Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

26 avril 2008

Fame au Théâtre Comédia

fame

Ce spectacle parisien est l’avatar français d ‘une déjà longue histoire à tiroirs. Fame, sur un concept de David De Silva, c'est d'abord un film d'Alan Parker, en 1980, puis une série télévisée en 1982 et enfin, une comédie musicale. En outre on annonce que Le chorégraphe américain Kevin Tancharoen effectuerait bientôt ses premiers pas derrière la caméra en mettant en scène une version modernisée.   
L’argument de Fame est si mince que si la comédie musicale à fait le tour du monde, elle ne s’est jamais arrêté à Broadway, les producteurs du lieu trouvant le livret trop léger. Il fait un peu penser à une “préquelle” de “Chorus” pour lequel, mais j’y reviendrais, l’ âge des acteurs aurait mieux convenu. Un groupe d’une quinzaine d’adolescents, filles et garçons, ont réussi le concours d’entrée à la prestigieuse High Scholl Académy de New York, école d'art dramatique, de musique et de danse. Nous allons les suivre durant les quatre années de leur scolarité. Vous aurez peut être remarqué que c’est la même histoire que Un, Dos, Tres. Mais Fame a été créé plus de vingt avant la série espagnole à succès...
Le livret est signé José Fernandez, les paroles sont de Jacques Levy, la musique de Steve Margoshes. La VF très convaincante, est due à Stéphane Laporte.  Celui-là même à qui l'on doit celle du Roi Lion. Il a été aidé dans sa difficile tâche par Danielle Mathieu-Bouillon.

fame1_bernard_richebe_fw

Je ne barguignerais pas et vous conseille d’aller voir Fame, vous passerez une agréable soirée dans un des théâtres les plus pimpants de la capitale.
Il n’en reste pas moins que le spectacle soulève bien des questions. La plus immédiate est, faut il adapter dans notre langue et avec des acteurs du cru les succès de Broadway et plus généralement de la scène américaine? S’il est heureux que les spectateurs parisiens puissent apprécier un grand spectacle américain, on peut logiquement se demander pourquoi ne lui a t on pas fait traverser l’Atlantique (ou seulement la Manche avec la troupe de la reprise londonienne de 2005). Comme on le fit récemment avec West Side Story. Pour rendre la représentation intelligible au public français il aurait suffi de le sur titrer comme on le fait à l’Opéra. Mais peut être a t on pensé que ce public est trop “populaire” pour cela?
Il y a quelques semaines voilà ce que l’on pouvait lire, entre autres dans le magazine “Première”: <<Cherchons ARTISTES EXPERIMENTE(E)S EN COMEDIE MUSICALE , 20 à 30 ans, paraissant plus jeunes sur scène - et pour certains capables de jouer d'un instrument : piano, violon, batterie, trompette, saxo >>. La production reçu 700 courriers et auditionna 350 personnes. L’équipe qui en est sorti brille par son dynamisme. Ils font tous preuve d’une grande générosité. Ils chantent bien, jouent la comédie honorablement et bougent pas mal du tout. Parmi les sélectionnés comme Julie Victor ou Charlotte Filou, certains étaient à l'affiche de Cabaret. Le duo portoricain, Julie Victor en Carmen et Dan Menasche qui joue Joe Vegas, me parait être les maillons faibles de la distribution.  Annick Cisaruk, Sandrine Seubille, Patrice Dozier, Eric Chantelauze qui sont les professeurs font un sans faute. Jean-Michel Vaubien qui joue Tyrone, le jeune noir révolté, est remarquable. Il parvient à faire exister son personnage, pourtant stéréotypé, et sort sans difficulté du lot des autres comédiens interprétant les élèves. Malgré ses 28 ans il est le seul de la troupe des jeunes à avoir vraiment la silhouette de son rôle. Et là réside le véritable problème de la distribution alors qu’à plusieurs reprises on clame qu’ils ont dix huit ans, le spectateur voit bien qu’en fait ils en ont plus près de trente! Cette constatation fait naître une autre question, peut on trouver en France une quinzaine d’artistes polyvalents de moins de 20 ans pour un tel spectacle. La réponse est contenue dans l’annonce qui demandait des 20 à 30 ans et elle est non! En France, Contrairement aux Etat Unis ou en Angleterre, le statut de comédien est toujours pour la grande majorité des parents dévalorisant. Les jeunes de notre pays sont victimes du fameux passe ton bac d’abord. Ils commencent ainsi le plus souvent leur formation artistique à 18 ans, l’age que devrait avoir les acteurs de Fame!

fame2_bernard_richebe_fw

Ajoutons à cela que dans le cas présent les malheureux sont affublés de costumes tous d’une laideur surprenante et qui ne les rajeunissent en rien et ne mettent pas leur corps en valeur qui en plus les entravent dans leurs mouvement. On a le sentiment que le créateur des costumes,  Jef Castaing a eu comme seul préoccupation de cacher les corps par pudibonderie, viendrait il de Téhéran?  Ils réussit également à rendre le spectacle anachronique. Il y est rappelé plusieurs fois au début, que nous sommes en 1984. Je me souviens qu’à l’époque les justaucorps satinés et moulants de couleur pastel étaient fort à la mode sur les parquets. Voilà qui aurait été plus pertinent que les défroques pseudo jeunes dont est affublée la troupe.

fameews_1206611320

Le dispositif scénique avec son estrade sur laquelle, en fond de scène, les musicien se tiennent est à la fois minimaliste et efficace, je n’en dirais pas autant de la mise en scène de Ned Grujic  qui peine à relier les différentes séquences de l’histoire, heureusement le dynamique orchestre dirigé par Samuel Séné enlève le morceau.
On ne peut qu’approuver le message que délivre Fame: Le spectacle, c'est 1 % d'inspiration, 99 % de transpiration. Les élèves doivent se répéter: <<Il faut faire mieux, faire mieux ». C’est la méthode coué mâtinée du manifeste pour l'art théâtral du maître Stanislavski (1863-1938) en référence historique : « Connais-toi toi-même, sans la sincérité des émotions, autant changer de métier. ». Visiblement malgré leurs limites les acteurs de Fame ont mis ces justes préceptes en application.
Vous trouverez des extraits filmés des répétitions ici

 

Posté par bernar alapetite à 16:17 - miscellanées - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2008

James Paick

paickhover_carrier_B_002

James Paick travaille dans la conception des jeux vidéo à Los Angeles. Il est diplômé de la section art de l’université de cette ville. A part cela je ne sais pas grand chose de lui car ni son site, ni son blog  sont riche en informations biographiques. Néanmoins son cas est significatif. Il montre que le jeu vidéo contribue au regain d’un art figuratif aux Etats Unis. Il est un exemple également du mélange des techniques traditionnelles et numériques pour obtenir une image même si Paick semble fonctionner principalement digitalement. Il a beaucoup de talent pour créer une atmosphère grâce à des détails astucieusement suggérés. Il utilise souvent une palette limitée pour focaliser l’attention sur les parties importantes de ses compositions.

market_place

nest_ground_full

paicksnow_fort_001

Posté par bernar alapetite à 12:01 - DE CIMAISES EN CIMAISES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelques Saint Sébastien modernes et contemporains

aurichio
Aurichio

grant
GRANT

heidelbach
Heidelbach

jukowicz
Jukowicz

patino
Mario Patino

schiele
Egon Shiele

Posté par bernar alapetite à 10:53 - DE CIMAISES EN CIMAISES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A la une

23987164

Posté par bernar alapetite à 10:36 - miscellanées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La gloire du blanc

albert_5__the_boys_

Posté par bernar alapetite à 10:09 - miscellanées - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2008

Joseph Christian Leyendecker


Image_8Il est amusant de penser que la référence de la virilité américaine élégante et un rien machiste, c’est en tout cas ainsi qu’aujourd’hui on peut l’interpréter, soit l’oeuvre d’un gay, le dessinateur Leyendecker qui prit pour cela comme modèle son ami.
Si vous demandez à la plupart des gens (y compris américains) qui ont quelque culture, c’est à dire bien peu, de citer l’ illustrateur américain le plus significatif de la première moitié du 20e siècle, qui était à la fois un artiste de formation classique et un maître artisan, qui a été en grande partie responsable de l'image que nous avons du père noel, qui a eu l’idée d'utiliser un bébé pour représenter la Nouvelle Année dans les illustrations, dont la production s'étend  sur plus de 50 ans,  la réponse sera toujours Norman Rockwell, une réponse qui est fausse. C’est Leyendecker qu’il aurait fallu nommer.
Joseph Christian (Joe) Leyendecker est né le 23 mars 1874 à Montabour en Allemagne . Sa famille émigre aux USA alors qu’il a 7 ans et s’installe à Chicago.

Image_32

Comme plusieurs de ses contemporains, il fait preuve d’un talent de dessinateur précoce qu’encouragent ses parents; mais ceux-ci, modeste ne peuvent financer les études artistiques de leur fils. En 1889, à 15 ans, Joe entre  en apprentissage chez J. Manz et Cie., une firme de gravure de Chicago. Le soir, il suit des cours de dessins à l'institut d'art de Chicago. Un de ses professeurs est John H. Vanderpoel, dont les livres sur l'anatomie sont recherchés encore aujourd'hui. Vanderpoel a étudié en France et en a rapporté les techniques classiques du dessin d'Academie qu’il enseigne à ses élèves. Ses efforts doivent avoir été efficaces, car Leyendecker a rapidement de l’ avancement chez son employeur, de garçon de courses il devient illustrateur. J. Manz et Cie. n’ était pas seulement une maison d'impression souvent ses clients lui demandait de fournir des illustrations. Ainsi bientôt Leyendecker conçoit des affiches et des publicités. À l'âge de 19, il est chargé de créer 60 illustrations pour une édition de la bible que Manz doit produire.
En 1896, il a gagne un concour de couverture de magazine (le 2ème   est Maxfield Parrish !). Cela apporte à son travail une reconnaissance nationale et l’amène à réaliser des illustrations et couvertures de magasines nationaux.

Image_4

Image_7Une certaine aisance lui permet de partir à Paris en compagnie de son jeune frère,  Francis Xavier lui aussi un artiste très doué. Ils parcourent la France à l’automne 1896. Puis, les frères étudient à la célèbre Académie  Julian sous la tutelle de Jean-Paul Laurens. William Bouguereau en est alors son directeur. Les Leyendeckers sont considérés comme les élèves les plus doués de leur classe. Joe a eu une exposition individuelle de son travail au Salon de Mars.
Ils rentrent Amérique à l’ automne de 1898 et ouvrent un studio à Chicago qui travaille rapidement pour des publications importantes comme Colliers.  En 1900 Leyendecker transfert son studio à New York. Il est situé à l’angle de Bryant Park et de la 41 ème rue, à Manhattan.

jcl_colliers_26oct07

La rapide renommée Leyendecker  est sans doute venu de sa capacité d’avoir un dessin spécifiques et dont la signature est facilement identifiable. Dés cette époque,  son travail, se caractérise par  un discret homoerotisme . La figure centrale de ses images est souvent un beau jeune homme, surtout des athlètes, des soldats, des marins et des ouvrier faisant un travail de force. Ces hommes sont des figures héroïques, rappelant les idéaux classiques de l'Académisme français. Son style alors, utilise aussi parfois les sinuosités de l'Art Nouveau.

jcl_kuppenheimer_turtleneck

leyendecker3.
Parallèlement à sa fructueuse carière de publicitaire il fait preuve dès 1895, d’ une grande activité en tant d’illustrateur de livres.

leyend2 leyend10

leyend11 leyend12
.
Joseph Leyendecker devient rapidemment l'un des créateurs publicitaires les plus célèbre du 20ème siècle. Sa capacité de travail incroyable et sa dextérité  dans le dessin et la peinture, illuminées par sa sexualité gay, ont introduit une nouvelle esthétique dans la publicité. Il travaille essentiellement pour des marques de grand luxe.
Avant même l’existence du cinéma, Leyendecker dans ses illustrations invente une mise en scène que l’on peut qualifier de cinématographique.

Image_6
En 1905, il est embauché par Cluett, Peabody & Co. pour promouvoir leur marque Arrow . C’est cette campagne  qui assoit définivement sa réputation. Son homme, habillé de la chemises Arrow devint pour longtemp l’archétype et l’épitomé du mâle américain urbain et prospère. Cette publicité a propulsé Arrow comme la plus grande marque de chemises en Amérique. Leyendecker a fourni la majeure partie de la publicité de la marque jusqu'en 1930.

leyendecker4

Cette image de l'homme idéal reçut plus de demandes en mariage que son contemporain Valentino! Ses admiratrices ne surent jamais que le modèle en était Charles Beach l’amoureux du dessinateur! Charles Beach, est devenu l'équivalent masculin de la Gibson Girl, un idéal de beauté à suivre par tous les hommes américains.

ley29786

Leyendecker aurait rencontré Charles Beach en 1901. Lorsque jeune modèle venant de Cleveland il pose pour lui. L'artiste aurait été impressionné non seulement par le beau visage de Beach, mais aussi par sa capacité à tenir la pose pendant un long temps. Ils ont vécu ensemble cinquante ans! Si Beach était à l'origine un modèle, il est bientôt devenu pour Leyendecker en plus de son amant, son indispensable collaborateur. Leyendecker a tiré un voile efficace sur sa vie privée. Il est significatif qu’en 1974 quand Schau écrit son livre sur l’artiste (aujourd’hui épuisé et difficilement trouvable), il peut seulement remplir que 22 pages sur la vie de son modèle et presque la moitié de celles-ci sont consacrées à la vie de Leyendecker avant son installation à New York.

jcl_kuppenheimer1920s

Si l’on fait la nomenclature de ses très nombreuses illustrations on constate que beaucoup ont trait au sport, ce qui lui permet de rendre un bel hommage à la beauté masculine. Il peint de nombreuses affiches pour promouvoir la Ivy League de football, de baseball. Elles sont largement diffusées dans le monde étudiant.

leyend13

Image_5 jcl_popular_1nov09

Leyendecker, en compagnie d’autres artistes importants comme Gibson, Christie, Flagg et Wyeth, réalise des affiches de propagande pendant la Première Guerre mondiale, pour encourager les gens à acheter des obligations de guerre.

jcl_coffee

Au début des années 20 Il a eu une brouille avec son frère. Ce dernier lui même un excellent artiste a du constamment lutter contre l’étiquette de “frère” de Joe Leyendecker; il meurt d’une overdose en 1924 à l’age de 47 ans, alors que Joe Leyendecker atteint l'apogée de sa gloire et de sa productivité.
Si la mode masculine est probablement l'aspect le plus significatif des publicités signées Leyendecker, son travail ne se limite pas à ce seul domaine. Il a été aussi utilisé pour promouvoir une foule d'autres produits, notamment du savon, des automobiles, des cigarettes...

jcl_aw45_47

Il semble bien que l’ambition secrète de Leyendecker était de s’imposer dans le monde de l’art, ce qu’il ne parvint jamais à faire; sans doute trop marqué par ses succès dans la publicité. Il reste néanmoins que son influence a été considérable, en particulier sur Norman Rockwell qui deviendra un ami et qui prononcera l’oraison funèbre à ses obséques. Leyendecker est inhumé au Woodlawn Cemetery du Bronx à New York. C’est d’ailleurs grâce au livre de souvenirs de Norman Rockwell que l’on connait quelques rares anecdotes sur la vie privée de Leyendecker.

Image_22

Aujourd’hui on trouve des réminiscences du trait de Leyendecker dans des domaines où à première vue on ne le soupçonnerait pas comme dans les jeux vidéo par exemple par l’intermédiaire de Terese Nielsen. Jusqu’en France où l’on retrouve sa marque comme dans le dessin d’un Le Gac ou chez un jeune créateur de Bandes dessinée comme Mathieu Lauffray...
leyendeckerportrait2Si sa vie privée reste un mystère ses motivations artistiques ne sont guère plus claires. On sait qu’il voulut, sans doute par intermitance réussir dans la peinture de chevalet, mais dans le même temps il a refusé des commandes prestigieuses de fresques murales, très en vogue dans l’ Amérique de l’entre deux guerres,  sans qu’on en comprenne complètement la raison. Est-ce sa formation à l’académie Julian qui pronait un art “populaire” qui l’expliquerait? Se voyait il  comme un artiste créant style d’art pour les masses à travers les magazines et les affiches tout en étant bien payés pour son travail?
Sa réussite financière est telle que dés 1914 il se fait construire un manoir à New Rochelle une élégante banlieue de New York fréquentée par les artistes. Le batiment a trois étages et est de style anglo-Normand (il existe toujours). Il y avait deux grands ateliers pour chacun des frères, deux salles de réception, sept chambres, cinq salles de bains, et quatre cheminées...  Leyendecker y habitera jusqu’à sa mort en 1951 avec son ami qui fut aussi son modèle, son cuisinier et son directeur commercial...  Cette maison était richement meublée dans un style vaguement Renaissance française, à la mode peu de temps après 1900. Des photographies rendrent bien l’ opulence évidente du décor. Elle semble avoir été conçu pour recevoir.  Frank  quittera la maison en 1923 de même que sa sœur Augusta suite à une querelle  familiale dont on ne sait rien.

fxleyen
illustration de Frank.

Beach déclara dans une interview juste après la mort de Joe, qu'ils recevaient souvent dans les premières années quand Joe était au sommet de son succès. C’est ensuite qu’ils vivront en quasi reclus. Beach explique que Joe refusait de laisser les engagements de la vie sociale dévorer son temps voué à sa peinture.
Il semble néanmoins qu’ils participaient,  au moins en partie, à la vie sociale locale dans un petit cercle d’ artistes voisins.
Il faut noter que de 1919 à 1930 les illustrateurs récurrents des grandes revues étaient des personnages très “people”, un peu comme le furent les grands photographes dans les années 80. Dans ce contexte, le curieux manque de photographies de Leyendeckers et de Beach est extrêmement étrange, pour un artiste aussi connu qui se devait d’être aussi une personnalité publique...

Image_11

Pendant plus de quarante ans, Leyendecker a une relation privilégiée avec le populaire hebdomadaire Saturday Evening Post dont il réalise la plupart des couvertures et toutes celles des numéros spéciaux. Au total, il a produit plus de 300 illustrations pour la revue. Aucun autre artiste, jusqu'à l'arrivée de Norman Rockwell , deux décennies plus tard, sera autant  identifié à une publication.

artwork_images_111866_347027_josephchristian_leyendecker

Pour ses illustrations il aurait travaillé en plusieurs étapes. Il peint d’abord à petite échelle des études préparatoires à l’huile et sur toile; Ensuite il les transfère, toujours à l’huile et sur toile, en plus grand utilisant pour cela la classique technique du carreau. Il a presque toujours pris soin de signer les différentes étapes de son labeur; malheureusement à sa mort la plupart de ses études ont été découpé façon puzzle  par Charles Beach...

J_C_Leyendecker

jcl_clement_p24nov28_p29jun29_studies

Son travail d’illustrateur a beaucoup influencé les campagnes publicitaires photographiques qui peu à peu remplacèrent les beaux dessins de Leyendecker.

jcl_patton

A partir des années 40 la photo concurence gravement les illustrateurs. Malgrè sa célébrité, Leyendecker en est lui aussi victime. S’il continue à avoir des commandes, comme cette série de portraits de grands militaires, il doit réduire son train de vie. Il garde son manoir mais doit se séparer de ses nombreux domestiques...

leyendecker

En dépit de sa renommée la vie de Leyendecker est mal connue. Il a vécu discrètement mais sa sexualité et sa vie privée le contraignait à cela; un coming out aurait à l’époque signifié pour lui la ruine. En outre il aurait été très timide et aurait parlé avec un léger bégaiement. Il a vécu dans quasi-solitude, enfermé la plupart du temps, dans dans la tour d'ivoir qui était son atelier. A sa mort son ami a détruit beaucoup dessins, de correspondances ainsi que ses journaux intimes. On ne sait pas s’il agissait de son propre chef ou s’il suivait le désir de l’artiste. Il faut aussi avoir présent à la mémoire la période, l’apogée du Macarthisme, alors être convaincu d’homosexualité pouvait conduire en prison. Il est pourtant évident que l’on ne pouvait pas ignorer l’homosexualité de Leyendecker mais se dernier ne l’ayant jamais revendiqué il ne risquait pas grand chose. Dans cette société américaine hypocrite, le crime est dans le dire plus que dans le faire! Beach suivit son ami dans la mort  de quelques mois.

jc_leyendecker_stamps

En 2000 la poste américaine a émis un timbre à l’ effigie d’ “Un couple de danseurs” de JC Leyendecker dans sa série the American Illustrators commemorative. L’original de cette image a été vendu aux enchère la même année pour 50 000 $

7b_1

Bien qu’aujourd’hui, il n’y ait seulement que quelques personnes, même aux Etats unis, qui connaissent le nom Leyendecker, mais cela est en train de changer car recemment plusieurs musées (Fullerton, Stockton...) ont organisé des expositions Leyendecker, son travail a été parmi les plus populaires de son époque, en raison de sa capacité à transmettre l'essence à la fois la vie quotidienne en Amérique et des événements internationaux par le biais de peintures qui reflètent son sens unique de l'art dramatique mélant romantisme et humour . Son travail a aidé à définir l’image de l’Amérique autant que le cinéma.
À bien des égards, les images de JC Leyendecker furent la personnification de l'Amérique, elles en sont venus à symboliser la culture, et la civilisation américaine.

Posté par bernar alapetite à 18:10 - DE CIMAISES EN CIMAISES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2008

Blondeur

Image_5

Image_6

Image_7.

Posté par bernar alapetite à 09:49 - miscellanées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les équilibristes

Image_5

France, 1h 45, 1991

Réalisation: Nico Papatakis, scénario: Nico Papatakis, image : William Lubtchansky, Musique : Bruno Coulais, Montage : Delphine Desfons, Décors : Gisèle Cavali, Sylvie Deldon, Nicos Meletopoulos, Son : Laurent Lafran, production: Humbert Balsan

avec: Lilah Dadi, Michel Piccoli, Polly Walker, Doris kunstmann , Patrick Mille, Jacky Nercessian, Juliette Degenne, Laurent Hennequin, Olivier Pajot, Bernard Farcy, Guy Louret, Emiliano Suarez, Michel Palmer, Michel Novak, Nathalie Sevilla, Jacques Labarriere, Luc kienzel, Jourand-Briquet, Mathias Jung, Jean-Gilles Barbier, Yannick Becquelin, Pascal Ricuor, Philippe Cal,

Image_1

Résumé
Paris, au début des années soixante, pendant la guerre d'Algérie, l'écrivain Marcel Spadice (Michel Piccoli), homme de lettres célèbre et homosexuel notoire a été déstabilisé par une biographie qui a révélé ses cotés les plus sombres. Il est fasciné par le jeune et beau valet de piste du cirque parisien Imira, Franz-Ali (Dadi Lilah). Sa mère est allemande et alcoolique, son père, un arabe, est mort pendant la seconde guerre mondiale. Spadice provoque une rencontre par l'intermédiaire d’Hélène Lagache à la fois son égérie et son entremetteuse sexuelle. Le grand homme tombe immédiatement amoureux de Franz-Ali en qui il voit le plus bel équilibriste du monde. Il promet au jeune homme, qu’il le fétichise sous la forme d’un phallus géant, de l'aider à réaliser son rêve : devenir un talentueux funambule. L'écrivain décide de se charger de son entraînement. Le garçon se soumet aux exigences du maître, au péril de sa vie. Malheureusement le jeune funambule tombe de son fil et se blesse grièvement. Il ne sera jamais le plus grand équilibriste. Dès ce moment, Spadice, pygmalion déçu, abandonne le garçon pour jeter son dévolu sur un nouveau jeune homme, Fredy, un passionné de course automobile. Franz-Ali, désormais ne vivant que pour se survivre, trop blessé physiquement et moralement, se suicide.

Image_3

L’avis de Bernard Alapetite
Les équilibristes qui s'inspire d'un épisode amoureux de la vie de Jean Genet, est la peinture de la violence de la domination totale exercée par le maître sur sa créature. Néanmoins le film ne relève jamais d’une reconstitution de la vie de l’écrivain.
Peu de création sont autant en inéquation avec son auteur. En effet Papatakos hétérosexuel flamboyant et grand ami de Jean Genet parait bien mal placé pour raconter cette histoire sordide où le grand écrivain, mu par un désir sexuel pour un jeune homme paumé, se met dans la tête d’en faire une vedette du cirque. Mais lorsque le mentor s’aperçoit que l’objet de son fantasme n’atteindra pas les sommet il le jette, pauvre pantin brisé, maintenant indigne de distraire le maître.

Image_2

Ce tragique épisode de la vie de Genet est “certifié” par son biographe, Edmund White: <<Il poussa son amant Abdallah, funambule de profession, à tenter des numéros toujours plus périlleux, jusqu’à ce qu’il chute, non pas une, mais deux fois; estropié il finit par se suicider, avec le Nembutal de Genet.>>. Des rapports et leur triste conclusion qui rappellent ceux qu’entretenait Bacon avec George Dyer, sujet de Love is the devil , film de John Maybury plus réussi que celui-ci.
Cette variation étrange sur le mythe de Pygmalion, tragédie d’une relations fondées sur la hantise de la mort et le désir d’éternité, n’a pas la force que son scénario était en mesure de lui insufflé car se privant du nom de Genet Papatakis prive son film de tout le hors champs que celui-ci lui aurait apporté. Toutes considérations relevant du droit mis à part, qui sont très importantes dans ce genre de projet, changer le nom d’un protagoniste historique, que le spectateur pourtant ne peu que reconnaître, est presque toujours un aveu de faiblesse artistique. C’est une facilité qui par exemple évite le souci de ressemblance physique entre l’acteur et son personnage.

Image_6

Le film est d’autant plus dérangeant pour les mânes de Genet qu’il nous amène à penser que son souci de la cause arabe est surtout dictée par le cul; ce qui tout de même il serait temps de dire simplement d’un homme dont la conscience politique n’a pas été toujours exacerbée. Il exulta lorsque les troupe allemandes entrèrent dans Paris... Ceci dit il n’est pas le premier et sera encore moins le dernier a avoir été sensibilisé à une cause par l’intermédiaire du sexe, ce qui n’est peut être pas la plus mauvaise manière d’accéder à la conscience politique. Les chemins d’un Gide ou d’un Montherlant vers l’anticolonialisme passent par cette même voie. Il est d’autant plus incompréhensible que Papatakis ait évacué la relation intime entre les deux amants.  Il ne montre pas le désir physique entre Spadice et Franz-Ali, alors qu’il est le centre de toute l’histoire.

Image_11

nikospapatakis1Ne doit on pas voir en parti dans Les équilibristes le règlement de compte envers Genet d’un ami dépité, Papatakis même si le portrait qu’il dessine de l’écrivain n’est pas en contradiction avec les témoignage littéraires que l’on connaît par exemple dans le Journal (éditions Gallimard) de Jean Cocteau ou dans les Nouvelles minutes d’un libertin (éditions Le promeneur) de François Sentein, ni avec la biographie quelque peu laudative d’Edmund White; mais il aurait pu aussi bien pu choisir d’autres épisode de la vie du grand écrivain, qui su aussi, se montrer généreux et fidèle en amitié avec d’autres de ses anciens amant. Mais peut être faut il voir dans le film un hommage à l’autre vrais protagoniste de cette tragédie, Abdallah, le cinéaste en 1964 a assisté à son enterrement et n’a jamais oublié...
Les équilibristes n’est pas seulement l’histoire que Genet eut avec Abdallah c’est plus une compilation de plusieurs aventures amoureuses vécues par l’écrivain qui, à la fin de sa vie, fut amoureux d’un autre artiste de cirque, Alexandre Bouglione qui n’était pas cette fois fil de feriste, mais dompteur de lions . Quelques années auparavant il avait été l’amant d’un jeune coureur automobile comme Freddy (Patrick Mille) par ailleurs ce garçon était le beau-fils de l’acteur d’ Un champ d’amour. Genet en fera son exécuteur testamentaire.

Image_13

La réalisation est fade. Chaque plan est attendu. Sauf dans la scène de funanbulisme où le kitch assumé concourt à l’émotion. Alors qu’il aurait fallu érotiser les corps masculins le réalisateur n’y parvient jamais, pourtant il y avait de quoi faire avec celui magnifique de Lilah Dadi. Ses essais dans ce domaine sont assez pitoyables notamment au début la rêverie érotique de Spadice lors de la parade du cirque. L’image majoritairement dans les bruns et les rouges est assez laide et manque de précision.
Les scènes de cirque ont été réalisées dans celui d’Amiens où furent déjà tourné Les Clowns de Fellini et Roselyne et les lions de Beinex.

Image_14

Le suicide du jeune homme lors d’une cérémonie funèbre rappelle Les enfants terribles de Cocteau. On peut aussi repérer dans le déroulement du film  d’autres éléments issus de la vie et de l’oeuvre et de Genet. Le livre qui dissèque les comportement de l’écrivain est dans la réalité Saint Genet, comédien et martyr de Sartre.

Image_16

Michel Piccoli est remarquable comme à son habitude dans ce personnage d’intellectuel démiurge pervers et calculateur, tenant toujours le spectateur à distance. On peut le voir également dans des rôles d’homosexuel dans Le bal des casse pieds d’Yves Robert et dans La confusion des sentiments d’Etienne Perier d’après Stefan Zweig et aussi dans Rien sur Robert de Pascal Bonitzer. Quant à Lilah Dadi qui ne démérite en rien face à Piccoli, on peut le voir épisodiquement sur le petit écran. Il fut notamment Mourad Béckaoui, personnage récurrent de la série P.J.

Image_17

La reconstitution habile et soignée de l’atmosphère du Paris des années 60 s’accomode bien au jeu daté et distancié des seconds rôles souvent caricaturaux. Pourtant du tout émane un envoûtement dans des scènes qui pourraient être signées Fassbinder.
La vie de Nico Papatakis ferait un film formidable que l’on en juge un peu: Né en 1918 à Addis Abeba en Éthiopie, le jeune Papatakis s'oppose au régime de Mussolini lors de l’invasion de l’Ethiopie par ce dernier qu’il combat en se ralliant à l'empereur Hailé Sélassié Ier. Mais il est contraint de s'exiler et se réfugie d'abord au Liban puis en Grèce. En 1939, il part pour la France et s'installe à Paris. Papatakis fréquente l'intelligentsia parisienne de l'époque dont Jean-Paul Sartre, André Breton, Jacques Prévert, Robert Desnos, Jean Vilar. C’est alors qu’ Il se lie d'amitié avec Jean Genet.

Image_18

En 1947, il créé le cabaret de La Rose Rouge qu’il va diriger, jusqu'au milieu des années 1950, cette scène qui va être un formidable tremplin pour de nombreux artistes parmi lesquels Les Frères Jacques et Juliette Gréco (il est à l’origine de la fameuse robe noire de la chanteuse). Entre temps, Papatakis a épousé l'actrice Anouk Aimée dont il a eu une fille Manuela en 1951.
En 1950, il produit et finance le film de son ami Jean Genet, Un chant d'amour. Mais l'unique oeuvre cinématographique du sulfureux écrivain est censurée et ne sortira qu'en 1975.
En 1957, pour des raisons politiques, il quitte la France pour les États-Unis et se fixe à New York. Il se lie avec le mannequin allemand Christa Päffgen. Elle lui emprunte son vrai prénom et devient ainsi la légendaire Nico, égérie d'Andy Warhol et du Velvet Underground.

Image_19

En 1959, Papatakis rencontre le réalisateur John Cassavetes qui a des difficultés financières pour terminer son premier long métrage Shadows. Il lui trouve les fonds nécessaires et devient coproducteur du film.
Papatakis revient à Paris au début des années soixante. En 1962, il réalise son premier film, Les Abysses, d'après la pièce de Genet, Les Bonnes, inspirée elle-même de l'histoire vraie des sœurs Papin. Le film est présenté au festival de Cannes de la même année. Sa violence et son exaltation forcenées font que certains critiques verront cette oeuvre comme un plagiat provocateur et déclencheront un irrépressible scandale malgré le soutien du fidèle cénacle intellectuel (Sartre, Beauvoir, Genet).

Image_22

En 1967, il tourne son second long métrage dans la clandestinité car Les Pâtres du désordre dénoncent le régime des colonels grecs. Mais le film sort au moment des événements de Mai 1968 et c'est un échec.
Papatakis, alors époux de l'actrice grecque Olga Karlatos, se tourne vers la politique en s'opposant à la dictature des colonels en Grèce.
En 1975, il écrit et réalise Gloria Mundi avec son épouse en vedette. Son film est sélectionné pour l'ouverture du premier Festival du Film de Paris mais, à cause de son évocation de la torture en Algérie, il ne sortira qu'en 2005. Il faudra attendre plus de dix ans avant que Papatakis revienne au cinéma. C'est donc en 1986 qu'il écrit et tourne La Photo qui est sélectionné dans La Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 1987.

Image_23

En 1991, il écrit et réalise Les Équilibristes. On peut noter que l’on retrouve dans Les équilibristes des thèmes que le cinéaste a déjà exploré, le conflit maître - esclave dans Les abysses, les rapports de force dans Les pâtres du désordre, la révolte de l’humilié dans La photo. Il a écrit en 2003 son autobiographie, Tous les désespoirs sont permis, parue aux éditions Fayard.
L’image est signée William Lubtchansky un des chefs opérateurs du cinéma d’auteur français et surtout partenaire habituel de Rivette. On lui doit la photo du trop méconnu Secret défense.
Bruno coulais l’auteur de la musique du film a été rendu célèbre par celle des Choristes qu’il a également signée.

Image_15

Une version théâtrale de ce drame existe. Il a été représenté il y a quelques années à Paris au théâtre du vingtième; c’est Jean Menaud (Vie et mort de Pier Paolo Pasolini) qui jouait Jean Genet. La pièce se résumait à un long monologue le jeune arabe n’étant qu’une présence muette.
Les équilibristes est un beau mélodrame fassbinderien à qui il manque un peu de sensualité pour complètement convaincre. Le film est aussi intéressant pour l’histoire de la littérature que pour celle du cinéma. Cette évocation de Genet est a mettre à coté de celle plus franche de Jean Sénac, cet autre grand amoureux des jeunes arabes, dans Le soleil assassiné.





Posté par bernar alapetite à 09:41 - cinéphagie gay - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 avril 2008

Jérémy Dufour

Image_11

jeremi007 Image_32 jeremy00045 jeremybodyshot2

Image_4

Image_10

Image_12 jeremy1937741223xc6 jeremy360854103_5c0736d922_o jeremyImage01061

JERE

217_JEREMY_DUFOUR_058 jeremy0914_012 jeremy64151_m_217_200803101205145784_122 JeremyD8

jeremy_laydown

jeremy062

jeremy1aek2

JeremyD11 JeremyD34 JeremyD42 JeremyD48

JeremyD54 jeremydufour6 jeremydufour94 jeremydufour237qr4

jeremynvjhv.

Posté par bernar alapetite à 08:41 - miscellanées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 avril 2008

Ramasseurs de balles

ram8

ram6 ram7

ram5 ram4

ram3

ram1
Paris, Roland Garros, 1990.

Posté par bernar alapetite à 11:45 - images volées des temps enfuis - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4  5  6   Page suivante »