03 juillet 2009
Boy de Welby Ings
Nouvelle Zélande, 2004, 15mn
Réalisation: Welby Ings, scénario:Welby Ings, montage: Bella Erikson
avec: Jesse Lee, Bryan Bevege, Tammy Warwick, Cairine Barton, Madison Barton-Ings, Miriam Bleackley, Michael Easther, Mathew Risbridge, Paul Probine, Bill Taua, Rebecca Hogan, Emily
Horgan, Fredd Marshall, Daniel Hodson, Robert Jenkinson, Darion Ings,
Melvin Te Wani, Trisha Waugh, John ten Velde, Amanda Macek, Luke Thompson,
Michael Easther, Hannah Hurst, Stephanie Jefferson.
Résumé
Un adolescent, fort joli, (Jesse Lee) a l’habitude de se prostituer pour se faire de l’argent de poche,
dans les toilettes municipale d’une petite bourgade rurale de Nouvelle-Zélande. Il découvre un
jour par le trou qui se trouve dans le mur des toilettes (glory hole), qu’un homme
cache un vêtement ensanglanté et un sac dans le box à coté de celui qu'il occupe. L’homme l'apercoit et s’enfuit. En fouillant
le sac l'adolescent s’aperçois qu’il appartiens à une jeune fille du village. Rentré chez lui, le garçon apprend
quebcette même jeune fille vient de se faire renverser mortellement par une voiture qui a pris la fuite. Quand la
nouvelle de la mort de la jeune fille se propage dans le bourg, le conducteur et sa famille décide que l' adolescent doit
être réduit au silence.Le garçon va se battre pour faire éclater la
vérité...
L'avis de Bernard Alapetite
Boy est un film au maniérisme exacerbé et revendiqué qui ne peut qu'horripiler ou soulever l'enthousiasme tant son parti pris radical ne peut que forcer à l'adhésion ou au rejet total. Le cinéaste a voulu s'éloigner le plus possible du naturaliste qui aurait été la manière la plus évidente pour filmer ce fait divers sordide en un milieu aussi glauque. Welby Ings a pris le contre pied de cette évidence en faisant de chacun de ses plans une image sophistiquée toujours esthétisante parfois inquiétante tout en étant la plupart du temps lumineuse.
Boy est filmé comme un long clip, tant par son montage, très brutal, que par l'extraordinaire soin apporté à la signifiance de chaque image qui chacune doit délivrer un message pour faire avancer l'intrigue ou compléter la peinture de cette petite bourgade de Nouvelle-Zélande. Car la grande originalité et audace du film est son absence totale de dialogue. Ce qui contraint les acteurs, tous très biens, à jouer d'une façon expressioniste, un peu comme le faisait les comédiens au temps du cinéma muet. L'importance de la musique et de la bande son renforce encore l'impression de clip. Lorsque le réalisateur veut apporter au spectateur un complément d'information, il fait surgir fugitivement en surimpression sur l'image une phrase ou le plus souvent un simple mot. Le terme est soigneusement disposé dans le cadre pour aider à son équilibre graphique.

Très curieux aussi le hobby du garçon qui est de réparer de vielles poupées cassées qu'il trouve dans un improbable hangar capharnaum pour les transformer en de sortes d'anges maléfiques ou protecteurs. A noter aussi avec quelle virtuosité le réalisateur arrive en seulement quelques plan à nous faire percevoir l'athmosphère dans laquelle évolue le garçon dans son lycée ou l'amour qui l'unit à sa grand mère. Cette ambiance onirique et le travail sur les images m'ont fait songer à "L'enfant miroir", aux films de Sergueï Paradjanov et aux photos de Jan Saudek. On ne sera pas étonné d'apprendre que Welby Ings est professeur de design et de graphisme à l'université de technologie d'Auckland. Boy est son premier court métrage.
Welbig Ings sur le tournage
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Le cinéaste lors d'une interview au journal gay de San Francisco, "Bay area" a fait cette courageuse déclaration: << J'ai eu deux amis intimes qui étaient des prostitués, quand j'étais jeune, Je l'ai fait à quelques reprises, mais j'étais un peu timide. Ils ont été plus courageux...>>
La fin, un peu précipitée, avec sa morale optimiste, donne au spectateur le sentiment d'avoir vu une fable dont il n'a pas compris tous les enjeux. Ce poème visuel mérite plusieur visionnage car certains tableaux qui nous sont proposés sont quasiment subliminaux.
Le film a été sélectionné dans de nombreux festivals où il a reçu plusieurs prix.Pour en savoir plus allez sur le beau site du film .

"boy" est inclus dans le dvd Boys briefs 3 édité aux USA par Picture this.

Nota: si vous vous intéressez à la prostitution masculine dans l'art cette page est incontournable.

Ramasseurs de balles à Wimbledon 2

Wimbledon, Londres, juin 2009.
02 juillet 2009
Sergio Ceccotti chez Alain Blondel

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C'est un peu par hasard, qu'en cheminant vers Gilbert & George, je sois tombé sur la galerie Blondel, haut lieu parisien de la défense de la peinture figurative pure et dure qui expose une vieille connaissance, Sergio Ceccotti.
La peinture de Ceccoti appartient à un genre bien peu à la mode que j'appellerais pour faire simple la peinture narrative. Presque tous les tableaux nous raconte une histoire. Cela va de l'à peine anecdote, un homme lit le journal en marchant rue de la Gaité, à des scènes de la vie quotidienne, un homme rentre chez lui alors que sa femme regarde sur le balcon, en passant par des instantanés de faits divers qui auraient fait, il y a cinquante ans, d'idéales couvertures pour feu "Radar" tel cet homme retenu d'une vertigineuse chute par le bout de ses doigts crispés sur la petite corniche friable d'un immeuble. Certaines de ses toiles exacerbent une situation pour déboucher sur un fantastique apocaliptique, je me souviens d'une d'entre elles où l'on voyait au premier plan une partie de tennis, alors que dans la mer au fond, coulait un navire pendant qu'un avion en flammes s'y abîmait... Mais les oeuvres les plus réussies du peintre sont celles dans lesquelles il parvient à créer l'étrangeté par un détail ou par la seule lumière de sa toile, un peu ce que parvient à obtenir Crewdon dans ses photographies. Il est dommage qu'il ait un peu abandonné cette veine, ma préférence vont à ses intérieurs vides nimbés d' étranges lumières, pour des image plus spectaculaire comme ses scènes de crime et de suicide.

La grande faiblesse de la peinture narrative vient que son attrait s'épuise vite, dés que le regardeur à fait le tour de l'anecdote qu'elle illustre. C'est souvent une peinture qui attire d'emblée mais dont on se détourne assez vite dés que l'on a défleuré le mystère. Une peinture à consommer sur place en quelque sorte, et c'est malheureusement le cas pour la plupart des toiles présentées cet été par Ceccotti à la galerie Blondel. Il reste que ceux qui ne connaissent pas se peintre feront le détour avec bénéfice.
L'artiste situe les histoires qu'il nous raconte entre Paris et Rimini (comme Cremonini mais avec moins de mystère et de profondeur que ce dernier ) avec des détours par Rome.
La manière de l'artiste a aussi un peu changé par rapport avec ma dernière rencontre avec les tableaux de ce peintre si les couleurs posées sur la toile en aplats de pâte épaisses presque toujours lisse, génèrent toujours d'aussi extraordinaires couleurs, la touche est maintenant plus visible et les formes moins dessinées.

Mais il est un peu vain de définir la manière d Ceccotti quand le peintre en parle si bien: << Le glacis est un procédé abandonné depuis l'impressionnisme, mais il a été une composante essentielle, pendant des siècles, de la technique des peintres ; en superposant des couches de couleurs transparentes sur une peinture déjà sèche, on peut obtenir une brillance très fine, irréalisable autrement, un rendu sensible, si l'on peut dire, de la peau des choses, donner vie à des zones mortes, souligner la profondeur et le rapport dans l'espace et surtout imprimer au tableau le caractère d'un objet fini, abouti, réalisé (comme disait Cézanne) c'est-à-dire le contraire de l'œuvre d'art moderne conventionnelle. Mon choix technique n'est pas neutre mais sous-entend une poétique : marquer la distance entre l'image proprement picturale et la vague des images qui nous entoure (images d'origine photographique, quels qu'en soient les médias et les véhicules), et surtout la tentative, la volonté d'aller au-delà du langage du XXè siècle pour peindre sans tabous culturels la réalité autour de nous.>>

Sergio Ceccoti est né à Rome en 1935. Il partage son activité entre Paris et Rome. Il a été l'élève d'Oskar Kokoshka à la Internationale sommerakdemie fur Bildende kunst de Salzbourg en 1956 et 1957. Il fut aussi un élève des cours de dessin de l'Académie de France à Rome de 1956 à 1961. A partir de 1960 on a pu voir de nombreuses expositions de Ceccotti dans le monde entier.

Même si cette exposition titrée "soupçon" m'a un peu déçu par rapport à ce que je connaissais de Ceccotti, néanmoins je continue à aimer beaucoup cette peinture qui contient beaucoup de la littérature qui me nourrit, Modiano, Pérec, Tabucchi, Paul Auster sans oublier Philippe Soupault qui fut le thuriféraire du peintre dans lequel il y a plus de Chirico dans les peintures de Ceccotti ( tout comme dans celles de Marco Verrelli ) que sans doute il imagine, et puis dans les toiles de Ceccotti il y a souvent des joueurs de tennis, des chat et des appartements confortables...

jusqu'au 31 juillet
Galerie Alain Blondel
128 rue Vieille du Temple, 75003 Paris

01 juillet 2009
TAKANO, Ryudai



TAKANO, Ryudai est né à Fukui, Japon en 1963. Il sort diplômé de l'Université Waseda, Faculté de science politique et en économie, en 1987. Il est récipiendaire de la 31e Kimura IHEI
photographique prix au Japon (2006). Takano a déjà eu de fréquentes expositions personnelles
à Tokyo, y compris au-Zeit Foto Salon et il tempo. Ses œuvres ont
été inclus dans les musées et de expositions de groupe , en
Turquie, Chine, Espagne, Allemagne, Israël, Corée, Danemark. Au Japon certaines ont été acquises par le Tokyo Metropolitan Museum
of Photography et la Fondation du Japon.



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Jock Sturges

Thomas et Eva; La Jenny 2005.
GILBERT & GEORGE, Jack freak pictures chez Thaddaeus Ropac, Paris
Gilbert et George ne nous avaient plus donner de nouvelles depuis leur magistrale rétrospective à la Tate Modern de Londres en 2007. C'est avec plaisir que je les ai retrouvé hier à la belle galerie parisienne Thaddaeus Ropac où ils exposent leur production de 2008 jusqu'au 1 aout, l'exposition vient de Berlin.
C'est toute (?) la production de 2008 de nos fameux duétistes qui nous est présenté... dans le catalogue. En effet ce n'est environ qu'un cinquième des oeuvres de la série qui sont mises en majesté sur les belles cimaises de la galerie parisienne. Ce qui est néanmoins suffisant à notre bonheur. Si vous n'êtres pas parisiens aux dates françaises vous pourrez en voir d'autres oeuvres (les dates de certaines expositions se chevauchant) ou les mêmes en partie, dans les lieux suivants:
à Londres à la White cube du 10 juillet au 22 aout
à Bruxelles à la Baronian-Francey du 10 septembre au 31 octobre
à Salsbourg à la galerie Thaddaeus Ropac du 3 octobre au 21 novembre
à Athène à la galerie Bernier/Eliades du 19 novembre 2009 au 9 janvier 2010
à Naples à la galerie Alfonso Artiaco du 18 décembre 2009 au 6 février 2010
Il est en outre possible que cette exposition traverse l'Atlantique et/ou se dépayse encore ailleurs, si vous avez des informations à ce sujet n'oubliez pas de me les indiquer.



Cette fois c'est la banière de l'Union Jack qui est le fil rouge de cette dernière série. Les habitués de nos deux compères ne seront pas dépaysés par cette exposition. On y retrouve comme toujours le échos des préoccupations qui hantent les deux artistes depuis leurs débuts, le désir de liberté sous toutes ses formes, à commencer par sexuelle, une dénonciation de toutes les oppressions et des obscurantismes religieux. Les allusions directes à l'actualité, comme la guerre en Irak, sont nombreuses dans les images qui nous sont proposées. Les imaginatifs trublions brocardent toujours autant les pouvoirs en place en se mettant en scène dans des poses et des formes toujours plus incongrues créant une sorte de panthéon d'icones de leur propre image toujours recommencée.


Quant à la forme Gilbert et Georges sont toujours fidèle à leur formule, de grands formats presque toujours horizontaux découpés en carrés égaux. Dans Jack freak pictures les trois couleurs du drapeau du Royaume uni dominent. Ce que j'aime chez Gilbert & George c'est que leur technique ultra sophistiquée qui mélange photo, peinture, collage et depuis peu art numérique est au service d'oeuvres immédiatement lisibles pour le plus grand nombre dans le monde entier tout en étant typiquement anglais.
Lors de votre visite n'oubliez pas d'acheter le magnifique catalogue qui reproduit toute la série de Jack freak sur 150 pages en couleur grand format à l'italienne pour le prix ridicule de 10€! C'est la manière qu'on Gilbert & George de rendre accessible à tous leur travail, un grand bravo aussi pour ce geste bien peu courant dans le monde de l'art contemporain...
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30 juin 2009
DOUG BELL




Ramasseurs de balles à Wimbledon

Londres, Wimbledon, juin 2009.
29 juin 2009
La réalité et la mémoire
La réalité ne se forme que dans la mémoire, les fleurs qu'on me montre aujourd'hui pour la première fois ne me semblent pas de vraies fleurs.
Marcel Proust



































