le blog de bernard alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

27 janvier 2008

Gregory Crewdson

59bc9aa9

Gregory Crewdson est né le 26 septembre 1962. Il est aujourd’hui l’ un des photographes américains, même si ce qualificatif prète à débat comme on le verra, les plus connu pour avoir minutieusement mise en scène de façon surréaliste  l'Amérique de la moyenne bourgeoise des banlieues ( La banlieue a toujours semblé lointaine et exotique pour Gregory Crewdson, qui a grandi à Brooklyn ).

10port

Adolescent il fait parti d'un groupe punk appelé The Speedies qui a marqué la scène new-yorkaise  pendant quelques temps.   Leur chanson à succès "Let Me Take Your Foto" se révèle prophétique pour Crewdson puisqu’elle correspond à ce qu’il allait devenir plus tard dans la vie.   En 2005, Hewlett Packard utilisé la chanson dans la publicité pour promouvoir ses appareils photo numériques.

1783

Au milieu des années 1980 Crewdson étudié la photographie à la SUNY Purchase. Puis Il a reçu sa maîtrise en beaux-arts de l'Université de Yale. Il a enseigné à Sarah Lawrence, Cooper Union, Vassar College et à l'Université de Yale, où il est membre du corps professoral depuis 1993.

5116R16QXPL

800px_Gregory_Crewdson_2Le fait que son père soit psychanalyste a eu une importance considérable dans le developpement de son travail comme le confesse Crewdson, <<Mon père était psychanalyste et il exerçait à la maison. Souvent, j’allais coller mon oreille à la porte. Je saisissais quelques bribes, sans comprendre grand-chose. Mais peut-être des mots, des récits, se sont-ils imprimés en moi ? Je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que mon travail est marqué par cette empreinte de la psychanalyse. Je mets en scène les angoisses, les fantasmes, les rêves. Et les lumières, les couleurs, les mouvements sont pensés dans le but de créer cet univers de l’étrange. Mais je ne m’inscris pas pour autant dans la lignée des surréalistes. La grande différence entre mon travail et celui d’un Magritte, par exemple, c’est que je reste attaché à des situations très quotidiennes. C’est pour cela que l’Amérique que je photographie est peu spectaculaire ; c’est l’Amérique rurale ou des petites villes, avec ses habitants sans histoire, pris dans leur vie de tous les jours. Introduire dans cette banalité des éléments du merveilleux me permet d’exposer la psychologie humaine : chaque photo est la rencontre entre le monde extérieur et le monde intérieur de chacun.>>

e58b08c4

Le psychanalyste Gérard Tixier  analysant quelques images de Crewdon donne quelques clés pour pénétrer le monde de l’artiste: « Ce qui m’apparaît, c’est ce paradoxe entre une intimité exhibée et une intériorité qui reste enclose : la photo du couple peut être une représentation de la scène primitive, celle que l’enfant voudrait surprendre pour répondre à la question : “D’où je viens ?” La scène de la caravane évoque un autre fantasme de l’enfant : surprendre sa mère nue et qu’elle ne se donne qu’à lui. Ces scènes parlent d’une intimité interdite d’accès mais qui, là, est ouverte aux quatre vents...>>.

29128_large

Pour créer ses premières séries d’images dans le début des années 1990, Crewdson construit, élabore, à petite échelle des décors, d’arrière-cours où la flore et la faune édictent d’ étranges rituels: oiseaux construisant un cercle d'oeufs, des papillons  rassemblés pour former une pyramide, Vignes transformées en tresses.   Chacun de ces mondes miniatures déjà menaçants seront capturés en une seule photographie, avant d'être démantelée.

996011601

Bien que ses images soient réalisées à partir de prises de vues photographiques, Gregory Crewdson ne revendique pas le statut de photographe mais celui d’un peintre, réalisant des tableaux avec des moyens modernes.

gregory_crewdson_2

Ses images numériques sont marquées par les influences de Edward Hopper , Walker Evans, Diane Arbus, William Eggleston, Alfred Hitchcock, Steven Spielberg et David Lynch... Elles nécessitent parfois jusqu'à cent cinquante assistants et acteurs!

gpc_work_large_216

Après avoir effectué de nombreux repérages dans les environs de New York, Crewdson conçoit une image qu'il met en scène comme s'il s'agissait d'une scène d’un film.

gpc_work_large_215

Ensuite, il prend non pas une photographie, mais plusieurs. Elles seront assemblées plus tard à l'aide de l'ordinateur, afin que l'image finale soit nette jusque dans le moindre de ses détails. Des trucages seront également effectués. Gregory Crewdson ne s'en cache pas, bien au contraire. Il revendique un énorme travail de post-production indispensable à la création de ses tableaux, visions banlieusardes aux limites du cauchemar. Dans sa série “hover” Crewdson se concentre sur le jardin, un espace hybride où l'homme et la nature se rencontrent.

5845_

Dans sa plus récente série photographié, dans le Massachusetts, l'artiste a utilisé une grande équipe de production afin de créer des effets spéciaux irréel rappelant l’atmosphére des films d’ horreur et de science-fiction. Les personnages semblent parfois agir inconsciemment, comme sous le charme d'une entité étrangère. Leur action inhabituelle suggére un récit mystérieux impliquant peut être un contact surnaturel. Crewdson h  a reconnu sa dette envers le film de Steven Spielberg, “Rencontres du troisième type”.

5848_

Sur Main Street, Pittsfield Massachusetts les feux rouges sont truqués, les accessoires sont positionnés et les acteurs prennent leur place.   Cela ressemble à un film, cela a une odeur d'un film, mais cela ne l'est pas. L'ensemble de cette activité a pour but de réaliser une seule image qui sera signée Gregory Crewdson. L’artiste convoque son équipe “cinématographique” pour une dizaine de jours qui donneront une demi douzaine d’images. Chacune coûtera environ 60000 $. (en vente public les prix s’echelonne entre 2700$ et 103 000 $ selon les ventes les sujets la moyenne se situant vers 65000$).

gc4_part3

Les images, dit-il,  vienne à lui, tandis qu’il fait des longueur dans les piscine. Mais Crewdson dit qu'il préfère nager dehors, dans les lacs et les rivières... Le monde sur la rive, dit-il, offre très peu de temps pour l'imagination, pour se perdre dans l'inconscient de ses pensées.
Il enseigne à l'Université de Yale et possède un studio à New York.

crewdson44
Blabla comme a son habitude s’est penché avec sagacité sur le cas Crewdson.

Posté par bernar alapetite à 08:35 - Photographes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Thanks awfully for these wonderful accounts of films and ideas.
Vraiment vous etes un Einstein des Blogs.

Posté par montag, 02 mai 2008 à 08:58

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=326328&pid=7711816

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :