Le blog de Bernard Alapetite

A partir du cinéma mais aussi de toute la production culturelle un regard gay et décalé sur les jours

21 novembre 2009

DER EINSTEIN DES SEX (L’EINSTEIN DU SEXE) (mise à jour)

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Allemagne, 1999, 96mn

 

Réalisation: Rosa von Praunheims, scénario: Chris Kraus & Valentin Passoni, image: Elfi Mikesch, musique: Karl-Ernst Sasse, montage: Michael E. Shephard

 

avec: Kai Schuhmann, Friedel von Wangenheim, Ben Becker, Wolfgang Völz, Otto Sander, Gerd Lukas Storzer, Olaf Drauschke,  , Monika Hansen, Tima die Göttliche


Résumé


Fils d’un médecin juif, Magnus Hirschfeld (1868 - 1935) (Friedel von Wangenheim) entreprend des études de médecine en 1888. Il est révolté que la science tienne l’homosexualité pour une maladie et une perversité. Son diplôme obtenu, il ouvre son cabinet. Une expérience traumatisante , le suicide de l’un de ses patients, incapable de révéler son homosexualité à ses parents, le pousse à agir.
Hirschfeld écrit Sapho et Socrate et fonde en 1897 un comité scientifique militant pour la dépénalisation de l’homosexualité, l’abrogation du fameux paragraphe &75. La pétition en faveur de la révision du Code pénal est signée par de nombreuses personnalités, mais le projet de loi présenté au Parlement est rejeté.
Il fonde un institut de recherche sur la sexualité. C'était alors un champ de recherche encore inexploré. Des personnes de toute  l'Europe le consulte au sujet de leurs propres problèmes sexuels, dont un jeune aristocrate autrichien, le baron Hermann von Teschenberg (Gerd Lukas Storzer),  qui devient son ami et son principal  soutien financier. De son côté, le préfet de police de Berlin (Wolfgang Völz) s’intéresse aux travaux de Hirschfeld. En sa compagnie, il découvre incognito les milieux homosexuels de la capitale. Cette évolution inquiète von Teschenberg : craignant de devenir l’objet d’un chantage, il fuit à l’étranger…

 

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L’avis de Bernard Alapetite


Sous ce titre imbécile, même si “Einstein du sexe” est le surnom que donnèrent à Magnus Hirscheld des journalistes américains durant son séjour à Los Angeles, se cache une biopic d’un des pères de la sexologie et le grand père de tout les activistes gays de par le monde. Mais ce film est un bien mauvais coup porté au grand homme et à tout le mouvement gay tant il échappe que rarement au grotesque.

 

F248

La vie d’Hirscheld, plus sa vie privée que son combat pour la reconnaissance des amours homosexuels, est débitée en une série de vignettes sensées être “kolossalement” signifiantes, jouées façon patronage ou cabaret teuton. On y découvre ainsi son amour non consommé avec le Baron von Teschenberg, les longues et heureuses années passées en compagnie de Karl Giese (Olaf Drauschke), la controverse qu’il entretient avec cet autre figure de la défense des homosexuels qu’est Adolf Brand (Ben Becker) chantre de la beauté physique de la jeunesse allemande ou encore la présence de son ami et ange gardien, le travesti Dorchen.

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Les acteurs surjouent chaque scène et font des mimiques que l’on aurait déjà trouvées outrées au temps du cinéma muet. Seul Olaf Drauschke qui interprète l’ami d’ Hirsheld apporte à la fin du film émotion et vérité qui évite un naufrage artistique complet. Cela est d’autant plus regrettable que le film se base sur une recherche historique sérieuse et complète bien illustrée par les inserts judicieux d’ images d’archives qui ponctuent le film et nous restituent cinquante ans d’histoire allemande qui servent de décor à cette tragédie. Car la vie d’Hirsheld, comme l’histoire de son pays, est une tragédie. Ainsi, on ne comprend pas du tout le parti pris choisi par Rosa von Prauheim de faire jouer les acteurs sur un ton primesautier et égrillard en complète contradiction avec ce qu’il nous raconte. Il est curieux de voir combien une certaine Allemagne terrifiée par un retour possible du nationaliste éprouve une sorte d’extase à cracher sur son pays car l’Einstein du sexe nous montre un pays qui de 1880 à 1935, peuplé que de veules abrutis toutes sexualités confondues.

 

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Même le kitsch ne peut pas cautionner une scène franchement antisémite, il est bien sûr involontaire, lorsque l’oncle et la tante du jeune Magnus rechignent à lui payer ses études, une séquence qui n’aurait pas déparé dans le  les pires films de propagande nazi. Le spectateur attentif pourra se distraire la rétine par de très fugitifs beaux garçons nus dans des galipettes champêtres assez croquignolesque.

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Rosa von Praunheim, de son vrais nom Holger Mischwitzky, c’est au milieu des années 60 qu’il a adopté le nom d'artiste Rosa von Praunheim, est né à Riga (Lettonie) en 1942. Il a commencé à tourner au début des années 70 des courts métrages expérimentaux. Il a réalisé en trente ans plus de cinquante films et téléfilms, surtout des documentaires, dont presque tous ont un rapport plus ou moins lointain avec l’homosexualité, dont les récents Rosa, tu crains ! (2002), Fassbinder et les femmes (2000). Toute son œuvre reste marquée par l’underground et l’esthétique des années 70 ce qui la rend difficilement regardable aujourd’hui.
Der einstein des sex est tout de même instructif mais artistiquement bien triste.

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site du réalisateur

 

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Joseph Culp

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Le carpaccio nous vient du Harry's Bar

Je sais, j'ai déjà recommandé ce site, tramezzinimag, (http://tramezzinimag.blogspot.com) il y a quelques jour et il figure dans les liens amis à la rubrique "intelligence des jours, ici et ailleurs, titre qui s'applique parfaitement à ce blog, mais j'insiste tant il me procure un bonheur quotidien par son élégance modeste et évidente. En voici une petite tranche à propos d'un de mes plats préférés...


<< Le carpaccio ! C'est une recette qui, bien qu'inventée assez récemment par le chef Cipriani, au Harry's Bar de Venise en 1950, et s'il vous plait, pour faire plaisir à une femme à qui le médecin interdisait de manger pour son régime de la viande cuite (il s'agissait certes de la Comtesse Amalia Mocenigo) a fait le tour du monde et se trouve maintenant faite un peu n'importe comment et avec n'importe quoi.

Mais au départ, il s'agit de fines tranches rouges de boeuf à l'huile d'olive, servies sur fond vert de cresson ou d'endive.
 

 Pourquoi Carpaccio ? Parce que cette année-là, il y avait une grande exposition de ce peintre vénitien (de son vrai nom Vittore Scarpaccia, et qui vécut de 1472 à 1526) et que ses rouges, (que l'on trouve dans les toges des dignitaires, la couverture de sainte Ursule, le corsage de la Vierge, les tentures...) rappelaient au chef la couleur des fines tranches dans l'assiette de la comtesse... En tout cas, pas à cause des filets de boeuf peints par Carpaccio, sujet qu'il n'a jamais peint, vu que ce n'était pas son genre ni celui de son époque.

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20 novembre 2009

photographie BMTH

Joseph Culp

Joseph Culp par B.M.T.H

Jesper Hellzen

Jesper Hellzén par B.M.T.H


Zdenek Zaboj

Zdenek Zaboj par B.M.T.H


Ash Stymest

Ash Stymest par B.M.T.H


Alex Dunstan

Alex Dunstan par B.M.T.H


Tillmann Meister

Tillmann Meister par B.M.T.H

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Salomé à l’Opéra de Paris

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En matière d’opéra, je suis un converti de la dernière heure. Auparavant je me rendais dans ces lieux que pour des spectacles de danse. Aujourd’hui voir un opéra est un tel plaisir que je me demande pourquoi je m’en suis privé si longtemps, et en même temps je me dis, en voilà du bonheur en perspective pour mes vieux jours... Or donc voici quelques temps j’ai eu le bonheur, presque sans mélange, de découvrir le “Salomé” de Richard Strauss à l’Opéra Bastille. Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de connaître cet endroit, je voudrais leur préciser que l’intérieur est aussi beau et fonctionnel que l’extérieur est laid et d’une géométrie aberrante par rapport à la place qu’il était censé épouser, alors que sa façade entre en conflit avec la géographie de l’espace où le bâtiment a été posé, pour ne rien dire de sa façade aux marches aussi inutiles que celles du monument dédié à Victor-Emmanuel à Rome.
Mais revenons au spectacle. La première bonne surprise, est-ce déjà du à l’influence du nouveau directeur, Nicolas Joel (du moins la reprise de cette mise en scène qui date de 2003), est de voir que l’intrigue, sensée se dérouler en Judée sous l’empire romain, n’a pas été transporté dans l’Allemagne nazi ou dans le Berlin spartakiste; que Lev Dodin, le metteur en scène, soit remercié de cette grande originalité de  n’avoir pas choisi ces deux lieux qui sont les dépaysements intellectuels préférés de ses confrères, aidés en cela par les décorateurs qui raffolent des chiffons rouges et autres oriflammes crypto-nazi, permettant de délicieuses taches mouvantes de couleur sur les plateaux.
Le décor, signé David Borovsky est sobre et de bon aloi. Il baigne dans une chaude lumière qui suggère bien un bord de mer Méditerranéen. Tout se déroule dans un décor unique, la terrasse du palais du Tétrarque de Judée sous la lumière de la pleine lune. Le livret de Salommé, tiré de la pièce éponyme d’Oscar Wilde dans une traduction en allemand (l’opéra est chanté dans cette langue) de Hedwig Lachmann, est moins futile que ceux de nombreux Opéras. Il est en outre d’une exceptionnelle densité puisque l’ouvrage ne dure que 90 minutes ce qui est extrêmement court comparé à la plupart des opéras. Le roi Hérode (Thomas Moser) a des vues sur Salomé (Camilla Nylund) sa belle et jeune belle fille au grand dam de sa mère et du beau capitaine Narraboth ( Xavier Mas qui malheureusement n’est pas l’interprète de la danse des sept voiles). Mais voilà que la jeune Salomé ne supportant plus la touffeur d’un banquet et les œillades de son beau père de roi s’échappe pour prendre l’air et là tombe en pâmoison sexuelo mystique en entendant le chant du prophète Jochanaan (Vincent Le Texier). qui est prisonnier d’Hérode. Quand la chaude vierge aperçoit le prisonnier à travers ses barreaux, elle se transforme en chienne en chaleur et comme le constate assez plaisamment le programme: <<... Et il comprit qu’il pouvait comme personne avant lui, faire tour à tour gémir et hurler la chair implorante et furieuse de la princesse. Un seul acte, une seule ascension vers un cataclysme annoncé... une danse où le corps s’abandonne et jouit de lui même, une mort enfin exalté de sang, de sueur et de désir.>>. Calmons nous la mise en scène  trop sage est beaucoup moins torride que le texte de présentation car si Camilla Nylund, qui n’est pas désagréable à regarder et a une voix à la hauteur de son rôle, malheureusement danse comme une chaufferette et la fameuse danse des sept voiles (le soir où j’étais présent je n’en ai compté que six!) sombre rapidement dans le ridicule. Un ami expert en opéra qui en était à sa énième Salomé nous faisait très justement remarquer qu’il était dommage que le prophète sorte de la montagne latéralement, comme dans une sorte tiroir, alors qu’il aurait été beaucoup plus signifiant de le voir surgir du sol comme il avait pu le voir dans une autre mise en scène. La plus belle partie de cet opéra est d’ailleurs lorsque l’on entend la mélopée du prophète “hors champ”, sortant de nulle part. Vincent Le Texier tant par sa voix que par sa prestance est parfait dans le rôle. Je n’en dirais pas autant de Thomas Moser qui s’il a bien la silhouette que l’on peut imaginer pour Hérode me semble avoir une voix un peu juste pour le personnage et un jeu par trop désinvolte. Lorsque pour la dernière réplique, il ordonne  <<Tuez cette femme>>, j’ai plus eu l’impresion d’un bourgeois demandant à son valet d’allez lui acheter une salade au marché que d’un roi demandant la tête de la femme qu’il aime en secret.
La musique, plus moderne (je vous rappelle que je découvrais l’oeuvre) par rapport à ce que je connaissais de Richard Strauss (1864-1949) était fort bien conduite. Richard Strauss a quarante ans lorsqu’il compose cet opéra après avoir vu la représentation de la pièce, écrite par Oscar Wilde pour Sarah Bernhardt, donnée à Berlin dans la mise en scène de Max Reinhardt.
Pour résumer, amis décadents, nécrophiles ou misogynes une soirée à la Bastille à ne pas manquer.   

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Tetsuya Ishida (1973-2005)

" Collection " 1998 (Collection)

Les peintures de Tetsuya Ishida témoignent des inquiétudes, des dérives individuelles dans un monde de plus en plus méconnaissable, esclave de la croissance économique et du progrès technologique. L'artiste communique sa solitude et sa crise d'identité  dans une série de toiles étonnantes où il est tragiquement pris au piège ou consommés par son entourage dans un monde en évolution rapide où la pression de se conformer est souvent trop lourde à porter.


" Prisoner " 1997 (Prisonnier)


De ses tableaux se dégagent massivement le scepticisme, la claustrophobie et la solitude. Ses œuvres sont avant tout, de beaux auto-portaits émouvants d'un homme impuissant à la dérive dans un monde où il ne parvient pas à entrer en contacts  avec les autres.

Physiquement et mentalement introverti, il se métamorphose en une courroie transporteuse de supermarché, en un microscope ou un urinoir; il aime se représenter rouillé, maladroit, utilisé et foulé aux pieds. Sur ses avanies son regard est sobre et d'une grande acquité. La qualité de sa peinture évite que ses oeuvres tombent dans la caricature. Leur minutie les déplace dans un monde beaucoup plus profond.



" Bodily fluid " 2004 (Fluide corporel)



" A man can't fly anymore " 1996 (Un homme ne peut pas voler plus) 1996

Ses toiles sont soigneusement composées, ordonnées, peintes avec minutie, avec un soin  obsessionnel du détail. La peinture est appliquée couche après couche formant des les zones semi-opaques Ishida a une approche rituelle de la toile qui véhiculent un aspect thérapeutique que la peinture a pour l'artiste. Le résultat est une profondeur et une richesse de la matière en contradiction avec une certaine raideur du dessin. La palette privilégie les tons froids et discrets. Traumatisé par la perte  l'identité, irrité par la structure rigide des codes sociaux et éducatifs de son Japon natal, Ishida révèle son angoisse à travers ses métamorphoses bizarres et originales.



1998



" Supermarket " 1997


Bien respecté et connu au Japon, mais peu connu au niveau international au début des années 2000, l'ambition d'Ishida est d'acquérir  une audience mondiale. Mais Ishida a été percuté par un train à Machida, Tokyo en 2005 à l'âge de 31 ans.



http://www.tetsuyaishida.jp/ http://www.tetsuyaishida.jp/


 

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19 novembre 2009

Les plus atroces fléaux de l'humanité

« Je hais les religions à mort. Je vois quelquefois, les égyptiennes, les babyloniennes, les tibétaines, les aztèques, l’Islam, le catholicisme médiéval, le puritanisme yankee, comme des spectres grotesques et dégoulinants de sang. Ce sont les plus atroces fléaux de l’humanité »

Lucien Rebatet,
Dialogue de « vaincus », Paris, Berg International Editeurs, 1999, p. 158.

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Bram Vercamer

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John Atkinson Grimshaw (1836-1893)

" Park Row, Leeds " "Park Row, Leeds"


Grimshaw est un peintre victorien anglais qui a été bien considéré tout au long de sa vie pour ses paysages, en particulier ses paysages nocturnes qu'il appelait «clairs de lune». Il a peint une multitude de villes, en particulier les rues et les parcs de Leeds et de ses environs, mais aussi Glasgow, Liverpool, Scarborough, Whitby, Londres et d'autres régions de l'Angleterre. Ces œuvres ont la particularité de bien retranscrire les effets de lumière et de rendre perceptible la météo et les saisons.
Grimshaw s'est spécialisé dans les paysages au clair de lune pendant les années 1870 et 1880. Il ressort  de ses toiles un romantisme parfois inquiètant.  Au cours de la dernière partie de sa carrière, il a principalement traité des paysages marins. Grimshaw a toujours été attirée sur la mer dont il ne s'est guère éloigné. Il a eu rapidement un grand succès  et a travaillé toute sa vie pour une série de clients privés, exposant rarement en public . La composition de ses œuvres est très évocatrice, nostalgique et paisible, mais  leur simplicité austère et parfois sévères leur  évite de verser dans le sentimentalisme. Il est décédé d'un cancer en 1893 au sommet de sa notoriété.



" A moonlit lane " 1874

" Canny Glasgow "


" Forge Valley " "Valley Forge"


" Humber docks, Hull "


" Knostrop Old Hall, Leeds "


" Nighfall on the Thames "


" Silvery Moonlight " 1882


" The Harvest Moon " 1872 "La Lune à Harvest"

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Maruja Mallo

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Maruja Mallo dans son atelier en 1936 à Madrid.

J'avais été surpris au printemps de découvrir lors de ma visite au musée de la collection Berardo de découvrir en la personne du peintre portugais Raul Perez un surréaliste de première grandeur totalement inconnu en France. Avec Maruja Mallo ( de son vrai nom Ana Maria Gomez Gonzalez) c'est également une figure majeure du surréalisme et des arts espagnoles très marqués par ce que l'on a appelé la génération de 27, que j'ai récemment découvert. Son importance est indéniable elle est pourtant encore une grande inconnue, même dans son pays et que dire de la France
où pourtant elle eut une notoriété certaine au tournant des années 20.


Elementos para el deporte, 1927 (Articles pour le sport),



la verbena 1928 ( verveine )


Elle est née à Vivero, Lugo. Dans sa famille, elle était la quatrième d'une fratrie de quatorze enfants. Elle a étudié à l'Escuela de Bellas Artes de San Fernando à Madrid. Au cours des années 20 elle travaille  pour de nombreuses publications littéraires comme La Gazette littéraire, l'almanach littéraire ou la Revista de Occidente . Elle réalise des couvertures pour plusieurs livres. En 1928, grâce à l'écrivain José Ortega y Gasset, elle fait sa première exposition dans les Salons de la Revista de Occidente, à Madrid. Son style est alors proche de la Nouvelle Objectivité ou du réalisme magique. En 1932, Elle se rend à Paris où elle rencontre Magritte, Max Ernst, Miro et de Chirico, ainsi que Paul Eluard qui écrit: << Les créations les plus étranges de Maruja Mallo, sont parmi les plus importantes de la peinture actuelle, la révélation poétique et plastique dans ses tableaux, "Les égouts" et "Bell" en font des précurseurs de la vision informelle.>>. Elle rencontre  André Breton. Ce même Breton en 1932, lui achete le tableau intitulé Scarecrow, une oeuvre peuplée de fantômes, ce travail est considéré alors comme l'une des plus grandes œuvres du surréalisme. Elle avait acquise une telle notoriété que les autorités française lui achete un de ses tableaux pour l' exposer au musée national d'Art moderne. Sa première exposition à Paris a eu lieu à la Galerie Pierre Loeb en 1932.


El Espantapeces, 1931


Estampa (Escaparate), 1927


Naturaleza viva, 1943 (La nature vivante)

El racimo de uvas, 1944 (La grappe de raisin)


Deux ans plus tard, Elle fait un peu d'enseignement à l'Ecole de céramique et de la Residencia de Estudiantes de Madrid. Elle forme un groupe informel avec des artistes, des écrivains et des cinéastes tels que Salvador Dalí, Federico García Lorca, Luis Buñuel et  Pablo Neruda. Ce dernier la présente à Michael Hernandez, avec qui elle aura une liaison torride qui a inspiré le sonnet «La foudre qui s'arrête jamais". En 1934, elle étudie les mathématiques et la géométrie afin de les appliquer dans son travail, principalement dans la céramique. À compter de 1935, elle commencé sa phase  constructiviste, tout en exposant encore avec les surréalistes à Londres et à Barcelone . Attachée à la République, en Février 1936, la guerre civile la surprend en Galice. Elle  fuit au Portugal. Tous ses travaux de poterie des années trente sont détruites pendant la guerre civile.

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Peu après, son amie Gabriela Mistral, Ambassadeur du Chili au Portugal, l' aide à déménager à Buenos Aires, où elle vivra pendant vingt ans. Elle reprend la peinture, continue à enseigner et à cultiver les amitiés. Elle contribue au célèbre magazine avant-gardiste Sur, auquel participe également Borges. Dans cette période, elle peint des portraits et des natures mortes qui s'inspirent du  monde sous-marin, avec des escargots et des fleurs étranges. De son séjour à Buenos Aires, le Musée du Design et d'Illustration, en a conservé dans sa collection deux tempera sur papier représentant des animaux, mi-réels mi- fantastiques.
Vers 1939, elle commence à peindre des portraits, de femmes en particulier, dont le style est un précurseur de celui du pop art américain.

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Après l'établissement du péronisme en Argentine, Maruja Melo quitte ce pays pour s'installer à New York. En 1964, elle retourne en Espagne, trois ans après elle reçoit la médaille d'or des Beaux Arts espagnols. Elle qui a été l'une des grandes figures du surréalisme d'avant-guerre est devenue une presque  étrangere dans son pays natal. Elle s'installe à Madrid, Calle Núñez de Balboa, et presque comme un symbole elle redessine la couverture de la Revista de Occidente.



Cabeza de negra, 1946 (Tête noire)

Oro, 1951 (Or)

Elle vit une relation étroite avec le poète Rafael Alberti, avant que ce dernier  rencontre sa future épouse, Maria Teresa León. Les années 90 sont pour Muruja Mallo sujets à de nombreuses expositions et récompenses. Elle  meurt à Madrid le 6 Février 1995.

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