10 avril 2008
Danseurs
Skins
Alors que la diffusion de la saison 2 de « Skins » test près de sa fin en Angleterre, et que le dvd de la saison 1 vient de sortir en France, la chaîne britannique E4 qui diffuse la série a mis en ligne sur son site un épisode unseen (destiné uniquement au web) avec Maxxie (Mitch Hewer) Dans cet épisode intitulé « A cycological romance » Maxxie fait la rencontre de James...
Le père de la série Jamie Brittain a annoncé qu'il y aurait une troisième saison... mais avec de nouveaux acteurs. Il ne nous reste à espérer que les petits nouveaux seront aussi bons que les anciens et que nous reverrons vite Mitch Hewer.
Les éléphants du RER C
Sascha Schneider

Pour continuer dans le relativement célèbre chez eux et tout à fait inconnu chez nous voilà le cas de Sascha Schneider dont de ce coté ci du Rhin seul quelques maniaques de la littérature populaire on peut être entendu parler de lui pour avoir été l’illustrateur de Karl May le célèbrissime et immortel créateur de Winnetou le farouche et preux guerrier indien. Karl May (1842-1912), a été l'un des écrivain les plus populaires en Allemagne. Le romanciers a vendu jusqu'à 100 millions d'exemplaires. Albert Einstein et d'Adolf Hitler ont été parmi les nombreux amateurs. Les premières éditions des aventures de Winnetou étaient agrémentée et O combien par les illustrations de Schneider. Les travaux de ce dernier dénotaient considérablement par rapport aux autres illustrateurs de l'époque. il y avait dans ses images une curieuse qualité qui semble être davantage inspirée de la peinture symboliste que des canons de l'illustration de livres pour adolescents. Mais surtout ses planches étaient d’un homo érotisme patent, à une époque où l'homosexualité était considérée avec suspicion ou carrément avec hostilité (le fameux article 175). On peut ajouter que ces dessins n’avaient que peu de rapports avec les aventures qui se trouvaient en regard de ceux-ci. Ils en appelaient à tous les fantasmes orientalistes, épicés d’un soupçon de métaphysique. Des images plus prés de celles de Kubin que de Joubert qui ont du donner quelques cauchemars aux jolis têtes blondes teutonnes. L’éditeur peu satisfait des illustrations de Schneider les a remplacées dans les éditions suivantes. Un livres les regroupant a été publié récemment en Allemagne.

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Mais ce Sascha Schneider n’a pas été que l’illustrateur de westerns choucroutes dont la lecture à un âge tendre ne m’a pas laissé de grands souvenirs (il faudra néanmoins que je retourne voir du coté de Karl May qui est sans doute bien réducteur de limiter à Winnetou), cela ne vaut pas les westerns cassoulets de Boussenard . L’artiste allemand a été bien autres choses.
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Il est né à Saint Petersbourg où son père est imprimeur. La famille Schneider ne tarde pas à déménager à Zurich, puis à la mort du père à Dresde où le jeune Sascha fait ses études. En 1889 après le baccalauréat, il entre à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde dont il sortira diplômé quatre ans plus tard.
Mais il sera déçu par l’Académie. Si elle offre un solide apprentissage des techniques artistiques, Sascha Schneider lui doit son remarquable “métier”, elle est totalement dépassée quand à l’esprit. Les jeunes étudiants de ces années quatre-vingt-dix ne se réclament pas d’ une fin de siècle et de sa délectation morose de la décadence (ce qui est amusant c’est aujourd’hui Schneider est considéré comme l’artiste type fin de siècle en Allemagne, assez à tord à mon avis). Ils espèrent en un nouveau départ avec le 20 ème Siècle. Ils veulent se libérer des contraintes artistiques découlant des conventions. et des milliers de vues libérer. En outre, ils sont à l’écoute des problèmes sociaux causés par les structures de la société.
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Toutefois Schneider ne prend pas le chemin d’une dénonciation directe de ces inégalités par une peinture naturaliste narrative. Il espère faire passer ses idées d’une manière plus intellectuelle dans ses tableaux. Néanmoins les titres de ceux-ci à cette époque ne laissent aucun doute sur son orientation politique d’alors, Son destin (1894), L'anarchiste (1894), sur la lutte (1903), Le despote (1903)...
Il s’installe en 1993 dans son premier atelier à Dresde qu’il partage avec le peintre Richard Müller. Il a assez rapidement du succès, ses images sont largement diffusé et entame une brillante carrière de peintre dans la mouvance du cercle de Dresde qui ont formé autour de Max Klinger qui influence considérablement le jeune artiste. Il a parmi ses nombreux admirateur Hermann Hess , il n’est guère surprenant que l’auteur de Narcisse et Goldmund trouve son bonheur dans l’érotisme panthéiste de Schneider.

Le grand succès arrive sous la forme de commandes pour de grandes peintures murales dans des bâtiments publics et privés à Florence, Leipzig, Jena, Weimar, Cologne, Dresde, Meissen...
En 1904 lorsqu’ il fait la connaissance de Karl May, l’écrivain, comme Schneiner homosexuel est alors âgé de 62 ans et est menacé par un scandale sexuel. May demande à Schneider d’illustrer ses récits de voyages, "Le Kurdistan sauvage", "le Rio de la Plata"... Schneider pendant ce temps ne fait pas mystère de son homosexualité, ce qui aurait peut être été difficile au vu de ses dessins... Il collabore dés le début à "Der Eigene", la première revue gaie, fondée par Adolf Brand , en 1896. Il est à ce propos très surprenant que les gays studies ne se soient pas penché sur le cas de Sascha Schneider. A ma connaissance il a été complètement négligé. Cher lecteur si vous en savez plus n’hésitez pas à compléter mon article qui malheureusement a bien des béances... On peut peut être avancer que cet évitement à en partie pour cause le fumet nietzschéen et élitiste, (sous l’influence d’Adolf Brand?) qui se dégage, dans la deuxième moitié de sa carrière, de certaines de ses compositions et des petits textes qui les accompagnent.
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En 1904 Schneider rejoint en tant que professeur l'école d'art de Weimar. Dans cette ville Il se fait construire un grand atelier où il a dans les années suivantes, il réalise de nombreuses sculptures monumentales d'hommes et plusieurs grandes toiles.
La mort de May de 1912 signifie la fin d'une époque pour Schneider.
En 1908 son homosexualité le contraint à fuir en Italie, où l'homosexualité à l'époque était vécu en toute impunité. A Florence il rencontre le futurisme radical, Theodor Däubler dont il se sent proche par les idées. Mais il ne peut que constater que son style pictural est très éloigné de ceux avec qui il partage certaines idées. Il fait également la connaissance du peintre Robert Spies avec lequel il voyage dans le Caucase. En 1914 il revient à Dresde où il habitera jusqu'à sa mort en 1927. Associé à un général et à un colonel il y fonde “la force de l'art”, un institut de formation pour le corps et l'éducation dans la droite ligne des précepte d’Adolf Brand.
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La fin de la guerre déclenche chez Schneider une forte impulsion créatrice. Il en résulte un grand nombre de nouvelles œuvres. Mais dorénavant il se tourne vers les maîtres anciens. Cette inclinaison surprend chez un artiste considéré jusque la comme moderniste et progressiste. La scène artistique officielle de la République de Weimar ne fait guère de place à Schneider, dont l'art symboliste parait obsolète. Entouré d'un cercle d'amis dévoués, il continue pourtant à travailler.
Après la fin du conflit il fait de nombreux voyages. C’est d’ailleurs sur un navire qu’il décède à quelques encablures du port de Swinoujscie. A-t-il succombé à son diabète chronique, a-t-il été empoisonné accidentellement par de l’eau polluée ou s’est il suicidé pour échapper à la cécité, causé par le diabète, qui le menaçait? On l’ignore. Sa tombe est au cimetière Loschwitz à Dresde.
La tombe de Sascha Schneider.
Après un long purgatoire l’oeuvre de Sascha Schneider a commencée à être redécouverte à partir de 1982 à l’occasion d’une exposition à Dresde du trio d'amis qu’étaient Sascha Schneider, Oscar Zwintscher et Hans Unger. Il faut malheureusement ajouter que de nombreuses œuvre de Schneider ont été détruites lors de l’anéantissement de Dresde, on peut cependant voir deux de ses sculptures dans le jardin du château de Dresde qui a miraculeusement échappé à la destruction. D’autres œuvre furent mal conservées à l’époque de la RDA...

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Les dessins et la peinture de Schneider reste pour moi en partie mystérieuse. Comment interpréter ses juxtapositions étranges d’éphèbes plus ou moins musculeux et de monstres dont certain sont plus près des entités extraterrestres que l’on voyaient sur les couvertures d’Astouning que des créatures sataniques de Dante. D’autant que bien peu se réfèrent à des mythes bibliques ou grecques. Ses mélanges d’anges de démons et de muscles évoquent parfois l’art de William Blake. Je ne vois aujourd’hui que Fuchs pour endosser ce pan ésotérique de l’héritage de Schneider. Quant à ses illustrations de Winnetou, qui devraient dépeindre des Amérindiens, seraient plus aptes à orner le mur d'un salon de coiffure à Paris fin de siècle que les histoires de l'Ouest sauvage. Il n’en reste pas moins que son œuvre peinte possède une grand puissance et un charme maléfique et bizarre qui l’apparente aux vision d’un Fuseli ou d’un Bocklin.
L’artiste a effectué surtout de nombreux dessin d’un modelé généreux, à n’en pas douter Sascha Schneider était un grand connaisseur de l’anatomie... Cette partie de son oeuvre s'est trouvé récemment un continuateur en la personne de Sacrevoir, et ce n'est pas un hasard si c'est à Berlin...
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Il y a aussi une énigme quand au style des dessins de Schneider certains pourraient presque être sortis de la main de Michel-Ange alors que d’autre sont plus proches de la ligne claire de la bande dessiné réaliste franco-belge ou de certains travaux, peint à la même époque en France, par Boutet de Monvel.
Sa sculpture s’inscrit dans la tradition néoclassique et a la sensualité de celle d’un Paul Dubois et parfois préfigure la statuaire héroïque d’Arno Brecker.
Vous trouverez ici une extraordinaire galerie, presque exhaustive, des œuvres de Sascha Schneider mais les titres sont en russe.
Et là un large choix des illustrations que Schneider a réalisées pour Karl May. 




