30 novembre 2007
L'ombre du photographe
29 novembre 2007
Damian Loeb
Avec l'exposition 60 ans de peinture américaine et allemande (1947-2007) au musée Frieder-Burda de Baden Baden (jusqu'au 6 janvier 2008) réunissant quelques grands noms, De Kooning (dont on attend toujours en France la grande rétrospective qu'il mériterait), Rothko, Baselitz... mais aussi des noms complètement inconnus à Paris (mais pas en Allemagne) comme celui de Damian Loeb, un des jeunes artistes , il est né en 1970, les plus productifs et peoples d'outre Atlantique. Qu'un tel peintre ne se soucie pas d'exposer à Paris démontre à quel point la France est aujourd'hui en marge du marché international de l'art. Son ignorance dénonce également notre franco-centrisme myope en matière d'art. Il est vrai aussi que sa sur-exposition médiatique, il est un ami intime de moby, n'incite peut être pas, de ce coté ci de l'Atlantique, à s'intéresser à son cas.
Même à New-York, les critiques commencent à se détourner de lui. Son cas rappelle un peu celui de Bernard Buffet dans les année 80 90 à Paris, un artiste connu et aimé d'un large public mais snobé par la critique qui lui reprochait de "fabriquer" trop. Il faut dire que si les meilleures toiles de Damian Loeb se hissent au niveau du meilleur Hopper , même étrangeté du quotidien, il y a aussi du Linch (le cinéaste, pas le peintre) dans certains de ses tableaux, même science des atmosphères nocturnes où l'inquiétant naît des éclairages et des hors champs que l'on suppute. D'autres oeuvres ne semblent pas pouvoir se détacher de leurs modèles photographiques et dans d'autres encore Damian Loeb force trop la dramatisation de ses sujets. Ces dernières peintures font alors penser aux toiles de Ceccotti mais sans la distance qui existe dans les oeuvres de l'italien. C'est encore aux photos de Gregory Crewdon que s'apparente le plus le meilleur de Damian Loeb qu'il ne faut pas négliger.
28 novembre 2007
Jeff Palmer
Hommage à Villeglé

Paris, station de métro Austerlitz, 27 novembre 2007
27 novembre 2007
Retour à Paul Cadmus
Sous la signature commune de PAJAMA, qui correspond au deux premières lettres de leur prénom, Paul Cadmus, Jared French et Margaret French ont réalisé des photographies d'eux même et surtout de leurs amis tels que George Platt Lyne, Lincoln Kirstein, Monroe Wheleer, Tennessee Williams (cul nu!), George Tooker... Les éditions Hardcover les ont réunies en un volume.
Sven de Rennes
Il est rare que la ligne claire rencontre l'imagerie gay c'est le cas avec Sven de Rennes dont voici deux beaux dessins plus sages que la plupart de ceux que l'on trouve sur son site.
Retour à la nuit gay de Canal
Etant rarement noctambule devant ma télévision j'ai enregistré la nuit gay de Canal pour la voir par étapes. Après le niais Hell bent je me suis attaqué au "documentaire" qui se proposait de faire un panorama géographique de la post gayttitude. Et que voit on au première abord sinon couillonnade molle pure gauche cachemire comme les aime tant la deuxièmes chaîne beauf du paf mais au second rabord c'est tout simplement odieux, derrière le faux nez de la bagatelle. On passera sur le fait de ridiculiser gaylib dont le dirigeant n'a pas su résister au plaisir de passer à la télé, la vanité est mauvaise conseillère politique... Ce n'est que broutille. Mais nous présenter la Chine comme le dernier endroit branché en détournant les propos de Cui Zi'En dont je vous recommande le beau "Night Scene" c'est de la désinformation qui nous rappelle l'immortelle considération géopolitique de feu Georges Marchais et son bilan globalement positif de l'URSS... Le plus grave restait à venir, sous la forme d'un reportage bidonné où l'on voit une gourdasse à la recherche des pédés et des lesbiennes de La Havane. Ils sont pourtant facile à trouver... Ils sont en prison! La soirée gay de Canal + ou quand l'indigent se dispute à l'odieux.
26 novembre 2007
Platt Lynes
Si Platt Lynes a connu la célébrité en tant que portraitiste et surtout photographe de mode son travail le plus personnel se trouve dans ses photos de danse et surtout dans ses nus masculins.

Il est né à Orange, New Jersey en 1907.Il passe son enfance dans le New Jersey mais fréquente la Berkshire School dans le Massachusetts . Ses parents l'envoie à Paris en 1925 pour mieux le préparer à l'université. Sa vie change irrémédiablement avec les amis qu'il se fait durant ce périple. Il est subjugué par le style de vie de Gertrude Stein . Il rentre aux États-Unis avec l'idée d'y faire une carrière littéraire. Il ouvre même une librairie à Englewood (New Jersey) en 1927. Cette même année il a rencontre le jeune romancier Glenway Wescott et son amant Monroe Wheeler. Lynes commence une relation passionnée avec Monroe ce qui ne semble pas gêner Wescott... Un livre témoigne de cette relation (When we were three : the travel albums of George Platt Lynes, Monroe Wheeler, and Glenway Wescott , 1925-1935).
On peut penser que c'est à Paris qu'il rencontre ce couple de jeunes intellectuels américains; Monroe Wheeler deviendra critique d'art. Jean Cocteau les évoque dans sa préface à sa réédition d'Opéra: << Et je me vois encore circuler entre ma chambre et celles de Glenway Wescott et de Monroe Wheeler pour leur lire les textes du "Musèe secret" , textes ou je donnais à nos énigmes la froide allure d'un procès-verbal.>>.
Il renonce à ses ambitions littéraires, probablement à la suggestion de Gertude Stein dont le portrait a été une des premières photo du jeune homme à être publiée en 1931.



Wescott
Platt Lynes commence à s'intéresse à la photographie en prenant des photos de ses amis et en les exposant dans sa boutique. De retour en France l'année suivante, en compagnie de Wescott et Wheeler, il parcourt l'Europe pendant plusieurs années, toujours l'appareil photo à la main. Il se fit des amis proches parmi un grand cercle d'artistes, dont Jean Cocteau et Julien Levy , le marchand d'art et critique. Ce dernier organise, en 1932, la première exposition individuelle de Platt Lynes dans sa galerie, la Leggett gallery à New York. Cette même année Platt Lynes ouvre son studio de photos. Il reçoit vite des commandes de Harper's Bazaar ,Town & Country... Il fait une couverture du prestigieux magazine Vogue avec celle qui fut un des premiers mannequins vedettes, Lisa Fonssagrives .
Dès 1933, Lynes était une figure centrale dans le monde de la photographie de mode à New York. Il est rapidement devenu célèbre pour ses images fortement stylisées caractérisées par leur éclairage expressionniste, leurs appuis verticaux surréalistes, et leur mise en scène suggestive. Wescott , Wheeler et Platt Lynes se sont installés ensemble à New York. Pendant cette période, Lynes vit confortablement.
Très beau, lui-même, il s’ entoure de beaux garçons qui semblent enlever de bonne grâce leurs vêtements devant son appareil-photo. Pour ces images, Lynes emploie un éclairage, venant du cinéma expressionniste allemand, qui dramatise les images . Les décors sont minimalistes pour que le regard se focalise sur le corps masculin comme objet charnel, sensuel, de désir. Il met en scène ses modèles dans des poses stylisées, ses photographies expriment souvent un désir profond d'intimité érotique avec eux. Si beaucoup de ses images sont fort discrètes, quant à la représentation des organes génitaux masculins, elles le seront beaucoup moins dans les années 50, quelques unes se concentrent clairement sur ceux-ci, et quelques unes aussi présentent des couples d’hommes s’ embrassant...
Les photographies qu’aujourd’hui on associe le plus volontiers au nom de Platt Lynes, sont souvent les images de nus d’hommes de cette époque, élaborées étape par étape, dans un studio, dans lesquelles le moindre petit détail est sous contrôle. Ces images, réalisées à l’aide d’un Rolleiflex, montrent son utilisation inventive de l'éclairage diffusé qui semble venir de partout et de nulle part. Les corps des hommes sont Idéalisés, leurs visages sont sculptés par la lumière et les ombres. Ils se découpent avec précision sur des fonds neutres.
Un de ses modèle préféré est alors un garçon de 20 ans, George Tichenor. Lynes s’ entiche de lui, mais c'est apparemment un amour non partagé. Quand Tichenor est tué, pendant la deuxième guerre mondiale, Lynes est dévasté, bien qu'il soit à cette période avec un des jeune frère de Tichenor, Jonathan; cette mort a marqué le commencement du déclin professionnel de Lynes.
En 1935 , il fait ses premières photographie de danseurs pour la toute récente compagnie de l' American Ballet fondée par Lincoln Kirstein , le beau-frère de son ami, le peintre Paul Cadmus, et George Balanchine, aujourd’hui le New York City Ballet . Le photographe mène alors grand train. Il gagne beaucoup d’argent mais en dépense encore plus. Parallèlement à son travail commercial il réalise des images homo érotiques. Il photographie surtout ses amis dont le jeune Yul Brynner , les peintres Paul Cadmus et Jared French dont il influence le travail par ses photos de nus.
En raison de la censure pendant la deuxième guerre mondiale (et ensuite), Lynes a limité la circulation de son travail sur le corps masculin à ses amis et à quelques admirateurs. Il faut se souvenir que les photos de nus de Platt Lynes n’ont été publiées seulement à l'étranger, dans le magasine homo érotique allemand "Der Kries", et là seulement sous les pseudonymes de Roberto Rolf et de Robert Orville. A partir du début des années 40 ses succès dans le portrait et les photos de mode ont commencé à diminuer à New York.


Il part à Los Angeles. En 1946 il prend le poste de photographe en chef des studios Vogue. Il photographie des stars de cinéma comme Katharine Hepburn ,Rosalind Russell ,Gloria Swanson et Orson Welles... Il réalise aussi les portraits d'autres artistes parmi lesquels Aldous Huxley ,Igor Stravinski , Thomas Mann, Edward Hopper... . Il sera lui-même un charmant modèle pour Man Ray et Paul Cadmus. C'est un succès artistique mais un échec financier.

Edward Hopper Auden
Balanchine
En 1948 ses embarras financiers le conduise à revenir à New York. Malheureusement il s’aperçoit qu’il est difficile pour lui retrouver le succès d’hier. D'autres photographes comme Richard Avedon ,Edgar de Evia et Irving Penn (sur ce site un Irving Penn insolite), ont pris sa place dans le monde de la mode. Allié à son désintérêt croissant pour le travail commercial, cette concurence le rendi incapable de retrouver la notoriété qu’il avait connu avant guerre. Il commence à consacrer sa vie photographique à l'imagerie homo érotique. En 1951 des retards dans le règlement de ses impôts amène l’état à lui confisquer son studio et à vendre aux enchères ses appareils-photos. A partir de ce moment ses mise en scène pour ses images de nu deviennent moins sophistiquées pour arriver à une esthétique plus naturaliste. En 1949, Lynes entame une relation amicale et professionnelle avec Dr. Alfred C. Kinsey . Ce dernier a édité son étude controversée sur la sexualité masculine l'année précédente.
En 1949 Kinsey commençait sa recherche sur l'homosexualité et l'érotisme masculin gay. Bien qu'alors acheter et vendre des photographies de nus d’hommes aient été illégal, Kinsey achète plus de six cents tirages à Lynes et plusieurs centaines de négatifs pour ses nouvelles archives ce qui les a sauvé d’une probable destruction. Alfred Kinsey a rassemblé les photographies de Lynes en tant qu'élément de ses recherches obsédantes sur la sexualité humaine. Il les a retenues, non seulement pour leur qualité mais aussi pour ce qu’elles disaient de l’esthétique homosexuelle au milieu du vingtième siècle.
Après qu’on ait diagnostiqué à Lynes un cancer du poumon en 1954, le photographe détruit plusieurs de ses négatifs et de ses tirages, aussi bien des photographies de mode, que des nus. Après un dernier voyage en Europe, Lynes revient à New York Où il meurt. Bien que Lynes ait semblé craindre de la façon dont ses images pourraient être reçues dans le futur, sûrement qu’ il serait heureux de savoir que ses photos de nus sont des documents unique sur la vie gay de son époque qu’elles ont été des modéles influents pour le travail des photographes qui l’ont suivi comme Herb Ritts ,Bruce Weber, et Robert Mapplethorpe et que beaucoup de ses travaux ont non seulement survécu, mais continuent à trouver de nouveaux admirateurs.Il faut compter au minimum 4000 $ pour accrocher une photo (dans un tirage moderne) de Platt Lynes à son mur.

Jean Babilée dans L'Amour et son Amour, 1951
Demeure X d'Etienne Martin

Paris, Parc de Bercy, Demeure X d'Etienne Martin, Octobre 2007
Nuit gay?!
Avec la programmation de la dernière nuit gay de la chaîne Canal+, on peut mesurer la dégénérescence de celle-ci qui n'a rien trouvé de mieux, comme film gay, qu'une piteuse série Z vaguement horrifique au scénario étique, Hellbent. Faut-il rappeler qu'une cinquantaine de festivals gays, chaque année, diffusent de nombreux films dont la quasi totalité ne sortiront jamais sur les écrans français (et autres) et pas plus en dvd dans notre contrée, pour la plupart; mais faudrait il encore que les responsables de la programmation regardent ailleurs que dans notre minuscule et poussiéreux hexagone qui pourtant depuis deux ans a vu sur ses écrans des films comme: Shortbus, Culture boy, Un garçon stupide, Twist, La leon, L'éveil de Maximo, El cielo dividido... autant de films récents qui auraient pu remplacer avantageusement Hellbent.
























