10 octobre 2007
Mythes et homosexualité
Chaque jour, sur le blog de Jean-Yves, on a le devoir de se régaler de telles merveilles...
L'homosexualité telle qu'on la pratiquait dans la Grèce ancienne vue à travers un mythe exemplaire
Quand on étudie les anciens mythes grecs, on s'aperçoit que l'homosexualité est toujours liée à la pédagogie et à l'initiation (1). Dans de nombreux mythes, on voit un maître et un élève. Le maître est l'éraste, c'est-à-dire l'amant au sens actif du terme, et l'élève est l'éromène, au sens étymologique « celui qui est aimé » : il a donc un rôle sexuel passif.
Presque tous les mythes grecs se confondent à ce modèle, comme celui d'Apollon et Hyacinthe. Apollon aime Hyacinthe. Il l'aime activement. Il le voit, il l'emmène avec lui à la chasse et il lui apprend non seulement l'usage de l'arc et de la lance, mais aussi l'usage de la lyre, la poésie, la musique...
C'est donc le maître au sens total du terme.
Un jour, au cours d'une épreuve, Apollon apprend à Hyacinthe, son élève et amant, à lancer le disque. Mais le disque, en pierre, heurte la tête de Hyacinthe et le tue.
Dans certains textes le mythe s'arrête là, mais dans d'autres il y a une suite : Hyacinthe ressuscite et apparaît sous les traits d'un homme barbu, alors qu'avant il était parfaitement imberbe.
Le sens est clair : Apollon a tué un tout jeune homme, au statut inférieur, passif, égal à celui d'une femme, et l'a ressuscité en un citoyen adulte et barbu. A Sparte, car le mythe est spartiate, les guerriers sont toujours barbus. Voilà un exemple typique de mythe initiatique, avec un aspect affectif et sexuel tout à fait clair, c'est le maître qui a permis à son élève de devenir un homme à son image, égal à lui-même.
(1) cf. Bernard Sergent, Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens , Editions Payot, 1996, ISBN : 2228890529
Image : La Mort de Hyacinthe, tableau peint par Jean Broc en 1801
Souvenir d'enfance
Larry Clark
© Larry Clark
Informations pratiques :
Tulsa, 1963-1971
Photographies de Larry Clark
Du 10 octobre 2007 au 6 janvier 2008
Maison Européenne de la Photographie Paris 4ème
Tarif plein : 6€ - Demi tarif : 3€
Cinéphilie ponctuelle
Que serait la blogosphère sans ses listes? A défaut de vous parler d’un film, je profite d’un joli questionnaire trouvé sur le beau blog Nightswimming pour vous donner quelques indications de penchants cinéphiliques. n’hésitez pas à me confier les votres...
1- Plaisir inavouable :
Atomik circus des frères Poiraud
2- Classique ennuyeux :
Alors que j'aime presque tous les autres films de Kurosawa je me suis copieusement ennuyé à Rashomon
3- Adoré à l'adolescence puis abandonné :
Les films de Visconti, post Guépard, qu'il m'est pénible de revoir aujourd'hui à cause de leurs effets de zoom intempestifs.
4- Chef d'oeuvre méconnu :
Je ne suis pas certain qu'il y ait beaucoup de chef d'oeuvre méconnu ou même connu, je parlerais plutôt de films sous estimés le premier qui me vient à l'esprit est Laissez passer de Bertrand Tavernier sans oublier Jin roh.
5- Navet génial :
Le sixième continent
6- Film détestable :
Il
y en a tellement... Les films de Gaspard Noé, ceux de Besson, les Taxi,
les derniers Godard, les bouses de Kounen, Mon beau-frère à tué ma
soeur, une palenqué de films de genre au rabais et de films auteuristes
genre Odoul
7- Pleurer à chaque fois
L'incompris, Le fanfaron, Tout sur ma mère...
8- Mourir de rire à chaque fois:
Je n'aimerais pas mourir de rire mais ce serait alors avec les films de Woody Allen ou avec The Party de Blake Edwards sans oublier un poisson nommé Wanda et quelques scènes de Laurel et Hardy...
9- Etre émoustillé à chaque fois
Lorsque je vois Giton dans Satyricon de Fellini ou Tadzio dans le Mort à Venise de Visconti, il y a encore River Phenix dans A bout de course de Lumet et un acteur aux fesses inoubliables dans un film de John Greyson dont le titre m'échappe....
10- Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre
Positif sans hésitation
11- Cinéaste trop vanté
Plus
que des cinéastes trop vantés, je parlerais de films trop encensés
comme La guerre des mondes, le dernier Resnais, le dernier Cronenberg,
ou Match point de Woody Allen ou encore le dernier Rivette... autant de
films très estimables mais qui ne sont pas les chef d'oeuvre qu'une
certaine presse nous a survendus, souvent pour se rattrapper peut être de
l'indifférence avec laquelle elle avait traité les films précédents de
ces cinéastes je pense à Allen et Rivette en particulier.
12- Sainte trinité :
Resnais,
Hitchcock, Almodovar mais demain cela pourrait être un autre trio, par
exemple une triplette japonaise: Ozu, Oshima, Mizoguchi... Plus que des cinéastes ce
sont des films qui habitent ma mémoire, 2001, Spartacus, Ceux qui
m'aiment prendrons le train, La femme infidèle, Beautiful think,
Perfect blue, Center stage, soldier of orange, V, Peter s'friends,
Gattaca, Lawrence d'Arabie, Presque rien, A nos amours, La rue de la
honte... (ça se bouscule! quel bordel! j'arrête il y en plein d'autres
qui arrivent!)
13- Entrée en cinéphilie
Les 400 cent coups et Le pont, vus à 14 ans et quelque années plus tard les films de Chabrol du début des années 70 et puis la rencontre de Gérard Blain...
Paul Gégauff
J'ai connu fugitivement Paul Gégauff qui est un de ces passants éphémère de ma vie qui ne passe pas... Rohmer, dans un remarquable entretien dans Les cahiers du cinéma d'octobre, avec Jean-Michel Frodon, dont habituellement je ne suis pas un fervent, en parle très bien: << Je parle de lui, parce qu'il a eu une influence immense sur nous tous: sur Chabrol évidemment, mais aussi sur Godard qui mettait dans ses dialogues des phrases de Gégauff. Quant à mes films, il a théoriquement collaboré aux dialogues du "Signe du lion". En réalité, c'est plutôt que son personnage a influencé celui du film. Je voyais qu'il était très paresseux, et comme je suis toujours très précautionneux, j'avais déjà écrit les dialogues. Je lui ai apporté mon scénario et il m'a dit que les dialogues étaient yrès bons, qu'il n'y avait qu'à les garder. J'ai tout de même dit qu'ils étaient de lui parce qu'il a beaucoup influencé le film, une sorte de collaborateur dans l'ombre. D'autres personnages peuvent lui ressembler vaguement. Celui de Brialy dans "Le genou de Claire" qui est finalement très différent, mais la nouvelle que j'avais écrite était inspirée de lui. Le personnage joué par Fédor Atkine dans "Pauline à la plage" lui ressemble, et pas mal d'autres. Dans "La collectionneuse", je ne sais pas s'il m'a inspiré directement ou s'il a inspiré les acteurs, qui le connaissaient. C'est vraiment l'éminence grise du cinéma de la Nouvelle Vague...>>


