le blog de bernard alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

31 janvier 2008

Le roi et le clown

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Corée, 2005, 1h 59mn

Réalisation: Lee Jun-Ik, scénario: Seok-Hwan Choi & Tae-woong Kim, image:  Gil-woong Ji, montage: Jae-beom Kim & Sang-Beom Kim, son: Tae-young Choi, musique: Byung-woo Lee                  

avec:    Kam Woo-seong, Jeong Jin-yeong, Kang Seong-Yeon, Lee Jun-gi, Jeong Seok-yong, Lee Seung-hun, Jang Hang-Seon, et Yu Hae-jin

Résumé
Le clown Jangsaeng (Gam Woo-Sung) , après avoir occis un notable qui en voulait au corps de son   partenaire Gong-il (Lee Joon-Ki) , un éphèbe efféminé et timoré,  avec lequel il entretient une relation de fraternité incestueuse, décide de monter à Hanyang (l’ancien nom de Séoul) avec son ami. Arrivé dans la capitale, doué et charismatique, Jangsaeng forme rapidement une troupe et monte un spectacle satyrique dans lequel il se moque du roi Yeonsan (Jung Jin-Young) et de sa dépendance envers sa maîtresse, l’autoritaire son Noksu (Kang Sung-Yun). Il devient vite une petite célébrité. Mais un proche du roi assiste au spectacle. Il fait emprisonner la troupe pour s’être moqué du roi. Pour sortir de prison, Jansaeng prétend pouvoir faire rire le roi. Il obtient l’autorisation de montrer son spectacle devant le roi, mais si le monarque ne rit pas, ils seront tous décapités... Le roi reste de marbre. Soudain, Gong-il, travesti en geisha, se met à parler d’une voix de fausset en faisant des pitrerie ; le roi éclate enfin de rires.
Les deux hommes deviennent les fous du roi. Ils  vivent désormais dans le luxe au palais royal. Ils présentent un spectacle où ils raillent les ministres corrompus. Le roi apprécie beaucoup... 
Puis, la troupe donne une opérette décrivant les conflits secrets entre les femmes du palais. Le roi Yeonsan se souvient alors de sa mère morte empoisonnée. Il décide de faire tuer les concubines du précédent roi. Lors de chaque spectacle, le palais connaît des effusions de sang. Les saltimbanques se décident à quitter le palais. Cependant, Gong-il insiste pour y rester...

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L’avis de Bernard Alapetite
De la première image à la dernière seconde “Le roi et le clown” est une constante féerie pour les yeux. Il nous emporte dans un territoire dont la quasi totalité de ses spectateurs occidentaux ne soupçonnaient même pas l’existence une cours royale au XVI ème siècle en Corée. Les décors sont tellement somptueux et inattendus que l’on écarquille les yeux durant toute la projection de peur d’en rater un détail. “Le roi et le clown” est entre bien d’autres choses (une fable philosophique, un mélodrame, un film gay, un film politique, une aventure initiatique...) un passionnant documentaire sur la Corée moyenâgeuse avec ses costumes,   ses fastes et aussi ses bouges, ses mœurs ; monde tantôt bigarré et grouillant, tantôt somptueux et figé; magnifiquement servi  par une grâce  maîtrisée et une direction d’acteurs, ils sont tous formidables, parfaite.

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Mais cette toile de fond, o combien animée, ne serait qu’enluminures si une poignante tragédie ne se déroulait pas devant elle. Et je ne vois que celles du grand shakespeare pour être comparées à celle du “Roi et le clown”. On y trouve, passion extrême, intrigues de palais, jalousie exacerbée, fourbe reine, marâtre criminelle, névrose du monarque, complots politiques, homosexualité inavouable, éphèbe aveugle à l’amour qu’il provoque, truculence... Il faut préciser que jamais le décor qui est somptueux, on ne le répétera jamais assez, n’écrase ou ralenti l’action et du mouvement il y en a car si le pitch est simplissime: un roi tombe amoureux de son fou qui lui fait découvrir l’amour en même temps que les turpitude de sa cour. Il recouvre bien des péripéties et des abîmes psychologiques. Dès les premières minutes on peut apprécier combien la célérité du montage sert le propos du réalisateur qui sait jamais s’ arrêter sur un détail de son époustouflante reconstitution ou s’attarder sur une émotion. Il est dommage que  Lee Jun-ik ne parvienne pas cependant à tenir tout à fait la rigueur de son montage jusqu’à la fin. On sent qui ne se résout pas à quitter son film, mais la dernière séquence est inoubliable...

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Habilement inséré les numéros interprétés par les deux clowns allègent régulièrement la tension du film. On passe ainsi presque sans transition de la bouffonnerie au drame sanglant. En contrebande par le biais du théâtre burlesque coréen c’est toute l’histoire du théâtre qui défile, des pantomimes romaines avec leurs grasses blagues scatologiques à la tragédie shakespearienne en passant par la tragédie antique grecque, la comédie dell arte, le théâtre de rue, les comédies de Molière... On découvre aussi  au début l’existence d’une petite troupe de saltimbanques qui sont avant tout des mendiants soumis au bon vouloir des riches et trop souvent victime des exigences de leur directeur autoritaire qui n’hésite pas à prostituer certains de ses acteurs...

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Rarement on a vu sur un écran, un amour aussi fort entre deux hommes. Autant d’émotions dégagée par le fragile, tendre et désirable Gong-Il. Lee Joon-Ki ravira tous les amateurs de beautés asiatiques délicates.
Une scène est très originale sexuellement parlant, celle où le jeune clown sert  de stimulant sexuel au roi qui reproduit dans les ébats avec sa maîtresse, les postures grivoises représentées par le jeune homme à la beauté androgyne.
On s’aperçoit à la fin du film que l’intrigue principale n’est pas l’amour que le roi voue à son nouveau favori mais la passion amoureuse entre les deux acteurs. Elle n’est pas sans faire penser à celle d’ “Adieu ma concubine” de Chen Kaige. Mais l’atmosphère et la réalisation évoquent plus à la foi Ran de Kurosawa et “L’impératrice Yang Kwei Fei” de Mizoguchi.

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Outre être un beau spectacle émouvant, Le roi et le clown est aussi un film politique; c’ est  une réflexion sur la satire, avec sa fonction cathartique, sur l'art qui n’est pas seulement une liberté d’expression qu'il faut conquérir sur la tyrannie mais une manière d ‘éclairer le pouvoir en le remettant en question tout en la légitimant. C’est aussi un regard sur la manipulation des artistes par les gouvernants, rien que de très contemporain et qui n’est pas seulement exotique.

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Le film est inspiré par la pièce de théâtre “Kiss” dont l’histoire se déroule sous le règne du roi Yeonsan durant la dynastie Joseon. Un court encart didactique nous apprend que la dynastie des  Chosun (1392-1910) a régné sur la Corée durant plus de six siècles et cela jusqu’au début du XX ème siècle. Pour chaque monarque un mémorialiste tenait le journal du règne. Ces écrits nous sont parvenus et sont à l’origine du scénario. Le réalisateur s’exprime sur le pan historique du film: << Il paraît que les tyrans n'apparaissent que dans les périodes de paix. L'empereur Néron et le roi chinois Jin  font partie de cette catégorie. Le roi Yon-San est connu pour être le tyran le plus cruel.  Néanmoins, au regard de son histoire personnelle, l'individu mérite notre compassion. Ce qui m'a intéressé dans Le Roi et le Clown c'était l'aspect humain du personnage. Mais je veux insister sur le fait que Yon-San n'est pas le personnage principal du film, il est un type d'individu dans la société. L'histoire principale c'est Jang-Seng et son spectacle.>>.

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L’histoire a été un peu modifiée pour les besoins du film. Contrairement à la pièce de théâtre dans laquelle Gong-il est le personnage principal. Lee Jun-Ik a réévalué le rôle de Jangsaeng et sa relation avec Gong-Il .
Le film a connu un immense succès en Corée, plus de 12 millions de spectateurs.un succès qui fut rapidement suivi d'une collection impressionnante de récompenses. Depuis, le film a fait le tour des festivals, remportant au passage le Prix du Jury au Festival du Film Asiatique de Deauville 2007. 
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30 janvier 2008

Muscles d'antan

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Lust caution

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La matière romanesque de “Lust Caution” est plus épaisse que celle du “secret de Brokeback Mountain qu’Ang Lee avait étirée plus que de raison, ce qui donne un rythme languissant au film, sauvé par l’émotion, son image soignée due au même chef op,  Rodrigo Prieto  que Lust caution, et sa remarquable interprétation. Pour rester dans le registre gay avec “Un garçon d’honneur” le cinéaste en disait plus  et avec beaucoup plus de légèreté  sur la perception de l’homosexualité qu’il ne l’a fait dans son “western gay”.

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Il en va tout autrement dans son dernier film pendant lequel on ne s’ennuie pas une seconde durant les 2h 40 mn de projection. L’histoire et l’atmosphère rappellent celles des romans cruels et surannés d’ Ambler. Un groupe d’étudiants de Hong-Kong décident de tendre un traquenard pour tuer un haut dignitaire chinois, monsieur Yee qui collabore avec l’occupant japonais. Pour appâter le traître ils se servent d’une de leurs camarades, la belle Wong. Le rôle est tenu par une débutante, Tang Wei. Née en 1979, cette ex-mannequin fut finaliste du concours Miss Univers à Pékin en 2004.  Après quelques péripéties et hésitation le collabo, interprété par Leung qui semble avoir séché sur pied depuis sa dernière apparition, tombe dans le piège. Une relation sado masochiste s’engage entre les deux amants. Ce qui nous vaut des scènes de sexe torride (et parfaitement filmées), du jamais vu dans le cinéma chinois et d’un paroxysme rarement vu ailleurs...
Lust, Caution est l'adaptation d'une nouvelle d'Eileen Chang (1920-1995), un des plus grands noms de la littérature chinoise du XXe siècle. Son oeuvre a déjà inspiré plusieurs longs métrages : “Fleurs de Shanghai” de Hou Hsiao Hsien (1998)., “Love in a Fallen City” (1984) et “Eighteen Springs” (1997) d'Ann Hui ou encore “Red Rose, White Rose” de Stanley Kwan (1994), dans lequel on retrouve déjà Joan Chen au casting. C’est le plus beau film avec “Center stage” du cinéaste de Lan Yu.

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L’argument rappelle bien sûr celui de “Black book” de Verhoeven, mais c’est aussi à deux autres films du hollandais que Lust caution fait penser d’abord à “Soldier of orange” pour cette bande de courageux mais naïf patriotes qui se dresse avec témérité contre l’occupant et à “Basic instinct”.
Lust caution est beaucoup plus noir que Black book. Les dits résistants sont assez lamentables et au final leurs sacrifices aura été inutile, quant à l’homme à abattre c’est une absolue ordure qui ferait passer l’officier ss du film du hollandais pour presque fréquentable. Pourtant l’ accorte infiltrée tombera amoureuse, ou plutôt sexuellement dépendante de lui. Aucun des personnages du film sera sauvé, peut être parce qu’il n’y en a pas un qui le méritait.
Dans l’état actuel des choses je m’explique mal comment la censure chinoise a pu laisser passer un film où tous les chinois brillent surtout par leur cynisme, sans doute parce qu’elle était obnubilée par les scènes de sexe qui sont coupées pour le public chinois.

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Le film d’Ang Lee a d’autres atouts que son scénario passionnant tout d’abord une impeccable interprétation et un montage soigné même si la construction aurait pu être simplifiée pourquoi ces retours en arrière qui n’apporte rien à la narration. Mais c’est surtout les stupéfiantes reconstitution des rue de Shanghai et d’Hong-kong qui m’ont bluffées, on est parfois dans le Lotus bleu d’Hergé. Le dossier de presse nous livre quelques secrets sur l’élaboration de ces décors, << Lust, caution a nécessité un gigantesque travail de reconstitution. Le film a été tourné dans différentes régions d'Asie (Malaisie, Hongkong, Shanghaï), pendant 118 jours. Pour le tournage en extérieurs à Shanghaï, il a fallu retirer provisoirement la climatiseurs de pas moins de 3000 habitants... Le scénariste et producteur James Schamus se souvient avec émerveillement des décors créés dans les Shanghaï Film Studios : "Vous pouviez vous tenir là et regarder jusqu'en haut d'une rue entière, puis de l'autre côté, jusqu'en bas d'une autre. L'équipe a habillé 182 devantures de magasin différentes, les a stockées, puis les a toutes vieillies pour qu'elles ne semblent pas neuves.>>.
Ces prodigieux décors semblent avoir laissé de marbre l’ensemble de la critique déjà blasé par les prouesses du numérique. Un bel hommage au cinéma classique à voir aussi pour se rappeler de David Lean.

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28 janvier 2008

Tatoo

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HARRY & MAX

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USA, 74mn, 2004

Réalisation: Christopher Munch, scénario: Christopher Munch, image: Rob Sweeney, montage: Annette Davey & Christopher Munch, musique: Michael Tubbs

avec: Brice Johnson, Cole Williams, Rain Phoenix, Tom Gilroy, Justin Zachary


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Résumé
Harry (Bryce Johnson) 23 ans, leader déclinant d’un Boy’s band (heureusement c’est le réalisateur qui le dit dans une interview car on ne voit jamais le groupe en question ni Harry chanter, pas plus que les vocalises de Max), pour faire plaisir à son petit frère Max, 16 ans, lycéen mais  qui déjà suit les traces de son frère dans la chanson, l’emmène faire du camping (en plein hiver).

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On apprend qu’au cours de leurs précédentes vacances, aux Bermudes (également invisible) ils ont fait l’amour. Le premier soir le petit frère décide de remettre le couvert et suce le grand. Ce dernier pris de remords (il a une petite amie que l’on ne verra jamais non plus) écourte les vacances. Il va voir un professeur de yoga qui est aussi l’amant de confort de Max et se fait sauter par lui. De son coté Max retrouve l’ancienne petite amie d’Harry, Nikki (Rain Phoenix) et lui fait l’amour! Bien qu’il soit attirer par Nikki, tout en revendiquant son homosexualité, Max voudrait que Harry se remette avec Nikki pensant que la jeune femme pourrait équilibrer son frère qui sombre dans l’alcool...

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L’avis de Bernard Alapetite
Quel tour de force réaliser un film aussi ennuyeux sur un sujet aussi fort, le désir sexuel entre deux frère. Si les histoires de fratrie vous passionnent, évitez  ce pensum et lisez ou relisez L’agneau carnivore.
La réalisation ne sort que très rarement du champ/ contre champ. Le film n’est presque qu’une suite de dialogues entre les deux frères. Pourtant ces interminables échanges ne nous éclairent guère sur la psychologie des deux garçons. Ils ne parviennent pas plus à rendent crédibles les sentiments sensés les unir. L’interprétation des deux rôles principaux par Brice Johnson, Cole Williams grands habitués des séries est passable. Le grand frère est grand, brun et un peu mou, le petit frère est petit, blond et un peu mou. Ils ne sont pas désagréable à regarder mais on ne voit pas grand chose, l’audace est toute entière dans le sujet mais pas à l’image. Quelques séance de gymnastique pour ses deux garçons auraient un peu amélioré l’intérèt que l’on aurait pu prendre au film. Comme d’habitude dans les films gays américains les acteurs sont trop âgés pour leur rôle, mais ceux-ci donnent assez bien le change.

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Le reste de la distribution (étique) est beaucoup plus problématique à voir l’ex de Harry on comprend qu’il préfère son petit frère. Quant à l’amant de max, non que j’en ai une grande pratique mais je ne voyais pas un professeur de yoga comme cela.
Sans doute effrayé par son sujet le cinéaste qui est aussi le scénariste a pris soin de situer son histoire dans le milieu du showbizz. Deux frères qui s’enculent dans ce milieu là ça passe mais si cela avait été un épicier et un étudiant, un médecin et ingénieur ou un boucher avec un garagiste ou que sais je encore cela aurait été tout à fait inacceptable!

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D’ailleurs on ne sait rien des parents eux aussi hors champs, on ne voit que la mère dans une scène caricaturale. On suppute qu’ils ont quelque argent en voyant le gîte du jeune frère.
Quelques beaux plans larges, un train qui passe, la ville la nuit, une vue d’une terrasse... ne compensent pas pas des panotages kitchissimes comme celui qui va d’un feu dans l’ âtre au visage de Max puis de celui-ci aux fesses nues de Harry ( c’est la seule fois qu’on les apercevra ), ni la caméra portée qui tremblote. Ajoutez à cela des dialogues de romans de gare où les convois ne passent plus et vous aurez une idée de la réalisation.

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L’absence de figuration, je n’ai compté que deux individus  dans tout Harry & Max, hormis les acteurs à avoir traversé une scène sans doute par inadvertance, est une des marques les plus sûre d’un mauvais film
On est assez surpris de la médiocrité du film quand on se rappelle que Christopher Munch est l’auteur du fort intéressant The hours and times (1992) dans lequel il spéculait sur ce qui avait pu se passer entre John Lennon et le très gay Brian Epstein, alors manager des Beatles, durant une escapade des deux hommes à Barcelone en 1963. Ses autres films ne sont pas non plus négligeables en particulier Color of a brisk and leaping day (1997) qui évoque la construction d’une ligne de chemin de fer dans le Yosemite.
Alors que reste inédit en France The hours and times, il est incompréhensible qu’ y paraisse en dvd Harry & Max le plus mauvais film à ce jour de Christopher Munch.

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27 janvier 2008

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Si vous êtes de passage dans les parages de Berlin ou si vous cherchez un but pour une escapade aussi sensuelle que culturelle il ne faut surtout pas manquer la nouvelle exposition de:

SACREVOIR

du 1 février au 16 mars 2008
Abguss-Sammlung Antiker Plastik
Schloo.Str. 69 b
14059 Berlin,  Tel 030 3424054


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Gregory Crewdson

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Gregory Crewdson est né le 26 septembre 1962. Il est aujourd’hui l’ un des photographes américains, même si ce qualificatif prète à débat comme on le verra, les plus connu pour avoir minutieusement mise en scène de façon surréaliste  l'Amérique de la moyenne bourgeoise des banlieues ( La banlieue a toujours semblé lointaine et exotique pour Gregory Crewdson, qui a grandi à Brooklyn ).

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Adolescent il fait parti d'un groupe punk appelé The Speedies qui a marqué la scène new-yorkaise  pendant quelques temps.   Leur chanson à succès "Let Me Take Your Foto" se révèle prophétique pour Crewdson puisqu’elle correspond à ce qu’il allait devenir plus tard dans la vie.   En 2005, Hewlett Packard utilisé la chanson dans la publicité pour promouvoir ses appareils photo numériques.

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Au milieu des années 1980 Crewdson étudié la photographie à la SUNY Purchase. Puis Il a reçu sa maîtrise en beaux-arts de l'Université de Yale. Il a enseigné à Sarah Lawrence, Cooper Union, Vassar College et à l'Université de Yale, où il est membre du corps professoral depuis 1993.

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800px_Gregory_Crewdson_2Le fait que son père soit psychanalyste a eu une importance considérable dans le developpement de son travail comme le confesse Crewdson, <<Mon père était psychanalyste et il exerçait à la maison. Souvent, j’allais coller mon oreille à la porte. Je saisissais quelques bribes, sans comprendre grand-chose. Mais peut-être des mots, des récits, se sont-ils imprimés en moi ? Je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que mon travail est marqué par cette empreinte de la psychanalyse. Je mets en scène les angoisses, les fantasmes, les rêves. Et les lumières, les couleurs, les mouvements sont pensés dans le but de créer cet univers de l’étrange. Mais je ne m’inscris pas pour autant dans la lignée des surréalistes. La grande différence entre mon travail et celui d’un Magritte, par exemple, c’est que je reste attaché à des situations très quotidiennes. C’est pour cela que l’Amérique que je photographie est peu spectaculaire ; c’est l’Amérique rurale ou des petites villes, avec ses habitants sans histoire, pris dans leur vie de tous les jours. Introduire dans cette banalité des éléments du merveilleux me permet d’exposer la psychologie humaine : chaque photo est la rencontre entre le monde extérieur et le monde intérieur de chacun.>>

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Le psychanalyste Gérard Tixier  analysant quelques images de Crewdon donne quelques clés pour pénétrer le monde de l’artiste: « Ce qui m’apparaît, c’est ce paradoxe entre une intimité exhibée et une intériorité qui reste enclose : la photo du couple peut être une représentation de la scène primitive, celle que l’enfant voudrait surprendre pour répondre à la question : “D’où je viens ?” La scène de la caravane évoque un autre fantasme de l’enfant : surprendre sa mère nue et qu’elle ne se donne qu’à lui. Ces scènes parlent d’une intimité interdite d’accès mais qui, là, est ouverte aux quatre vents...>>.

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Pour créer ses premières séries d’images dans le début des années 1990, Crewdson construit, élabore, à petite échelle des décors, d’arrière-cours où la flore et la faune édictent d’ étranges rituels: oiseaux construisant un cercle d'oeufs, des papillons  rassemblés pour former une pyramide, Vignes transformées en tresses.   Chacun de ces mondes miniatures déjà menaçants seront capturés en une seule photographie, avant d'être démantelée.

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Bien que ses images soient réalisées à partir de prises de vues photographiques, Gregory Crewdson ne revendique pas le statut de photographe mais celui d’un peintre, réalisant des tableaux avec des moyens modernes.

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Ses images numériques sont marquées par les influences de Edward Hopper , Walker Evans, Diane Arbus, William Eggleston, Alfred Hitchcock, Steven Spielberg et David Lynch... Elles nécessitent parfois jusqu'à cent cinquante assistants et acteurs!

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Après avoir effectué de nombreux repérages dans les environs de New York, Crewdson conçoit une image qu'il met en scène comme s'il s'agissait d'une scène d’un film.

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Ensuite, il prend non pas une photographie, mais plusieurs. Elles seront assemblées plus tard à l'aide de l'ordinateur, afin que l'image finale soit nette jusque dans le moindre de ses détails. Des trucages seront également effectués. Gregory Crewdson ne s'en cache pas, bien au contraire. Il revendique un énorme travail de post-production indispensable à la création de ses tableaux, visions banlieusardes aux limites du cauchemar. Dans sa série “hover” Crewdson se concentre sur le jardin, un espace hybride où l'homme et la nature se rencontrent.

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Dans sa plus récente série photographié, dans le Massachusetts, l'artiste a utilisé une grande équipe de production afin de créer des effets spéciaux irréel rappelant l’atmosphére des films d’ horreur et de science-fiction. Les personnages semblent parfois agir inconsciemment, comme sous le charme d'une entité étrangère. Leur action inhabituelle suggére un récit mystérieux impliquant peut être un contact surnaturel. Crewdson h  a reconnu sa dette envers le film de Steven Spielberg, “Rencontres du troisième type”.

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Sur Main Street, Pittsfield Massachusetts les feux rouges sont truqués, les accessoires sont positionnés et les acteurs prennent leur place.   Cela ressemble à un film, cela a une odeur d'un film, mais cela ne l'est pas. L'ensemble de cette activité a pour but de réaliser une seule image qui sera signée Gregory Crewdson. L’artiste convoque son équipe “cinématographique” pour une dizaine de jours qui donneront une demi douzaine d’images. Chacune coûtera environ 60000 $. (en vente public les prix s’echelonne entre 2700$ et 103 000 $ selon les ventes les sujets la moyenne se situant vers 65000$).

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Les images, dit-il,  vienne à lui, tandis qu’il fait des longueur dans les piscine. Mais Crewdson dit qu'il préfère nager dehors, dans les lacs et les rivières... Le monde sur la rive, dit-il, offre très peu de temps pour l'imagination, pour se perdre dans l'inconscient de ses pensées.
Il enseigne à l'Université de Yale et possède un studio à New York.

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Blabla comme a son habitude s’est penché avec sagacité sur le cas Crewdson.

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26 janvier 2008

Petits chanteurs sans aube

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WHOLE NEW THING

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Fiche technique :

Réalisateur : Amnon Buchbinder. Scénariste : Amnon Buchbinder et Daniel MacIvor. Directeur de la photographie : Christopher Ball. Montage : Angela Baker. Musique : David Buchbinder.
Canada, 2005, Durée : 92 mn. Disponible en VO.

Avec Aaron Webber, Robert Joy, Rebecca Jenkins, Daniel Maclvor, Kathryn MacLellen, Drew O’Hara, Ryan Hartingan, Georgie brown, Callum Keith Rennie, Jackie Torrens, Lisa lelliott et Leah Fassett.

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Résumé :
Emerson Thorsen (Aaron Webber), joli garçon androgyne et surdoué de 13 ans, vit chez ses parents au Canada dans une maison perdue au milieu de la forêt de la Nouvelle Écosse. Il vient d'illustrer son premier livre, 1 000 pages consacrées à sa première pollution nocturne. Ce qui étonne à peine ses parents qui jusque là pourvoient à son éducation sans le secours de l’école. Il faut préciser que le père est un célèbre auteur d’ouvrages pédagogiques, par ailleurs impuissant et mari trompé par sa femme légèrement nymphomane. Mais il convient qu’il serait peut-être bon pour son fils d’abandonner les leçons à la maison pour l'école locale. Voilà qu’Emerson se retrouve bientôt avec des filles et des garçons de son âge. Il éprouve le choc des cultures, d'un esprit libre forcé de se confronter avec ses camarades de classe non préparés pour accepter sa différence. Ils ne comprennent pas bien ce garçon qui aime Shakespeare et écrit ses propres romans. La grande préoccupation d’Emerson est de savoir s’il est vraiment gay comme lui suggèrent fortement ses condisciples. Pour vérifier, il embrasse sur la bouche une fille puis un garçon : ce qui n’aide pas à son intégration. La personne dont il se sent le plus proche est son professeur d’anglais (Daniel MacIvor). Comme celui-ci est gay, Emerson en déduit que lui aussi doit être gay. Il n'en éprouve aucune honte et est déterminé à poursuivre son professeur de ses assiduités. Il apprendra les dures leçons de ce que signifie aimer...




L’avis de Bernard Alapetite :
Tout d’abord, ne vous fiez pas à la très laide affiche. Ce film est une très jolie surprise et Aaron Webber bien mignon. On comprend bien que pour désamorcer le scandale que pourrait provoquer le film, il ne fallait pas que le garçon paraisse beau. D’ailleurs un garçon de 13 ans qui poursuit de ses assiduités son professeur, cela ne peut pas exister et cela n’a jamais existé. Je vous rappelle que dire le contraire vous voue aux gémonies éternelles. Nous ne sommes plus dans les années 70. Vous vous souvenez, une époque où l’on donnait le prix Médicis à Tony Duvert, un auteur de livres ouvertement pédophiles. Non, nous sommes en 207. Vous êtes rassurés maintenant et puis si vous l’aviez oublié vous devez me lire en prison, mais je crois qu’Internet y est interdit ! De toutes façons, depuis que vous vous gavez de films américains, iraniens, chinois et même français, vous savez comme moi qu’un garçon de 13 ans, ça n’a pas de sexualité. Au regard de ce que veut nous faire croire la production internationale, Whole New Thing est bien une fiction extravagante. Il faut dire que le film aggrave son cas. Il présente comme héros un garçon surdoué et joli et non un bas du front avec des cuisses d’haltérophile comme les apprécient bon nombre de cinéastes de ma connaissance que je ne dénoncerai pas (c’est encore un peu tôt pour la délation, je me réserve). Un professeur profondément dans le placard qui drague les mecs dans les pissotières des parkings, encore de la pure fiction, ce n’est pas le syndicat des enseignants qui me dirait le contraire (pourtant il me semble connaître...). Et enfin un célèbre auteur de livres de pédagogie incapable d’élever son fils, impossible vous dis-je (néanmoins je crois savoir...).

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Les péripéties ne manquent pas et l’on ne s’ennuie jamais. Le réalisateur ne se dépare jamais de la tendresse qu’il éprouve pour tous ses personnages qui, pourtant, souvent ne brillent ni par leur bon sens, ni par leur courage. Le filmage sans être exceptionnel est très honnête et surtout les acteurs sont épatants. Le jeune Aaron Webber est tout simplement extraordinaire. Daniel McIvor, le prof gay et timoré, est aussi le co-scénariste du film. Il n’en est pas à son premier film gay puisqu’il jouait le premier rôle dans Beefcake, celui de Bob Mizer, et qu’on l’a vu dans Uncut de John Greyson.

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Whole New Thing est aussi drôle qu’intelligent. On peut bien sûr regretter la fin très politiquement correcte mais je suis certain que comme moi, vous ne voudrez pas admettre qu’un garçon aussi sensible et intelligent puisse être hétérosexuel. 


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Lors du 1er Festival du Cinéma Indépendant Américain, à Paris en 2006, sous la présidence d’Elsa Zylberstein (actrice), le jury du long-métrage, composé de Fabienne Bichet (directrice de casting), Philippe Lioret (réalisateur), Jean-Marie Vauclin (distributeur) et de Didier Flamand (comédien et réalisateur), a décerné le « Prix de la meilleure fiction » au film. Titra Film doit en favoriser la distribution en offrant le sous-titrage au distributeur qui le prendra en charge. Jusqu’à ce jour les distributeurs, n’écoutant que leur courage et leur cinéphilie bien connus, ne se sont toujours pas manifestés. Susurrons-leur qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et que Whole New Thing est beaucoup mieux réalisé que C.R.A.Z.Y., autre film gay canadien qui fit un tabac, pour ne rien dire de Mambo Italiano.
Un DVD est édité aux États Unis.

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Site officiel
du film

Posté par bernar alapetite à 11:58 - cinéphagie gay - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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