10 mars 2008
autoportraits adolescents 5
Soyez sympas, rembobinez
Selon la rumeur je m'attendais avec "Soyez sympas, rembobinez" le dernier film de Gondry qui est affublé d'un titre assez laid qui ne retrouve pas complètement la richesse de celui en anglais, à retrouver mon rire d'enfant que j'avais en découvrant les vieux burlesques de Laurel et Hardy. Au lieu de cela, je me suis retrouvé devant une fable à la Capra, mâtinée de Lubitch, mais tout de même assez mal foutue.... Ce qui n'est déjà pas si mal, même si le dernier opus de Gondry est inférieur à ses deux précédents. Le film pêche surtout par son montage qui ne sait pas donner du rythme au film que paradoxalement j'ai trouvé trop court. D'une manière incompréhensible Gondry a intégré à son montage final que peu d'images des films "suédés (pour le pitch du film je vous renvoie à votre gazette habituelle), voilà un néologisme qui devrait avoir un bel avenir... Ce manque est d'autant plus incompréhensible qu'elles ont été tournées et que l'on peut s'en régaler sur le site du film . Cette aberration a pour résultat de déséquilibrer le film le tirant plus vers la comédie sentimentale que vers le burlesque. Le film, comme toujours chez Gondry, fourmille d'inventions visuelles mais elles sont au service d'un scénario un peu mince. Il reste le maître du "low-tech" (par opposition à high-tech), une esthétique revendiquée du bricolage en totale opposition aux effets spéciaux hollywoodiens. Comme l'illustre cette déclaration du cinéaste: << L'image de synthèse, il faut l'employer avec parcimonie. Quand les cinéastes utilisent des fonds bleus pour éviter aux acteurs d'avoir à se rendre dans la ville où se situe l'action, cela montre surtout un manque d'engagement de la part de ces acteurs!.. l'idéal est de faire un mélange de choses qu'on fabrique soi-même qui ont la densité et le poids de la vraie matière, et des ajouts en 3D qui ne serait pas réalisable autrement. >>.
Malheureusement, sans doute par crainte d'alourdir son film, Gondry rechigne à exploiter à fond ses multiples et souvent très poétiques idées, comme par exemple celle de remplacer les touches d'un piano par des doigts d'enfants, alternant noirs et blancs. Il affaiblit ses gags parfois par un choix discutable d'optique (il y a peu de gros plans dans le film) comme celui dans lequel Jack Black, magnétisé, est irrésistiblement attiré par les masses métalliques et se retrouve collé sur un grillage. Un gros plan aurait été hilarant au lieu de cela, on ne voit la péripétie que de loin comme si Gondry avait peur de s'approcher de son acteur principale qui est parfait comme le reste de la distribution. Certaines séquences pâtissent de n'être pas à inserrer à leur juste place telle celle où l'urine de Jack Black magnétisée et corrosive, s'écoulant dans le caniveau, attire les pots d'échappement des automobiles en stationnement. Elle est placée trops loin de l'origine du gag.
Après son préhambule astucieux, le cinéaste peine également à tenir son fil rouge, la légende de Fats Waller que l'on aurait aimé plus présent dans la B.O.
Alors que Gondry, extraordinaire casting man, avait diriger de main de maitre dans des contre-emplois Jim Carrey dans "Eternal Sunshine" et Bernal dans "la science des rêves", dans "Soyez sympas rembobinez il est un peu timoré. Il n'exploite pas entièrement l'extraordinaire potentiel comique de Jack Black et ne donne pas grand chose à faire à Mia Farow que l'on a grand plaisir à retrouver dans un film qui a quelques parentés avec l'un des somment allenien qu' est La rose pourpre du Caire, et encore noins à Sigourney Weaver.
Le film suggère que tout le monde peut faire son film dans sa cuisine et dans son jardin, acclimatant au cinéma la vieux slogan bobo-libertaire, "tous artistes", une vieille lune qui a nourri bien des illusions et fait déjà beaucoup de mal au beau.
On pourrait qualifier le film de Gondry par la sentence mi figue mi raisin que l'on l'écrivait, il y a longtemps, parfois sur mes copies d'écolier: peu mieux faire.












