Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

04 janvier 2008

Soutine à la Pinacothèque de Paris

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IMG_1536Comme le temps file; je m’aperçois que je ne vous ai pas parler de l’exposition qui m’a le plus enthousiasmé l’an passé, alors que 2007 fut particulièrement favorable aux expositions d’art plastique. Je veux parler de l’exposition Soutine  à la Pinacothèque  de Paris qui se termine le 27 janvier 2008. Peut-être avez vous déjà lu, ça et là, des commentaires un peu dégoûtés sur cette manifestation lui reprochant son accrochage trop dense et la médiocrité du lieu, une vaste cave, sans aucune échappée vers l’extérieure qui sont, en ce qui me concerne de bien utiles respirations lorsque je visite un musée ou une exposition; c’est pour cela que j’aime tant le Met’ de New-York qui permet de s’évader entre deux chef d’oeuvre dans les frondaisons de Central Park.
Ces critiques sont certes justifiées mais elles oublient l’ essentiel, la somptuosité des oeuvres exposées et le choc que tous les spectateurs reçoivent en les voyant. Ce sera pour tous surtout une découverte car presque tous les tableaux viennent de collections privées. Ils ont été montré jusque là que très peu au public, et ne seront probablement pas visible de si tôt. Cette exposition permet surtout d’admirer les toiles peintes par Soutine à Céret  entre 1919-1922. Période la plus intéressante de l’artiste alors que curieusement Soutine n’a eu de cesse que de rechercher ensuite les toiles de cette époque pour... les détruire. Dans ces tableaux les magentas vocifèrent, les chemins se transforment en serpents écarlates dans leur dernier spasme, les maisons se tordent comme sous l’action de tremblements de terre apocalyptiques, les arbres semblent tordus par des bourrasques infernales et pris dans les griffes de ciels tourmentés. Tout est traduit par de grands coups de brosse fougueux avec lequel Soutine  étale ses couleurs à la fois provocantes et subtiles. Soutine nous offre une expérience inoubliable avec ce voyage dans sa folie joyeuse et inquiétante.

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Nous découvrons le travail du peintre de manière chronologique. Le visiteurs est constamment soutenu dans son exploration par des panneaux pédagogiques très bien faits. On peut retrouver ces notices augmentées dans le remarquable catalogue qui est peut être à ce jour le meilleur livre sur Soutine. On peut prolonger cette visite par le visionnage des dvd “Les heures chaudes de Montparnasse” parus chez Doriane films  dans lequel on trouvera un épisode consacré à Soutine. Il est également très profitable d’aller voir chez lunette rouge pour s’enrichir de son regard toujours libre. A quelques pas de la pinacothèque on peut enrichir notre connaissance par un tour à l’Orangerie où dans le cadre de la collection Walter-Guillaume, toute une salle est consacrée à Soutine, avec ses plus beaux portraits.

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03 janvier 2008

Regard et tags perdus

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Paris, Le Trocadéro, été 1986.



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Acla

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Fiche technique :

Réalisé par Aurelio Grimaldi. Scénario : Aurelio Grimaldi.
Italie, Durée : 86 mn. Disponible en VO et VOST.

Avec: Francesco Cusimano, Tony Sperandeo, Luigi Maria Burruano, Lucia Sardo, Giovanni Alamia, Benedetto Raneli, Giuseppe Cusimano, Rita Barbanera, Salvatore Scianna et Ignazio Donato.

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L'avis de Bernard Alapetite:
La vie extrêmement dure des mineurs italiens dans les années vingt et en particulier celle d’ un garçon blond de 11 ans est le sujet de ce drame affreux et implacable. Le bel Acla arrive à l’âge d’accompagner son père et ses deux frères aînés à la mine souterraine de soufre où ils travaillent six jours par semaine pour un salaire de misère. Le réalisateur montre tous les mineurs peu vêtus dans une sensuelle lumière caravagesque. Le travail achevé, les hommes dorment tous ensemble dans la mine même, loin de leur femme. Leur frustration sexuelle les amène à faire l’amour entre eux et souvent ils attirent les garçons avec quelques olives... Un des mineurs dit d’ailleurs : « On baise les garçons la semaine et nos femmes le dimanche. » Acla ne se laisse toucher par personne malgré les sollicitations incessantes de beaucoup.

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Acla rêve de mer et d’évasion alors qu’il lutte contre l’inhumanité. Bien que le sexe soit omniprésent, il est filmé avec discrétion, le réalisateur se contentant de chair plutôt que d’action. La seule relation tendre de tout le film est entre le frère aîné d’Acla et un autre mineur, et on les voit amoureux, les yeux dans les yeux, dansant sous les regards ravis de leurs compagnons...

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Aurelio Grimaldi, scénariste et réalisateur du film, a tourné et écrit une dizaine d'autres longs métrages en particulier un autre film gay, Mery per sempre. Ce film a été édité en vidéo en Italie et aux USA.

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02 janvier 2008

Ran photographié par Kevin De Borger

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Skins

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Comment expliquer la relative clandestiné dans notre triste contrée de la série la plus inventive, la plus exitante du moment je veux parler de Skins, petit bijou britannique diffusé sur canal + le jeudi soir à 22h 15mn en première diffusion. Il est grandement conseillé de voir la série en V.O.
Si l'histoire, classique, nous suivons une bande de lycéen de tous les sexes et de toutes les couleurs à Bristol qui se  confronte au monde des adultes. L’ambition est de filmer l'adolescence telle qu'elle est en 8 épisode de 45mn. Les thèmes abordés, la religion, la drogue, le sexe, l'anorexie, mais aussi l'amour ou encore le racisme et le regard porté sur la communauté musulmane dans une Angleterre en proie au terrorisme n’ont jamais été traités aussi frontalement ni avec une telle invention dans le filmage. On se régale des angles de prise de vues trouvés par le chef-op. Le jeu des acteurs est irréprochable ce qui ne devrait etonner personne puisque nous sommes dans un film anglais!

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les teenagers de Skins sont  issus de la classe moyenne. Ils ont  autour de dix-sept ans, vont vaguement en cours la journée mais pas toujours (Les scènes de lycée ont été filmées dans l'école John Cabot Academy à Bristol), prennent des drogues de synthèse et recherchent pour certains le sexe, pour d'autres l'amour...
Chaque épisode est centré sur un des membres de la bande et est autonome par rapport au reste de la série. Ce qui permet de voir chacun en dehors des autres même si, il est tout de même préférable de tout voir dans la continuité. Cette construction a aussi l’avantage de rattraper une des rares faiblesses de la série qui est de ne pas parvenir à faire vraiment exister tous les membres du groupe dans chaque segment.
Skin a commencé très fort par le portrait du leader du groupe, Tony (Nicholas Hoult) conscient d’être le beau gosse de la bande, il est aussi quelque peu manipulateur, cynique, imbu de lui-même, il trompe allègrement sa copine, est très intelligent et bon élève sans effort, en définitive  une parfaite tête à claque bandante qui les fascine tous. Le deuxième volet s’interresse à  Cassie (Hannah Murray), l’anorexique du groupe, l’actrice souffrirait réellement de cette maladie. Cassie vit dans un monde à part et est vraiment attachante. Elle est secrètement amoureuse de Sid dont l’ obsession est de perdre sa virginité mais qui se consume d’amour pour  michelle (April Pearson)  la petite amie de Tony.

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Le troisième épisode explore la vie de Jal (Larissa Wilson) la fille sage et réfléchie du groupe par ailleurs virtuose de la clarinette. Elle fait beaucoup penser à Lisa des Simpson. Le problème de Jal, c'est son père, musicien réputé mais totalement largué lorsqu'il s'agit de sa fille.  Jusqu’à maintenant elle demeure le seule personnage positif de la série. Et puis il y a Max (Mitch Hewer) , il fait des claquettes et il est gay. Il craque un peu pour Anwar (Dev Patel) Quant à ce dernier il est musulman (pas vraiment un fondamentalisme) et d’origine pakistanaise. Il est surtout passablement ahuri. On peut avoir des doutes sur sa sexualité. Tout en rêvant de seins, il n'accepte peut être pas sont homosexualité à cause de sa religion...

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Le quatrième épisode est l’un des plus trash et le plus dramatique de la première saison. Il est centré sur Chris (Joseph Dempsie) qui est accro aux pilules diverses et variées et s’est amouraché de sa prof de psycho. Il  se réveille un lendemain de fête avec une gueule de bois et une érection (c’est un accroc au médicament et au viagra en particulier). Rien d'exceptionnel pour autant. Jusqu'à ce qu'il découvre 1 000 livres en cash et un mot de sa mère disant qu'elle est partie de la maison pour quelques jours. Il décide se croyant riche d’organiser une fête sans fin mais l’argent est vite épuisé . Après des péripéties cocasses le garçon se retrouve tragiquement seul et nu au sens propre (sa plastique est une belle révélation). Il ne lui reste plus à espérer que la vie finira bien par avoir un sens. Chris dont on découvre le triste passé, doit aussi envisager que sa mère ne reviendra peut-être jamais à la maison.

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Le centre du cinquième chapitre est Sid (Mike Bailey) le looser type. Il échoue dans tout ce qu'il fait. Il est plus que jamais frustré sexuellement, et toujours obsédé par Michelle. Sid n’arrive pas à passer à autre chose. Et l’on attend qu’il prenne conscience que Tony le manipule ?
La série possède une identité forte. Rien de trash ne la rebute. Les réalisateur montre très souvent leurs acteurs très peu habillé avec un petit avantage pour les garçons par rapport aux filles. Si il n’y a presque pas de nudité frontale, l’autre face est largement exploré. Les jeune ne sont pas idéalisés, c’est le moins que l’on puisse dire. La série joue clairement avec les stéréotypes pour mieux les contourner, parfois à l'extrême. Quant aux adultes ils sont plus inconscients les uns que les autres. Ils sont une espèce bizarre. éructants, détraqués, immatures ou dépassés par les événements. Ils sont même un peu trop caricaturales pour être tout à fait crédibles. Mais ils sont à l’aune du cinéma anglais “social” d’un Mike Leigh. C’est pourtant dans le film américain “Les lois de l’attraction” que l’on trouvera de plus ressemblance avec Skins. Les jeunes adultes du film de Roger Avary d’après le roman de Bret Easton Ellis sont proche des lycéens de Bryan Elsley.  Skins échappe au naturalisme par ses embardées du coté de la caricature cocasse alors que tous les épisodes sont d’une noirceur d’encre ils possède tous aussi des scènes d’une irrésistible drôlerie.
Tous ces ados s’ils n’ont pas la plastique parfaite de ceux de certaines séries américaines sont bien mimis, on peut juger sur pièce car la réalisation n’est pas particulièrement pudique, même le binoclard de service n’est pas laid du tout si on lui enlève ses lunettes et son bonnet presque inamovible.

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Bryan Elsley, le créateur et scénariste de Skins, explique dans un entretien au Film français qu'il avait commencé à écrire une série pour ados. Il l’a fait lire à son fils. Celui-ci s'est moqué de lui, ne trouvant pas le traitement crédible. Elsley lui a donc demandé de l’aider et s'est mis à écrire avec son fils et des amis à lui. C'est ainsi qu'est née la série Skins.
Autour de lui et de son fils, Elsley, 45 ans, a réuni un groupe de seize jeunes scénaristes, des comédiens, des musiciens, des écrivains en herbe moyenne d'âge de l'équipe de scénaristes : 20 ans. Ce qui donne à la série une certaine crédibilité. Le père-scénariste raconte avoir été troublé au départ de découvrir ce qu'était la vie d'un ado aujourd'hui

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Skins » est apparu sur Channel 4 depuis le  le 25 Janvier 2007. La série a rencontré son public outre-manche. Une deuxième saison est annoncée pour 2008. Son succès a été bien aidé par le fait qu’elle ait été interdite aux moins de dix-huit ans en Grande-Bretagne!  elle ne serait dons pas destinée à ceux qui ont l’age des acteurs que l’on voit sur l’écran. Laisser ses enfants regarder une série où on parle drogue, alcool, tabac ou sexe n'est pas supportable pour des adultes responsables... Du coup, Skins a gagné un cachet d’ Interdit. Le titre de la série  a été choisi judicieusement. Il joue sur le double sens  "skin",qui signifie la peau, la pelure et la mue, mais aussi le papier pour se rouler des joints...
On avait pu voir Nicholas Hoult (Tony) aux côtés de Hugh Grant dans “About A Boy”. Mais une chose est sûre, le petit Nicholas a grandi depuis...
La première saison est sortie en dvd en Grande-Bretagne mais sans sous-titre français (ici skinsuk.free.fr/ un site de fan en français). Elle inclut  tous les mini-épisodes web diffusés en ligne sur le site de partage MySpace, ainsi que quelques mini-épisodes exclusifs... La deuxième saison sera diffusée sur Channel 4 à partir de février 2008. 

   

Posté par bernar alapetite à 07:11 - cinéphagie gay - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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