Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

11 septembre 2007

Pleine lune sur une fin de saison

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La Baule, septembre 2006

Parenthèse atlantique de 10 jours sur le blog

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L'enfant au camion

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Guatémala, Guatémala-city, 1989

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Olivier

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La Varenne, juillet 1983

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2 BY 4


    

Fiche technique :
 Réalisation : Jimmy Smallhorne. Scénario : Terry McGoff & Jimmy Smallhorne. Directeur de la photo : Declan Quinn. Montage : Scott Balcerek & Laure Sullivan. Musique : Nigel Clark & Jerome Di Pietro.
USA, 1997, Durée : 90 mn. Disponible en VO et VOST.

Avec: Jimmy Smallhorne, Chris O'Neill, Bradley Fitts, Joe Holyok, Terry McGof, Michael Liebman, Ronan Carr, Leo Hamill, Seamus McDonagh, Kimberly Topper, Conor Foran et James Hanrahan.


Résumé :
Dans le New York de la fin des années 90, Johnnie (Jimmy Smallhorne), un émigré irlandais à la trentaine virile, travaille comme contremaître pour son oncle (Chris O'Neill) entrepreneur marron qui construit des bureaux. Bien qu’il ait une petite amie (Kimberly Topper), Johnnie, les soirs – fréquents – de beuverie et de défonce ne répugne pas à s’offrir un gigolo. C’est ainsi qu’il rencontre Christian (Bradley Fitts), un jeune immigré australien, pour qui il est surpris d’éprouver quelque chose qu’il ne connaît pas. Ce garçon perdu en demande de tendresse sauvera-t-il Johnnie de sa dérive destructrice ?

L’avis de Bernard Alapetite:
Il est tout compte fait rare que le cinéma mette en scène le monde ouvrier et c’est encore plus rare pour le cinéma gay. Pourtant, l’ouvrier musculeux est l’un des fantasmes gays, surtout américain (voir un des Village People avec son casque de chantier). C’est justement sur les chantiers de New York où nous emmène 2 by 4. Johnnie, le personnage principal, est un contremaître qui travaille à la construction de bureaux pour le compte de son entrepreneur d’oncle. Il dirige une équipe d’émigrés clandestins irlandais. Sans nous infliger un pensum sur le travail dans le bâtiment, Smallhome (si j’ose dire) plante le décor avec efficacité. Nous apercevons un New York inhabituel, ni celui des touristes ni celui des bas-fonds glauques mais celui des rues anonymes du Village, de l’East River ou du Bronx ; Johnnie habite Riverdale, subtilement mais modestement cadré dans la lumière grise de l’hiver lorsque les sommets des buildings se confondent avec le gris métallique du ciel. Si les personnages de cette histoire ne sont pas pour une fois de jeunes mecs aux pectoraux sculptés, le héros n’est cependant pas repoussant avec son corps sec mais massif et son visage façonné par la vie, qui avoue bien sa trentaine bien tassée et qui nous raconte déjà une histoire bien raccord avec celle que l’on voit sur l’écran, toute nourrie par la psychologie des protagonistes que nous découvrons petit à petit. On est néanmoins surpris par le physique de l’oncle que l’on verrait plus en tailleur bessarabien qu’en patron magouilleur irlandais. Cependant, ce choix se révèle judicieux ; le physique inhabituel de l’acteur rajoute du mystère à ce personnage dont on pressent dès le début la noirceur. Il faut dire que Chris O'Neill, qui devait décéder peu de temps après la fin du tournage, est remarquable dans ce rôle de salaud.
Il faut rendre hommage à Smallhorne dont on perçoit bien que la motivation est totale et pour qui 2 by 4 reste malheureusement le seul film à ce jour. Il a tourné,
écrit et joué le rôle principal et avec quelle maîtrise ! Il atteint une authenticité incroyable dans la peinture de ces travailleurs. On pense beaucoup au cinéma de Mike Leight. Le casting mélange acteurs et non professionnels ; tous s’expriment dans le vrai dialecte irlandais de New York au lieu de se contenter de l'habituel accent approximatif. Le réalisateur a été très soucieux de la bande son, un mixage de chansons traditionnelles irlandaises et de bruits de New York, comme le grincement typique de son métro.
Si la première heure d’expositio
n du cadre et des personnages est remarquable, toute la fin du film qui consiste à nous faire découvrir quelles images enfouies rongent Johnnie est moins convaincante. Le cinéaste ne parvient pas vraiment à nous faire entrer dans la psyché et les terrifiants cauchemars de son héros. Au fur et à mesure, on s’aperçoit que Johnnie est hanté par des fantômes qu’il refuse de regarder en face et que la drogue et l’alcool ne sont que des échappatoires à cette confrontation. On peut voir en Christian une possible figure rédemptrice qui sauvera Johnnie de son enfer. Le film se termine par une image domestique apaisée qui peut nous faire espérer un avenir pour Johnnie.
2 by 4 bénéficie d’un directeur de la photo de grande classe, Declan Quinn, qui a travaillé sur de nombreux clips dont ceux des Smashing Pumpkins et de U2 et de non moins nombreux films dont Breakfast on Pluto. Il a choisi de délibérément refroidir les couleurs où dominent les bruns dans des images assez granuleuses. Les plans, souvent en plongée, réussissent bien à transcrire le vertige et la stupéfaction d’un émigré perdu entre les gratte-ciels de Manhattan.
2 by 4 est un essai fort convaincant auquel il n’a manqué qu’un peu de métier pour être un grand film. Son âpreté restera néanmoins longtemps dans la mémoire de son spectateur.

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Sur un banc...

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Californie, Los Angeles, Magic Mountain, aout 1988

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Cédric

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New-York, Metropolitain museum, septembre 2007

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