10 novembre 2007
Jacques Martin à Bruxelles
Voici une petite exposition admirable dans sa modestie et le sérieux de son installation que ne peuvent pas manquer les amoureux d'Alix dont je suis depuis l'âge de neuf ans lorsque je reçus en cadeau l'album La tiare d'Oribal, paru à l'époque aux éditions du Lombard; quelle nostalgie! pour ces albums aux dos rouge et toilée, avec ces losanges verts et jaune sur la quatrième de couverture... La maison de la Bande déssinée de Bruxelles, nom un peu pompeux pour une librairie augmentée d' une belle salle d'exposition, mais où l'on se sent si bien qu'en fait, elle n'usurpe pas le nom de maison. Une visite à l'exposition permet de répondre aux questions que posait François Rivière dans son texte pour le chaleureux album des éditions Helyode, Images d'Alix, <<Mais comment retrouver le temps perdu? Comment renouveler l'enchantement passé, comme fané au soleil des étés enfuis?>>.
Dés l'entrée, il ne vous en coûtera que 2€ pour en franchir le seuil, nous sommes accueilli par le buste du maître.



dessins de voitures et avions pour les pages techniques du journal de Tintin
Un tiers de l'accrochage est dévolu à Lefranc, pour lequel je n'ai pas la même passion, mais qui permet à Jacques Martin d'exprimer son amour pour les belles mécaniques.
Et puis nous arrivons au royaume d'Alix, balayons d'entrée la petite critique que je ferais quant au choix des pièces exposées, celle de la sous représentation d'Arbacès ce méchant parfumé et couvert de bijoux même si je ne suis pas de ceux qui, comme Jean Boullet , ne retint de la lecture de l'édifiant Quo Vadis que la figure de Néron. Néanmoins mes très jeunes années ne furent pas indifférentes au charme maléfique du grec dont ci dessous une bien belle représentation, trouvée, dans le déjà cité Image d'Alix qui outre de beaux dessins, contient un texte ciselé de François Rivière .
Il est toujours intéressant de découvrir les couvertures auxquels vous avez échappé comme le titrait jadis un mensuel. Plusieurs vitrines nous montrent des essais pour des couvertures d'albums qui ne furent pas jugés concluants
On découvre, ou mieux pour les plus âgés, on retrouve avec émotion, les couvertures de feu l'hebdomadaire Tintin, dessinées par Jacques Martin.
C'est dans la deuxième aventure d'Alix qu'arrive Enak. Il faut préciser que l'exposition ne couvre que les premiers albums de la saga antique. Les ennemis du jeune gaulois, à commencer par Arbacès, ne seront pas long à déceler chez Enak son talon d'Achille. Le jeune égyptien endurera bien des avanies durant toute la série. Il n'est pas difficile de repérer chez Martin une certaine propension au sado masochisme.
Comme vous ne serez pas sans le remarquer, si l'éclairage est parfait pour pouvoir admirer planches et dessins originaux, il n'est pas idéal pour la photographie... Si Arbacès est peu présent dans l'accrochage il n'en est heureusement pas de même pour Enak, de nombreux dessins originaux le représente y compris dans son intimité avec Alix...
Peut-être encore plus émouvant que les originaux des planches, sont les crayonnés, surtout ceux pour les grands dessins qui ornaient les couvertures de Tintin et faisaient battre nos coeurs enfantins...
Contrairement à Hergé, Jacques Martin souhaite que ses personnages lui survivent. Homme prévoyant à l'imagination prolifique, il a assuré l'avenir de ses séries phares par de nombreux scenarii et la formation d'assistants tout au long de ces dernières années. Vivat Alix . L'ibère, le nouvel album d'Alix sort dans quelques jours.
Sur le net ici et là des mines d'informations sur l'oeuvre de Jacque Martin
Il y a encore bien des merveilles dans cette petite exposition par la taille, mais grande par l'amour et le plaisir mis pour la réaliser, plaisir qui se transmet au visiteur. Soyez vigilant je précise encore que l'exposition se tient à la Maison de la Bande Dessinée , qui, peut-être pour entretenir la confusion indique muséum au dessus de l'entrée (!?) et non au Musée de la Bande-Dessinée qui néanmoins mérite toujours une visite, pour la plongée dans l'enfance qu'il procure et aussi pour le magnifique bâtiment d'Horta qui l'abrite.
Il y a quelques années Jacques Martin m'avait fait ce dessin de ses deux héros nus, depuis il orne mon bureau, vous ne verrez pas cette image dans l'exposition, ce soir je suis heureux de la partager avec vous qui me lisez...
Exposition Jacques Martin
du 21 septembre 2007 au 29 février 2008
La Maison de la Bande dessinée
Boulevard de l’Impératrice, 1
1000 Bruxelles
artifice
Sous l'énigmatique signature de Toxicboy ce photographe présente des variations sur l'érotisme masculin à la fois belles et inédites. Une photographie très "littéraire" qu'il présente ainsi:
<<Mes nouvelles séries, "fantôme" dépeignent une
dualité sexuelle et spirituelle, avec Paulo comme modèle. Paulo a une
force créatrice bien développée dont il faut tenir compte. Il a assuré avec une
énergie et une intelligence qui ont facilité le grand dialogue
mental nécessaire pour créer un ensemble d'images émotif et dynamique. Au commencement de la séance de pose, j'emploie l'improvisation
pour photographier la sensibilité, le charme et la beauté du sujet. Dans la deuxième phase, qui est pour moi la plus importante, je fais intervenir un concept que j'ai développé en moi pendant la dernière année. Dans cette
série, j'expérimente une exploration spirituelle par une
psycho-sexualité shamanistic et élémentaire. Par exemple mon "ange de la terre"
est la manifestation physique et sexuelle de mon esprit : antique et
étranger. En dépeignant une figure judaïque, l'ange, par un
symbolisme païen, je me détache des concepts traditionnels de la
sainteté religieuse, et vise à dessiner un rapport plus
profond entre la nature et l'humanité. Je sens que la sexualité
et la créativité toutes les deux sont conduites par la même
énergie presque spirituelle, intangible, que nous exprimons par la formes de nos corps.>>
Mikel












