31 décembre 2008
le Figural de Bacon
Il m'a semblé que la peinture actuelle offrait trois grandes directions, qu'il fallait définir non pas formellement, mais matériellement et génétiquement: l'abstraction, l'expressionisme et ce que Lyotard appelle le Figural, qui est autre chose que le figuratif, exactement une production de Figures. Bacon va plus loin dans cette direction.
Gilles Deleuze
un rayon de soleil, des ramasseurs de balles en hiver
Les meilleurs films de 2008
Je vais céder à la tentation commune de délivrer mon classement des meilleurs films de l'année qui s'achève aujourd'hui. Année assez faible cinématographiquement parlant. Ne vous génez pas pour proposer le votre, j'espère que nous aurons quelques admirations communes...
1- Les plages d'Agnès
2- Le roi et le clown
3- Gomorra
4-Valse avec Bachir
5-No country for old man
6- Lust
7-Be happy
8-Conte de noel
9-La belle personne
10-Le plaisir de chanter
J'ai bien aimé aussi mais cette fois sans ordre de préférence: Wall-e, La ronde de nuit, Soyez sympa rembobinez, Meurtre à Oxford, Mama mia, Le crime est notre affaire
30 décembre 2008
Dion Carnell
Des écrivains au jour le jour
Je suis tombé tout à fait par hasard sur ce blog épatant, à visiter d'urgence, dans lequel chaque jour l'auteur nous présente un écrivain d'hier ou d'aujourd'hui. On y trouve aussi bien Marc-Edouard Nabe que Boccace. Il a la bonne idée d'illustrer ses propos par des couvertures de livres Et c'est avec beaucoup de nostalgie que j'ai reconnu celles des livres de poche de mon adolescence... Et puis c'est l'émotion qui m'a saisi lorsque je suis arrivé à l'article sur Michel de Saint-Pierre dont "Les nouveaux aristocrates" est un beau roman qu'il faut redécouvrir... J'y ai aussi découvert un nombre impressionnant de plumitifs dont je n'avais jamais entendu parler. Parfois dans cette histoire littéraire buissonnière se glisse un peintre (très beau portrait d'Yves Brayer), un dessinateur (Joubert), un musicien ou un humoriste... Attention votre visite risque de durer des heures. Les biographies me semblent sérieuses quant au choix des livres retenus pour chaque écrivain, il me parait subjectif (et c'est très bien comme cela) par exemple pour Somerset Maugham, l'exemple que j'ai retenu, il n'y a pas un des livres préférés de ma jeunesse "Le fil du rasoir"....
1874 25 janvier
Somerset Maugham
Ecrivain anglais
[Littérature étrangère]
Né à Paris le 25 janvier 1874
Décédé à Saint-Jean-Cap-Ferrat le 16 décembre 1965
La biographie de William Somerset Maugham
Ecrivain
cynique dont les oeuvres emplissent les rayons des bibliothèques de
chaque sujet britannique, Somerset Maugham est devenu un auteur
classique. Déjà, sa vie commence comme dans un roman : une enfance
bourgeoise entre un père fréquentant les milieux diplomatiques et une
mère qui se meurt de consomption entre les murs de l'hôtel particulier,
refuge d'artistes en vogues et de politiciens, les cures sur la côte...
jusqu'à ce que tout s'écroule et que le jeune Somerset se retrouve
orphelin à 8 ans. Elevé par un pasteur, entre des études de médecine
inachevées, il voyage et découvre la liberté sans entrave, y compris
celle des moeurs. Revenu à Londres, il rencontre Oscar Wilde, qui lui
dicte de suivre sa conduite quelques soient les 'on dit'. Dès 1897, il
écrit 'Liza of Lamberth', son premier roman et premier succès. Livres,
pièces de théâtre.. ., la littérature de Somerset Maugham est prolixe.
Au théâtre, on se bouscule pour aller voir 'Lady Fréderik' en 1907,
mais c'est avec 'Mrs Craddock' en 1902 qu'il se fait connaître en
Europe. Le goût amer du roman plaît, l'univers austère, les
désillusions de ses personnages expient peut être les démons de chacun.
'Servitude humaine' en 1915 est l'un de ses chefs-d' oeuvre. La
marginalité de Gaughin inspire à cet esthète 'L' Envoûté'. Travaillé
par son fond d'éducation religieuse, il publie des romans à teneur
morale comme 'Le Voile peint'. Critique, il dépeint la férocité du
milieu littéraire dans 'La Ronde de l'amour' en 1930, et écrit encore
des comédies satiriques pour la scène comme 'Nos chefs' ou 'Services
rendus'. Il publie aussi des romans à caractère autobiographique comme
'Le Bilan' et 'Carnet d'un écrivain' en 1948. Il s'exprime encore dans
'Point de vue' et dans 'Seulement pour mon plaisir' en 1962, avant de
rendre son dernier soupir trois ans plus tard.
Les citations de William Somerset Maugham
«L'art pour l'art, c'est une formule qui n'a pas plus de sens que le gin pour le gin.»
[ Somerset Maugham ]
«Si vous voulez bien manger en Angleterre, prenez trois petits déjeuners.»
[ Somerset Maugham ]
«La chose la plus utile à propos d'un principe, c'est qu'on peut toujours le sacrifier à une opportunité.»
[ Somerset Maugham ]
«Le flatteur est comme l'eau de Cologne, fait pour être senti et non avalé.»
[ Somerset Maugham ]
«Pas une femme ne vaut un billet de cinq lires à moins qu'on en soit épris. Elle vaut alors tout ce qu'elle nous coûte.»
[ Somerset Maugham ]
«L'amour platonique est un revolver dont on fait semblant d'ignorer qu'il est chargé.»
[ Somerset Maugham ]
«Le premier devoir d'une femme est d'être jolie, le second d'être soignée, le troisième de ne jamais contredire.»
[ Somerset Maugham ]
«Si
l'on songe à la stupidité des gens dans leurs agissements et à
l'agrément de leur conversation, on se dit que tout le monde irait
peut-être mieux s'ils parlaient davantage et s'ils agissaient moins.»
[ Somerset Maugham ]
«Si jamais j'acquiers la Sagesse, je serai assez sage, j'imagine, pour en tirer parti.»
[ Somerset Maugham ]
«Les
Américaines espèrent découvrir dans leurs maris des perfections que les
Anglaises attendent seulement de leurs maîtres d'hôtel.»
[ Somerset Maugham ]
«Un
homme se marie pour avoir un foyer mais aussi pour ne plus être embêté
par ses problèmes de sexe ou autres affaires de ce genre.»
[ Somerset Maugham ]
«Les gens sollicitent vos critiques, mais ils ne désirent seulement que des louanges.»
[ Somerset Maugham ] - Esclavage humain
«Pourquoi
les femmes charmantes épousent-elles toujours des hommes insignifiants
? Parce que les hommes intelligents n'épousent pas les femmes
charmantes.»
[ Somerset Maugham ] - L’envoûte
«La mort est une affaire très monotone et ennuyeuse, mon conseil est de ne jamais avoir affaire à elle.»
[ Somerset Maugham ]
«Est plausible ce que vous parvenez à faire avaler à vos lecteurs.»
[ Somerset Maugham ]
«Le bon sens et la nature joueront beaucoup à rendre plus facile le pèlerinage de la vie.»
[ Somerset Maugham ]
«Les
choses qui vous échappent ont plus d'importance que les choses qu'on
possède. Un amour insatisfait a plus d'importance qu'un amour
pleinement consommé.»
[ Somerset Maugham ]
«Les gens vous demandent une critique alors qu'ils ne cherchent que des compliments.»
[ Somerset Maugham ]
«Il
n'y a rien d'aussi dégradant que le constant souci des moyens
d'existence. L'argent est semblable à un sixième sens sans lequel vous
ne pouvez pas faire un usage complet des cinq autres.»
[ Somerset Maugham ] - Extrait d’ Esclavage humain
«Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît.»
[ Somerset Maugham ]
«Ce
qu'il y a de vraiment commode avec les principes, c'est qu'on peut
toujours les sacrifier quand c'est nécessaire.» [ Somerset Maugham ] -
Le cercle «Il est dangereux d’admettre le public dans les coulisses. Il
perd facilement ses illusions, puis il vous en tient grief, car c’est
l’illusion qu’il aime.»
[ Somerset Maugham ]
La bibliographie de William Somerset Maugham
La passe dangereuse
de William-Somerset Maugham (Auteur)
E. R. Blanchet (Traduction)
[Littérature étrangère]
Résumé du livre
Peu de mondes semblent aussi éloignés l'un de l'autre que ceux de
Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec
surprise dans un essai de l'auteur de 1984 qu'il admirait " immensément
" Maugham pour son " talent à raconter une histoire sans la moindre
fioriture ". Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable
histoire d'amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale
anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes sœurs...
Ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une
maîtrise raffinée de la " belle ouvrage ".
Un gentleman en Asie
de William-Somerset Maugham
[Littérature étrangère]
Avis sur le livre
Grand amateur de voyages dont il ne ramène jamais "tout à fait le même
moi qu'avant", Somerset Maugham tombe rapidement amoureux de l'Asie. À
partir de 1922, il parcourt la Birmanie, les États Chan, le Siam et
l'Indochine. Ce gentleman à la plume raffinée s'avère un observateur
particulièrement intéressé et d'une grande perspicacité. Dans ce récit
de voyage, il capte les subtilités des peuples qu'il découvre avec une
grande ouverture. Il nous fait aussi bien découvrir le caractère
esthétique, mystique et sensuel de l'Asie, que l'excentricité de
certaines rencontres, ou que le ridicule de la société coloniale.
Piquant, incisif et intelligent, le recueil de souvenirs d'un écrivain
passé maître dans l'art de s'attacher le lecteur.
Amours singulières
de William-Somerset Maugham
[Roman]
Résumé du livre
Il n'est, pour apprécier l'œuvre de Somerset Maugham à sa juste valeur,
que d'écouter ses pairs. Chacun l'a loué, de George Orwell à Patricia
Highsmith, pour qui ses nouvelles "semblent englober toute l'expérience
humaine en quelques pages". C'est pourquoi, mieux que d'autres, Maugham
franchit comme avec allégresse l'écueil du temps : son art tout de
transparence, de retenue et de mesure - même dans l'indicible - l'a,
d'ores et déjà, porté au rang de ces classiques qu'il admirait tant.
Catalina
de William-Somerset Maugham
[Roman]
Résumé du livre
Des fils de Juan Suarez de Valero, lequel a le mieux servi Dieu -
l'évêque inquisiteur qui a fait brûler des hérétiques ou don Manuel qui
les a pourfendus de sa propre main ? Tous pensent au saint évêque quand
la Vierge annonce à Catalina Perez que le fils le plus méritant de Juan
Suarez possède le pouvoir de guérir sa paralysie. Or le miracle n'a pas
lieu, et don Manuel en tire aussitôt la plus avantageuse des
conclusions. Dans l'effervescence générale, tout le monde perd de vue
que Juan a un troisième fils, le boulanger Martin, le charitable
panadero. Que la seconde épreuve avec Manuel échoue et Catalina serait
en grand danger de brûler comme visionnaire démoniaque si son oncle, le
rimailleur sceptique, n'intervenait à temps pour la sauver du feu ou du
couvent et pour mener à meilleure fin l'intrigue mouvementée de ce
conte espagnol où l'écrivain W. Somerset Maugham affirme sa maîtrise et
son humour.
de William-Somerset Maugham
[Roman]
Résumé du livre
Le théâtre et le cinéma ont fait connaître, sous les traits de
Madeleine Robinson ou de Lily Palmer, l'ADORABLE JULIA, tiré de ce
roman de Somerset Maugham. Adorable, Julia l'est par sa beauté, son
talent et aussi par son caractère où égoïsme, lucidité, volonté et
calcul se combinent pour animer une femme remarquable qui joue la
comédie pour les autres, aux siens, à ses amis et à elle-même mais sans
en être trop dupe.
Elle est bien séduisante cette comédienne pour
qui le théâtre est la seule réalité et qui le comprend plus que jamais
lorsque s'éteint, au soir d'un nouveau triomphe, sa flamme passagère
pour le jeune Tom Fennel.
Mr Ashenden, agent secret
de William-Somerset Maugham
[Roman]
Résumé du livre
Avec les aventures de Mr. Ashenden, Maugham a démontré avant Le Carré
que la littérature et l'espionnage pouvaient faire excellent ménage.
Comme l'écrit l'auteur : « Ce recueil s'inspire de mon expérience
d'agent secret pendant la guerre (de 1914-1918), mais remanié au
service de la fiction. Car la réalité est un piètre conteur. Elle
entame ses récits au petit bonheur, en général bien avant le début de
l'action, marche à l'aventure et décroche avant d'avoir dénoué les fils
de l'intrigue... » On sait l'admiration qu'ont portée à Maugham des
écrivains comme George Orwell et Raymond Chandler. On trouvera ici le
témoignage le plus abouti peut-être du grand art de ce raconteur
d'histoire.
Plus ça change
de William-Somerset Maugham
[Roman]
Résumé du livre
Pour acheter sa tranquillité, la République de Florence promet à César
Borgia, duc de Valentinois, de lui fournir des troupes eu cas de
danger. Le moment venu, les capitaines du condottiere s'étant ligués
contre lui, Florence ne fait pas cause commune avec eux mais refuse de
tenir sa promesse. Tel est le message qu'elle charge son envoyé,
Niccolo Machiavel, de transmettre ait duc. A Imola, Machiavel loge chez
un parent de son page, le comte Bartolomeo Martelli, qui a une jeune et
jolie femme mais se lamente de ne pas avoir d'héritier. Est-ce Aurélia
la responsable ? ou Bartolomeo? Machiavel persuade son hôte que saint
Vital opère des miracles en ce domaine. Tandis que le mari sera à
Ravenne, il pense passer une agréable soirée en compagnie d'Aurélia.
Mais toute la diplomatie dit monde est impuissante quand la fatalité
s'en mêle. C'est le page qui recueillera le fruit des intrigues du
subtil Machiavel.
William Somerset Maugham
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29 décembre 2008
Dufy au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris
Il fait frisquet, votre portefeuille est aussi plat qu’une limande et vos amours sont à l’unisson de la température, bref votre moral part en capilotade, un bon remède à cela une visite à l’exposition Dufy ( 1877-1953), au musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Elle est fort justement sous-titrée, le plaisir.
On passera rapidement sur les murs grisâtres et l’éclairage blafard qui ne parviennent toutefois pas à altérer la joie de vivre qui se dégage de chaque tableau, les explications chiches, mais voilà une peinture qui n’en a guère besoin, et l’absence d’audio guide que remplace l’excellent et économique petit journal de l’exposition à 2 euros!
Pour ne voir que le bonheur, l’appétit de vivre qu’on lit dans chaque toile, dans chaque dessin. Dufy est un peu à la peinture ce que Lartigue est à la photographie. On va de plages en jardins ombragés où des tables garnies de fruits attendent des convives, d’une soirée mondaine, à une partie de bridge en habit, des ors de l’opéra à un piano au repos dans une pièce lumineuse où par la fenêtre on aperçoit des palmes que le vent balance, d’un paddock à Deauville à la promenade des anglais à Nice, des courses à Ascott à une régate à Hanley...

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Il n'y a eu guère que Lapicque (dont il y avait une belle exposition cet été au musée de la Poste dont j'ai oublié de vous parler...) qui a repris le flambeau de cette peinture vive et optimiste.
Ce magicien de la couleur réussit à donner des teintes pimpantes à sa normandie natale. Sous son pinceau la grève d’Etretat ressemble à une plage californienne.
L’exposition a la modestie de ne pas revendiquer le titre pompeux, et souvent usurpé, de rétrospective. Pourtant en 120 peintures, 90 dessins auxquels il faut ajouter des tissus, des céramiques et des vêtements on parcourt la totalité de l' oeuvre de Dufy. Il faut toutefois préciser que l’accent est surtout mis sur ses débuts, plus de la moitié des toiles concerne la période avant 1914, alors que Dufy vivra encore prêt de quarante ans...
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L’accrochage a voulu mettre en évidence la manière de travailler du peintre par séries. Ce qui n’est peut être pas l’idéal pour mettre en valeur un artiste, surtout lorsque rien explique cette pratique. Heureusement la joie communicative qui sourd de chaque paysage balaye l’ennui qui pourrait naître de ces répétitions.
Cette exposition vient à point nommer rectifier l’image simplificatrice que l’on pouvait avoir de Dufy, en le restreignant au chantre de la modernité des années trente en raison de ses grandes fresques, comme la “Fée électricité” que l’on peut voir également dans ce même musée puisque faisant parti des collections permanentes. On découvre tout d’abord un artiste très à l’écoute des nouveautés artistiques de son temps. Il est séduit par ses avant-gardes. Dufy est tout d’abord fauve et on a, dans les deux premières salles, l’impression d’une extension du début de l’exposition Marquet au Musée de la Marine que le visiteur aura grand bénéfice à voir dans un délai assez court par rapport à sa visite à celle-ci. On retrouve chez Dufy, la même propension à peindre un paysage de sa fenêtre en légère plongée.
Puis, Dufy sous l’influence de Cézanne et de Braque limite sa palette aux bruns et aux verts sourds tandis que les formes se géométrisent, deviennent plus anguleuses, tranchants que rompt, là une palme, ailleurs une rambarde... Petit à petit on voit trouver son style propre fait de contours esquissés sur des aplats de couleur où dominent les bleus lumineux et les roses subtils. Il croque les scènes de la vie moderne avec une dextérité étonnante au service d'une verve où pointe souvent l'humour.
L'apparente légèreté dans son oeuvre masque une profonde réflexion sur son art, comme ces considérations sur les couleurs: << Le bleu est la seule couleur qui, à tous ses degrés conserve sa propre individualité. Prenez le bleu à ses diverses nuances, de la plus foncée à la plus claire; ce sera toujours du bleu, alors que le jaune noircit dans les ombres et s'éteint dans les clairs, que le rouge foncé devient brun et que, dilué dans le blanc, ce n'est plus du rouge mais une autre couleur, le rose.>>.
On a souvent envie de rentrer dans les paysages lumineux du peintre, dont on a le sentiment qu'il voit un éternel été, méditer dans les pièces claires, s’ asseoir à ces tables avenantes, pousser la grille du parc de ces belles demeures, rejoindre ces promeneurs aux gestes vifs dans leurs vêtements clairs...
Une large part est faite dans l’exposition aux “arts appliqués” qui ont fait, au sens propre comme au sens figuré, la fortune de Dufy. Ce que ses pairs lui reprochent encore stupidement aujourd’hui. Voyant cela comme une trahison de la grande peinture. D’autre part son hédonisme mondain ne plaît guère aux rapins et aux intellectuels. Il faudrait enfin une fois pour toute admettre que tous les artistes n’éprouvent pas un accomplissement incommensurable à peindre des cheminées d’usines ou une arrête de hareng saur s’ennuyant dans une assiette ébréchée!
Cette vue du théâtre antique de Taormina ne figure pas dans l'exposition, mais elle traduit si bien l'émerveillement du peintre devant un panorama et ce lieu est pour moi si riche de souvenirs que je n'ai pas résisté à l'inclure dans mon post...
Sans doute qu'aussi nombreux étaient à jalouser sa rapidité d'exécution qui ne s'exprime jamais aussi bien dans ses aquarelles réhaussées de gouache.
L’ injustice fait à Dufy tient peut être au fait que c’est un peintre que l’on peut dire sans biographie. Il n’a pas pris la pose bohème dans les années folles pas plus qu’il ne s’est engagé dans ces années trente quarante propices à toutes les errances idéologiques...
Laissons les envieux et les pisse-froid, pour admirer les toiles merveilleuses que le banquier Arthur Weisweiller lui commanda pour décorer le salon de sa villa d’Antibes. Ces grands panneaux, très aérée, rappelle les papiers peints du XVIII représentant des panoramas exotiques.


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Dés 1909 il rencontre le couturier Paul Poiret pour lequel il étudiera des motifs pour les tissus de ses créations. 
Mais c’est surtout dans le tissus d’ameublement que s’accomplit, or du chevalet son talent. De 1910 à 1930 il fournit à l’entreprise de soierie lyonnaise Bianchini-Ferier environ 300 compositions, à la gouache et à l’aquarelle, qui servent à l’élaboration de tissus. Les motifs sont tantôt figuratifs, tantôt abstraits, tantôt en noir et blanc tantôt en couleur, dans ces derniers il donne libre cours à sa fantaisie par des recherches chromatiques audacieuses. C’est toujours un plaisir raffiné pour les yeux. J’aimerais bien savoir si certaines de ces étoffes sont toujours en vente, j’en ferais un bien beau couvre lit...


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Mais la découverte la plus enthousiasmante de cet hommage tardif a été pour moi, les bois gravés du “Bestiaire ou le cortège d’Orphée” commandés par Apollinaire pour illustrer ses poèmes. Je suis resté longtemps devant chaque planche en admiration et parfois pour y débusquer la bestiole du titre, cachée dans les arabesques...
La peinture de Dufy nous donne une leçon de bonheur, très salutaire en ce moment.
Musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Jusqu’au 11 janvier
Nota: On peut lire un très joli article sur Dufy sur ce blog
Les deux molosses du boulevard Saint-Germain
28 décembre 2008
Pour me contacter
Je vous rappelle que mis à part les commentaires, vous pouvez également me contacter, pour des propos devant rester confidentiels en cliquant sur la ligne (bien trop discrète) "contactez l'auteur" qui se trouve juste au dessus de la ligne "derniers messages"
Intimité
27 décembre 2008
O Fantasma

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Portugal, 2001, 90 mn
Réalisation: Jao Pedro Rodrigues, scénario: Alexandre Melo, José Neves , image: Rui Poças, montage: Paulo Rebelo et Joao Pedro Rodrigue
| João Pedro Rodrigues | ||
Avec: Ricardo Meneses, Beatriz Torcato, Alexandre Melo
Résumé
Sergio est un bel et jeune éboueur qui travaille la nuit dans une Lisbonne désertée propice aux rencontres sexuelles que Sergio recherche avec avidité. Lors d'une de ses tournées nocturnes il doit vider une vieille maison de ses meubles. Là, il aperçois ce qui semble être l' idéal de son désir sous la forme d'un jeune motard briquant sa moto. Sergio n'aura plus de cesse que d'épier l'objet de sa convoitise. Il fêtichise bientôt tout se que touche son motard, sa moto bien sûr, un de ses vieux slips, l'eau de la piscine dans laquelle le garçon à nagé, jusqu'à la paroi de la douche où il s'est rincé; ce qui nous vaut une scène d'une grande invention sexuelle puisque Sergio jouit que du seul fait de lécher cette paroi!..
L'avis de Bernard Alapetite
O Fantasma est le premier film de son très francophile réalisateur, né en 1966 à Lisbonne où il a suivi des études de cinéma.
Le titre est très astucieux et donne une bonne idée des desseins du réalisateur. Fantasma veut dire en portugais, à la fois, selon le contexte, fantasme et fantôme. Le récit n'est nourri que des fantasmes du jeune et beau héros. Ils lui permettent de s'échapper de son triste quotidien au point de se transformer progressivement, en une sorte d'âme damnée des ordures, condamnée à hanter les décharges publiques.
Les lieux ne sont pas des endroits du réel, seulement des propositions où peuvent se dévélopper les rêveries lubriques du jeune homme. Le temps n'est pas plus soumis au vérisme. Il est tantôt compressé, tantôt dilaté.
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Dans la première partie du film, de loin la plus intéressante, dans laquelle Sergio fait une fixation sur le jeune motard, on pense beaucoup au "Rebel du dieu néon" de Tsai Ming Liang. On retrouve dans le film portugais la même atmosphère nocturne que dans celui du taiwanais. O Fantasma se déroule quasiment que la nuit. On y retrouve aussi le même mutisme. Il y a très peu de dialogues dans O Fantasma. Autres points communs entre les deux oeuvres, la même omniprésence de l'onanisme et le même voyeurisme.
Il faut regretter que Joao Pedro Rodrigues ne soit pas resté sur l'obsession de Sergio pour son motard et ait bifurqué dans la deuxième partie du film sur une métamorphose presque kafkaienne, Sergio étant "customisé" par une combinaison de latex noir avec cagoule qui évoque à la fois les Batman de Tim Burton et surtout l'"Irma Vep" d'Assayas. Etre que les Cahiers du cinéma qui ont parfois beaucoup d'imagination qualifie de cafard gracile. Cette chose dés l'instant qu'elle est affublée de cette peau caoutchouteuse ne semble plus s'intéresser au sexe mais seulement au ordures dont il se nourrirait (?). Le spectateur s'il ne possède pas la même fascination que Sergio pour les monticules de détritus s'ennuie ferme. Sergio glisse de plus en plus vers l'animalité jusqu'à marquer son territoire...
Mais le film ne contente pas, si l'on peut dire de ces deux pistes. C'est aussi un catalogue des fantasmes gays du coté S.M., un peu comme Pink Narcissus pour les fantasmes kitchs. Ces fantasmes sont plus ceux des débuts des années 80 que ceux de l'an 2000. Il n'y a aucune allusion au SIDA.
O Fantasma a généré une prose aussi délirante que réjouissante. Alors que dans sa première partie il n'est guère autre chose qu'un porno qui serait proprement filmé quant à la seconde son ennui abyssale m'a empêché de penser... Mais il n'est tout de même pas trop compliqué de comprendre que le cinéaste fait un parallèle entre deux activités souvent nocturnes et qu'encore beaucoup jugent sales: le sexe (d'autant que les pratiques décrites sont homosexuelles) et le ramassage des ordures. Sous des dehors libérés on peut voir ce film comme une transcription moderne du puritanisme.
Lors de sa conférence de presse à Venise, où le film fut présenté en compétition, ce qui suscita quelques remous, Joao Pedro Rodrigues expliqua que son personnage était en butte au rejet d'un autre qu'on aperçoit de loin en loin (j'ai pourtant scruté suite à cette déclaration et je n'ai rien vu!). Peut être mais s'est en délaissant peu à peu toute psychologie et tout réalisme que le cinéaste perd ses spectateurs.
Rodrigues filme frontalement le désir brut. O Fantasma" ne cache rien des beaux garçons qui le traverse, ni du héros qui se masturbe régulièrement durant tout le film, ni de ses amant dont un que l'on voit se laver soigneusement le sexe après usage, pas plus qu'une mise en bouche d'une minute, ce qui est beaucoup plus long que ce qu'autorisait le code Hayes, jadis, pour de chastes baisers...



















