25 mai 2008
Baron-Renouard
Signes tribaux
24 mai 2008
Erwin Olaf
J'espère que le florilège, ci dessous des images du grand photographe néerlandais Erwin Olaf vous incitera à aller découvrir son superbe site.








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23 mai 2008
Bouges ta tête
22 mai 2008
Le garçon au corbeau
Jean Clair à l'Académie Française
L'élection de Jean Clair, grand historien, commissaire d'exposition, que l'on se souvienne de cette merveille qu'était celle ayant pour thème la mélancolie, et critique d'art est une bonne nouvelle pour l'art et l'art français en particulier. Il a été élu au premier tour avec 16 voix contre 7 voix à
M. Pierre Bergé, 1 bulletin blanc et 4 bulletins blancs marqués d’une croix. La vénérable assemblée se serait déconsidérée en élisant Pierre Bergé dont le mérite principal est d'être riche, sans d'ailleurs que l'on s'explique bien comment il a fait pour avoir cette fortune.Comme on le voit, il y a encore au moins un lieu en ce pays où la ploutocratie ne triomphe pas.
Howard Roffman
Pour d'autres images de ce photographe il suffit de visiter son site
Body art?
21 mai 2008
Les perroquets de Barcelone
20 mai 2008
Zoran Music

Si vous êtes dans les parages de Barcelone ces prochains jours, il ne vous reste plus que jusqu’au 25 mai, pour vivre une expérience artistique, certes inconfortable, que vous n’oublierez pas de sitôt. Je veux parler de la rétrospective Zoran Music sise dans l’espace dévolu à l’art dans La Pedrera (casa Mila) l’extraordinaire immeuble construit par Gaudi au début du XX ème siècle à l'angle du Passeig de Gracia et de la rue Provença. Comme vous vous en êtes peut être déjà aperçu je ne considère pas que la peinture est faite pour faire joli au dessus du canapé ni qu’elle doit être uniquement l’objet de spéculations financières. Il est incontestable que celle de Zoran Music n’entre pas dans ces deux catégories.
Zaran Music est né le 12 février 1909 à Bukovica, hameau de Gorica (Gorizia), ville aujourd'hui traversée par la frontière italo-slovène et qui fait alors partie de l'Empire austro-hongrois. Zoran Music était un jeune peintre italien qui peignait des paysages vénitiens lorsqu’en 1944 la Gestapo vint l’arréter pour le déporter au camp de concentration de Dachau. Il sera libéré en 1945. Durant son enfermement il réalise quelques dessins de << Ce qui intéressait un peintre >> déclarait-il. On peut en découvrir quelques uns dans l’exposition. Ils provoquent pour ma part ma première interrogation comment un déporté pouvait dessiner, avoir du papier, des crayons... L’exposition est muette sur le sujet, comme sur beaucoup d’autres et nous laisse dans l’expectative. Ensuite je suis également surpris, mais sans doute naïvement, que Zoran Music choisisse de représenter des vues de son enfer et n’essaye pas de s’en évader en fouillant sa mémoire pour refaire vivre sur une feuille des images de son bonheur perdu. Ce qui me fait penser que Dachau était un lieu que l’on ne pouvait pas quitter même par le songe.
Après sa libération Music reprend ses pinceaux là où il les avait quittés et peint de nouveau des vues de Venise qui font penser aux tableaux de l’italo français Toppi. Mais après quelques temps il se sent mal à l’aise et sous la pression du temps, se tourne vers l’abstraction alors dominante. C’est un échec, le peintre le reconnaît lui même.
Pendant plusieurs années il abandonne la peinture pour se consacrer au seul dessin et là, petit à petit, resurgissent les images refoulées du camp qu’il va ensuite transcrire sur la toile. C’est la période la plus forte d’une oeuvre qui comme on le voit comporte des moments bien distincts dans et il faut bien le dire d’une qualité très inégale. Ces toiles sont terribles et inoubliables, semblables aux dessins réalisés “sur le motif” durant sa captivité; très peu colorées, d’une matière maigre, avec une prédominance du dessin elle donne au spectateur un sentiment de gène qui se transforme en grand malaise à être devant ses corps suppliciés dans la position d’un glauque voyeur. A tel point que j’ai eu beaucoup de difficulté à photographier les œuvres, presque honteux de le faire. On sent que ces peintures ont été un véritable exorcisme pour l’artiste et que leur réalisation était vitale pour qu’il se débarrasse de ses fantôme. Seul un ancien déporté à le droit de faire de telles tableaux.
Dans ses toutes dernières années Zoran Music a retrouvé la puissance de ses toiles inspirées de son expérience du camp de concentration avec la série de ses autoportraits où on le voit corps, cette fois ravagé par le temps... Il est mort le 25 mai 2005 à Venise.



















