03 juillet 2008
Joachim Gram
Les lieux existent-ils sans notre regard?
<<... J'ai besoin de voir, voir de mes yeux voir, que ces lieux que j'ai connus n'ont pas cessé d'être. Il me faut soudain, pris d'une névrose, vérifier qu'à des centaines ou des milliers de kilomètres de là, des villes, des places, des rues, des maisons continuent d'être, avec leur rythme, leur odeur, leurs lumières, leurs habitants, qu'elles sont encore là en ce moment même où je pense à elles, et qu'elles n'ont jamais cessé d'être alors que je ne les regardais plus.>>
Jean Clair, Journal atrabilaire, éditions Folio
Je pourrais presque faire mien ce propos, alors que je ne sais pas encore si dans quelques jours je pourrais vérifier l'existence de Venise ou de Brighton...
Harry Wakefield
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Pure love de Row Takakura

Les fans de yaoi (histoires d'amour entre hommes), peuvent se réjouir: plusieurs éditeurs semblent vouloir s’intéresser au genre. Les titres commencent à arriver en français.
Pure love, aux éditions Asuka, entre directement dans le vif du sujet en nous faisant pénétrer dans l'intimité d'un couple de garçons, Kiôji et Yû. Nous ne savons pas comment ils se sont rencontrés, séduits ou avoué leurs sentiments, mais nous sommes aux premières loges pour assister à la concrétisation de leur amour, au summum de la passion homo-érotique : la pénétration ultime ! Sauf que ça rate… A chaque tentative ultérieure dans le manga un événement comique viendra empêcher nos amoureux de mener leurs ébats à leurs termes.
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Nous apprenons par la suite que Kiôji et Yû sont lycéens. Kiôji, belle plante aux abdos d'acier est adulé par les filles. Il est en apprentissage auprès de son oncle, un bonze, pour devenir moine à son tour, sauf qu'il est trop gentil et qu'il a peur des esprits et des démons qu'il est censé exorciser ! Heureusement, Yû, d'un caractère plus froid et plus fort peut voir les fantômes et protéger Kiôji grâce à une force surhumaine dissimulée derrière un physique gracile. Il est amusant de constater que pour une fois, dans le genre très codifié du yaoi, c'est le uke (dans le couple celui qui est passif, généralement gentil et fragile) qui protège le seme (l'actif, en principe grand, beau, fort et ténébreux) ! Yu sous sa frêle apparence cache une force herculéenne, ce qui peut être problématique lors de calins qui se terminent à l’hopital.
Chaque chapitre du manga tournera donc autour d'une histoire de fantômes, que l'association des deux amis aux talents complémentaires résoudra inévitablement. Le suspense réside davantage dans l'aboutissement ou non de leurs câlins !
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Enfin c’est ce que j’ai réussi à comprendre à ce scénario assez inepte, comme ceux malheureusement de nombreux mangas et de yaois en particulier.
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Même si il parait chez le même éditeur que “Color” , “Pure love” en est très différent, le premier mettait l’accent sur la romance romantique, alors qu’il est avant tout question de sexe dans “Pure love” mais sans rien de glauque avec même une pointe d’humour.
Il ne faut guère s’attendre à frissonner à la lecture des aventures paranormales de nos héros. Le seul plaisir que procure le livre c’est la possibilité de jouer aux voyeurs, d'autant que le dessin est assez réussi. Il est tout en fines arabesques parentes de celle de l’Art nouveau. Si on n'en demande pas plus ce yaoi est acceptable. D’ailleurs ça commence très fort puisque l’on a droit à une scène de sexe dès la première page. Alors attention pour celles et ceux qui comme moi lisent dans les transports en commun, sachez que ce manga contient plusieurs scènes particulièrement explicites, même si version française conserve l’émasculation à la gomme chére aux nippons.














