28 mai 2008
Réflexions sur l’intrusion du Maccarthysme dans le dernier Indiana Jones

Après un clin d’oeil appuyé à American graffity, ce qui permet de dynamiser agréablement le générique de début, la séquence suivante fait entrer inopinément le maccartisme dans ce film de pur divertissement. Séquence que j’ai vu ici ou là décrier pour son étrangeté dans ce contexte. On y voit le professeur Jones chassé de l’université, par deux sbires du F.B.I., pour cause d’ accointances avec des communistes. Nous sommes en 1956, ce qui montre que l’ influence délétère du sénateur a perduré bien après sa chute, jusqu’à l’élection de Kennedy. Cette séquence est emblématique de la résurgence de cette période noire de l’histoire américaine dans l’actualité. Elle est directement liée à l’éventuelle élection d’Obama à la présidence des Etats-Unis, éventualité par parenthèse à laquelle je ne crois pas, prédisant la victoire de Mc Cain. En effet les discours du candidat Obama sont proches de ceux des leaders des communistes américains durant la présidence Roosevelt, unique moment où les communistes ont eu une visibilité et donc une influence aux Etats unis. Le Parti Communiste américain était un des seuls partis communistes à n’ être pas entièrement noyauté par les soviétiques qui préféraient espionner la haute technologie militaire des américains, ce qui viendra nourrir la paranoïa maccarthyste. L’émergence d’Obama fait resurgir les victimes du maccarthysme où plutôt leurs enfants, car les victimes des listes noires, ont pour les plus jeunes plus de soixante dix ans et disparaissent un à un, à l’image du grand cinéaste Sydney Polack qui vient de nous quitter. C’est une Amérique dont on avait plus de nouvelle depuis longtemps qui vient demander des comptes. Son apparition dans un blockbuster est significatif du désir de changement d’époque de toute une partie d’Hollywood.
Je voudrais rappeler que le maccarthysme n’est à mon sens qu’un des visages de la funeste théorie du complot. Il voyait un complot communiste contre l’amérique, comme l’antisémitisme s’est nourri, pendant des dizaines d’années et malheureusement se nourrit encore du fantasme du complot juif, théorie qui affleure constamment dans les géniaux, par leur forme, pamphlets de Céline. Mais la théorie du complot peut prendre des formes les plus diverses comme celle du brulot anti libéral de Naomie Klein, “La statégie du choc” dans lequel elle fantasme sur un complot des riches contre les pauvres...
C’est une autre surprise qui m’attendait à la vision du dernier Indiana Jones, celle de la similitude, très troublante, de son scénario avec celui du dernier Black et Mortimer, “Le sanctuaire de Gondwana” mêmes grands anciens non humains venus de l’espace pour coloniser la terre, thème cher à feu “Planète”, l’eternel retour en somme...
Toby Lehman















