02 novembre 2007
Le jeune amateur d'art populaire fatigué
Retour sur Chabrol
Les blogs offrent une diversité et une intelligence critique que la presse écrite ne nous propose plus, les ruines circulaires est un des meilleurs que l'on puisse lire... Quelques pierres de ces ruines ci-dessous.
De retour de vacances, au petit matin j'écoute une émission radiophonique consacrée à la cinéphilie. Quelques lieux communs (je n'aurai pas le courage d'écouter l'émission dans son entier) et l'un des interlocuteurs qui déplore qu'un Antonioni ne pourrait aujourd'hui trouver à financer ses films, alors que dans les années soixante et soixante-dix ces derniers étaient de relatifs succès commerciaux. Times are changing . Mais il est vrai comme nous le précise - sans rire - le journal Libération du 20 août, à propos d'un jeune trader : Christophe Edlinger est loin d’être inculte : il a lu tout James Ellroy... On ne va quand même pas lui en demander plus.
La Fille coupée en deux de Chabrol, ça se voudrait du Mirbeau (celui des Affaires sont les affaires ) qui ferait des variations autour de Pierre Louÿs (celui de La Femme et le pantin ). A la différence près que Mirbeau en créant le personnage de Lechat crée un héros quasi shakespearien , un type universel et par la même intemporel. Alors que le film de Chabrol baigne dans une sorte de sociologie, mais une sociologie complètement datée. Il serait temps que Chabrol apprenne que les boites à partouze ne sont plus l'apanage des notables de province, que le cap d'Agde est plutôt fréquenté par les employés de bureau, que l'industrie pharmaceutique est entre les mains de consortiums financiers et que les traders ont lu tout James Ellroy.

