19 décembre 2007
McCauley au fil du Nil
Habituellement en voyage j'emporte, si possible, des ouvrages dont l'action se situe sur les lieux de ma villégiature. En l'occurrence pour l'Egypte le merveilleux "Sinouhé l'égyptien" étant trop volumineux, j'ai dérogé à mon habitude.
Ainsi sur le pont du bateau entre ombre et soleil qui me conduisait de Louxor à Edfou, je me suis plongé dans "La vérité ou presque", le seul roman de Stephen McCauley que je n'avais pas encore lu. Je vous recommande la lecture de tous les livres de cet écrivain, tous publiés chez 10-18 domaine étranger, dont les tranches de vie mélangent humour et gravité et sont toujours situées dans les parages de Boston. Son meilleur livre est à mon avis "Et qui va promener le chien?"...
A la page 335 j'ai relevé cet assertion: <<La grande masse du public de ce pays a fini par assimiler l'ironie à son cousin pauvre, le sarcasme, essentiellement grâce à cette bonne vieille télé. Aussi, en m'asseyant devant ma table pour écrire ce livre, me suis-je dit, au diable l'ironie essayons quelque chose de nouveau et soyons réellement sophistiquée: jouons la sincérité venue du fond du coeur, l'Authenticité sans fard.>>
Si ce constat vaut pour le public américain, il vaut encore plus pour le public français intoxiqué par le fameux "esprit" Canal qui n'ait nourri que par la mauvaise conscience occidentale et la honte de soi. Espérons qu'à l'instar du personnage de McCauley nos créateurs suivent le conseil de Jean Cocteau: jouer coeur.