Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

22 mars 2008

Bernard Shaw

La folie rationnelle est la pire, parce qu'elle dispose d'armes contre la raison.
Bernard Shaw

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Bogdanov-Belsky

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William-Adolphe Bouguereau

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Dante et Virgile aux enfers 1850, 2,81mx2.25m


Un beau morceau de peinture que votre salon attend, il n'est jamais passé en vente et serait toujours chez les héritiers de l'artiste. Je me souviens l'avoir admiré à la rétrospective Bouguereau au Petit Palais en 1984. Exposition fort contreversée qui lança véritablement la réhabilitation des peintres pompiers.

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21 mars 2008

Dans le meilleur des monde d'Huxley

Un passage du "Meilleur des monde d'Aldous Huxley me parait refléter "la compréhension" des oeuvres d'art des ilotes qui se pressent devant les tableaux exposés au Louvre, me donnant plus le sentiment de vouloir être vus par les toiles que de les voir: Un groupe de cinq gratte-ciel brille dans la nuit comme les doigts d'une main dans un geste de louange à dieu. Mais aucun des athées "civilisés" ,plutôt normalisés, qui les habitent ne le sait; seul le sait un sauvage qui, venu de la forêt vierge, a échoué dans la cité... Je me sent de plus en plus tel ce sauvage quand je suis obligé de partager les parquets des musées avec la faune qui les encombre...

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Garçons sur l'herbe

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L'homme de sa vie

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Fiche technique :

Réalisation : Zabou Breitman. Scénario : Zabou Breitman et Agnes de Sacy. Image : Michel Amathieu. Son : Lucien Balibar. Montage : Richard Marizy. Décor : Pierre Quefféléan. Musique : Laurent Korcia.
France, 2006, Durée : 114 mn.

Avec: Bernard Campan, Charles Berling, Léa Drucker, Jacqueline Jehanneuf, Eric Prat, Niels Lexcellent, Anna Chalon, Antonin Chalon, Léocadia Rodriguez-Henocq, Caroline Gonce, Aurélie Guichard et Philippe Lefebvre.


Résumé :


Frédéric avec famille et amis passe ses vacances dans une belle maison près d’un non moins beau village drômois. La tribu décide, le premier soir de leur installation d’organiser un barbecue pour fêter leurs retrouvailles. Au débotté Frédéric propose d’inviter leur nouveau et énigmatique voisin que la smala a déjà aperçu se baigner nu dans sa piscine. Après un repas bien arrosé pendant lequel Hugo n’a pas fait mystère de son homosexualité, Hugo et frédéric prolongent ses agapes, seuls sur la terrasse de la propriété qui domine la campagne, sirotant du vin, confortablement installé dans leur fauteuils. Durant cette longue conversation qui se terminera qu’au petit matin les deux hommes se dévoilent en se livrant à une sorte de jeu de la vérité sous les étoiles de cette nuit estivale. Leurs échanges nous seront distillés petits morceaux par petits morceaux tout au long du film. Au fur et à mesure que cette longue conversation infusera lentement dans le cerveau de Frédéric, attiré par Hugo, par sa culture, par sa liberté d’esprit, par son charme et son élégance, va remettre en question sa vie de couple bourgeois avec enfant et... son hétérosexualité.

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L’avis de Bernard Alapetite
Il est incontestable que cela fait plaisir de voir un film français aussi bien filmé de la première à la dernière image. Mais parfois une trop belle photo peut aller à l’encontre d’un film étouffant l’émotion sous la virtuosité technique. C’est le cas ici. La réalisatrice n’a semble-t-il pas pu empêcher son chef opérateur de prendre le pouvoir d’où un grand nombre d’images gratuites. Les acteurs, tous parfaits, sont contraints de défendre leur personnage dans les interstices de tableaux au cadrage extrêmement étudié dans lesquels on sent que le plus petit détail , le moindre rayon de lumière ont été pensés et repensés. Ce volontarisme exacerbé bride la création artistique.

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Pour certains cinéastes, le montage est une deuxième écriture. A voir L' homme de sa vie, Zabou Breitman est de ceux là. Si souvent ce montage et ce filmage sophistiqués servent et sont même  la matrice du film, comme le procédé consistant à découper la conversation, génératrice de l’intrigue, et à en disséminer des fragments tout au long du film comme autant de petits cailloux blancs balisant le chemin qui mènera Frédéric à se découvrir, parfois ils laissent perplexe quant à leur bien fondé narratif.  Telle cette propension à ne filmer que les pieds des acteurs lors d’une scène; même si, comme c’est le cas assez souvent, le film  joue alors à merveille sur le hors champ, laissant la bande-son nous informer sur l’action. Plutôt que L’homme de sa vie, jeu de mots un peu plat, le film aurait du s’appeler “la signifiance des pieds”, ce qui aurait été plus en accord avec son très appuyé freudisme, surtout dans sa dernière partie. On a alors l’impression que la cinéaste ayant peur que le spectateur ne comprenne pas ses intentions, qui sont pourtant assez limpides dés le début, se croit obligé d’ajouter des scènes, toujours belles formellement mais lourdement explicatives. Une frôle le ridicule: Hugo adulte devant la porte rouge de la maison de son enfance dont l’adolescent a été chassé lorsque son père découvrit son homosexualité, à une échelle si grande qu’elle semble écraser Hugo qui tente, trop petit, d’en atteindre la poignée. Porte qui lui donnerai accès à l’hopital où il finit par rendre visite à son père qu’il n’a pas vu depuis vingt cinq ans et qui meurt d’un sida contracté lors d’une transfusion. On le voit tout cela n’est pas l particulièrement léger. Ce qui sauve ces séquences du pathos c’est que l’on ne sait jamais si, ce que l’on voit est du domaine du songe ou du réel.

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Pourtant, la réalisatrice sait aussi être légère quand,  mine de rien, par petites notations, elle nous parle d’un homosexuel répudié adolescent par son père, d’un gay cherchant sa propre place de père d’une adolescente, d’un révolté contre la norme, d’un homme heureux dans sa sexualité compulsive, d’un hédoniste que la mort angoisse, d’un solitaire défendant pied à pied une liberté que l’on suppute acquise de haute lutte, d’un créateur entre rêve et devoir...

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Dans L'Homme de sa vie, Zabou Breitman ne donne que de rares éléments sur ses personnages. Elle s’en explique: << On sait vaguement que l'un est chimiste et l'autre est graphiste, mais on pourrait les intervertir. Au casting, je me suis attachée à ce que les personnages de Frédéric et Hugo soient absolument interchangeables. Frédéric et Frédérique (Léa Drucker) portent d'ailleurs le même nom. En parlant des trois, je parle de la même personne. Chacun porte en lui un tiers de l'autre. Lorsque Frédéric est à côté d'un homme, il a l'air plus féminin et lorsqu'il est à côté d'une femme, plus masculin... Frédéric n’a jamais vu quelqu’un comme Hugo et Hugo n’a jamais vu quelqu’un comme Frédéric >>. Cette dernière allégation n’est pas évidente. On peut même en douter au vu de leur statut social. Comme souvent dans le cinéma français on ne peut s’empêcher de penser que le scénario aurait eu plus de pertinence si les personnages avaient appartenu à une classe sociale moins privilégiée. D'autre part on a un peu de mal à imaginer Bernard Campan, par ailleurs excellent, en patron d'entreprise de chimie pas plus qu'en graphiste donc l'intergengeabilité n'est pas vraiment assurée...

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Un des grands atouts du film est l’excellence des comédiens.  Charles Berling retrouve un rôle d’une subtilité équivalente  à celui de Petits arrangements avec les morts' qui nous l’a fait découvrir au cinéma en 1993. Il commente  la relation entre Hugo et Frédéric de la façon suivante: <<J’ai le sentiment que ces deux hommes s’aiment parce qu’ils sont parvenus à un point de vérité, que leur rencontre se fait sur la révélation et l’acceptation de leurs faiblesses >>. La grande confirmation reste Bernard Campan que l’on ne verra plus jamais comme un “ Inconnu”. Il y a quelques années, le magazine Première contenait une rubrique intitulée, “On ne sait jamais comment ils s’appelle”. Pour qu’il n’en soit jamais plus ainsi, je signale que l’acteur remarquable dans le rôle du beauf et qui était déjà parfait en flic pourri dans 93 rue Lauriston a pour nom, Eric Prat.

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Si belles soient-elles dans leur photographie  plusieurs scènes paraissent aussi inutiles qu’absconses en particulier celle d’un quatuor de musiciens jouant dans une masure avec fougue et sérieux comme s’ils étaient à Pleyel! Il est dommage que le dvd n'ait pas de commentaire de la réalisatrice ce qui aurait éclaireré nos lanternes sur ce point et d'autres.

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Rien ne doit être gratuit dans un film tout doit-être au service des émotions, des sensations, des idées... que le cinéaste veut faire passer par l’image. Mais que nous apporte le décor raffiné à l’extrême de l’intérieur de la maison d’Hugo (en complet divorce avec son extérieur) avec le sol transparent de la mezzanine? Sinon le plaisir d’admirer l’ange blond d’une nuit qu’Hugo a levé dans la boîte locale, un beau garçon nu en “vue de dessous” ce qui n’est pas banal mais très cucul.

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Paradoxalement pour un film qui se veut aussi “cinématographique” on a le sentiment que cette histoire, si bien dialoguée, même si l’ On pense un peu à 'Un petit jeu sans conséquences' de Bernard Rapp, aurait plus sa place sur les planches que sur un écran de cinéma. C’est plus le théâtre de Bernstein qu’elle nous rappelle que tout autre souvenir  cinématographique et comme spectacle récent la pièce de Besset Les grecs qui elle aussi mettait en scène l’homosexualité, dans un milieu similaire à celui de L’homme de sa vie.

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Le dvd du film bénéficie d'une édition par "Wild Side Video" de qualité, même si je pense que le film et les suppléments auraient pu tenir sur un seul disque. Si le making off est un peu trop "arty" sous forme d'un journal de tournage sa réalisatrice se mettant un peu trop en lumière, les entretiens avec la réalisatrice et les acteurs sont éclairants et l'album de photo est superbe.
Le premier film de Zabou Breitman avait pour titre, Se souvenir des belles choses, ne nous souvenons que de celles-ci dans ce deuxième film où il y en a beaucoup.




 


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20 mars 2008

Hommage à Villeglé

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rue d'Hautpoul, Paris XIXème, mars 2008.

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Olivier

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La varenne, juillet 1983.

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Babylone au Louvre

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statuette aux bras articulés

Si Sémiramis, Nemrod ou autre Nabuchodonosor ne sont pour vous que des noms vides de sens, il faut courir sans tarder au Louvre pour y découvrir l’exposition consacrée à Babylone, qui se situait dans l’antiquité non loin de l’actuel Bagdad. Au bout de deux bonnes heures ils deviendront vos familiers... L’exposition rappelle celle en ces mêmes lieux vouée à Praxitèle, il y a quelques mois où comment monter un événement sur un thème lorsque l’on a peu à montrer sur celui-ci. Une contrainte que les conservateurs du Louvre contourne brillamment. En effet des fameux jardins suspendus de Babylone et de la légendaire tour de Babel, sise dans la ville, il ne reste que fort peu de choses.
L’exposition est divisée en deux parties bien distinctes. La première offre à notre admiration des objets de la civilisation babylonienne, de culte pour la plupart, trouvés sur place ou le plus souvent récupéré dans les pénates des nombreux envahisseurs qui pillèrent le site, et ceci dès la plus haute antiquité. Pas de pièces monumentale, si l’on excepte la belle stèle de basalte noir du code Hammurabi. Une mémère mafflue qui me poussait de ses mamelles stérile mais néanmoins volumineuses, caquetait de c’était un sexe de noir, quant à moi elle m’a fait immédiatement penser au pouce mégalomane du sculpteur César...

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La presque totalité des objets sont disposés dans de spacieuses vitrines insérées dans les murs des salles. Quelques statuettes votives d’une finesse exceptionnelle dont les plus anciennes remontent à plus de 2000 ans avant J.C. sont de belles découvertes pour moi, surtout les deux pièces qui ont des bras articulés. Il y a aussi quelques témoignages de la vie d’alors comme ces superbes sceaux cylindriques qui ne dépassent que rarement 4 centimètres, remarquables par la précision de leur gravure.

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Si ces merveilles sont présentées dans d’élégantes vitrines ces dernières présentent quelques aberrations qui nuisent au confort de la visite. Tout d’abord les cartouches explicatifs sont placés très bas, lumbagos garantis pour les géants; ensuite les légendes sont écrites en très petits caractères et enfin comble du sadisme, les étiquettes ne sont pas placées sous les objets qu’elles commentent mais dans le plus grand désordre; cette disposition fantaisiste occasionne pour le spectateur un va et vient malcommode entre l’oeuvre et son commentaire. Si l’on ajoute que si l’exposition semble échapper aux hordes asiatiques qui galopent dans le reste du musée et aux tribus de sauvageons qui encombraient la semaine dernière, le salon du livre lors de ma visite, elle semble visitée que part une population cacochyme quasiment ingambe devant laquelle j’étais partagé entre l’exaspération devant le temps qu’elle mettait à déchiffrer les cartouches explicatifs et l’admiration pour la soif de connaissances d’êtres ayant déjà un pied dans la tombe.
Pour toutes ces raisons je vous conseille de choisir la nocturne pour votre visite et de prendre l’audio commentaire qui n’est pas redondant avec les explications écrites sur les murs des salles.

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Pazuzu

Mais ces petits désagréments furent balayés par la joie indicible de découvrir Pazuzu en trois dimensions. Pazuzu autrement dit, fils de Hampa, le roi des mauvais esprits, des vents, qui sort violemment des montagnes (inscription au dos de la statuette); je suis bien conscient que seul les fervents de Tardi peuvent comprendre ma félicité.

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Grand autre moment la confrontation avec une reine de la nuit que l’on peut imaginer assez différente de celle dont mozart rêvait composant la flûte enchantée... On peut voir aussi de nombreuses tablettes d'argile dont une avec le récit du déluge qui inspira très probablement celui de la Bible.

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La reine de la nuit

La deuxième partie de l’exposition est bien différente de la première. Elle se propose de montrer la fortune où plutôt l’infortune de Babylone dans l’imaginaire des hommes en occident et en orient depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. La réputation de Babylone a toujours été ambivalente dans les fantasmes de l'humanité. Elle fut positive par le souvenir de ses mythiques jardins suspendus et de sa tour de Babel où tous les hommes se comprenaient mais c’est tout de même son images négative qui prévalue au fil de l’histoire. La ville, à l’instar de Sodome et Gomorrhe, symbolisa la cité de toutes les débauches. Cette désastreuse réputation fut surtout propagée par les juifs qui ne pardonnèrent pas à Nabuchodonosor (605-562 av. J.C.) sa conquête de Jérusalem et la déportation des hébreux en Babylonie. Principal fait qui engendra dans le temps et dans l’espace une histoire romancée de Babylone souvent peu amène.

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Babylone vu par Oliver Stone dans son film Alexandre

Ce sont de multiple facettes de l’image que se sont fait les hommes d’une Babylone fantasmée qui nous sont proposées sur des support différents du livres enluminé au film en passant par la peinture.
Le clou de ce deuxième volet en est “la tour de Babel de Bruegel qui a fait le voyage de Rotterdam.

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La tour de Babel (détail) de Bruegel

Mais s’est devant un autre tableau que je me suis esbaudi, "Le festin de Balthasar" de John Martin. Cette merveille qui est habituellement à New Haven à mon avis vaut à elle seule la visite à l’exposition. Le Louvre ne possède qu’une peinture, acquise très récemment de cet immense artiste qui pâtit de l’incomprèhensible et immémoriale dédain qu’on les français pour la peinture anglaise. Mes fidèles lecteur auront compris que je ne partage en rien cette coupable défiance.

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Le festin de Balthasar de John Martin que l'on peut voir dans l'exposition

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une autre version de la scène par John Martin

Il faut que je vous confesse que les tableaux de Martin furent une de mes illumination lors de mon très lointain premier voyage à Londres. Cet artiste est l’une des personnes à qui je dois mon amour de la peinture. Peut être que je n’aimerais pas autant Rothko aujourd’hui si je n’avais pas découvert John Martin à seize ans.

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L'architecture de Babylone vue par John Martin

Martin dans ce tableau se montre un précurseur du cinématographe de Grifith, dont est projeté un extrait d’”Intolerance”, de Cecil B De Milles et autre Oliver Stone, un des grands oubliès. Le peintre a accompagné son oeuvre d’un précis de lecture véritable panotage transversal sur le tableau. Il préconisait une lecture en trois temps qui correspondait au trois moment de l’action: “la protasis” qui correspondait à l’effet de surprise lié à l’apparition divine des lettres de feu (à gauche), l’épithasis qui correspond au face à face du roi et de Daniel et la catastrophe qui amène le spectateur à scruter l’agitation des arrières plans. L’artiste tente de concilier l’unicité de point de vue et la multiplication des péripéties dont certaines me demeurent énigmatiques comme l’attentisme de ce crocodile tout en bas à droite. Avec ce tableau Martin est novateur et va à l’encontre des règles de la peinture néoclassique dont celle des unités qui favorisait une compréhension globale du sujet. Martin au contraire introduit avec “Le festin de Balthasar” un séquensage que l’on peut qualifier de cinématographique, autrement dit une dimension temporelle à la fois dans ce qui est représenté et dans la démarche du spectateur face à la toile.

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image extraite d'Intolérance de Griffith

L’exposition est riche de surprises comme l’influence des rêveries babyloniennes sur l’architecture, tel ce projet inspiré de la ville mythique du à un architecte allemand pour une rénovation de Berlin en ... 1922, bien avant les plans pharaoniques de Speer pour la capitale du troisième Reich. Ce qui n'est pas surprenant car les fouilles de Babylone ont été réalisées par des équipes d'archéologues allemands au début du XXème siècle. On peut d'ailleurs voir au Vorderasiatisches Museum de Berlin (attention il est actuellement fermé pour reffection) une gigantesque reconstitution-reconstruction à l'échelle 1 de la porte d'Ishar.  Plus étonnant est ce monument pour Bagdad imaginé par l’américain Frank Lloyd Wright en 1957 ou l’on retrouve à la fois la tour de Babel et l’hélice cher à l’architecte, voir le Musée Guggenheim de New-York.

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N’existe-t-il pas pour Babylone des rêveries sérieuses d’architectes comme pour les monuments romains ou grecques? Néanmoins celle de Bardin présentée ici est savoureuse.

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Babylone vu par Bardin

Les organisateurs ne doivent pas aimer la bande dessinée car après Tardi nulle trace de Jacques Martin qui comme à son habitude y est allé de sa méticuleuse reconstitution de Babylone dans l’album la tour de Babel.

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En résumé de bien belles choses dans cette pédagogique et astucieuse exposition.

Exposition jusqu'au 2 juin 2008

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19 mars 2008

Regard sans avenir...


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La varenne, le 25 avril 1981.

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