21 février 2008
Skins saison 2, suite
Maxxie (Mitch Hewer) dans le 2e épisode de la saison 2 de « Skins » diffusé lundi 18 février sur la chaîne anglaise E4 nous a offert un beau cadeau en nous faisant découvrir une partie intéressante de son anatomie.
David Slijper
Portraits...
L'élève
Fiche technique :
Avec
Vincent Cassel, Caroline Cellier, Jean-Pierre Marielle, Caspar Salmon,
Sabine Destailleur, Sandrine Le Berre, Alain Gandy, Luciana
Castellucci, Angelo Aybar et Maggy Dussauchoy.
Réalisation : Olivier Schatzky. Scénario : Éve Deboise et Olivier
Schatzky, d’après la nouvelle d’Henry James. Directeur de la
photographie : Carlo Varini. Ingénieur du son : Dominique Levert.
Musique : Romano Musumarra. Décorateur: Jacques Bufnoir. Monteur :
Jean-François Naudon.
France, 1996, Durée : 92 mn. Disponible en VF.
Résumé :
À la fin du XIXe
siècle, un jeune instituteur de 25 ans, Julien (Vincent Cassel) est
engagé par un couple d’aristocrates (Caroline Cellier et Jean-Pierre
Marielle), vivant dans une grande propriété du midi de la France, pour
veiller à l’éducation de leur fils, Morgan (Caspar Salmon). Le garçon
est à la fois surdoué, tourmenté et farouche. Il dort la nuit les yeux
ouverts. Parfois il chante d’une belle voix claire, la nuit, sur le
toit de la grande maison. Morgan déclare n’avoir pas d’amis car les
enfants de son âge ne l’aiment pas. Julien découvre, au fil des jours,
la réalité totalement factice du train de vie de ses employeurs. Ils
sont complètement ruinés et ils ne peuvent lui payer ses gages. Ils ne
lui versent que de minables acomptes. Morgan n’est pas dupe de cette
situation que Julien essaye pourtant de lui cacher pour ne pas lui
avouer (?) le sentiment qu’il éprouve pour lui. Le garçon sent que si
Julien ne cherche pas une autre place, c’est qu’il est déjà lié à lui
par une indéfectible amitié et qu’il est prêt à le suivre au gré du
nomadisme de ses parents, qui bientôt ne peuvent plus cacher leur
dèche, due au gaspillage effréné du père, j’m’en-foutiste hédoniste.
Julien en vient tout de même à dire son fait au père et à la mère, les
qualifiant d’aventuriers fabulateurs et de snobs abjects. En rien
déstabilisés, ses interlocuteurs lui dénient tout droit à leur réclamer
son dû car il devrait s’estimer payé par le simple privilège de côtoyer
chaque jour un tel enfant ! Le père a machiavéliquement compris qu’il
tient Julien par le sentiment qu’il éprouve pour Morgan. C’est même eux
qui, peu après, viennent solliciter Julien pour qu’il leur prête de
l’argent. Leur intention réelle est de transférer sur Julien toute
responsabilité envers Morgan que l’on amène chez le médecin alors qu’il
est présenté comme menacé par une maladie fatale.
Quelque
temps après Noël alors qu’ils sont à Cracovie, dans la résidence prêtée
par une amie du couple, la comtesse Jesenska, Julien reçoit par
télégramme la proposition d’un emploi à Lyon. Il accepte et part. Un
jour, il reçoit un courrier de la mère, lui reprochant d’avoir
abandonné Morgan qui est au plus mal. Julien se rend aussitôt à Paris
où il retrouve la famille échouée dans un misérable galetas. Il emporte
dans ses bras le garçon inconscient...
L’avis de Bernard Alapetite:
L’Élève est, après Fortune express, en 1991, le deuxième film d’Olivier Schatzky. Il a été auparavant scénariste pour le réalisateur Pierre Jolivet : Le Complexe du kangourou, Force majeure et pour Diane Kurys, Un Homme amoureux.
L’Élève est une adaptation assez fidèle d’une longue nouvelle d’Henry James, The Pupil.
Ce film donne l’étrange impression d’être incomplet, des séquences
entières semblent avoir été oubliées au montage. Sa structure lacunaire
en fait un parfait véhicule à fantasmes car les scènes tournées sont
convaincantes, du moins les intimistes car les reconstitutions
historiques deviennent une France et une Pologne hors du temps que l’on
peut situer certes à la fin du XIXe siècle, bien qu’elles ne contiennent aucune connotation politique ou sociale.
Les
parties en extérieur, malgré la nombreuse figuration et le cinémascope,
font néanmoins un peu fauchées et rappellent fâcheusement le plus
mauvais style « Buttes-Chaumont ». Cette fresque intimiste est tournée
principalement en plans-séquences.
La sensibilité de la
direction d'acteurs joue surtout, dans une merveilleuse harmonie, avec
la rencontre des regards. L'incomparable intensité de celui de Caspar
Salmon, aux yeux bleus transparents, habite l’écran. Il est
bouleversant quand naît un sourire fugitif entre ses lèvres serrées.
Découvert dans Le Voleur d’enfants de Christian de Chalonge, il était déjà prodigieux dans Le Roi des aulnes où il était presque la seule raison de voir le film. Malheureusement depuis L’Élève, il
ne nous a pas donné de nouvelles cinématographiques. Jean-Pierre
Marielle est truculent dans le rôle du père, cet égoïste suicidaire.
Vincent Cassel joue une partition tout en subtilité à laquelle il nous
a peu habitué.
Malgré ses défauts, il n’en reste pas
moins que le film demeure gravé dans la mémoire du spectateur, surtout
grâce à la poignante dernière séquence, lorsque Julien serre et emporte
dans ses bras Morgan dont on ne saura pas si, il est mort ou vivant. Il
est stupéfiant qu’aucun critique, à la sortie de L’Élève, ne se soit aperçu que cette histoire est avant tout une histoire d’amour-passion entre un homme et un garçon de treize ans.











