le blog de bernard alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

30 décembre 2007

Christopher Sylvest Hermann

            

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Frédéric Mitterrand et Béjart

La lecture de la presse est souvent navrante, aussi il est nécessaire de mettre en exergue les articles qui vont à contre courant de la médiocrité ambiante. Chaque mois le papier de Frédéric Mitterrand en dernière page de Têtu  est un de ces textes qui sauvent l'honneur de la presse écrite. L'auteur réussit à merveille, grâce à sa sincérité, y mêler culture et émotion.
La chronique du dernier numéro à pour sujet Béjart, elle est remarquable en voici les dernières lignes:
<<Au fond je ne sais pas pourquoi il était toujours aussi gentil avec moi alors que nous vivions dans des mondes si différents. J'ai beau chercher, je ne trouve pas, hormis le fait qu'il était  de toute façon la bonté même et qu'il reconnaissait d'emblée la solitude. Cette liberté peut être à laquelle j'aspire sans avoir pourtant ni la volonté ni l'énergie de la conquérir vraiment et qui s'envole ce matin au vent du nord, sur cette plage d'Ostende, avec les cendres d'un enfant méconnu de Marseille.>>

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Darren Weslund

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DER EINSTEIN DES SEX (L’EINSTEIN DU SEXE)

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Allemagne, 1999, 96mn

Réalisation: Rosa von Praunheims, scénario: Chris Kraus & Valentin Passoni, image: Elfi Mikesch, musique: Karl-Ernst Sasse, montage: Michael E. Shephard

avec: Kai Schuhmann, Friedel von Wangenheim, Ben Becker, Wolfgang Völz, Otto Sander, Gerd Lukas Storzer, Olaf Drauschke,  , Monika Hansen, Tima die Göttliche

Résumé
Fils d’un médecin juif, Magnus Hirschfeld (1868 - 1935) (Friedel von Wangenheim) entreprend des études de médecine en 1888. Il est révolté que la science tienne l’homosexualité pour une maladie et une perversité. Son diplôme obtenu, il ouvre son cabinet. Une expérience traumatisante , le suicide de l’un de ses patients, incapable de révéler son homosexualité à ses parents, le pousse à agir.
Hirschfeld écrit Sapho et Socrate et fonde en 1897 un comité scientifique militant pour la dépénalisation de l’homosexualité, l’abrogation du fameux paragraphe &75. La pétition en faveur de la révision du Code pénal est signée par de nombreuses personnalités, mais le projet de loi présenté au Parlement est rejeté.
Il fonde un institut de recherche sur la sexualité. C'était alors un champ de recherche encore inexploré. Des personnes de toute  l'Europe le consulte au sujet de leurs propres problèmes sexuels, dont un jeune aristocrate autrichien, le baron Hermann von Teschenberg (Gerd Lukas Storzer),  qui devient son ami et son principal  soutien financier. De son côté, le préfet de police de Berlin (Wolfgang Völz) s’intéresse aux travaux de Hirschfeld. En sa compagnie, il découvre incognito les milieux homosexuels de la capitale. Cette évolution inquiète von Teschenberg : craignant de devenir l’objet d’un chantage, il fuit à l’étranger…

einstein

L’avis de Bernard Alapetite
Sous ce titre imbécile, même si “Einstein du sexe” est le surnom que donnèrent à Magnus Hirscheld des journalistes américains durant son séjour à Los Angeles, se cache une biopic d’un des pères de la sexologie et le grand père de tout les activistes gays de par le monde. Mais ce film est un bien mauvais coup porté au grand homme et à tout le mouvement gay tant il échappe que rarement au grotesque.

F248
La vie d’Hirscheld, plus sa vie privée que son combat pour la reconnaissance des amours homosexuels, est débitée en une série de vignettes sensées être “kolossalement” signifiantes, jouées façon patronage ou cabaret teuton. On y découvre ainsi son amour non consommé avec le Baron von Teschenberg, les longues et heureuses années passées en compagnie de Karl Giese (Olaf Drauschke), la controverse qu’il entretient avec cet autre figure de la défense des homosexuels qu’est Adolf Brand (Ben Becker) chantre de la beauté physique de la jeunesse allemande ou encore la présence de son ami et ange gardien, le travesti Dorchen.
Les acteurs surjouent chaque scène et font des mimiques que l’on aurait déjà trouvées outrées au temps du cinéma muet. Seul Olaf Drauschke qui interprète l’ami d’ Hirsheld apporte à la fin du film émotion et vérité qui évite un naufrage artistique complet. Cela est d’autant plus regrettable que le film se base sur une recherche historique sérieuse et complète bien illustrée par les inserts judicieux d’ images d’archives qui ponctuent le film et nous restituent cinquante ans d’histoire allemande qui servent de décor à cette tragédie. Car la vie d’Hirsheld, comme l’histoire de son pays, est une tragédie. Ainsi, on ne comprend pas du tout le parti pris choisi par Rosa von Prauheim de faire jouer les acteurs sur un ton primesautier et égrillard en complète contradiction avec ce qu’il nous raconte. Il est curieux de voir combien une certaine Allemagne terrifiée par un retour possible du nationaliste éprouve une sorte d’extase à cracher sur son pays car l’Einstein du sexe nous montre un pays qui de 1880 à 1935, peuplé que de veules abrutis toutes sexualités confondues.

53m

Même le kitsch ne peut pas cautionner une scène franchement antisémite, il est bien sûr involontaire, lorsque l’oncle et la tante du jeune Magnus rechignent à lui payer ses études, une séquence qui n’aurait pas déparé dans le  les pires films de propagande nazi. Le spectateur attentif pourra se distraire la rétine par de très fugitifs beaux garçons nus dans des galipettes champêtres assez croquignolesque.
Rosa von Praunheim, de son vrais nom Holger Mischwitzky, c’est au milieu des années 60 qu’il a adopté le nom d'artiste Rosa von Praunheim, est né à Riga (Lettonie) en 1942. Il a commencé à tourner au début des années 70 des courts métrages expérimentaux. Il a réalisé en trente ans plus de cinquante films et téléfilms, surtout des documentaires, dont presque tous ont un rapport plus ou moins lointain avec l’homosexualité, dont les récents Rosa, tu crains ! (2002), Fassbinder et les femmes (2000). Toute son œuvre reste marquée par l’underground et l’esthétique des années 70 ce qui la rend difficilement regardable aujourd’hui.
Der einstein des sex est tout de même instructif mais artistiquement bien triste.

site du réalisateur

Posté par bernar alapetite à 09:06 - cinéphagie gay - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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