19 mars 2008
Douches et bains
Ayumi Kasai

Ayumi Kasai est en marge, à la fois par sa démarche artistique et par son style des créatricres de yaois. Il n’y a rien qu’elle semble le plus craindre que le vide dans une de ses images ainsi celles ci sont surchargée et ses planches offrent toujours des surprises dans leurs recoins. Son dessin est à la croisée de l’art nouveau, comment à son propos ne pas évoquer Mucha, de l’esthétisme anglais, son trait rappelle souvent celui des célèbres illustrations du Salome de Wilde par Beardsley, et du tanbi japonais. Sa palette aux tons fanés se compose surtout de vert chartreuse, de fushia et de terre de sienne passé qui évoquent les couleurs des affiches françaises de la belle et et de l'ukiyoe japonais. Papillons, grenades, volutes et fleurs de lotus peuplent ses oeuvres. Comme Modoru Motoni, elle partage également la nostalgie pour l'ère de Taisho, des bicyclettes démodées, des kimonos élégants et des uniformes occidentaux à brandebourgs, modèles qui apparaissent dans ses belles compositions, souvent mélodramatiques, d’une façon des plus inattendue.
18 mars 2008
Luke Worrall 2
Zéro patience
Réalisation : John Greyson. Scénario : John Greyson. Images: Miroslaw Barszak. Montage : Miume Jan. Musique : Glenn
Schellenberg. Chorégraphie : Susan Mc Kenzie.
Canada, 1993, Durée : 100 mn. Disponible en VO et VOST.
Avec: John Robinson, Normand Fauteux, Diane Heatherington, Richardo Keens-Douglas, Bernard Behrens, Charlotte Boisjoli et Brenda
Kamino.
Résumé :
Richard
Burton (john Robinson), personnage historique explorateur et sexologue
de l’époque victorienne, le même que dans le film crypto gay Aux
sources du Nil de Bob Rafelson, organise une exposition sur les
grandes épidémies à travers les âges. S’il officie aujourd'hui encore
au muséum d'Histoire naturelle de Toronto car c’est tombé dans une
source qui donne l’immortalité! Il révèle l’existence d’un patient
zéro, un steward canadien, premier porteur du virus du sida en Amérique
du Nord qui sera la pièce maîtresse de son exposition. Sa brillante
démonstration n’est qu’un pamphlet stéréotypé décrivant les homosexuels
comme des êtres irresponsables et dangereux. Mais l’esprit du -patient
zéro (Normand Fauteux) est de retour sur terre afin de se venger
d’avoir été aussi lâchement accusé. Mais bientôt Burton tombe amoureux
du sexy fantôme et ils engagent un combat pour tenter de réhabiliter le
-patient zéro-. Leur quête va être parsemée de rencontres
extraordinaires, comme le singe vert d'Afrique, le comité d'Act Up,
Miss VIH et bien d'autres personnages fantasques, merveilleux mais
aussi tellement humains…

L’avis de Bernard Alapetite
Le vrais coup de
génie de Greyson est d’avoir utilisé pour traiter un thème tragique la
mort annoncée par le sida et l’incurie des pouvoirs publics le genre
cinématographique le plus léger qui soit: la comédie musicale. Il s’en
explique: <<Le film a commencé dans ma tête dès 1987, un ami me
montra la couverture de -California Magazine- qui titrait
<<L’homme qui apporta le virus en Amérique du Nord>>.
L’histoire contait qu’un steward franco-canadien homosexuel était
responsable du premier cas de sida sur le continent à la fin des années
70. Mais d’autres sources affirmaient que des cas de sida avaient été
remarqués dès la fin des années 60. Zéro patience est né de ces
contradictions. Il était important que Zéro patience soit une comédie
musicale car cela offre une panoplie de possibilités, de contenus et de
formes et peut atteindre ainsi le plus large public.>>
Mais on aurait aimé
que John Greyson ait autant d’audaces dans sa réalisation que dans
l’écriture de son scénario.Et de l’audace il en a eu pour en 1993
écrire ce scénario sur le sida. Un courage que l’on peut mettre en
parallèle avec celui qu’eut Ernst Lubitsch lorsqu’en qu’en en 1942 il
tourna To be or not to be sur la persécution des juifs par les nazis.
Si, comme dans le chef d’oeuvre de Lubitsch il mêle très habilement
humour et dénonciation politique il est par trop timoré dans la mise en
images de ses idées. En contrebande le cinéaste dénonce en vrac
l’inconscience des milieux gays lors de l’émergence de la maladie,
l’égoisme et la lâcheté individuelle de ce petit monde, la rapacité des
laboratoires pharmaceutiques, l’hypocrisie des hétéros, l’incapacité
des médecins et bien d’autres choses encore et tout cela en faisant
rire.

John Greyson réussi
a marier intimement le militantisme et l’imaginaire. Le vrais sujet de
son film est la manipulation voici ce qu’il en dit: “L’hypothèse du
patient zéro a été tellement montée en épingle par les médias
qu’aujourd’hui on la considère comme une évidence. J’ai donc décidé de
faire un film sur la "politique des faits douteux"”. Glen Schelling, le
compositeur, renchérit : "La question essentielle dans le film est de
savoir quel point de vue idéologique se cache derrière de telles
hypothèses ? Pourquoi notre culture s’applique-t-elle systématiquement
à trouver des origines et des responsables pour tout ? Dans la chanson
"Positive", Georges chante "Je sais, je sais, je sais que je ne sais
pas". Et son incertitude s’oppose à "la culture des certitudes" de
Burton. Ceci est la principale dialectique du film. (…)Nous ne
prétendons pas donner des solutions mais mettre en scène les luttes et
les dilemmes autant personnels que politiques." A la lecture de ces
déclarations qui ne sont certes pas mensongères au vu de l’oeuvre on
pourrait croire à un film à thèses alors que c’est aussi et surtout un
film loufoque et iconoclaste dont le morceau de bravoure est un duo
chanté entre deux…anus. Mais pourquoi Greyson nous inflige-t-il alors
de très vilaines prothèses alors qu’il y a de bien beaux culs
canadiens!
On cherche encore la raison, lors de son assez timide
exploitation en salle en France en 1995 de l’interdiction aux moins de
12 ans du film car il y a bien peu de corps dénudés et de sexe
explicite dans ce film et bien sûr aucune nudité frontales. L’un des
principaux défauts du film est paradoxalement un certain puritanisme
l’autre est la pauvreté des chorégraphies qui n’exploitent pas à fond
les savoureuses situations de départ comme un trio chantant dans un
sauna mais il faut dire que le film a été réalisé avec peu de moyen.
Si
les yeux n’en ont pas toujours pour leur compte, les oreilles seront
ravis par la jouissive B.O. La grande originalité du film est que c’est
par les chanson, très mélodieuses, que passe le message politique et
philosophique du film don’t l’essence est que chacun a la possibilité
d’agir sur les choses pour infléchir le cours de sa vie. Ce dynamisme
positif fait du bien surtout sur un tel sujet. Il est toutefois dommage
que le cinéaste n’aille pas au bout des pistes qu’il ouvre comme celle
du prologue du film où nous découvrons une salle de classe dans
laquelle un garçon d’une dizaine d’années ânonne l’histoire de
Shéhérazade. A partir de ce lieu d’évasion qu’est une salle de classe
Greyson invente une histoire parallèle à celle des mille et une nuits
encore plus extravagante que son modèle une histoire pour vaincre à sa
manière la pire des morts annoncée, n’oublions pas que nous sommes en
1993, celle causée par le sida.

John Greyson qui
est né en 1960 à Toronto a été tout aussi délirant dans Lily et Urinal
mais dans un registre plus noir.Depuis 1984 il a réalisé une quinzaine
de films le dernier Proteus date de 2003. Il a également tourné deux
épisodes de la série Queer as folk, version américaine.
Zero patience est
édité en DVD par Optimale en VO sous-titré en anglais malheureusement
aucun bonus pas même la bande annonce et la compression n’est pas
excellente surtout au début.
17 mars 2008
Olivier Rieu
L'enfer d'Ethan
Fiche technique :
Réalisation
: Quentin Lee. Scénario : Quentin Lee. Images : James Yuan. Montage :
Christine Kim. Musique originale : Steven Pramoto.
Canada, 2004, Durée : 88 mn. Disponible en VO et VOST.
Avec: Jun Hee Lee, Raymond Ma, Julia Nickson-Soul, Kevin Kleinberg et Jerry Hernandez.
Résumé :
Ethan (jun Hee Lee), un jeune étudiant américain d’origine chinoise, aide son père (Raymond Ma), prospère commerçant, à sa boutique. Un soir, ils sont braqués par un jeune homme que le père tut de sang froid. Après cette scène fondatrice du film, on apprend que le garçon et son frère vivent mal le remariage, après le décès de leur mère, du père avec une femme ayant elle-même un fils de leur âge. Ethan est gay, en cachette des siens, ce que découvre sa belle-mère (Julia Nickson-Soul) sous la forme d’une revue porno gay. Elle s’empresse, perfide de la montrer au père qui chasse immédiatement son fils de la maison. Le garçon n’a alors guère d’autres solutions que de se prostituer pour subsister. Dès son arrivée sur le trottoir un mignon dealer de son âge Remigio tombe amoureux de lui. Il offre à Ethan, en tout bien tout honneur, de partager son modeste logis. Malgré leur intimité, Ethan trop blessé par la vie, reste replié sur lui même. Un jour, Ethan apprend par son frère que la famille sera absente de la maison familiale pour Thanksgiving. Par vengeance, accompagné de Remigio, il décide de la cambrioler. Mais ses habitants rentreront plus tôt que prévu...
L’avis de Bernard Alapetite
A la lecture du résumé, vous aurez compris que l’originalité n’est pas l’atout majeur des prémices du scénario de L’enfer d’Ethan. En revanche Quentin Lee propose un film très juste ou chaque phrase du dialogue sonne vrais. Il réussit chose très difficile et rare, surtout dans le cinéma gay, le mélange des genres que sont le drame familiale, la romance gay et le film de suspense.
L’enfer d’Ethan contient habilement une histoire dans l’ histoire. Celle de la façon dont un père chinois traditionnel rejette son fils gay. Quand le film commence, Ethan Mao, 18 ans est conscients du fait qu'il est homosexuel, mais son père, tenant d’une education stricte l’ignore. Sarah, Sa belle-mère narcissique s'intéresse peu à Ethan et à son frère leur préférant Josh (Kevin Kleinberg) son fils qu’elle a eu d’un premier lit. Lorsque Sarah découvre un magazine porno gay dans la chambre d’Ethan et le donne à son mari, elle prévoit et espère qu'il la débarrassera de son beau-fils, qu'elle déteste. Ce qui ne manque pas d’arriver. Tout cela est rapidement mené sans pathos ni lourdeur. Ce conflit prestement exposé introduit ce qui est le cœur du film, la confrontation entre Ethan, accompagné de Remigio, et sa famille, dans un huis-clos toujours dynamisé par de longs plans séquences qui suivent les protagonistes dans les différentes pièce de la villa, rompant ainsi la monotonie qui aurait pu gagner le film, tout en conservant un suspense tendu jusqu’au coup de théâtre final qui propose une fin ouverte avec une alternative surprenante. A la toute dernière minute Quentin Lee nous rappelle qu’il est friand de contraintes scénaristiques.
Par ce scénario linéaire Quentin lee prend le contre-pied de Drift son premier long métrage à la construction très formelle qui malheureusement péchait, à la fois par le jeu approximatif de ses acteurs, et par son filmage médiocre. Ici la fluidité de la caméra, presque toujours portée, un peu trop souvent tout de même, fait merveille, aussi bien dans les scènes d’extérieur tournées en vidéo, à ce propos Quentin Lee aurait du “aérer” plus son film, que dans les longs plans séquences à l’ intérieur de la maison qui sont, eux filmés en 35mn. On est toujours heureux de constater les progrès d’un cinéastes qui a corrigé les défauts de son précédent film sans perdre son goût pour l’expèrimentation.
On a d’ emblée de la sympathie pour Ethan et Remigio grâce aux deux jeunes acteurs, très convaincants. Raymond Ma un vétéran des séries télévisées (Old school, Starsky et Hutch) apporte une véritable épaisseur au rôle du père d'Ethan.
Le titre français n’est guère heureux l’original Ethan Mao, le nom et prénom du héros, convenait parfaitement à la simplicité du film. La clarté dans son architecture sert le réalisateur qui peut y instiller des thèmes annexes, comme les conflits dans les familles d’émigrés, entre les jeunes ,influencés par la culture occidentale, et les pères restés proches de leur morale traditionnelle, ou le problème des mariages dans lesquels un homme mûr croit acheter l’amour de sa jeune femme en lui procurant l’aisance matérielle, ou bien encore la discrimination raciale que subit une famille d’émigrés installée dans un quartier habité par la classe moyenne... tout cela sans perdre jamais le fil de son histoire.
L’enfer d’Ethan a reçu un accueil enthousiaste dans les festivals gays à travers le monde où il a été souvent primé. En revanche la critique américaine a été beaucoup plus réservé, lui reprochant principalement que les deux tiers du film ressemblerait à du théâtre filmé. Une telle allégation montre encore une fois la méconnaissance de la pratique cinématographique de la part de la critique la bas comme ici. Outre que Quentin Lee déplaçant continuellement les personnages dans la maison où ils sont séquestrés et les isolant souvent par couple, varie les décors et les situations, ce qui serait très difficile au théâtre. Mais la quasi impossibilité d’adapter le scénario au théâtre viendrait surtout de la jeunesse des rôles principaux. S’ il est possible de faire jouer au cinéma de jeunes acteurs inexpérimentés, ils le sont, le plus souvent, par définition même, comme dans ce film qui pourtant bénéficie d’un filmage inventif mais contraignant pour eux, composé en majorité de plans séquences, dont on peut toujours multiplier les prises, il serait tout à fait impossible de leur faire jouer sur scènes autant de situations et apprendre autant de texte. Une pièce n’est pas autre chose qu’un plan séquence d’une heure trente. On comprends bien qu’un tel exploit est hors de portée pour la presque totalités des jeunes acteurs. En plus n’oublions pas l’énorme contrainte de l’aspect physique, dans ce cas, mignon et asiatique, qui pèse sur le casting.
Les éditeurs de dvd comme les attachés de presse devrait s’apercevoir que c’est parfois un bien mauvais service à rendre au cinéaste que de publier sa note d’intention, quelque soit par ailleurs la qualité de son film. Quand Quentin Lee déclare << Quand j’étudiais la littérature, les personnages de Thomas Hardy m’ont beaucoup inspiré comme TESS D’UBERVILLE ou JUDE L’OBSCUR. L’étude emphatique de ces personnages sans illusions et défavorisés a laisse en moi un souvenir indélébile. J’étais particulièrement fasciné par l’ironique innocence de Tess violée à la trentième page mais qui ensuite poursuit sa vie avec la candeur d’une vierge effarouchée! L’ENFER D’ETHAN est un hommage à Tess avec des clins d’œil à BONNIE & CLIDE et ROMÉO & JULIETTE. >>. On a beau chercher, ces influences ne sont guère perceptibles dans son oeuvre. Et quand il nous dit que son style est un métissage entre celui de Truffaut, Wong Kar Wai, De Palma et Ozu. On a surtout envie de rétorquer qu’un peu de modestie est souhaitable et aussi talentueux et ambitieux soit-il, on doute qu’il parvienne jamais à réaliser cette improbable synthèse que je visualise assez mal...
Quentin Lee a lâché la caméra temporairement, pour écrire son premier roman, Dress like a boy, vraisemblablement passablement autobiographique qui met en scène un jeune gay perturbé autant par son identité asiatique dans un monde occidentale que par son homosexualité.
Ethan Mao est un film gay paradoxalement originale malgré un point de départ convenu qui sait mêler habilement plusieurs genres cinématographiques. Il est servi par deux acteurs aussi adorables que sympathiques. Il faudrait avoir un cœur de pierre pour n’être pas touché par son dénouement.
16 mars 2008
Luke Worrall
Bains d'antan
Jon Corbino
Sean Mathias
Sean Mathias est né le 14 mars 1956 à Swansea, au sud du Pays de Gales. Il est un des plus célèbre metteur en scéne de théâtre britannique actuel et il a dirigé les plus grands comédien britannique, Ian Mc Kellen, Jude Law, Helen Mirren,Colin Firth, Ralph Fiennes... Ses mise en scène sont acclamées non seulement à Londres, mais aussi à New York, au Cap, à Los Angeles et à Sydney. Ses réussites sont souvent lièes à son association personnelle avec Ian McKellen.
Mathias a commencé sa carrière en tant qu'acteur, faisant sa première apparition sur le petit écran en 1977 pour un petit rôle dans un épisode de la série culte de la BBC, “Survivants”. La même année, il a joué un lieutenant des gardes Irlandais dans le film, “Un pont trop loin”.
En 1978, Mathias joue dans une production off du festival de théâtre d’Edimbourg. C’est à cette occasion qu’il rencontre, Ian McKellen. Ils resteront neuf ans ensemble et leur complicité professionnel ne se démentira jamais. Dans les années 80 sa carrière se poursuit de petits rôles en petits rôles à la télévision. Bien qu'il ait fait une prestation remarquée en 1988 dans le film, “White Mischief” (la sottise blanche), comme Gerald Portman, Mathias comprend que sa voie n’est pas dans le jeu mais dans la direction d’acteurs et l’écriture. En 1983, sa première mise en scène, “Cowardice”, à pour cadre le prestigieux Ambassadeurs Theatre de Londres. McKellen y tient le rôle principal. En 1985 il présente au festival off de théâtre d'Edimbourg “with Infidelities” la pièce est jouée ensuite au London's Donmar Warehouse. Mathias écrit trois pièces. “A Prayer For Wings” (Une prière pour des ailes) est présentée à Edimbourg en 1987, dirigée par Joan Plowright. Après avoir remportée plusieurs prix, elle est jouée à Londres. Suivent Nanny (1989) et Swansea Boys (1990). Mathias publie également un roman en 1988, “Manhattan Mourning” (Le deuil de Manhattan).
En 1992, il écrit le scénario pour la BBC de l’adaptation du celèbre livre de David Leawitt, “Le langage perdu des grues 
La carrière de metteur en scène de Mathias décolle véritablement en 1989 lorsqu’il dirige la reprise de “Bent” de Martin Sherman qui avait été créé dix ans plus tôt Broadway. McKellen tient le rôle de Max. Il est accompagné sur scène par, Richard E Grant, Ian Charleson et Ralph Fiennes. La critique est dithyrambique.
Mathias assis devant ses comédiens de Bent
Ian Mc Kellen dans Bent.
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S'entourant d'une équipe et d'une distribution prestigieuse, il fait de “Bent” sa première mise en scène au cinéma. Dans laquella il n’a pas recherché, ni à reproduire sa mise en scène de théâtre, ni à faire une reconstitution d’antiquaire de l'époque. Par exemple pour les scènes du grand cabaret berlinois, il s'est éloigné de son modèle historique, le fameux Eldorado, faisant de cette ouverture flamboyante du film un fantasme gay qui en ressucite l’esprit de ce lieu mythique, et c’est cela qui est essentiel, même si on n’échappe pas à un symbolisme parfois assez lourd.


Mc Kellen dans Bent, le film
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Pour les scènes d’orgie dans les coulisses du cabaret la caméra va chercher les corps et les caresse avec amour...
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Après cette immense succès, Mathias dirige, en 1990 “a full run” (En pleine course) avec McKellen et à ses côtés Paul Rhys et Christopher Eccleston.
Maintenu à flot par ce nouveau succès, Mathias continue en mettant en scène à Londres puis sur Broadway, “Oncle Vanya” de Chekhov encore avec McKellen et aussi Antony Sher, puis “Talking Heads” d'Alan Bennett toujours avec McKellen.
En 1994, Mathias remporte le grand prix du meilleur metteur en scène de théâtre decerné par le cercle des critiques de Londres pour “Les parents Terribles” de Jean Cocteau avec nottament Jude Law qui lors d'une scène il apparaissait entièrement nu. La pièce a été jouée aussi à Broadway l'année suivante.
Cette même année, Mathias dirige son premier musical, “A Little Night Music” de Stephen Sondheim, au “National Theatre”, une petite musique de nuit, au théâtre national en 1995, avec Judi Dench et Si-ngan Phillips.
Il retravaille avec Phillips en 1997, la dirigeant en Marlene Dietrich dans “Marlene” à Londres puis à Broadway où le spectacle a obtenu deux Tony Award.
Il met en scène encore à Londres “Antoine et Cleopatre” de Shakespeare et “Suddenly Last Summer” de Tennessee Williams.
La carrière de Mathias se déplace. Elle traverse l'Océan atlantique à New York, où, en 2001, il dirige McKellen et Helen Mirren dans “La danse et la mort” de Strindberg, pièce qui ensuite a voyagée à Londres et à Sydney en 2003.
En outre en 2001, il a monté une production off-Broadway “Servicement” d’ Evan Smith. Il a poursuivi par une reprise à Broadway d’ Eléphant man avec Rupert Grave.


2 images d'Elephant man et Rupert Grave et Mathias
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En 2002, il est revenu à Sondheim en montant “Company” au Kennedy Center Eisenhower Theater à Washington, une célébration de Sondheim, avec une distribution comprenant John Barrowman et Lynn Redgrave.
John Barrowman dans Company.
Mathias retrouve Mc Kellen pour Noël 2004 le dirigeant dans Aladdin au old Vic à Londres. En raison du succès énorme du spectacle, il est repris le Noël suivant.
Mathias aujourd’hui habite en Afrique Du sud depuis 1997 pays dont il est tombé amoureux après l' avoir visité le avec le théâtre national en 1994 pour une série d'ateliers. Il continue cependant à diriger des pièces à Londres, aux USA ou ailleurs comme en 2006 “La cerisaie” à Los Angeles à ce propos il déclarait: << Si j'avais mis en scène la Cerisaie plus tôt, j'aurais peut-être été trop jeunes. Tchekhov n'a pas seulement écrire sur les changements dans la société, mais il a aussi écrit sur les changements dans l’homme. Il s'agit d'une sorte de croisée des chemins pour les personnages, ils évaluent leur vie.>>.
En 2007 c’est "Ring Around the Moon" au West End Playhouse Theatre à Londres. Actuellement Mathias tourne son deuxième film, dans son pays d’adoption, l’Afrique du sud, “The colossus” la biographie d’un ornithologue aux prise avec la guerre des boers. Il y dirige heureusement l’inévitable Mc Kellen qui est en companie de Colin Firth, Rachel Weisz, Susan Sarandon...
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Ring Around the Moon
























