensuite poser pour des photographies dont ses tableaux s’inspirent.
«Pour nous gamins, c’était extraordinaire. C’était un extraterrestre, excentrique et soigné, d’une douceur extrême, venant parfois au café ou à l’épicerie. En pénétrant dans le château, qui nous était a priori défendu, nous entrions dans une caverne d’Ali Baba: des collections de timbres, de papillons, de bateaux, d’armes, de tableaux. Il nous faisait poser avec une maquette de bateau, une roue de vélo, un cheval de bois ou une épée. C’était amusant. Nous devenions des marins, des chevaliers. Quelqu’un s’intéressait à nous…»
En 1966, les parents Gilliéron reçoivent pour Noël un grand tableau sobrement intitulé Stephan de la part du maître, toujours dans la famille. «Je ne sais pas ce que pensaient mes parents de Ricco. Pour nous, la nudité était naturelle. Il ne nous a jamais touchés. D’ailleurs, tous ses modèles ont le même type sur ses tableaux. Il nous faisait correspondre à son idéal. Sur certains tableaux, je ne sais pas si c’est mon frère ou moi qui ai posé. Il cherchait quelque chose à travers nous qui n’était pas nous.»
Fiancées pour beurre. C’est toute l’histoire de Ricco, né Erich Wassmer d’un père grand industriel et mécène, dont les amis de la famille étaient Herman Hesse ou le compositeur Othmar Schoeck. Après une enfance de rêve à Bremgarten, il étudie la peinture à Munich, à Paris, puis chez Cuno Amiet. Silencieux, aimable, beau, il a des amitiés amoureuses, emmène une fiancée à Venise, mais ne l’épouse jamais. Toute sa vie, il correspondra avec plusieurs femmes, mais finit toujours par rompre.
Au soir de sa vie, à Ropraz, malade, il demandera encore en mariage l’une d’elles. Pour rire, ou pas. Fasciné par la mer, il se fait tatouer une ancre. Dans les années 40, il achète un yacht, amarré à Morges, le revend, puis s’embarque pour Tahiti. Après quelques mois, il s’engage comme matelot sur les mers du Sud, Bombay, Hawaï, le Japon. De retour en Europe, dans les années 50, il s’installe au château de Bompré, près de Vichy. Homosexuel discret, il est arrêté et mis en prison pour conduite contraire aux bonnes mœurs.
Tinguely chez lui. Sa famille achète alors le château de Ropraz pour l’y loger. La rumeur veut que son père Max ait éloigné du fief de Berne ce fils vaguement indigne. Ropraz l’adopte. Il ne ferme pas son château à clé, aime les voitures. En 1964, lorsque Jean Tinguely construit sa machine pour l’Exposition nationale à Lausanne, il loge chez Ricco. Qui le peint.
L’écrivain Jacques Chessex, habitant de longue date de Ropraz, se souvient de ses «habits de toiles flottants, de sa démarche lente et chaloupante. On sentait quelqu’un qui avait largué les amarres. Je voyais les enfants Gilliéron qui allaient se faire photographier par le peintre. Je trouvais cela extraordinaire, que le peintre aristo prenne ses modèles parmi les enfants du pays, comme au XVIIIe siècle. C’était sa liberté.» Il a un majordome, Mario, ancien chauffeur de JeanXXIII, toujours en uniforme blanc. «C’était exotique, par ici.» Le village jase peu sur les mœurs de Ricco. «Ce n’était pas l’époque de l’obsession pédophile…»
Chessex devient familier du château après la mort de Ricco, lorsque son frère Hans, le colonel Wassmer, y installe sa résidence. Beaucoup des objets personnels de Ricco sont restés, objets polynésiens ou photos de jeunes marins. «Les Wassmer avaient le génie de l’hospitalité élégante. Il y avait des paons sur les pelouses et, l’hiver, nous buvions du champagne en regardant tomber la neige sur les tulipiers où les paons s’installaient.» Sa peinture? «Je la mets à côté de Balthus et Max Ernst. Je connais peu de peintures contemporaines qui soient en même temps aussi denses, nourries du point de vue de la peinture, et aussi douces au regard, comme moirées par l’œil tellement l’art en est consommé. Ce qui me fascine, c’est l’alliance, rare dans la peinture d’aujourd’hui, de la matière et du rêve. Et peu ont peint le désir des jeunes corps masculins, de l’ordre d’un désir très matériel et très sublimé à la fois.»
Collectionneurs avertis. Ricco laisse quelques cinq cent œuvres, tableaux, dessins et photos. La plupart sont dans des collections privées de la famille ou d’amis. La ville de Berne, le Kunstmuseum de Berne ainsi que le Musée des beaux-arts d’Aarau en possèdent. En 1988, une première exposition à Aarau, justement, sort Ricco du relatif oubli dans lequel il est tombé. En 2002, le Kunstmuseum de Berne organise une rétrospective. Et s’est fixé pour objectif, d’ici à 2010, de terminer le catalogue raisonné de ses œuvres. «Il y a beaucoup à découvrir encore, explique Marc-Joachim Wassmer, responsable du catalogue Wassmer au Kunstmuseum de Berne. Nous découvrons régulièrement de nouveaux documents, œuvres ou carnets de notes. C’est un travail de longue haleine et de confiance avec la famille.»
Individualiste, Ricco a choisi un chemin peu balisé. Après-guerre, l’art se tourne vers l’abstraction, Jasper Jones ou Pollock en tête. «Ricco a toujours été décalé. Il ne faisait pas partie de l’avant-garde, mais intégrait ses éléments. Son style est très personnel, et a évolué d’une peinture naïve vers un réalisme magique très intéressant, une sorte de vérisme à l’ancienne mâtiné de surréalisme, de symbolisme, et d’humour. On y voit l’influence de Dali ou d’Ernst, dans une combinaison de natures mortes et d’êtres humains fascinante.»
Dans sa mythologie personnelle, en plus des éphèbes –bruns et secs, le regard absent–, on retrouve dans ses tableaux des bateaux, des horloges, un écorché, des squelettes, une main, une poupée cassée, des cigarettes. «Ce sont ses leitmotiv, sa mythologie personnelle. Il s’inscrit avec force dans la culture européenne existentialiste. L’Estrée mérite une médaille pour son exposition!» Le prix de ses œuvres est étrangement monté lors des rares récentes ventes aux enchères. Estimées à 16000 francs, certaines sont parties à plus de 45000 francs. «C’est un marché bizarre, qui ne correspond pas à la valeur réelle de ses tableaux. Les collectionneurs de Ricco sont prêts à tout pour en avoir… La récurrence des jeunes garçons dans son œuvre a pu et peut toujours poser problème. Balthus peignait des jeunes femmes, c’est plus acceptable aux yeux de la société.»
Le Grand Meaulnes. Il disait de lui-même qu’il était un « bâtard, quelque part entre un écrivain et un peintre.» Il adorait les voitures, possédait une Thunderbird. Il ne couchait pas avec ses modèles, ses muses. Avec les autres, les marins, les gens des fermes, oui. Il appartenait aux privilégiés, mais n’a pas eu la vie facile. Il allait de château en château, prisonnier volontaire d’un monde enchanté. «Le héros de sa peinture est un homme dont l’enfance a été trop belle», explique Beat Wissmer, directeur du musée d’Aarau. Le Grand Meaulnes était son livre de chevet. Les hanches fines des garçons de ses tableaux sont tournées vers un ailleurs inaccessible, des temps enfuis ou un futur désenchanté, rempli de mers, de chevaliers et de squelettes hilares.
A la mort de Ricco, sa sœur et sa mère se précipitent au
château de Ropraz. La sœur met de l’ordre dans les papiers, «efface
l’aspect homosexuel», comme elle l’explique platement à Mike Wildbolz.
La mère s’y installe, veut ouvrir un musée. Elle meurt trois mois
après, se fait enterrer à côté de son fils. Hans, le frère colonel,
meurt en 1984. En 1988, la famille vend le château.
Stéphane
Gilliéron: «J’étais très gai, gamin. Mais je ne souris sur aucun des
tableaux de Ricco. C’est bizarre.» En héritage, il a reçu un pistolet,
Alain un cheval de bois de manège. De jolis jouets.
Isabelle Falconnier (article paru pour l'exposition des oeuvres de Ricco Wissmer à l'été 2008)
Un film "Ricco" retrace la vie du peintre suisse Erich (Ricco) Wassmer (1915-1972), à travers des œuvres d’art et des interviews. Ricco a grandi à Bremgarten dans le château familial, un monde à la fois beau et magique pour lui, côtoyant des artistes ou des écrivains comme H. Hesse. Bientôt, le peintre se sent attiré par le vaste monde dont il va faire deux fois le tour à bord d’un cargo. En 1951, il s’installe au château de Bompré, près de Vichy. A cette époque, ses peintures sont surtout inspirées par la littérature. L’un des modèles du peintre se souvient de l’influence exercée par «Le grand Meaulnes», l’œuvre majeure d’Alain Fournier. L’écrivain C. Geiser récite un texte de Rimbaud dont s’inspire l’un des tableaux de Ricco. En 1963, Ricco est arrêté. La police française détient en effet des photos de jeunes hommes nus qui servent de base de travail au peintre. Après avoir purgé une peine de prison, Ricco se retire dans un superbe manoir du village vaudois de Ropraz. C’est là qu’il mourra en 1972 des suites d’une grave maladie.
Le Musée des Beaux-Arts de Berne est en train d'élaborer un catalogue raisonné des œuvres de Ricco (Erich) Wassmer (1915-1972) qui devrait être publié dans le courant de l'année prochaine. A cette fin le Musée des Beaux-Arts de Berne voudrait retrouver tous les tableaux de cet artiste (il s'agit de 500 toiles environs).
Recherché sont:
- des œuvres des années 1930, avec des sujets cubistes, religieux ou encore des études
de nues;
- des natures mortes;
- des œuvres où son travail artisitique atteint la maturité (qui débute dans les années 1940
déjà) que l'on pourrait décrir par ‚réalisme phantastique'.
Les propriétaires sont priés de contacter le Musée des Beaux-Arts de Berne, Hodlerstrasse 8-12. 3000 Bern 7, T 031 328 09 44 ou encore info@kunstmuseumbern.ch
Il va sans dire que la discretion est garantie.
![]() Dîner au château, 1934 huile sur toile, 40x50 cm collection particulière |
![]() Tessiner Grotto, 1936 huile sur toile, 60x73 cm, collection particulière |
![]() Ohne Titel (Gliederpuppe, Flasche, Pfeiffe), 1940 huile sur toile, 58x48,2cm Kunstmuseum Bern |
![]() Stillleben mit Glas und Zigarette, 1943 huile sur bois, 21,8x17,5 cm collection particulière |
![]() Kolibri mit Bildnis Rimbaud, 1944 huile sur bois, 42,6x53 cm collection particulière |
![]() Le Cadre, 1954 technique mixte Besitzer unbekannt (USA) |
![]() Pereoo Faraoa, 1948 huile sur toile, 60x80 cm collection particulière |
![]() Nature morte au crayon, 1953 huile sur toile, 42,5x53 cm collection particulière |
![]() Le verre de vin rouge, 1952 technique mixte Besitzer unbekannt |
Stillleben, Glas mit Muscheln, 1953 huile sur carton, 25,5x32cm Kunstmuseum Bern |
![]() On ne saura jamais, 1960 huile sur toile, 60x92cm Kunstmuseum Bern |
![]() Le beau cheval, 1966 huile sur toile, 105,5x87cm Kunstmuseum Bern |
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Oкsg





D'autres images ici de ce photographe russe de nus garçonniers dont je ne sais rien sinon qu'il est un maitre de l'ombre et de la lumière.
THE TRIP
USA, 2001, 95mn
Réalisation: Miles Swain, scénario: Miles Swain, image: Charles Barbee & Scott Kevan, musique: Steven Chesne
Avec: Alexis Arquette, Jill St John, Julie Brown, Larry Sullivan, Ray Baker, Sirena Irwin, Steve Braun, David Mixner.
Résumé
Alan (Larry Sullivan) est un jeune journaliste débutant républicain et conservateur. Il travaille à son premier livre, un traité sur les aspects négatifs de l'homosexualité. Il garde la sienne soigneusement cachée. Pour ce documenter il parcourt la Californie en interviewant des gays. Tommy blond et très sexy (Steve Braun) est avocat et surtout un militant gay doté d’un solide sens de l'humour. Les deux jeunes hommes se rencontrent lors d'une fête en en 1973. Bien malgré lui, Alan finit par succomber au charme de Tommy. Les deux hommes vivent heureux ensemble quatre ans, jusqu’au jour de la parution du livre d'Alan. Tommy, dégoûté, par ce qu’ il y découvre quitte alors Alan. Mais le destin n'en a pas fini avec eux...
L’avis de Bernard Alapetite
Sur la longue route de la vie, tout peut arriver! C’est la première leçon de cette production pleine d’émotion, aux moyens modestes, mais ambitieuse. Trip nous raconte onze années de passion entre deux hommes; une romance où s'entrecroisent politique, sexe, humour, farce et tragédie. Un tel film nous fait prendre conscience combien peu sont ceux qui réussissent à mêler aux péripéties d’une vie, les grands et les petits événements de l’histoire qui parfois bouleversent ces destinées individuelles et qui toujours sont le décor dans lequel nos existences cahotent. Trip c’est un peu un Forest gump gay.
Miles Swain nous offre dix ans de l’histoire de l’Amérique vue du coté gay avec une légèreté remarquable grâce surtout aux dialogues aussi brillants que drôles, en particulier dans les dix premières minutes. Le réalisateur fait commencer son oeuvre dans la pure comédie de texte pour la continuer dans l’émotion. Un film qui comme souvent la vie, est un rire qui vire aux larmes.
Nous revisitons ce monde des années 70 et 80, période qui a vu tout changer pour les homosexuels, par d’habiles inserts de bandes d’actualité dans la narration . On y croise des grandes figures de la scène gay américaine d’alors, comme Anita Bryant, la passionaria de la croisade contre les homosexuels, Harvey Milk le premier politicien gay américain... qui finit assassiné. Swain nous donne sans en avoir l’air une leçon d’histoire, sans pédantisme et sans jamais perdre de vue son fil conducteur, la love story de ses deux amoureux hétéroclites. Tout cela est tissé avec beaucoup de tact et de sensibilité.
Elle a été longue cette histoire de la libération des gays, toujours inachevée, beaucoup d’entre nous ne la connaisse pas ou ont voulu l’oublier trop vite, pourtant que de combats, que de coups, que de douleur et puis quand cela paraissait presque gagné, il y eu cette maladie que presque tous n’ont pas voulu voir. Pour bon nombre ils ont été écrasé par ce rocher de sisyphe qui a dévalé presque en bas de la pente alors qu’ils avaient eu tant de mal à le hisser. Mais d’autres ont poursuivi l’effort, et le rocher de la liberté, poussé par une foule de héros anonymes, s’est mis à regravir la pente. C’est d’un de ces tournants du chemin escarpé que nous contemplons ce beau film, Trip qui nous fait nous souvenir que la route à été dure et quelque fois belle.
Sur un ton primesautier Swain, dont on attend avec impatience la deuxième réalisation ne nous parle pas moins de choses aussi grâves que la vérité que l’on se doit à soit même, de la fidélité, de la trahison, de la mémoire, du sida, de la difficulté de mettre en accord le public et le privé...
Il tendra pour certains anciens le miroir où il verront leur jeunesse. On s’aperçoit combien l’idéal masculin, représenté ici par Tommy, a changé. Il est a parier qu’aujourd’hui, un garçon lui ressemblant avec ce corps longiligne aux forme douces et tendres, ce beau visage à la douceur presque enfantine, encadré de longs cheveux blonds, que cette silhouette boticellienne, ne susciterait guère l’engouement qu’elle pouvait provoquer vers 1975. C’est jusqu’à l’incarnation de nos désirs que la route aura modifiée...
Si vous êtes né vers 1950, Trip aurait pu être votre histoire... de l’autre coté de l’Atlantique. Cinéaste français, généralement de bien peu d’imagination, il serait très facile d’adapter ce beau scénario à notre contrée. Alan se nommerait François. Il militerait en loden vert chez les jeunes giscardien tandis qu’Alan s’appellerait Patrick et serait un activiste du FHAR...
Swain aurait pu écrire des dialogues brillantissimes, nous donné un travelling la vie gay nourri par un vrai travail de recherche, nous offrir une reconstitution de ses années enfuies sans une erreur, réinterprétées par un vrais oeil de cinéaste comme il le fait, rien de ceci serait opérant s’il n’avait pas eu le talent de faire incarner ses deux héros par des comédiens exceptionnels dont on comprend mal la modeste notoriété. Larry Sullivan et Steve Braun, comme Alan et Tommy, provoque une alchimie qui habite l'écran dés qu'ils y apparaissent ensemble. On sent un vrai amour et un grand respect des acteurs pour les personnages qu’ils jouent. C'est ce duo qui fait fonctionner le film parfaitement.
Il est amusant de noter qu’une partie de The Trip a été tourné à Falcon Air la dernière maison de Rudolphe Valentino qui fut occupée ensuite par Gloria Swanson.
Ces louanges ne doivent pas dissimuler que la réalisation n’est pas particulièrement inventive, que certains personnages de second plans sont à la fois pas assez développés et trop caricaturaux et que le choix de tirer les situations vers la comédie parait quelques fois un peu forcé, mais ce ne sont que vétilles face à l’émotion qui nous étreint devant ce film.
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