28 mars 2008
Late Summer
Late summer (La fin de l'été), par David Ottenhouse, avec: Augustus Kelly ,Charlie Day ,Lucas Hall est un grand petit film, réminiscence d'un homme qui se souvient du jeune garçon qu'il fut. Alors qu'il était affligé par la perte de son père, recueilli par son oncle pour la fin de l'été il s'amourache d'Hunki son cousin plus âgé hunky, qui l'initie aux plaisirs interdit du sexe et de la drogues. Il se souvient d'un bain, d'une fin de nuit avant que leurs vies changent pour toujours...
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Langue: anglais
durée: 23 Minutes 35
David Ottenhouse est originaire de Houston, au Texas, où il a passé son adolescence. Il est entréa à la Rice University, où il a obtenu un BS en Electrophysique. Il a aussi un baccalauréat en littérature.
Il a eu le privilège de travailler comme assistant aux côtés du célèbre metteur en scène, Bob Wilson, à l'Opéra de Paris sur des productions comme "Madame Butterfly" et "La Flûte enchantée". Il a également travaillé avec Bob Wilson sur "Orlando", avec pour vedette Isabelle Hupert, au Théâtre de l'Odéon. Il a ensuite quitté la ville lumières pour la Cité des Anges et le programme d'études supérieures à l'UCLA Film Directing.
Il a réalisé trois courts métrages. Parmi eux, Close To,projeté en première au Festival international du film de Toronto en 1997. Doing Time jetables un court métrage de 9 minutes qui est une exploration du désir et de l'intimité fond de sexe anonyme et de la menace de violence. Le film est sorti en salles aux Etats-Unis par dans le cadre de la compilation l'amour a réinventé. À l'UCLA, David a reçu le prestigieux Prix James Bridges pour Late summer.
David est revenu à Paris pour une année au cours de laquelle il a étudié la théorie cinématographique.
David actuellement produit et réalise des clips pour MCA Records.Il travaille conjointement sur une adaptation du roman de Joseph Hansen, Backtrack qu'il veut mettre en scène. Il développe également un long métrage, Samedi 2 heures du matin, avec le producteur Stephen Israël.
David vit heureux à West Hollywood avec son compagnon Andy Shipps, pour qui il a laissé les rues de Paris derrière lui.
Color

La paruton de “Color” va me permettre d’introduire dans mon blog l’objet manga et plus spécifiquement yaoi, qui curieusement, n’y avait pas encore pénétré.
Ce manga est une rareté sous notre latitude, un manga Yaoi. Pour le béotien qui se serait égaré dans ce lieu, je me sens dans l’obligation de définir ce qu’est un manga yaoi. C’est une bande dessinée venue du japon nous racontant une histoire dans laquelle des garçons se papouillent. Il peut prendre aussi la forme d’un dessin animé. Le yaoi est un sous genre du shôjo ces derniers sont les mangas destinés plus particulièrement aux adolescentes. Car, ce qui ne saute pas aux yeux en France, ces bandes dessinées ont pour première cible des jeunes filles et leurs auteurs sont presque toujours des femmes.
Avant toute chose évacuons la question du dessin et de la mise en page qui dans Color sont archétypaux du shôjo standard. Les personnages évoluent devant des décors souvent réduits aux seuls supports physiques des actants et aux objets indispensables aux péripéties du scénario. Les volumes et l’éclairage sont transcrits par des jeux parcimonieux de trames. La case et la page sont ainsi à dominante plus blanche que noire.
Comparé aux pages des bandes dessinées franco-belges les mangas comportes beaucoup moins de cases par page, pas seulement en raison de leur format, plus petit, mais aussi par le fait que l’alternance de grandes cases et de petits dessins dynamise le récit; la forme et la taille de la case sont partie intégrante du découpage de celui-ci.
Le prétexte pour la rencontre des deux héros est plaisant. Il sont tout deux collégiens, peintres à leurs heures perdues; lors d’une exposition de jeunes artistes, organisée par un jeune homme gay et aisé, propriétaire d’une galerie, ils montrent chacun une oeuvre qui porte le même titre, color; les toiles sont si semblables qu’on les accroche l’une près de l’autre; surpris par leur proximité artistique, après quelques péripéties convenues, les deux jeunes artistes se lient d’amitié.
L’auteur à la bonne idée de ne jamais nous montrer les fameuses oeuvres. Il y a de l’humour dans cette modeste mise en abyme, des tableaux dans un manga, qui plus est intitulé le volume “color” alors que le livre est dessiné entièrement en noir et blanc!
Nos deux tendrons fileront le parfait amour durant toutes leurs années de lycée. Mais comme on le lit dans une des bulles << Le temps passe>> et dans une autre << la réalité ne fait pas de cadeaux>>. Je ne m’avancerais pas plus loin dans le descriptif du récit pour ne pas déflorer l’intrigue sentimentale...
En ce qui me concerne un des grands intérêts du yaoi, et de bien des mangas en général, est la confrontation de son monde édulcoré, régit par des canons artistiques et économiques extrêmement contraignants pour les auteurs, et du message sociale que ces derniers essaient néanmoins de faire passer, comme en contrebande.
Le yaoi répond à de quasi invariants. “Color” en est un bon exemple.
Le premier est que, comme la grande majorité des mangas, il se déroule dans le milieu du collège et du lycée. J’avancerais l’explication de la fascination des japonais pour leurs années de formation en ce qu’elles sont celles où l’individu a le plus de liberté (très relative) dans la société japonaise, même s’il y a évolution mais “color” a été dessiné en 1999 par Eiki Eiki sur un scénario de Taishi Zaou.

Tarzan par Hogarth Alex Raymond
Autre trait commun au genre, les protagonistes sont tous donc des adolescents ou/et de jeunes hommes; ce qui induit déjà une esthétique mais en plus ils ont toujours la même silhouette longiligne au corps maigre et mou à la fois, dont les muscles ne sont que peu dessinés. Le héros type du yaoi est physiquement l’anti super héros américain. Apparemment les dessins d’Alex Raymond ou de Hogarth ne sont pas arrivés au Japon et les cours de dessin anatomique ne doivent pas être les plus suivis par les mangakas de shôjo!

personnages de shônen
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Il n’en va pas de même pour les auteurs de Shônen (manga pensés pour un public de jeunes garçons, lu au Japon à partir du collège) qui eux on du voir trop souvent Rambo et Bruce Lee sur leur petit écran... Seul les héros des seinens (mangas pour adultes) ont en général un dessin réaliste, mais pas toujours, voir les chef d’oeuvre de Tezuka.
Dans le yaoi les garçons possèdent des traits androgynes qu’ accentuent de curieuses coiffures, les cheveux longs et catogans sont fréquents. En outre, comme dans tout les mangas, les traits européens, ou supposés tels, y sont accentués, grands yeux, nez et mentons pointus...
Certaine conventions graphiques propre à cette littérature dessinée sont utiles à connaître pour bien pénétrer dans les histoires; comme celle de voir apparaître des fleurs dans les moments de tendresse entre deux personnages. 
Les “adultes” quand ils ne sont plus jeunes, donc plus désirables selon les canons du yaoi, n’interviennent dans le scénario (ils sont souvent absent du dessin) que comme “bifurcateur” de l’histoire, presque toujours comme obstacle à l’ idylle de deux tourtereaux comme c’est d’ailleurs le cas dans “color”.
On arrive ainsi à des scénarios qui reprennent toutes les ficelles et ressorts du mélodrame et du feuilleton du XIX ème siècle. Le manga doit beaucoup à la littérature française post romantique et à Dickens et ses épigones. Comme par exemple celle de faire d’un des deux garçons un rejeton d’une famille fortunée, alors que son amoureux est une pauvresse!
Le hasard est un des grands pourvoyeurs des scénarios; comme ici le fait que nos deux peintres en herbe se retrouvent miraculeusement dans le même lycée.
Venons en maintenant à l’aspect sexuel de la chose, “Color” est un yaoi tiède; on s’y encastre tardivement et dans l’ellipse, c’est le cas dans la majorité de la production (mais pas toujours il y en aussi de fort chauds)...
Très souvent dans le yaoi on se tourne longuement autour avant de conclure physiquement, ce qui n’est pas une règle, dans certaines histoire un simple baiser suffit à la félicité des amoureux. A noter qu’un yaoi qui se limite aux baisers (et encore) est appelé « shonen-aï » soit littéralement amour entre garçons, ce qu’est presque color, alors que le terme yaoi concerne généralement des mangas un peu plus chauds.
Le yaoi a la singularité de présenter un modèle inédit dans sa représentation sous nos cieux de la relation homosexuelle, celle que l’on peut qualifier d’amour courtois.
Michel Foucault explique très clairement, dans les lignes suivantes pourquoi l’amour courtois en occident, et donc ses transcriptions artistiques, est uniquement hétérosexuelle: << Pour les Grecs, l’amour courtois entre hommes était plus important qu'entre hommes et femmes. Rappelez-vous Socrate et Alcibiade. Mais la culture occidentale chrétienne bannissant l'homosexualité, celle-ci se concentre sur l'acte sexuel. Les homosexuels ne pouvaient pas élaborer un système d'amour courtois parce que l'expression culturelle d'une telle élaboration leur était interdite. Le coup d'oeil dans la rue, la décision au quart de seconde, la vitesse à laquelle les relations homosexuelles sont consommées, tout cela est le produit d'une interdiction. Aussi, lorsque une culture et une littérature homosexuelles se sont développées, il était normal qu'elles se concentrent sur l'aspect le plus ardent des relations homosexuelles.>>.
L’orient n’ayant pas connu la culpabilité judéo chrétienne à l’encontre de l’homosexualité s’y est développé, en marge certes , pensons aux communautés de samouraïs, une geste des amours gays pas seulement axée sur l’assouvissement sexuel. Le Yaoi en est souvent une bonne illustration. En cela l’apport du yaoi n’est pas négligeable pour la construction d’un imaginaire gay moderne.
“Color” représente bien (malheureusement) le niveau moyen des yaois, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de perles dans le genre, je devrais y revenir sans tarder, et que ce livre ne soit qu’ un “harlequin” au pays du soleil levant; sous cet indéniable aspect se cache un récit émouvant dont le sous texte dénonce la pesanteur de la société normative. Les coeurs d’ artichaut se poigneront et en seront tout ignés.

