Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

22 février 2008

Narcisse

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Kenya, Amboselli, 1989.

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Anthony Gayton

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Ce Ce sont les vieilles maisons qui font les grandes vacances

Ce sont les vieilles maisons qui font les grandes vacances. Les vieilles maisons font voyager bien plus que les autres. Leur silence est plein de chuchotements. Elles mènent très loin quand elles commencent à bavarder.

Alexandre Vialatte

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21 février 2008

Skins saison 2, suite

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Maxxie (Mitch Hewer) dans le 2e épisode de la saison 2 de « Skins » diffusé lundi 18 février sur la chaîne anglaise E4 nous a offert un beau cadeau en nous faisant découvrir une partie intéressante de son anatomie.

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David Slijper

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Portraits...

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L'élève

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Fiche technique :
Avec Vincent Cassel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Marielle, Caspar Salmon, Sabine Destailleur, Sandrine Le Berre, Alain Gandy, Luciana Castellucci, Angelo Aybar et Maggy Dussauchoy. Réalisation : Olivier Schatzky. Scénario : Éve Deboise et Olivier Schatzky, d’après la nouvelle d’Henry James. Directeur de la photographie : Carlo Varini. Ingénieur du son : Dominique Levert. Musique : Romano Musumarra. Décorateur: Jacques Bufnoir. Monteur : Jean-François Naudon.
France, 1996, Durée : 92 mn. Disponible en VF.

Résumé :
À la fin du XIXe siècle, un jeune instituteur de 25 ans, Julien (Vincent Cassel) est engagé par un couple d’aristocrates (Caroline Cellier et Jean-Pierre Marielle), vivant dans une grande propriété du midi de la France, pour veiller à l’éducation de leur fils, Morgan (Caspar Salmon). Le garçon est à la fois surdoué, tourmenté et farouche. Il dort la nuit les yeux ouverts. Parfois il chante d’une belle voix claire, la nuit, sur le toit de la grande maison. Morgan déclare n’avoir pas d’amis car les enfants de son âge ne l’aiment pas. Julien découvre, au fil des jours, la réalité totalement factice du train de vie de ses employeurs. Ils sont complètement ruinés et ils ne peuvent lui payer ses gages. Ils ne lui versent que de minables acomptes. Morgan n’est pas dupe de cette situation que Julien essaye pourtant de lui cacher pour ne pas lui avouer (?) le sentiment qu’il éprouve pour lui. Le garçon sent que si Julien ne cherche pas une autre place, c’est qu’il est déjà lié à lui par une indéfectible amitié et qu’il est prêt à le suivre au gré du nomadisme de ses parents, qui bientôt ne peuvent plus cacher leur dèche, due au gaspillage effréné du père, j’m’en-foutiste hédoniste. Julien en vient tout de même à dire son fait au père et à la mère, les qualifiant d’aventuriers fabulateurs et de snobs abjects. En rien déstabilisés, ses interlocuteurs lui dénient tout droit à leur réclamer son dû car il devrait s’estimer payé par le simple privilège de côtoyer chaque jour un tel enfant ! Le père a machiavéliquement compris qu’il tient Julien par le sentiment qu’il éprouve pour Morgan. C’est même eux qui, peu après, viennent solliciter Julien pour qu’il leur prête de l’argent. Leur intention réelle est de transférer sur Julien toute responsabilité envers Morgan que l’on amène chez le médecin alors qu’il est présenté comme menacé par une maladie fatale.
Quelque temps après Noël alors qu’ils sont à Cracovie, dans la résidence prêtée par une amie du couple, la comtesse Jesenska, Julien reçoit par télégramme la proposition d’un emploi à Lyon. Il accepte et part. Un jour, il reçoit un courrier de la mère, lui reprochant d’avoir abandonné Morgan qui est au plus mal. Julien se rend aussitôt à Paris où il retrouve la famille échouée dans un misérable galetas. Il emporte dans ses bras le garçon inconscient...

L’avis de Bernard Alapetite:

L’Élève est, après Fortune express, en 1991, le deuxième film d’Olivier Schatzky. Il a été auparavant scénariste pour le réalisateur Pierre Jolivet : Le Complexe du kangourou, Force majeure et pour Diane Kurys, Un Homme amoureux.
L’Élève est une adaptation assez fidèle d’une longue nouvelle d’Henry James, The Pupil. Ce film donne l’étrange impression d’être incomplet, des séquences entières semblent avoir été oubliées au montage. Sa structure lacunaire en fait un parfait véhicule à fantasmes car les scènes tournées sont convaincantes, du moins les intimistes car les reconstitutions historiques deviennent une France et une Pologne hors du temps que l’on peut situer certes à la fin du XIXe siècle, bien qu’elles ne contiennent aucune connotation politique ou sociale.
Les parties en extérieur, malgré la nombreuse figuration et le cinémascope, font néanmoins un peu fauchées et rappellent fâcheusement le plus mauvais style « Buttes-Chaumont ». Cette fresque intimiste est tournée principalement en plans-séquences.
La sensibilité de la direction d'acteurs joue surtout, dans une merveilleuse harmonie, avec la rencontre des regards. L'incomparable intensité de celui de Caspar Salmon, aux yeux bleus transparents, habite l’écran. Il est bouleversant quand naît un sourire fugitif entre ses lèvres serrées. Découvert dans Le Voleur d’enfants de Christian de Chalonge, il était déjà prodigieux dans Le Roi des aulnes où il était presque la seule raison de voir le film. Malheureusement depuis L’Élève, il ne nous a pas donné de nouvelles cinématographiques. Jean-Pierre Marielle est truculent dans le rôle du père, cet égoïste suicidaire. Vincent Cassel joue une partition tout en subtilité à laquelle il nous a peu habitué.
Malgré ses défauts, il n’en reste pas moins que le film demeure gravé dans la mémoire du spectateur, surtout grâce à la poignante dernière séquence, lorsque Julien serre et emporte dans ses bras Morgan dont on ne saura pas si, il est mort ou vivant. Il est stupéfiant qu’aucun critique, à la sortie de L’Élève, ne se soit aperçu que cette histoire est avant tout une histoire d’amour-passion entre un homme et un garçon de treize ans.

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Dans la lumière

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20 février 2008

BOY’S CHOIR (Dokuritsu Shonen Gasshoudan)

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Fiche technique :
Réalisation : Agata Akira. Scénario : Kenji Aoki Kenji. Photographie : Masami Inomoto. Éclairage : Junichi Akatsu. Son : Shoji de Hosoi. Directeur artistique : Hidefumi Hanatani. Montage : Shuichi & J.S.E. Kakesu. Musique : Shinichiro Ikebe.
Japon, 130 mn, 2000,

Disponible en VO et VO sous-titrée anglais.

Avec Atsushi Ito, Sora Toma, Teruyuki Kagawa, Takizawa Ryoko, Kunimura juin, Mitsuishi Ken et Serizawa Reita.


Résumé :

Après la mort de son père, Michio (Atsushi Ito), un garçon de 15 ans, est envoyé par son oncle dans un pensionnat catholique pour garçons; maladroit, mal à l’aise et incapable de parler sans bégayer, il se mêle peu aux autres dans son nouvel environnement. Mais bientôt le délicat Yasuo (Sora Toma), soprano vedette du chœur de l’école, le sort de son isolement et, arrive à le convaincre de se joindre au groupe de chanteurs. Les deux garçons deviennent rapidement amis. Le film dépeint dans  le huis clos du pensionnat l’entrainement des jeunes choristes en vue d’une compétition entre chorales qui aura lieu à Tokyo. Mais tandis que leur chorale répète avec celle d’une école voisine de filles, Yasuo devient jaloux de la fascination soudaine de Michio pour le sexe opposé...
Une intrusion va bouleverser cette routine studieuse, celle de Satomi (Takizawa Ryoko), ancienne camarade de classe de Seino (Teruyuki Kagawa), le maître de chœur, qui vient se réfugier dans le pensionnat après avoir fait exploser une bombe à Tokyo. Satomi convainc Seino de faire chanter à ses élèves des chants révolutionnaires lors de la grande compétition annuelle des chorales à Tokyo. Mais un soir, deux policiers en civil viennent arrêter Satomi, qui, désespérée, se suicide à la dynamite sous le regard horrifié de Seino et des deux garçons. Après avoir passé l’été à Tokyo à participer à des manifestations de jeunes et à pleurer la mort de Satomi, Yasuo retourne à l’orphelinat et tente en vain de transmettre sa ferveur révolutionnaire au reste du groupe...

L’avis de Bernard Alapetite
M213710Il est un peu vain de résumer un film aussi riche et aussi subtil qui est malgré tout d’abord une histoire d’amour entre deux garçons.
Le dispositif ambitieux du film s’appuie sur deux piliers de la culture  de la jeunesse japonaise de la fin des année 60 : d'une part, la croyance en l'imminence de la révolution mondiale, ce qui a produit une génération d’activistes fanatiques ; de l'autre, la vaste popularité du choeur des garçons de Vienne. Le début du film nous montre l’attirance l’un pour l’autre de deux garçons à priori fort différents. Nous pensons assister à un classique huis clos des amours adolescentes dans un pensionnat agrémenté d’un documentaire sur l’apprentissage des jeunes choristes, un peu comme dans Adieu ma concubine, Chen Kaige nous faisait découvrir le dressage des futurs jeunes acteurs de l’opéra de Pékin; le fait que cela se passe au Japon ajoutant une note exotique, on pense alors beaucoup à Grains de sable, avec une maîtrise technique bien supérieure pour Boy’s choir. Mais par l’intermédiaire de l’intrusion de l’ex-amie de leur maître de choeur, qui entraîne les deux héros dans l’activisme, Agata nous emmène sur une autre voie en parvenant alors à mêler habilement chant et politique, deux pôles qu’à première vue tout oppose. Graduellement, la musique et la politique fusionnent.

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A cette période, une génération entière d’étudiants japonais ont été engloutis dans l’utopie d'une nouvelle société. Les jeunes ont pris la rues de violents accrochages les opposaient aux forces de l’ordre. Je me souviens d’avoir vu aux actualités télévisées d’alors, ces hordes à la fois sauvages et disciplinées armées de longues perches d’aluminium chargeant la police; on trouve des échos de cette situation dans le génial dessin animé uchronique Jin roh. Certains ont attendu en expectative la marée de la révolution mondiale. Ils pensaient qu’elle allait atteindre inéluctablement les rivages du Japon. Alors que d'autres incitaient aux émeutes et aux attentats. Un nouveau monde a semblé presque à portée de leurs mains. Mais comme la génération suivante a approché de l'âge adulte, le mouvement s'est effondré. Le nouvel impératif sera bientôt d’être pour la prospérité  économiques et le consumérisme, rien de plus. Un sentiment de frustration a alors envahi bien des coeurs. Boy’s choir est situé à la fin de cette période troublée.

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Mais le scénariste ne se contente pas de ses ingrédients déjà fort riches . Il rajoute bientôt une autre péripétie elle aussi grosse de drame, celle de la mue pour un jeune chanteur.

On ne peut pas comprendre complètement ce film, comme beaucoup de films japonais, si on ne garde pas en mémoire que pour un japonais les années collèges sont les années de référence et surtout celles, où malgré le cadre strict de l’éducation, l’individualité de la personne est le plus pris en compte. Cette période a encore beaucoup plus d’importance que pour les anglo-saxons parce que touchant aussi une plus grande proportion d’une classe d’age. Le manga est un bon miroir de cette omniprésence de ce cadre, certes un peu déformant puisque s’adressant prioritairement aux adolescents.

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Voilà un film où, paradoxalement, il est difficile d’être complètement attentif à l’image tant l’émotion nous submerge celle ci toujours soutenu et provoqué presque toujours avant l’image par la magnifique musique qui est la chair même du film un régal pour les amoureux des voix séraphiques. Pourtant on ne peut être qu’admiratif devant la maîtrise dont fait preuve le metteur en scène jouant de toutes les valeur des plans, passant d’une caméra portée à un beau panoramique bien posée, variant les dominantes de couleur suivant les scènes dans un même lieu, par exemple des bleus aux brun dans les scènes à l’hopital du début.

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Akira OGATA est né en 1959 au Japon dans la préfecture de saga. OGATA a rencontré Sogo Ishii tandis qu'il était étudiant à l'université de Fukuoka. Plus tard il sera assistant d’Ishii. Le cinéma de ce dernier influence grandement Boy’s choir qui est le premier long métrage d’Ogata.

Le versant politique du film est à l’unisson de l’expérience politique du réalisateur qui a été un de ces étudiants qui protestaient contre la prolongation du Traité de sécurité entre les États-Unis et le  Japon, mis en place depuis 1945, et qui implique de nombreuses bases militaires américaines sur le sol japonais.
Boy's choir  a été sélectionné en 2000 au festival de Berlin où il remporta le prix Alfred Bauer pour la meilleure œuvre de fiction. En 2005 Ogata a tourné The Milkwoman .
Un dvd avec des sous titres en anglais existe aux USA chez Picture this.
Un film magnifique et ambitieux, parfaitement maîtrisé techniquement qui réussi à faire de la musique un ressort dramatique dans cette histoire  sur les amours de collège entre deux garçons sur un fond de violence terroristes des années 70.



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19 février 2008

Fenêtres

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