Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

18 août 2007

François Morellet


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Est-ce parce que, pendant longtemps, Morellet fut un artiste du dimanche, un amateur, au bon sens du terme, celui qui fait ce qu'il aime, utilisant le reste de son temps à gérer, en province, la petite entreprise familiale, qu'il n'a jamais perdu cette fraîcheur, cette invention, cet humour qui caractérisent toute son oeuvre? Pourtant, la direction où il s'était engagée au début des années 50, l'abstraction géométrique minimaliste incitait plutôt à l'intellectualisme desséchants, à l'implosion du moi dans le rien.
L'abstraction géométrique porte également le nom d'abstraction froide par opposition à l'abstraction lyrique, dont les tenants en France s'appelle Schneider, Fichet, Mathieu, Oscar Gauthier... dite aussi abstraction chaude. Et bien l'abstraction géométrique de Morellet est chaleureuse, parfois facétieuse, toujours remarquablement intelligente. La modeste exposition du musée d'art moderne de la ville de Paris, visible jusqu'au 16 septembre et intitulée, François Morellet Blow-up 1952-2007 Quand j'étais petit je ne faisais pas grand, en offre une nouvelle preuve.

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photo de François Morellet de l'installation d'une de ses oeuvres

Cette exposition est aussi à sa manière un jeu. L'artiste s'est donné comme contrainte, Morellet est un peu le Pérec de l'art français, de réunir onze peintures de sa période d'abstraction géométrique minimaliste, peintes en 1952 et de les présenter avec leurs répliques réalisées plus de cinquante ans plus tard qui sont les reproductions fidèles de leurs modèles, mais agrandis quatre fois. On s'aperçoit que ces nouvelles moutures sont des oeuvres à part entière échappant à leurs modèles. Le changement d'échelle nous fait nous interroger sur notre place, au sens le plus prosaïque qui soit, devant le tableau. Alors que du regard on pouvait embrasser plusieurs oeuvre de 1952, pour celle de 2007 on ne pas en appréhender une d'un seul regard. Comme pour les tableau de Rothko, il est bon de s'approcher de ces grands formats et ainsi on pénètre presque physiquement dans l'oeuvre, en particulier pour la peinture inspirée d'un tapa océanien, dont la photo ci-dessus montre la mise en place, dans laquelle on se retrouve comme prisonnier de ses piquants équilatéraux. Morellet partage avec Rothko l'idée que l' oeuvre continue hors des limites du tableau. Pour le suggérer l'américain peignait la tranches de ses toiles, morellet dans la toile qui est une suite de bandes verticales de même  épaisseur, espacées régulièrement coupe  dans l'épaisseur les bandes des extrêmes.
A ce projet conceptuel, l'artiste a souhaité inclure deux oeuvres  très différentes mais représentative de son travail dans les années 70, une installation de néons  s'éclairant puis s' éteignant en un cycle de séquences et une grande composition graphique au subtil jeu de diagonales que l'on voit dans le collage photographique ci-dessous réalisé par Morellet lui même.
Ces ajouts nous  donne l'envie de voir rapidement, une grande rétrospective Morellet qui serait tout à l'honneur des instances  artistiques française.

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Posté par bernar alapetite à 18:24 - DE CIMAISES EN CIMAISES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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