21 décembre 2007
Je suis une légende
Je suis allé avec beaucoup de réticences voir ce film. Comme toujours méfiant pour les adaptations, d'autant que celle-ci est d'un de mes livres préférés de science-fiction et un des premiers que je lus dans ma lointaine adolescence. Je posséde encore le volume qui me procura tant d'émois. C'est un petit volume de la célèbre collection Présence du futur, des éditions Denoel, qui hébergeait bien des merveilles sous leurs couvertures énigmatiques où, sur fond blanc, une ellipse floue semblait poursuivre un cercle net. Les deux figures géométriques n'avaient pas toujours la même couleur, tantôt violet, tantôt bleu, tantôt ocre jaune... Ma méfiance étant encore renforcée du fait que j'avais beaucoup aimé l'adaptation qui fut fait du chef d'oeuvre de Richard Matheson sous le nom de "Survivant". Film dans lequel Charlton Heston sort de ses emplois stéréotypés. La version au budget minuscule dans lequel Vincent Price joue le rôle principal m'avait quant à elle ravit par son habileté.
Mes craintes sont vite tombées par la maîtrise qu'a le cinéaste de nous suggérer la situation sans longues et fastidieuses explications. Tout passe par l'image et la mise en scène. Will Smith presque mutique est étonnamment sobre. On n'échappe cependant pas aux scènes tire larmes sur la famille du héros. Mais intérêt principale du film est de nous montrer un New-York vidé de sa population. Je suis toujours bluffé par les possibilité des effets spéciaux qui nous offrent des images aussi spectaculaires que Park avenue laissé aux seules biches ou que la cinquième avenue striée d'herbes folles. Amoureux de New-York vous ne pouvez pas manquer Je suis une légende, ne serait-ce que pour frissonner devant le Brooklyn bridge éventré.
Toute cette exposition de la terre, ici New-York, dévastée est fidèle dans son esprit au livre. Mais le film est irrémédiablement gâché par la rencontre de notre héros avec une femme et son fils (?) porteurs d'un message messianique directement issu de la droite conservatrice religieuse. Ces personnages n'ont aucune épaisseurs ni vérités et ne font que mettre en évidence les lacunes du scénario: tout comme après la catastrophe du 11 septembre nous ne voyons aucun des cadavres de la pandémie, pourquoi et comment certains meurent alors que d'autres sont transformés en espèce de zombi? Si ces créatures dégénèrent faute de nourriture comment expliquer qu'ils se transforment dans le même temps en êtres musculeux (la texture des zombis n'est pas convaincante) capables de grimper aux murs telles de véloces araignées...
Mais le clou est l'image de fin lorsque la femme et son fils rejoigne une communauté miraculeusement préservée (comment?) qui ressemble à ce qui doit être le rêve des partisans de Bush junior, une Amérique composée de petits villages, serrés autour d'une belle église pimpante, peuplée que de blancs bien propres et protégée par de hauts murs infranchissables pour les puissances du mal. Emerveillez vous d'un New-york post apocalypse et sortez avant la fin.
Commentaires
Je n'aime pas ce genre de film bushiste/conservateur. De loin, ça pue.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=326328&pid=7307089
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :